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20.07.2008

A Stains, les habitants de la cité-jardin accrocs à leur HLM

STAINS (AFP) — A la cité-jardin de Stains, pittoresque cité HLM au nord de Paris, les habitants sont particulièrement attachés à leur cadre de vie, un "exemple de bonne urbanité" à méditer, souligne l'urbaniste Roland Castro, avant de construire en masse des logements.

Dans un rapport sur la qualité architecturale du logement social récemment remis à la ministre du Logement, l'architecte souligne que ces cités réunissent "qualité et plaisir d'habiter".

Inspirées des "Garden cities" anglaises, ces cités construites au début du 20e siècle par les offices publics d'habitations à bon marché associent habitat individuel et collectif, équipements (sociaux, culturels, scolaires) et espaces de verdure. Elles présentent l'avantage d'être souvent plus denses que les grands ensembles, sans créer le sentiment d'un enfermement, souligne M. Castro.

Particulièrement belle, celle de Stains, 1.646 logements (1.172 en collectifs, 474 en pavillons) construits entre 1921 et 1933, est répertoriée depuis 1976 à l'inventaire des sites pittoresques. Un lieu d'accueil touristique y ouvrira en septembre.

Les architectes Eugène Gonnot et Georges Albenque y dessinèrent des allées ombragées bordées d'immeubles de quatre étages en brique claire, souvent commerçantes, entrecoupées de rues pavillonnaires curvilignes aux jardinets fleuris.

"On a tout ici: des écoles, des boulangers, des banques, des bouchers", "et le bâti est convivial. Ils avaient le soin du détail à l'époque", constate Lionel Chaignon, président de l'Amicale des locataires. De la main, le fils de l'ancienne sage-femme de la cité, désigne les décorations variées (tourelles, loggias, pierres incrustées, céramique, émail) des immeubles. Comme beaucoup d'"anciens", il déplore tout de même "une insécurité croissante".

Le charme des lieux a gagné les plus jeunes. "Ce quartier a quelque chose, on s'y sent bien", témoigne Charlène, 18 ans, qui ne voudrait pas vivre au Clos-Saint-Lazare, le grand ensemble voisin où les logements sont pourtant plus vastes.

"L'esthétique est plus jolie ici", "quand un lieu est beau, on y est mieux", glisse la lycéenne. Pour Roland Castro, un bâtiment et un logement "sont réussis lorsqu'ils renvoient à l'habitant une bonne image de lui-même".

Un agent de l'office HLM observe que les locataires ont ici "un comportement de propriétaires" et "sont tellement attachés à leur cité qu'ils signalent tout de suite les épaves et viennent se plaindre pour des détails". A la cité du Clos-Saint-Lazare, "ils attendent d'avoir touché l'intolérable", souligne cet agent.

Avec son cachet et ses loyers modestes (150 à 350 euros), le taux de rotation est très faible et la cité vieillit: un quart de ses 3.500 habitants a plus de 60 ans.

"Les gens ne lâchent pas leurs pavillons. Une fois qu'il sont dedans, ils y meurent", relève Max, un ouvrier retraité de 78 ans, qui est devenu locataire en 1991 d'un trois pièces en pavillon, "après 15 ans d'attente".

La cité de 28 hectares n'a subi aucune transformation majeure depuis sa construction. Depuis 2006 et jusqu'en 2012, de grands travaux (52 millions d'euros) sont pour la première fois entrepris pour rénover logements et espaces publics.

Mais au contraire de la vaste opération (160 millions d'euros) engagée au Clos-Saint-Lazare, aucune destruction n'est prévue. Le grand ensemble (2.200 logements), édifié à la fin des années soixante, en est déjà à sa deuxième réhabilitation.

 
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