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24.03.2012

27 mars : Journée de grèves et de mobilisations lancées par la Coordination Nationale des Professionnels de l’Urgence Sociale

MARDI 27 MARS :
Journée de grèves et de mobilisations lancées par la Coordination Nationale des Professionnels de l’Urgence Sociale, Sud Santé-Sociaux, CFDT Santé-Sociaux



À PARIS : Marche  du Conseil d’Etat au Ministère du Logement
Rendez-vous Mardi 27 Mars à 17h
Place du Palais Royal
(M° Palais  Royal)

31 mars : non à la fermeture des centres d’hébergement !!


« Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique et sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d'hébergement d'urgence ». Art. L 345-2-2 Code de l’Action Sociale et des Familles ;     
 «Toute personne accueillie dans une structure d'hébergement d'urgence doit pouvoir y bénéficier d'un accompagnement personnalisé et y demeurer, dès lors qu'elle le souhaite, jusqu'à ce qu'une orientation lui soit proposée.» Art. L 345-2-3 Code de l’Action Sociale et des Familles
   

Le Conseil d’Etat, saisi par le Dal, dans sa décision rendue le 10 février 2012, reconnaît le droit à l’hébergement comme une liberté fondamentale.

Malgré cela, ces derniers mois, dans de nombreuses villes de France plusieurs milliers de personnes ont été contraintes de dormir dehors bien qu’ayant sollicité le 115.

A la fin de l’hiver, à partir du 31 mars, lorsque les structures ouvertes pour la période de froid fermeront leurs portes, des milliers de personnes les rejoindront dans chacune des grandes agglomérations de notre pays.

Cette situation est hors la loi, inacceptable et contre productive en termes de dépenses publiques.
Ces remises à la rue contraires à la loi, condamnent les personnes à une dégradation sur le plan physique et psychique, et à recommencer fatalement le cycle infernal de la recherche d’un hébergement ou d’un logement.

Nous, sans abri, professionnels de l’urgence sociale, militants syndicaux ou associatifs pour le droit au logement, exigeons que le gouvernement respecte et applique la loi :
 
·    Hébergement de toute personne sans abri !
·    Aucune remise à la rue des personnes hébergées, notamment à partir du 31 mars !
·    Maintien jusqu’au relogement décent et pérenne !

Avec le soutien du collectif 115Juridique.org :
(ACDL , Advocacy, AC!,ATTAC  ,Bagagérue ,CAL  ,Cfdt Crédit Foncier IDF,CGT,CGT de l’IEDOM,CNAFAL,COPAF,Droit Au Logement,FASTI,Fondation Copernic, ,FSU,LDH,MRAP,RESF,Syndicat des Avocats de France, Syndicat de la Magistrature, SNP-FO Caisse d’Epargne,Snuclias-FSU,Spuce-CFDT,Sud Education,SUD Santé-Sociaux,Union Syndicale Solidaires, Union Syndicale de la Psychiatrie ...)

18.02.2012

LETTRE OUVERTE DU 115 du Particulier aux maires de France.

Madame, Monsieur, Élus de France

En seulement 15 jours et grâce à Internet, le 115 du Particulier a su fédérer prés de 7000 membres actifs répartis sur l'ensemble du territoire Français et prouver qu'il existait encore une réelle volonté de solidarité citoyenne.

L'heure du rassemblement national a sonné ! Le moment est venu pour vous, élus, de prendre conscience de cet élan et de cette dynamique populaire et de vous engager aux côtés des Français.

Pourquoi ?

Pour redonner aux plus démunis la place de citoyen qui est la leur, soit la notre, en terme d'égalité et credo de la république.

Comment ?

En relayant, sur le terrain, au plus près de vos administrés, ce signal fort de citoyenneté envoyé depuis le début de cette aventure...

Chaque mairie de France est concernée de manière induite par l'exclusion et la misère et se doit de donner l'exemple. La précarité sous toutes ses formes est l'affaire de chacun, y compris des collectivités.

Il en va de votre responsabilité d'élus !

Une mairie étant la maison du citoyen, vous vous êtes engagé à être à l'écoute de chacun de vos administrés. Donc de celles et ceux qui, par leur engagement citoyen, sont devenus les porte-paroles légitimes de cette action populaire qu'est le 115 du Particulier.

A ce titre, nous vous demandons d'être à l'écoute de vos concitoyens qui feront la démarche de vous interpeller à ce sujet. Soyez attentif à celles et ceux qui ont encore confiance en l'autre et qui veulent faire en sorte que ENSEMBLE tout devienne possible MAINTENANT.

1. Nous, citoyens exigeons que chaque Maire de France lance un appel invitant chacun à aller s'inscrire en mairie sur des listes de bénévoles pour permettre de répondre, comme nous le faisons actuellement, aux appels d'hébergement d'urgence lorsque les services spécialisés eux mêmes ne sont plus en mesure d'en assurer la prise en charge. Ces listes de bénévoles devront être mises en permanence à la disposition des services d'urgences publics déjà existants sur le terrain. Objectif : offrir à chaque personne en situation d'exclusion une alternative à l'hébergement d'urgence.

2. Nous, citoyens exigeons un affichage obligatoire, extérieur et permanent en façade de chaque bâtiment administratif ou de service public. (Mairie, Poste, écoles, crèches, piscines municipales....) proposant l'inventaire de toutes les structures locales d'aide aux plus démunis, aux laissés pour compte, aux sans abri...

Un affichage municipal informant des coordonnées, numéros de téléphone accessibles gratuitement, adresses simplifiées sous forme de plan de toutes ces structures d'aides (centres d'hébergement, foyers d'accueil, Secours Populaire, Emmaüs et un recensement régulièrement mis à jour de toutes les bonnes volontés citoyennes...) aux fins de les mettre à la portée de ceux à qui ces renseignements s'adressent et de lutter efficacement contre la misère et l'exclusion, mais surtout mettre un terme à l'incommunicabilité.

Rappelons qu'en tant que premier fonctionnaire de police de la commune, le maire se doit de faire respecter la législation française et les dispositions de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Notamment l'article 25, paragraphe 1 : -. Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.

Le maire étant le représentant légal de sa collectivité, il lui convient donc d'administrer sa commune dans cet esprit car si la loi était scrupuleusement respectée, il n'y aurait pas de sans abri.

Ne pas observer cette obligation citoyenne reviendrait à produire un déni de justice social en la forme d'une non assistance à personne en danger...

Madame, Monsieur, Élus de France

LES ADMINISTRÉS VOUS ONT ECOUTÉ ET VOUS ONT CHOISI...

A VOTRE TOUR D'ÊTRE A LEUR ÉCOUTE !

WWW.115duparticulier.fr

Groupe Facebook : 115 du particulier

Email : 115duparticulier@gmail.com

TEL : 06 67 12 61 81

01.08.2011

Arrêt des expulsions et plan d'urgence

 

 

Les expulsions se multiplient en plein milieu de l’été ,
tandis que les hébergement manquent:
Arrêt immédiat des expulsions et mise en place d’un plan d’urgence


L’été 2011 est marqué par une recrudescence des expulsions, sans relogement, mais aussi des expulsions sans hébergement.

Jeudi dernier le 19 rue Caillé, Paris 18e, propriété d’un particulier, insalubre, est évacué à la suite d’un arrêté du préfet de Police de Paris de péril imminent. 20 célibataires et 4 familles y logent depuis parfois 20 ans, souvent des anciens locataires.
Ce matin, l’hôtelier a mis à la porte les célibataire, d’un hôtel situé à Arcueil.
En cas de péril, l’État doit les héberger jusqu’à leur relogement. Ils ont des papiers et travaillent.
Ils rejoignent dans l’après midi le square Boucicaut, Paris 7e occupé depuis 2 semaines à Sèvre Babylone.

Samedi, une armada de policiers conduite par le Préfet de Seine Saint Denis expulse les squatters de la rue des Sorins, et s’acharne sur eux  lorsqu’ils se regroupent sur une place à proximité, ou lorsqu’ils manifestent le lendemain pour exiger un relogement.

Une femme avec deux enfants en bas âge, chassée de l’hôpital Kremlin Bicêtre ou elle était accueillie depuis début Juillet échoue aujourd’hui au square Boucicaut. Elle avait été expulsée d’un hôtel d’Ivry fin juin, avec d’autres familles dont elle a perdu la trace.

De nombreuses familles du square Boucicaut sont menacées d’expulsion dans les tout prochains jours, et un premier siège de solidarité est organisé chez une des familles qui attend l’intervention de la police depuis ce matin.

Ce soir, de nombreuses familles seront à la rue, et les locaux du DAL sont désormais trop petits pour héberger tout le monde.

Nous demandons un plan d’urgence, le respect et l’application des lois :

  • L’hébergement immédiat, sans condition, décent,et durable de toute personne à la rue, conformément à l’article L345-2 et suites du code de l’action sociale et des familles,
  • Le relogement des prioritaires DALO, dans les délais, et un programme de rattrapage sur 6 mois pour les 20 000 prioritaire DALO non relogés en ile de France, laissés pour compte par l’Etat et le Gouvernement, dont les 300 familles du square Boucicaut
  • Un grand plan de mise à disposition ou réquisition de logements et bureaux vacants appartenant aux grands propriétaires publics et privés, pour tenir ces objectif à moindre coût et dans des délais rapides.
  • L’arrêt immédiat des expulsions sans relogement, la réalisation massive de logements sociaux accessibles, la baise des loyers et des charges, l’abrogation des mesures de marchandisation du logement social...

Agenda :
Nuit de lundi à mardi  : Familles à la rue / répression policière ?
Mardi 2 août 12h30 : manifestation avec les salariés de l’urgence sociale, départ square Boucicaut
Du 21 au 28 août, coupe du monde de foot des sans abris, au champs de mars, les sans toit seront là pour soutenir leurs équipes et faire savoir que la situation se dégrade en France
D’autres manifestations et mobilisations tout au long du mois d’août ...

 


Droit au logement : http://www.droitaulogement.org/

Hébergements Alsace : Appel national à la grève le 2 août

Appel national à la grève le 2 août : le secteur précarité dans son ensemble est concerné, il est important d’y participer

 

Cette année, les fermetures de places d’hébergement , voire les fermetures d’établissements, se multiplient : à Paris, ce sont 5000 places qui ont été fermées alors que 13000 demandes n’étaient pas pourvue ; à Toulouse, des travailleurs sociaux ont ouvert des squats pour les personnes remises à la rue ; …

C’est la grande hypocrisie du programme « un logement d’abord » : les places d’hébergement sont fermées au motif que ce qui est nécessaire, c’est le logement ; c’est vrai pour une part des personnes qui sont hébergées, mais pas pour la majorité… et les places d’hébergement sont fermées alors qu’il n’y a pas de logements en nombre suffisant.

 

L’Alsace est relativement épargnée pour l’instant,

mais ça ne durera pas

 

L’année dernière le projet départemental pour l’accueil, l’hébergement et l’insertion a été rédigé : planification prévoyant, scandaleusement, 0 création de place pour les 5 années à venir, alors que plusieurs centaines de personnes toujours sont à la rue, et sans possibilité d’ajustements selon les besoins durant plusieurs années.

Cette année, les baisses de budget sont là, moins importantes en Alsace que dans d’autres régions, mais, d’ores et déjà, il y a des suppressions de postes et la DDCS met le couteau sous la gorge aux associations pour qu’elles ferment les collectifs, annonçant une année 2012 très difficile d’un point de vue budgétaire.

 

Démolir dans certaines régions plus que dans d’autres :
c’est une stratégie pour éviter une mobilisation nationale

NE SCIONS PAS LA BRANCHE SUR LAQUELLE NOUS SOMMES

IL FAUT ETRE SOLIDAIRE DU MOUVEMENT NATIONAL !!!

 

Depuis un mois, le SAMU Social de Paris, dont 25% des budgets ont été coupés, lance des grèves et des manifestations. A Lille un collectif Alerte a été créé, qui regroupe les associations et les syndicats. Les mobilisations se multiplient, le collectif Coordination Nationale des Professionnels de l’Urgence Sociale, dont l’appel national à la grève est soutenu par la FNARS, dénombre 30 départements engagés pour demain.

 

Il faut aussi que nous nous organisions localement :

RDV à la Maison des Syndicats le 2 août à 10 h

 

Dans le Bas-Rhin, un premier mouvement inter-syndical a été initié en février : il a permis de bloquer la mise en place de Paxtel, ce n’est pas rien. CGT-Mosaïque du Bas Rhin propose aux salariés et syndicats de venir faire le point et préparer les prochaines mobilisations. Nous y serons, et nous invitons chacun à s’y rendre.

 

Cordialement,
SDAS-FO-67 secteur Précarité.

15.07.2011

atelier de poésie de la rue 2

Ma cavale n'a pas de fin,

Même si je suis dans un chemin,

Ce qui est tapi en moi,

Ne sera jamais effacé.

J'avance dans des impostures,

Qui cachent mes blessures.

 

atelier de poésie de la rue

Empilés, entassés jusque dans les cages d'escalier.
Je rêvai seulement d'espace.
Quand d'autres se réveillent au chant des oiseaux,
Pour moi c'est le son des chasses d'eau qui noient tous les rêves
Et des portes qui claquent ; seuls soubresauts de mon coeur
Pour aller à l'école je traversai un champ de poubelles puantes,
Flâner le nez en l'air était bien trop dangereux.
Il vaut mieux voir où tu poses les pieds, et qui tu vas croiser,
En évitant de croiser les regards.
Jusqu'à tes 10 ans, t'es relativement peinard, mais après?
Te voici une mule, un cadi, un guetteur
Ton enfance est déjà celle d'un prisonnier
Alors la prison qu'on t'a déjà raconté
Devient un moment de repos, de vacances du silence.
Jusqu'à ce que quelqu'un te montre un autre chemin
Et te donnes les moyens de voir les émotions, de les reconnaître
Et d'en faire des alliées pour construire ta vie

14.07.2011

APPEL AU RASSEMBLEMENT SOLIDAIRE. UN TOIT C’EST UN DROIT !

APPEL AU RASSEMBLEMENT SOLIDAIRE
UN TOIT C’EST UN DROIT !


Les salariés du Samusocial de Paris, soutenus par de nombreuses associations, fondations et institutions d’Ile de France et de Province, des élus et des personnalités, se sont mis en grève du 6 au 10 juillet 2011 pour crier leur indignation face aux mesures concernant la prise en charge des usagers et leurs conséquences immédiates sur les personnes les plus vulnérables.
A ce jour, ce sont des travailleurs sociaux indignés et en colère, touchés par la crise du secteur social, qui se mobilisent contre le désengagement de l’Etat en matière d’hébergement d’urgence mettant en danger de nombreuses femmes seules et de familles.
Le 1er juillet 2011, le DERNIER Centre d'Hébergement d'Urgence pour femmes à Paris ferme ses portes mettant à la rue des femmes déjà victimes d'un manque de places chroniques.
Aujourd'hui, 100% des femmes rencontrées la nuit sont laissées à la rue.


L’ETAT EN DIMINUANT DE MANIERE DRASTIQUE LES MOYENS ALLOUES à la prise en charge des familles à la rue, met, les travailleurs sociaux dans une position inacceptable : leur éthique professionnelle est mise à mal car aucune solution d’hébergement ne peut leur être apportée à part une mise à l’abri sommaire et inadaptée dans les commissariats et les urgences pédiatriques.
Aujourd'hui, 90 à 100% des familles restent sur le trottoir.


NOUS EXIGEONS DES POUVOIRS PUBLICS :

 Leur mise en conformité avec les obligations prévues par la loi : l'accueil inconditionnel de toutes les personnes à la rue,
 Le déblocage en urgence des budgets permettant la prise en charge des familles demandant de l’aide au Samusocial de Paris et aux partenaires associatifs en Ile-de-France ainsi que dans les autres régions,
 Les moyens nécessaires pour accueillir et héberger décemment toute personne sans logis ou en difficulté de logement,
 Le respect et l’application des lois contribuant à faciliter l’accès à un logement aux usagers (loi D.A.L.O, loi S.R.U, loi GAYSSOT...).


Tout le secteur du social est en crise (augmentation d’appel à l’aide des usagers, manque de place en centre d’hébergement, saturation des structures de stabilisation et de réinsertion, étouffement des services d'aides d'urgences ...) et nombreux sont les travailleurs sociaux, élus et conseillers généraux de France qui interpellent l’Etat sur les effets néfastes de leurs nouvelles directives concernant la gestion du dispositif d’urgence ayant pour conséquence la réduction du volume de prise en charge des personnes. Cette situation n’a d’autres raisons que le désengagement financier de l’Etat dans les missions qui lui incombe.
Ce système d'urgence sociale coûteux et inadapté maintient les personnes en détresses dans un mode de vie qui les fragilise encore davantage.
« Le gouvernement ne comprend pas ce qu'est l'Urgence Sociale ». Dr Xavier Emmanuelli, fondateur du Samusocial de Paris.
Pour ne pas laisser cette situation dramatique perdurer et pour que le principe d’inconditionnalité du droit à l’hébergement et au logement soient respectés :
Rappelons TOUS ENSEMBLE à l’Etat qu’il n’a pas seulement des droits mais également des devoirs envers toutes les personnes qui sont sur le territoire français.
Sans réponse rapide à ces revendications, nous ne lâcherons pas !!!!


RASSEMBLEMENT SOLIDAIRE SAMEDI 16 JUILLET 2011 A 14H00
PASSERELLE LEOPOLD SEDAR SENGHOR (Anciennement Passerelle Solferino) (Adresse : 26 Port de Solferino – Paris 7ème, Métro 12 - Assemblée Nationale)

URGENCE , 1 TOIT !

 

Droit au Logement

Fédération Droit Au logement – 24 rue de la Banque - 75002 Paris
tél : 01 40 27 92 98 • fax 01 42 97 40 18  • <http://www.droitaulogement.org/>

COMMUNIQUE
Paris le 13 juillet 2011


URGENCE , 1 TOIT !

Rassemblement samedi 16 juillet à 14h
Pont piéton “Léopold Senghor” - Métro Solférino


Le mouvement contre la réduction drastique, par l’État,  des places d’hébergement d’urgence pour les familles et les personnes sans logis se poursuit et s’étend. Après la grève des salariés du SAMUsocial Paris, des initiatives ont été prises en provinces  à Lille,  et à Toulouse.
A Paris, les salariés du SAMU social solidaires, les sans logis et de nombreuses associations et organisations, appellent à une action collective et spectaculaire samedi, sur le pont Léopold Senghor, pour exiger que le gouvernement applique les lois  :

  • L’obligation d’accueil inconditionnel de toute personnes sans logis, conformément aux articles L 345-2 à L 345-3-3 du code de l’action sociale et des familles ..
  • Le relogement de toutes les familles et personnes reconnues prioritaires DALO, qui incombe à l’État selon la Loi du 5 mares 2007
  • L’obligation pour chaque commune de réaliser 20% de logements sociaux, conformément à l’article 55 de loi SRU
  • La réquisition des logements vacants de grands propriétaires, selon les procédures prévues dans les article L 641 et L 642 du Code de la Construction et de l’Habitation...

Tous ensemble !
Un toit un droit !


Communiqué de presse du mouvement solidaire des acteurs de l'urgence sociale
(Usagers, bénévoles, professionnels, citoyens)


Les salariés du Samu Social de Paris (ssp), soutenus par de nombreux professionnels de l'ile de france, des élus et des personnalités, se sont mis en grève du 6 au 10 juillet pour crier leur indignation face à différents problèmes récurrents, qui depuis peu s'amplifient dramatiquement.

En effet :

- La fermeture du DERNIER centre d'hébergement d'urgence (CHU) pour femmes de Paris le matin du 1er juillet dernier a jeté à la rue ces personnes, déjà victimes d'un manque de places chronique. Aujourd'hui, 100% des femmes rencontrées la nuit sont laissées à la rue.

- La diminution drastique des moyens alloués par l'Etat pour la prise en charge en urgence des familles à la rue qui conduit aujourd'hui le pôle famille du ssp et de toutes les régions de France a ne pas avoir de solutions pour mettre à l'abris les personnes avec enfants qui appellent. Aujourd'hui 90 à 100% des familles restent sur le trottoir.

Nous appelons les pouvoirs publics :

- A se mettre en confirmité avec les obligations prévues par la loi, c'est à dire l'accueil inconditionnel de toute personne à la rue.

- A débloquer en urgence le budget qui permettrait la prise en charge des familles du samu social de Paris et des autres départements de France.

- A mettre en oeuvre les moyens nécessaires pour accueillir et héberger décemment toute personne sans logis ou en difficulté de logement.

- A l'arrêt les expulsions

- A respecter et appliquer les lois qui contribuent à cet objectif (loi D.A.L.O, loi S.R.U, la loi de mobilisation des logements vides...)

Le problème dans le monde du social est global, la saturation des structures de réinsertion contribue à étouffer les services d'aides d'urgences et à gonfler le nombre de ses usagers. Usagers que l'on maintient dans un système d'urgence couteux et inadapté qui participe à les fragiliser encore davantage.

Le Dr Xavier EMMANUELLI, fondateur du Samu Social de Paris ainsi que les membres du Haut comité pour le logement des personnes défavorisées et le comité de suivit Dalo ont exprimé leur mécontentement face a ce désengagement de l'Etat.
lien pour lire la lettre du comité : http://federationsamusociaux.typepad.com/files/lettre-du-... <http://federationsamusociaux.typepad.com/files/lettre-du-...>

La mairie de Paris, dans une lettre ouverte du 10 juillet dénonce les manquements de l’Etat, en prévenant que 15 000 personnes (uniquement des familles) se retrouveront à la rue dans la région de Paris à la fin du mois d’aout, et viendront grossir le nombre des personnes sans toit.
La semaine dernière, nous avons eu 2 rassemblements :

-
Le 6 juillet, une manifestation devant l'hotel de ville a rassemblée 400 personnes. (une délégation a été reçue à la Mairie de Paris qui nous soutiens)
-
Le 9 juillet une manifestation de l'hotel de ville de Paris au ministère du logement a rassemblée 350 personnes. (RDV la semaine prochaine)
-
Le nombre d'associations présentes témoigne du problème partagé par tous les travailleurs et usagers.

Mgr Jacques GAILLOT, Mr Albert JACQUARD, des adjoints et des conseillers municipaux
étaient présents le 9 juillet.

Au delà du Samu Social de Paris, le mouvement intègre maintenant de nombreuses associations ainsi que des salariés d'institutions publiques de la région parisienne, et de province.

Ce mouvement des acteurs de l'urgence sociale vous invite à venir les rejoindres
SAMEDI 16 JUILLET à 14h sur le pont Léopold Senghor
.

Soutiens : la fondation Abbé Pierre, le comité des sans logis, les enfants de don quichotte, les enfants du canal, le collectif des morts de la rue, le D.A.L, l'association Primo Lévi, l'Amicale du nid Paris, Baggagérue, MSH Paris, Advocacy, Jeudi noir, Association halte aides aux femmes battues (HAFB), collectif SDF alsace, la coordination des professionnels de l'urgence sociale, les collectifs des travailleurs de l’urgence sociale des départements de la région paris, SUD santé sociaux, l'union syndicale de la psychiatrie, le syndicat de la médecine générale, l'union syndicale solidaires, la Mairie de Paris, de nombreux élus de tous les partis de gauche (ELV, le front de gauche, le PC, le Ps, le NPA).....

CONTACTS :
Mairie de Paris : Mr GUEGUEN Florent (conseiller technique en charge de la lutte contre l'exclusion et la protection de l'enfance)
Ministère du logement : Mr METAYER fabien (chef de cabinet auprès du secrétaire d'Etat, benoist APPARU)
Ministère de l'écologie : Mr CHOUTET Martin (conseiller technique au cabinet de la ministre de l'écologie - Mme Kosciusko-Morizet Nathalie)
Directrice générale S.S.P : Stéfania PARIGI
Médecin coordi au S.S.P et médecin du SAMU75 : (elle fait le lien AP-HP / SSP) Suzanne TARTIERE

Pour toutes informations : sspsolidaires@gmail.com <http://fr.mc256.mail.yahoo.com/mc/compose?to=sspsolidaire...>
ou Laurent : laurentdakar@yahoo.fr <http://fr.mc256.mail.yahoo.com/mc/compose?to=laurentdakar...>  / 06.28.84.61.7

10.07.2011

La guerre aux pauvres s’intensifie : nous ne crèverons pas de la rue !

Une marche de 300 personnes à l’appel des salariés du SAMUsocial de Paris, soutenue par de nombreuses associations, avec la participation d’Albert Jacquard et Mgr Jacques Gaillot, Présidents d’honneur du DAL et de nombreuses familles sans logis ou à l’hôtel s’est déroulée cet après midi. Le mouvement va continuer sans doute dans les prochaines jours

La guerre aux pauvres s’intensifie : nous ne crèverons pas de la rue !


L’Etat vient de décider de réduire les hébergements hôteliers pour plusieurs milliers de sans logis, familles avec enfants, femmes, malades, handicapés, jeunes, personnes âgées, migrantEs, avec ou sans papiers, françaisE, chômeurs, salariés pauvres, personnes expulsées de leur logement, tous et toutes, à commencer par les plus vulnérables sont frappés par cette décision  qui fera économiser quelques dizaines de millions d’Euros à l’Etat.

Laisser une personne dans la rue c’est le condamner à mort :
Ainsi, vivre dans la rue, face au stress, la violence, la dureté des conditions de vie ou du climat, l’abaissement moral, l’addiction à l’alcool, c’est  vivre deux fois moins longtemps que les humains logés. L’âge moyen de décès d’unE sans abris est de 45 ans, alors que les hommes vivent jusqu’à 84 ans en moyenne en France et les femmes 90 ans.

L’État hors la loi :
Une circulaire du préfet vient expliquer au SAMU social qu’ils ne doivent plus porter assistance à la plupart des sans logis, y compris les plus vulnérable. Or cette décision est illégale, et contredit le Code de l’action sociale. C’est la raison pour laquelle nous avons saisi le conseil d’Etat et que nous demandons le retrait de cette circulaire et la mise en œuvre de l’obligation d’accueil inconditionnel qui pèse sur l’État.

Sur fond de campagne électorale, la guerre aux pauvres s’intensifie :
Sur fond de conflit de compétences sur l’hébergement , qui incombe d’abord à l’État mais aussi, en ce qui concerne les familles avec enfants, aux Conseils généraux (au titre de l’Aide Sociale à l’Enfance), cette décision justifiée par des économies de « bouts de chandelle », est sans commune mesure avec les conséquences dramatiques sur des humains vulnérables, frappés par la crise et les mauvaises politiques du logement , a peut être d’autres objectifs : stigmatiser et criminaliser les plus précaires, encourager les raisonnements xénophobes, à des fin électorales.

Résistons tous ensemble, …
La grève des salariés du SAMU social,  en solidarité avec les « sans » est un acte créateur. Des sans logis, des hébergés dans les hôtels, des mal-logés, des DALOs laissés pour compte sont solidaires et participeront à cette marche et aux initiatives  à venir.
Des associations et des organisations soutiennent le mouvement.
Même si c’est l’été, il y a encore de la force et de l’énergie pour lutter et résister à la guerre aux pauvres engagée par le Gouvernement, les riches, les banques et les spéculateurs qui le soutiennent. Tous ensemble nous avons gagné contre l’article 32 ter A, qui autorisait les Préfets à expulser, en 48h et sans jugement, les occupants d’habitats non conformes au code de l’urbanisme, et de les détruire. Sans abri, camps de mal logés en lutte, Roms, Voyageurs, habitants de quartiers auto construits dans les DOM TOM ou habitant de yourtes ou tipis étaient menacés. Le Conseil constitutionnel l’a censuré. C’est une victoire qui a de nombreuses conséquences.


… Pour que l’État applique et respecte les lois:
- Retrait immédiat de la circulaire SAMU social
- Rétablissement des crédits suffisants pour héberger toute personne à la rue, dans des logements plutôt que des hôtels de marchands de sommeil
- Application et respect de la loi DALO et de la Loi de réquisition
- Arrêt des expulsions sans relogement
- Baisse immédiat des loyers, des charges et sanction contre les spéculateurs

Un toit c’est un droit !


DAL est un syndicat des mal logés et des sans logis, qui lutte depuis 20 ans pour que le logement devienne un droit concret et appliqué.
Des dizaines de milliers de familles et de ménages ont été relogés grâce aux action de l’association : campement, manifestations, occupation, réquisitions …de nombreuses personnalités ont apporté leur soutien à ce combat vital. Des avancées ont été obtenues, mais la cupidité des milieux de l’immobilier et du logement soutenus par les politiques publiques freine considérablement la réalisation de cet objectif.


CONTACT : Droitaulogement.org – 01 40 27 92 98 – 01 42 78 28 00 – 24 rue de la Banque Paris 2e

30.04.2011

SIAO : l'annonce d'un échec

Un détenu de l'Elsau reçoit la visite au parloir de "son AS".
C'est l'association qui l'héberge qui via une "antenne RSA" gère son fric. Pratique pour lui faire signer un papier de règlement du loyer et des charges qui assèche le compte du gars.
Il passe donc directement à la case "indigent".
Dans la foulée la gentille AS lui dit ceci "Nous ne vous garderons pas votre place et à votre sortie nous ne pourrons pas vous reprendre. À partir de maintenant ce n'est plus nous qui décidons des places, c'est une nouvelle super structure qui décide en commission".
Nous supposons que cette aimable AS parle du SIAO ou système intégré d'accueil et d'orientation.

Quel va être le rôle de ce SIAO ?
À Strasbourg la situation est particulière. Dernièrement un article publicitaire sur l'ESTES mettait en avant les pratiques scandaleuses de cette école de formation aux métiers du "social". Ceux qui sortiront de cette école seront prêts à choisir sur dossier ce qui "sera bon" pour le SDF et bien formés à TRIER les SDF...

Une semaine avant le même journal faisait de la pub pour la fondation auteuil qui est justement et comme par hasard "impliquée" dans cette soit-disant école... La fondation auteuil : un paquet de pognon venu du privé qui lui permet de rafler tous les marchés de la misère... Tu peux tomber dans son filet dès l'enfance et y rester jusqu'à ta majorité, ta vie d'adulte... Ça ressemble à une secte non?.

Mais qui en parle à Strasbourg, qui dénonce ? Les associations de Strasbourg ont, depuis longtemps, laissés de côté "tous esprit associatif", elles sont devenues clairement "politiques". Il suffit de voir le travail fait par celles de Mulhouse pour se faire une idée, sans parler de l'école de Mulhouse... Le service social et de la solidarité de Mulhouse est également beaucoup plus impliqué.

Il y a fort à parier, que le SIAO va gérer les échecs de la non politique d'hébergement et pratiquer la "sélection".

En début d'année nous dénonçions le tri pratiqué par le 115. Nous étions bien seuls à nous étonner du nombre croissant de refus d'hébergement alors que nous savions qu'il y avait des places libres, notamment dans les logements mis à disposition par la Ville.

Lorsque nous contactions les associations à ce sujet, en leur présentant des gens en danger, toutes nous répondaient "c'est le 115 qui gère"... QUINZE MORTS depuis Octobre et personne n'est responsable ?

La loi Molle (Mobilisation pour le logement et la lutte contre l'exclusion) crée l'obligation de créer une place d'hébergement pour 1 000 habitants. Qui fera respecter la loi, le Préfet ? Il y a fort à parier que le futur SIAO de strasbourg ne viendra pas l'ennuyer...

Dans cet échec annoncé, que vont devenir les : sortants de prison, les personnes avec addiction, les malades et les étrangers en attente ou sans titre de séjour ?

24.04.2011

un pour cent seulement ? On est mal barrés

Pour la Fondation Abbé Pierre on serait 100.000 à la rue et 493.500 privés de domicile personnel, ce qui fait environ 600.000 personnes.

Et c'est moins de 1% de la population française ... On est mal barrés les poliques vont pas se faire chier pour un petit pour cent... Pour le département du Bas-Rhin on est quoi, entre 500 et 600 peut-être, c'est difficile d'avoir un vrai chiffre... Mais même en l'augmentant un peu... C'est quoi 600 personnes a loger pour un département ?

sdf et citoyen

La fin du plan hivernal se passe mal... Pour les sans-abri ça devient difficile d'accepter la dernière nuit dans un lit...

Les interminables journées recommencent. Aller d'un point à l'autre de la Ville pour des actes quotidiens qui ne vous prennent qu'une heure. Les associations sont toutes éloignées les unes des autres alors qu'on est obligé d'en fréquenter plusieurs. Je me demande pourquoi mais bon, je marche.
Moi aussi je l'ai lue l'article des dna, sur l'école des travailleurs sociaux et je me dis que pour certains le métier de journaliste semble trop facile. Pas un mot de travers, pas une question qui dérange, tout est lisse. Ça doit être ça de se sentir citoyen; on est lisse.

J'ai 42 ans et 8 ans de galère, je picole un peu pour tenir le coup.

J'en ai rencontré des travailleurs sociaux en huit ans, pas tous travailleurs et pas tous sociaux d'ailleurs. Mais ces gens là c'est comme les profs on y touche pas, faut pas critiquer, ils sont intouchables. C'est fou quand tu vois le nombre de ratés qui s'accumulent et le nombre de jeunes qui débarquent à la rue. Et je parle pas des étrangers. Faut pas en parler parce que dès que tu l'ouvres on te taxe de raciste. Être citoyen c'est fermer sa gueule, pour être bien lisse, comme les journalistes, les profs et les travailleurs sociaux et du coup comme les politiques.

Moi je manque pas de lassitude mais j'ai pas assez de lissitude pour suivre le plan que les éducateurs ont tracé pour moi.

Pour obtenir une place dans une bonne baraque où tu es peinard car tu as ta clef faut suivre le plan. En fait je sens bien que derrière les phrases on va observer mon comportement. Faut que je devienne lisse. En plus je suis classé alcoolique ça complique qu'ils me disent. Je poserai bien la question qui me vient à l'esprit "combien tu en connais des sdf qui sont déjà prêts à être pérenisés?".

File moi une place je suis fatigué, je veux juste un petit coin avec un vrai lit et une douche.

Je sais, je sais, tu le répètes à chaque fois, y'a pas de place pour tout le monde, tu es obligé de donner des priorités. Mais ça fait plus d'un an maintenant et il serait temps que je devienne ta priorité. J'en ai marre de ces rendez-vous où tu n'as rien à m'apprendre, rien d'espérant à me dire. Non, ne prends pas la mouche ; tu ne comprends pas que je suis épuisé? Oui, j'ai vu un médecin, mais ce n'est pas un magicien, il ne peut rien contre la tristesse, il ne peut pas ressusciter l'espoir qui meurt.

23.04.2011

SANS CONVERGENCE DANS LES LUTTES, PAS DE LUTTES !

À la rue et l'espoir d'un droit au logement qui se rétrécie et d'un refus d'hébergement avoué

En Rhône-Alpes, en Paca, en Alsace, en Bretagne en Ile-de-France…, chaque soir, en France, de nombreux sans-abri pour qui l’on ne trouve pas de solutions pour la nuit restent sur le carreau.


Pour Strasbourg tout le monde semble accepter l'idée d'un chiffre approximatif de 400 personnes sans solution.
Les autorités parlent de SDF de droits communs, SDF demandeurs d'asile, SDF sans-papiers…

Le droit à l'hébergement est valable pour tous. Qui a envie d'une société où le gouvernement ne porte pas assistance comme il le doit? Et où vos "élus" vous disent froidement qu'ils ne substitueront pas à l'État ?


Chômeurs en fins de droit, personnes retraitées, jeunes, réfugiés, demandeurs d'asile, enfants… Même honte et pourtant...
Les effets de la crise économique commencent en parallèle à se faire sentir. Les salariés licenciés depuis 2008/2009 arrivent en fin de droits, et certains viennent grossir les rangs des précaires. Par ailleurs, les demandeurs d’asile, de plus en plus nombreux, ne trouvent plus de places dans les centres d’accueil qui leur sont réservés (centre d’accueil des demandeurs d’asile, Cada). Du coup, ils se retrouvent dans le système commun.


Allo le 115 ?
Après la publication en novembre dernier, dans Libération de documents administratifs encourageant à donner la priorité aux personnes en situation régulière nous avons espérer une convergence des luttes entre associations militantes.


• Depuis octobre 15 personnes sont mortes à Strasbourg dans l'indifférence totale ;
Hébergements d'urgence, 20 % des appelants du 115 sont des jeunes entre 18 et 24 ans ;
10 % de la population pénale est SDF, sans solution à la sortie et souffrant de discrimination (double peine) ;
Une personne sans-abri sur trois est une femme. Une femme sur trois est accompagnée d'enfants ;


SANS CONVERGENCE DANS LES LUTTES, PAS DE LUTTES !

Dernièrement Resf67 et Dal67 se sont associées pour réquisitionner ...

Le maire de Strasbourg interpellé lors de sa réunion mi-mandat de neudorf a dit ceci "nous ne nous ssubstituerons pas à l'état pour loger les sans-abri... nous avons une réunion demain avec le préfet pour quelques familles avec enfants en bas-âge"

L'opération de réquisition qui a suivie (hasard?) cette rencontre, a abouti au relogement des familles présentes dès le premier moment... Les mêmes que celles soutenues par la mairie ?

Doit-on comprendre derrière ce flou pourquoi une femme enceinte a été refoulée ?

Pourquoi, avoir si rapidement lâché des lieux qui auraient pu accueillir d'autres personnes ?

Pourquoi avoir fait ce "coup" sans appeler au soutien les autres associations et sans avoir tenu informés les quelques soutiens présents des négociations ?

Pourquoi cette discrimination "acceptée" par des associations et qui déjà fait le lit de la droite et de l'extrême droite ?

Les élus Verts impliqués dans ces deux associations sont-ils derrière cette ... opération ?

12.02.2011

Lyon: la Maison de Rodolphe accueille les sans abris et leurs animaux

Une nouvelle maison d'accueil, pour les familles mais aussi pour les hommes sans abri accompagnés de leurs chiens, vient d'être inauguré ce vendredi 11 février à Lyon

"Nous voulions construire quelque chose qui soit chaleureux tant au niveau de la construction qu'au niveau de l'accueil" explique Alain  Merieux, l'homme à l'origine de ce projet.

En effet, la maison de Rodolphe est un ensemble constitué de trois bâtiments et d'un chenil, 105 rue Villon au coeur du 8ème arrondissement de Lyon. Au total, elle offre une capacité d'hébergement de 40 places, soit 30 places pour les familles et 10 places pour les personnes avec des chiens.

C'est une première à Lyon! Puisque que ce soit en accueil de jour comme en accueil de nuit, aucun lieu d'hébergement ne permettait de recevoir des sans abris accompagnés de leur animal. L'animal est une cause d'exclusion supplémentaire pour ces personnes qui ont bien souvent de graves problèmes sociaux et/ou des problèmes d'addiction. La Maison de Rodolphe se veut l'iniatrice d'une réponse adaptée à ce type de public.

Deux partenaires de choix

Alain Merieux, Président du Fonds de dotation de "La Maison de Rodolphe" a par conséquent choisi deux partenaires pour la réalisation de ce projet. Tout d'abord, le Foyer Notre Dame des Sans-Abris qui sera gérant de cette nouvelle maison d'accueil. Rappelons que l'association lyonnaises gère et anime déjà une trentaine de structures d'accueil, d'hébergement, d'accompagnement et d'insertion à destination des personnes isolées et de familles en très grande difficulté.

Le deuxième partenaire est l'agence internationale d'architecture, d'urbanisme et d'ingénierie Patriarche&Co. En effet, les bâtiments ont été spécialement pensés et aménagés de manière à répondre au mieu au besoin d'hébergement "temporaire" pour les personnes mais aussi à des critères respecteux de l'environnement.

En conséquence, les bâtiments ont été construits grâce à une structure en poteaux poutres en bois dans les quels des caissons tridimensionnels, assemblés et équipés en usine qui viennent ensuite se glisser et se fixer.

Accueil et confort pour les personnes sans abri

La Maison de Rodolphe est composée de trois bâtiments distincts. Les deux principaux comportent deux étages et sont dédiés à l'hebergement et aux bureaux à l'exemple des services d'orienatation, infirmerie, espace conseil, espace conseil vétérinaire...

Le dernier bâtiment, en rez de chaussée, est réservé à l'accueil et aux parties communes. Ces espaces collectifs conviviaux mais distincts selon les populations accueillies, ont été conçus pour animer et faciliter les conditions de vie dans la maison.

On peut trouver des entrées et accueils séparés, une cuisine, des salles à manger, des salons de télévision, des salles de jeux pour les enfants, un jardin, un potager... Dix boxes ont également été aménagés pour recevoir les chiens dans les meilleures conditions.

Lyon Web zine

 

 

06:43 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : sdf, sans-abri, sans domicile fixe, hébergement d'urgence | | |  Facebook

Fichage des personnes SDF dans le 67 (SIAO)

Fichage des personnes SDF dans le 67 :
Appel à la mobilisation des travailleurs sociaux et des citoyens
Par décision gouvernementale, un SIAO (Service Intégré d'accueil et d'Orientation) doit être mis en place dans chaque département : il s'agit d'organiser "un véritable service public de l'hébergement et de l'accès au logement" ; il s'agit d'une sorte de "guichet unique" pour l'accès des personnes SDF à l'hébergement puis au logement.
Dans le 67, le SIAO est en cours d'organisation. Un logiciel a été choisi pour permettre sa gestion : il s'appelle Paxtel.
La mise en place du SIAO est très obscure, il n'y a aucun débat publique, alors qu'il y a de vraies questions politiques qui sont en jeu, concernant les plus précaires.
Paxtel est un logiciel qui pose de très nombreux soucis de légalité et d'éthique : contraire à la loi Informatique et Libertés, il implique le fichage de données personnelles sensibles pour les personnes en demande d'hébergement ou en hébergement... des personnes qui sont éminemment susceptibles d'être la cible de "coups médiatiques" sur des thèmes sécuritaires.
IL Y A UN VRAI RISQUE DE MISE EN DANGER PERSONNELLE DES PERSONNES EN GRANDE PRECARITE.
Déjà, dans le Nord en décembre, le préfet a demandé une extraction de la liste nominative des Roms ! 
Ci-joint l'appel aux travailleurs sociaux, avec un argumentaire descriptif de la situation dans le 67. C'est un appel :
•     à ce que les travailleurs sociaux exigent des débats en équipe avec leur hiérarchie ;
•    à ce qu'ils transmettent des comptes-rendus de ces débats aux syndicats.

Il s’agit d’étoffer les débats et de les mutualiser. Il s’agit qu’une culture du débat et de la mobilisation soit ré‑instaurée dans le social, et que les syndicats s’accordent entre eux pour la soutenir.
C’est le préalable nécessaire à toute possibilité d’action concertée.
C’est à cette condition que les travailleurs sociaux peuvent exercer leur rôle d’information publique : rapporter les faits inquiétants dont ils ont connaissance, solliciter des mobilisations citoyennes.
Par là passe la possibilité pour qu’ils sortent de leur impuissance et infléchissent la vie politique.
Il est important que les travailleurs sociaux se mobilisent et reçoivent un large soutien public. Il est important que ce mail circule.
SDAS-FO-67 secteur Précarité.
____________________________________________________
SYNDICAT DÉPARTEMENTAL DE L’ACTION SOCIALE FORCE OUVRIÈRE DU BAS-RHIN
Secteur PRECARITE
________________________________________________________________________
A LIRE ET FAIRE SUIVRE, au delà de toute considération d'affiliation syndicale
Pour recevoir directement les informations sur cette mobilisation : sdasfo67.precarite@mail.com
________________________________________________________________________
SDAS-FO-67 Syndicat Départemental de l'Action Sociale - Force Ouvrière - 67
sdasfo67.precarite@gmail.com / sdas67@free.fr
Téléphone : 03 88 36 50 15  -  06 15 75 23 82
Adresse: Maison des syndicats - 1 rue Sédillot - BP 12 - Strasbourg cedex
Permanences juridiques spécialisées : chaque 2ème mardi du mois, 14-17h, 4ème étage

12.01.2011

à l'eau le 115 ? tu m'as tué

Strasbourg. Lorsqu'une "personne isolée" téléphone au 115 sa demande est-elle traitée de la même façon qu'un appel émanant d'une association?

Nous en doutons. Comme chaque année nous demandons aux citoyens strasbourgeois d'essayer le 115 dont les médias leur rabâche les oreilles sur un ton optimiste.

Tous on fait le même constat :

• inutile de téléphoner avant 18 heures à un standard qui annonce du 24H/24 ;

• temps d'attente de 45 minutes minimum ;

• il est souvent demandé de rappeller plus tard, vers 20H/20H30. A cette heure là, il est trop tard! Par les températures de -18° les gens cherchent rapidement un coin où se mettre à l'abri. Une fois installé il devient difficile de demander une place, d'autant plus que si le 115 en propose une, elle peut être éloignée géographiquement ou dans le temps.

Que feriez-vous à leur place? Tout est fait pour décourager les gens... Pour le 115 lorsqu'une personne ne rappelle pas alors qu'on lui a bien demandé de le faire, elle est considérée comme casée... Voilà en partie d'ou viennent les "bons" résultats.

Par moins 18 degrés faut-il se poser la question de la nationalité, alors que l'état a obligation de protéger tout le monde?

• questionnaire plus que dirigé sur la nationalité et contrairement à ce qui a été claironné via les médias complaisants, refus d'hébergement pour beaucoup d'étrangers.

Dans le même temps nous savons qu'environ 150 personnes étrangères sont à l'abri jusqu'au 31 mars. Les pouvoirs de notre Préfet sont finalement bien limités lorsqu'un ordre tombe d'un ministère. Un quota d'étrangers serait-il imposé?

Nous avons constaté de nombreux refus "faute de places" alors que nous savons que des appartements d'urgence restent vides !! Est-ce du à une mauvaise organisation ? Que devient le SIAO auquel participe le sempiternel même groupe d'associations? Pourquoi la présence des personnes concernées dans ce truc n'est-elle pas appliquée à Strasbourg, malgré la volonté de Benoist Apparu? On nous dit que ce sont les associations qui freinent et refusent notre venue...

Sans la mise à disposition d'appartements voués à la démolition par la Ville de Strasbourg, et les bailleurs sociaux gagnés par la rencontre entre notre collectif et Philippe Bies, les conditions d'accueil auraient continuées avec des solutions indignes.

Nous avons eut a déplorer le "plan chaises". Face à cela les associations remplacèrent la chaise en jetant des matelas au sol, dans des lieux pas du tout conçus pour accueillir des gens la nuit. Que faut-il en penser? Est-ce là leur mission que d'accepter tout et n'importe quoi "parce que c'est mieux que rien"?. Et de vouloir nous faire avaler la couleuvre de leur bonne conscience en posant des matelas au sol est indigne et insultant.

Ces appartements ont-ils changés la donne?

Cette expérience reconduite pour la 2e année montre bien que si la volonté politique s'exprime, des solutions sont possibles. Malheureusement ça reste temporaire, il faudrait transformer l'essai en pérenne et stable.

Ces appartements permettent aux gens de se poser dans d'excellentes conditions et d'entamer plus sereinement toutes les démarches administratiques, de se soigner, d'apprendre à vivre en collectivité et non en collectif... Ces appartements ont sauvé des vies et permettent d'envisager un avenir...

L’attitude de la Ville a également changé vis à vis des squatts. Un dialogue est installé et débouche vers d'autres expériences (Projet Mimir). Nous espérons que tous jouerons le jeu du dialogue et de l'écoute car la LOPPSI2 nous porte à tous un coup fatal.

Face à ces situations dramatiques créées par l'absence d'emplois, par les emplois très précaires, par le désengagement de la Région Alsace (UMP) dans des formations adaptées aux besoins, par le manque de logements accessibles par les plus pauvres, nous constatons amèrement qu'autorités et "acteurs" se renvoient la balle de la responsabilité.

Tous "s'accordent" à dire que c'est le manque de moyens financiers qui serait seul responsable. Une manière de refuser le dialogue constructif, d'envisager des solutions alternatives et même de péréniser des expériences qui donnent d'excellents résultats.

Pour faire court, à nos yeux, ils sont tous coupables.

08.01.2011

Être sans domicile, avoir des conditions de logement difficiles

INSEE / Être sans domicile, avoir des conditions de logement difficiles
La situation dans les années 2000

Pierrette Briant, Nathalie Donzeau, division Logement, Insee

Résumé - En France métropolitaine, dans la deuxième moitié des années 2000, 133 000 personnes étaient sans domicile : 33 000 en très grande difficulté (entre la rue et les dispositifs d'accueil d'urgence), 100 000 accueillies pour des durées plus longues dans des services d'hébergement social ou dans un logement bénéficiant d'un financement public. Par ailleurs, 117 000 personnes, également sans logement personnel, recouraient à des solutions individuelles (chambres d'hôtel à leurs frais ou hébergement par des particuliers).

En outre, 2,9 millions de personnes vivaient dans des logements privés de confort ou surpeuplés, le cumul des deux insuffisances concernant 127 000 personnes.

Sommaire
Qualifier et quantifier la privation de logement ou de confort
Si une grande majorité des ménages ont profité de l'amélioration du parc de logements depuis 50 ans, certains en sont restés exclus. Les situations de grande difficulté vont de l'absence de logement à la privation de confort, mentionnées dans la loi Dalo (encadré 1). Ces situations sont souvent délicates à repérer (sources) et ne peuvent donc être mesurées que de manière approchée par les statistiques.

133 000 personnes sans domicile dont 33 000 sans abri ou hébergées pour des durées très courtes
Des établissements sociaux, spécialisés dans l'hébergement d'urgence, accueillent des personnes sans abri, dormant habituellement dans un lieu non prévu pour l'habitation. Ces structures complétées par les nuitées d'hôtel, offrent un hébergement inconditionnel, mais d'une durée limitée (de quelques jours à quelques semaines). Les passages entre la rue ou les abris de fortune et les centres d'urgence sont donc fréquents. Au total, 33 000 personnes étaient dans l'une ou l'autre de ces situations dans la deuxième moitié des années 2000 en France métropolitaine. Il s'agit d'une population masculine, urbaine, et pour près de la moitié, francilienne. D'autres établissements sociaux (centres d'hébergement et de réinsertion sociale, établissements d'accueil mère-enfant, centres dédiés aux demandeurs d'asile etc.) accueillent pour des durées plus longues des personnes qui rencontrent des difficultés sociales et de logement : ils hébergent 66 000 personnes dont 30 % de mineurs et 40 % de femmes (ces dernières ne représentent que 21 % des personnes sans abri et en centre d'urgence). L'Île-de-France concentre le quart des places, un autre quart est réparti entre Rhône-Alpes, Provence - Alpes - Côte d'Azur et Nord - Pas-de-Calais. Par ailleurs, 34 000 personnes environ étaient accueillies dans des logements ou des chambres conventionnés à l'aide au logement temporaire , en places d'urgence ou de plus longue durée.

38 000 personnes à l'hôtel et au moins 79 000 hébergées chez des particuliers
Outre les personnes sans domicile, d'autres encore n'ont pas de logement personnel : elles résident à l'hôtel à leurs frais ou sont hébergées par un parent ou un ami. En 2006, 38 000 personnes vivaient à l'hôtel. Une partie d'entre elles, que l'on ne peut dénombrer, relevaient de la catégorie précédente des personnes dont le loyer est pris en charge au titre de l'hébergement social, mais toutes ont en commun des conditions de logement médiocres, les chambres ne disposant pas de sanitaires dans la majorité des cas et ne permettant pas de cuisiner. Un quart de ces chambres abritent plus d'une personne. Ce type d'hébergement est essentiellement francilien et masculin. On compte très peu de personnes âgées, mais des enfants en proportion presque équivalente à la moyenne métropolitaine (17 % des résidants à l'hôtel ont moins de 18 ans contre 22 % dans la population métropolitaine).

Une solution en principe moins onéreuse est de se faire héberger chez un parent, un ami ou une connaissance. En 2002, sans compter les étudiants, 79 000 personnes de 17 à 59 ans résidaient dans des ménages avec lesquels elles n'avaient pas de lien familial direct (ascendant ou descendant). Elles indiquaient ne pas avoir les moyens financiers d'occuper un logement indépendant. Ces situations touchent plus particulièrement des hommes, des Franciliens et des jeunes ; 43 % de ces personnes travaillaient, le plus souvent en tant qu'ouvriers ou employés.

À ce « noyau dur », on peut ajouter les enfants (ou petits-enfants) qui vivent chez leurs parents ou grands-parents, faute de pouvoir accéder à l'autonomie résidentielle. Sont probablement dans ce cas une majorité des plus de 25 ans revenus au domicile familial après quelques mois dans un logement indépendant. En excluant les étudiants et ceux qui ont tout juste achevé leurs études, 282 000 enfants adultes, plutôt des hommes, pouvaient être considérés en hébergement contraint en 2002. Pour ces personnes, plus encore que pour les hébergés du « noyau dur », être hébergé et occuper un emploi, y compris de niveau cadre, peuvent aller de pair.

Enfin, parmi les personnes de 60 ans et plus résidant chez un tiers, 50 000 expliquaient notamment leur situation par une rupture familiale, un deuil, des difficultés financières ou de santé. Contrairement aux situations précédentes, 53 % d'entre elles vivaient dans des communes rurales et il s'agissait plus souvent de femmes.

Plus d'un million de ménages dans des habitations de fortune, des logements sans confort ou surpeuplés
Difficultés de logement et difficultés financières

Occuper en titre un logement ne signifie pas que la qualité de celui-ci est satisfaisante. Ainsi en 2006, 40 000 logements, abritant 85 000 personnes, étaient qualifiés par leurs occupants, à l'occasion du recensement, d'habitations de fortune dont les trois quarts étaient des constructions provisoires ou des mobile homes (sans possibilité de mobilité) ; 20 % n'avaient ni douche ni baignoire ; environ 10 % étaient surpeuplés , soit 10 fois plus que la moyenne.

À un degré moindre que les habitations de fortune, certains logements peuvent néanmoins représenter un danger pour la santé ou la sécurité de leurs habitants, ou manquer des équipements élémentaires. Par analogie avec les critères édictés par la loi Dalo, on considérera comme « privés de confort » les logements situés dans des immeubles insalubres ou menaçant de tomber en ruine ou ayant au moins deux défauts parmi les suivants : installation de chauffage insuffisante ou mauvaise isolation, infiltrations d'eau, électricité non conforme, absence d'installation sanitaire ou de coin cuisine.

En 2006, selon l'enquête Logement, 947 000 logements, soit 3,6 % des résidences principales, abritant 2,1 millions de personnes, étaient concernés. Certains défauts sont relativement rares : 1 % des ménages ont déclaré que leur immeuble était insalubre ou menaçait de tomber en ruine (tableau 2). Les sanitaires ou le coin cuisine manquent surtout à Paris. D'autres défauts sont plus fréquents : les infiltrations d'eau concernaient 5 % des logements et la perception de froid liée à une installation de chauffage insuffisante ou une mauvaise isolation, 9 %. Ces défauts concernent plus souvent les logements les plus anciens et, dans une moindre mesure, les logements collectifs.

Enfin, un peu plus de 183 000 logements (0,7 % de l'ensemble) étaient surpeuplés, abritant 800 000 personnes, surtout dans l'agglomération parisienne (2,4 %) où les petits logements sont nombreux et les loyers élevés.

Surpeuplement et privation de confort ne vont pas forcément de pair puisque leur cumul ne concernait que 28 000 logements en 2006. Les catégories les plus touchées sont néanmoins les mêmes : les locataires du parc privé, les ménages du bas de l'échelle des niveaux de vie, les familles monoparentales.

Difficultés de logement et difficultés financières
1,1 million de ménages, occupants en titre de leur logement, soit 2,9 millions de personnes, souffraient ainsi de mauvaises conditions de logement (soit surpeuplement soit privation de confort). Avec les 133 000 sans-domicile et près de 117 000 autres personnes sans logement personnel dans une acception restreinte (chambres d'hôtel et « noyau dur » de l'hébergement contraint), elles composent la population qui ne peut accéder à un logement satisfaisant, soit au total, 3,2 millions de personnes.

On pourrait y inclure tout ou partie des 110 000 personnes qui vivaient dans des habitations mobiles terrestres (gens du voyage, forains...) dont les conditions de logement sont liées à la qualité des infrastructures d'accueil dans les communes.

L'analyse pourrait également être élargie aux ménages dont le logement ponctionne fortement les ressources. Ainsi, un million de ménages à faibles ressources déclaraient avoir des difficultés à régler leurs dépenses en logement ou être en situation d'impayés ; 144 000 d'entre eux cumulaient ces difficultés et le fait d'occuper un logement inconfortable ou surpeuplé et, parmi ces derniers, 41 000 avaient fait une demande de logement HLM, que ce soit pour entrer dans le parc HLM (24 000) ou y rester en changeant de logement (17 000 ménages).

Enfin, en 2006, plus de 100 000 ménages à faibles ressources (41 000 pour la seule agglomération de Paris) attendaient depuis au moins trois ans un logement social.

POUR EN SAVOIR PLUS

19.08.2010

Et vous, que faites-vous entre deux hivers ?

Le dernier plan hivernal à strasbourg proposait env. 400 places, dont 32 chaises.

Ces plans qui se répètent depuis des décennies dans les grandes villes n'est qu'une mise à l'abri qui dégage des places par palier, calculés en fonction des températures. 0 degré tant de place, 5 degré...

L'ancienne municipalité UMP (keller/grossmann) a laissé pourrir la situation, se désintéressant du sort des personnes, des expulsions... Depuis les municipales que s'est-il passé?

La routine !

Le projet de chalets de 30 places qui a ouvert début juillet, d'autres projets éparpillés sur Strasbourg et la CUS, tous de petites envergures (15 places...) destinés à des "publics" bien ciblés : femmes ici, jeunes là, hommes ailleurs, malades là-bas... Petits projets et vie segmentée, morcelée. Ces projets sont proposés par les associations existantes et sont dans la continuité de ce qu'elles font depuis 40, 30 ou 20 ans...

Comme si pour nous le temps s'était arrêté et les idées et la volonté envolées depuis longtemps

Et rien de ce qui est fait ne vient rattraper le retard, ni combler les demandes qui augmentent et évoluent comme il va de soi dans la société. Pourtant, l'hivers dernier, une expérience inédite menée dans des appartements voués à la démolition et que nous avons initiée avec la complicité de l'adjoint au logement qui s'est débattu pour son montage avec l'État et sa "prise en main" par une association, a vu le jour.

Quel en est le bilan ? Que sont devenues les personnes ? Sera t-elle reconduite ?

On reste toujours loin du compte. Entre deux hivers rien n'est anticipé, rien n'est initié. Pendant 7 à 8 mois plus personne ne se préoccupe de cette situation qui s'aggrave. Pour preuve cet été, une structure de distribution de repas ferme sans que quiconque se s'en émeuve, ou alerte les pouvoirs publics en dehors du Collectif.

Les solutions, les idées, existent, les moyens ne sont pas plus difficiles à trouver que 5 Millions pour un golf, ou 140 pour un stade. C'est juste une question de volonté politique et de soutien des militants et de la population.

http://blog.philippebies.fr/

24.05.2010

La mort rode dans les rues de Strasbourg

La mort rôde chaque jour, dans les rues de Strasbourg

La semaine dernière un homme de 27 ans mourait de la rue à Strasbourg, dans une indifférence quasi générale. En dehors de quelques relations et du Travailleur Social qui tissait petit-à-petit un lien avec lui, personne n'a bronché.

Nous avons mis cette information en ligne sur Facebook sans obtenir un petit clic solidaire de toutes les personnalités politiques présentes sur ce réseau social. À l'évidence un commentaire du style "il fait beau" à plus de chance de les faire réagir.

Depuis le 31 mars tous les hébergements d'urgence ont fermé comme chaque année, alors que c'est connu de tous, "La rue tue toute l'année".

C'est plus de 400 places qui sont concernées sur Strasbourg. Une partie de ces places accueillaient des familles avec enfants. Un petit nombre d'entre elles, a été relogé dans des hôtels (lire l'unique et discret article à ce sujet).

Strasbourg ! peine Capitale, peine maximale !

Une municipalité, une Communauté Urbaine, extrêmement ambitieuse. Il n'y a pas une semaine sans l'annonce de son grand projet à coup de millions d'euros : golf, rallye automobile, foot, maison de l'Europe, etc. Tout pour le bien-être de quelques catégories, tout pour les touristes.

Tous ces projets sont accompagnés de la sempiternelle justification des "retombées". Mais quel Alsacien peut encore douter que lorsqu'il y a des retombées financières elles ne vont pas dans des poches déjà pleines ? (info1)

Strasbourg et la CUS refusent de trouver une solution pérenne et stable pour seulement 400 personnes. Usant des mêmes artifices que la précédente municipalité, la municipalité PS/Verts pratiquent un mépris teinté de bons sentiments.

L'État ne remplie plus son rôle protecteur ? N’est ce pas le rôle de tous les élus ?

Toujours ces mêmes jeux de pase-passe politique ou, au final, tout le monde s'entend à ne rien faire, et pire pour certains à laisser faire.

Les associations

• Depuis deux ans chaque hiver des associations ont accepté de "proposer" des chaises pour que les personnes y passent la nuit.

Si elles refusaient, que se passerait-il ? Si elles se réunissaient pour refuser que se passerait-il ?

Mais il est de bons tons de se tirer dans les pattes et de se désigner ; celle là fait de la chaise !

• Nous avons enfin pu prouver, démontrer avec un exemple concret, que le 115 de Strasbourg et des associations pratiquent la liste noire. Cette liste est un moyen de repérer les personnes qui ont fait du grabuge ou qui seraient susceptibles d'en faire.

Il y a une marge entre se protéger, blâmer une personne pour des problèmes de comportements et condamner arbitrairement.

Car la liste noire est bien une condamnation sans limite dans le temps à se voir refuser tout hébergement, toute aide.

Les associations ont depuis longtemps cédées, pliées à ce que ce vilain état demandait : des chiffres. Depuis longtemps elles sélectionnent à l'entrée, avec une nette préférence pour les "moins abîmés".

Nous vous conseillons de lire le rapport Michalot sur les pratiques d'hébergement, qui, au passage questionne aussi sur les pratiques des travailleurs sociaux.

Quotas, chiffres, fric, charges ... Et ceux qui devraient mettre l'humain en avant, l'étouffent, le piétinent. Ceux dont le "métier" est d'ouvrir des portes aux plus fragiles, les leurs claquent au nez.

Le marché de la misère à de beaux jours devant lui ... mais nos jours sont comptés ... À moins que nous décidions de prendre notre destin en main loin de toute cette hypocrisie assassine.

Le droit au logement ? Les droits de l'homme ?

Pas de doute c'est bien aux pouvoirs politiques, à tous les niveaux, État, Régions, Départements, Villes, qu'incombent la défense des droits de l'Homme.

Nous tous, citoyens de tous bords les élisons pour cela.

C'est pourquoi tous les citoyens et toutes les associations civiles devraient faire pression sur tous les élus sans exception et leur réclamer des comptes.

Quelle association "militante" n'a pas son élu, ou des militants qui affichent clairement leur appartenance à un parti politique?.

Il ne s'agit pas de leur refuser le droit, comme tout citoyen à s'impliquer activement. La question est : Sont-ils intègrent ? Oeuvrent-ils au sein de ces associations pour le bien des gens uniquement ? Sans propagande ? Sans prosélytisme ?

La réponse se trouve dans les choix d'actions, les cibles et les résultats de ces associations.

Qui sommes-nous ?

• Elle a 26 ans. Violée depuis l'âge de 14 ans, successivement par son père, son beau-père. Puis battue par son mari pendant six ans. Elle s'est vue proposer un hébergement collectif dans lequel, elle n'a jamais pu s'intégrer. Renvoyée à la rue sans proposition de rechange.

• Il a 36 ans. Après le décès de sa femme, il a plongé dans la douleur et dans l'alcool. Renvoyé du boulot. À la fin des assedics ... Rien. Il a dû attendre quatre mois pour obtenir le RSA ... Il a perdu son appartement. Son assistante sociale lui dit sans cesse "je ne peux rien faire" ... Il est à la rue

• Elle a 46 ans, veuve, handicapée physique. Elle est douce, généreuse, pleine d'amour pour la vie, pour les gens. Jamais d'emploi pour elle, même pas les pires. Et les formations lui sont refusées ... À cause de son âge pense-t-elle... Elle touche 660 euros au titre de l'AAH. Sa tutelle sensée la "protéger" lui retire chaque mois 550 euros pour les frais de loyer, charges, etc.

• Elle est EVS pour l'éducation nationale, c'est sa 2e année. 611 euros net parmois. Tout s'est bien passé, elle est félicitée par les gentils profs tous les jours. La semaine dernière, ils lui ont dit "tu nous manqueras, on espère que tu trouveras quelque chose l'année prochaine". Alors qu'on annonce des fermetures de Classes d'Inclusion Scolaire ;

• Elle vit dans un 2 pièces avec ses 3 enfants. Aucune proposition de HLM depuis 7 ans. Aucun logement du privé dans ses moyens. Elle fait un 3/4 de temps en tant qu'agent de caisse. Ses gosses, dit-elle, lui échappe et elle a peur pour eux.

• Elle est femme de ménage dans une gentille entreprise de ré-insertion ... Des horaires de dingues, prévenue au dernier moment pour 2 heures de ménage à l'autre bout de la ville, contrôle, surveillance, brimades ...

Annexes et Infos

(info 1) à quoi servent les impôts ?

1/ Marché de Noël : Ville 1 Million d'euros et autres bricoles. On nous parle des retombées financières estimées à 160 Millions d'euros pour les hôteliers, les commerçants, sncf, navettes, autocaristes... les Strasbourgeois se sont vus proposés quelques petits boulots très mal payés. Vendeur de bougies par moins dix degrés !

2/ le sommet de l'Otan : 16 Millions d'euros, un coût dévoilé à minima. 1.500.000 d'euros pour Strasbourg et CUS. À cela s'ajoutent la mise à disposition du Palais des congrès et ses dîners fastueux. Les lieux d'accueil des sans-abri étaient fermés ! Ajoutez aussi la fermeture des gymnases, d'infrastructures, des lycées et d'entreprises !!!

3/ Golf de la Sommereau : Environ 5 Millions d'euros, dans un premier temps. Les impôts des pauvres pour les loisirs des riches.

4/ Rallye automobiles 2010 : pour le moment 1,3 Million d'euros sont prévus. Région : 360.000, Cus : 300.000, Strasbourg : 300.000, CG67: 300.000, CG 68 : 200.000, Mulhouse : 100.000 ... pour le moment !! Certaines villes n'osent dévoilées leur participation. Et bien sûr on ajoute : mise à disposition d'infrastructures, aménagements divers, gros salaires des coureurs, des organisateurs ...

Anecdote

Les associations qui distribuent des repas sont submergées par toujours plus de demandes. La population qui fréquente les lieux de distribution a augmentée : chômeurs, emplois précaires, femmes isolées, étudiants, retraités...

La SOCIÉTÉ "Strasbourg événement" qui organise la foire de Strasbourg en septembre, a prévenu qu'elle n'offrirait pas, comme les précédentes années, le déjeuner aux maires après leur sympathique AG... Qu'à cela ne tienne ! Le maire de Strasbourg s'est spontanément proposé de payer, aux frais des contribuables Alsaciens.

 

28.03.2010

31 mars . fin d'hébergement à toulouse raconté par un éducateur spécialisé de CHU

Pour agir... et pour info  à toulouse !!
Pour aider l'action que porte Stéphane et ainsi aider à faire entendre ce message, vous pouvez participer à cette action!
Vous trouverez ici, le lien vers les affiches et les tracts qui seront placardés lundi dans la ville.

http://uploadpie.com/IMhCj

Bonjour à toutes et à tous...

Pour celles et ceux qui ne me connaissent pas, je suis Stéphane, adhérent de l'asso depuis quelques années maintenant, et actuellement en poste d'éducateur spécialisé sur l'accueil hivernal d'urgence pour familles "Thibaud". l'Accueil ferme ses portes jeudi 1er avril au matin (pour le poisson...). l'accueil est depuis quelques année gérée par l'association Espoir, mais cette année quelque chose a changé....

Quelques jours après l'ouverture du foyer en novembre, la directrice a été convoquée par les services de la Préfecture pour évoquer les nouvelles "règles du jeux": puisque l'état finance cet accueil, la Préfecture est quasiment "chez elle", elle décide de qui entre, qui sort, de qui va ou.. il en est donc fini de l'accueil inconditionnel des personnes..

Nous hébergeons actuellement 10 familles et deux femmes seules... toutes ces personnes vont se retrouver hébergées à l'hôtel car l'état se doit d'appliquer la continuité de l'hébergement de part la loi DALO (droit au logement opposable) mais dans quelles conditions et pour combien de temps?
Certaines de ces familles se sont vue remettre en mains propres et sur leur lieu de vie des OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) par une fonctionnaire zélée de la Préfecture, totalement dédaigneuse des être humains qu'elle avait en face... Ces familles seront également hébergée à l'hôtel mais pour combien de temps? L'année dernière, la Police aux
frontière n'a mis que deux jours avant de venir chercher à l'hôtel une famille déboutée de sa demande d'asile politique à la fin de l'accueil..
Il ne s'agit pas ici de remettre en cause le bien fondé ou non de ces demandes d'asile (et ce même si le nombre de demandes accordées ne cesse de diminuer, alors que le Monde grouille de guerres et de famines..), mais bien de dénoncer le ballotage, le parcage et surtout le manque de considération pour ces personnes...
Vous trouverez ci-joint un courrier que nous avons rédigé avec mes collègues pour informer nos partenaires sociaux et territoriaux.. ( peut etre plus explicite que moi...)

Il s'agit également de dénoncer qu'au 31 mars, 3 foyers sont concernés par les fermeture de fin de période hivernale, soit une 100aine de personnes remisent à la rue...

Dès lundi, vous verrez une campagne d'information en ville sur la fermeture des centres hivernaux...
(Samba Résille s'associe à cette démarche de la FNARS -fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale- et de Médecins du monde.)
Si des tentatives de communication sur la fermeture des centres hivernaux ont été effectuées les années précédentes, cette année la Mairie s'est engagée à laisser les tracs et les affiches en ville (que l'on aura soigneusement collé toute la nuit) toute la journée de lundi et nous permet d'utiliser les affichages des bus TISSEO..
En espérant être un peu plus entendu...

Merci encore aux personnes qui se mobilisent dimanche soir pour le barbecue Pagode au foyer..

Stéphane

*A l'attention des partenaires et des responsables*

Quelque chose a changé dans l'accueil hivernal des familles.
Quelque chose, qui avec le recul d'une saison d'activité, nous apparaît fondamental d'exprimer et de dénoncer.

Tout d'abord, ce changement passe par la gestion des personnes exclues. Leur admission et leur sortie, depuis cette année, ne dépend plus du 115, ni des structures d'accueil proprement dites, mais directement de la Préfecture, par le biais de la Direction Départementale de la Cohésion Sociale (DDCS ancienne DDASS) qui décide des urgences, des priorités, des admissions mais également des orientations à la sortie. C'est un changement important dans le dispositif des accueils d'urgence, notamment parce qu'il écarte d'un seul coup le savoir-faire des travailleurs sociaux, du travail de terrain, directement en lien avec les personnes accueillies. Plus grave encore, ce nouveau dispositif fait sortir de l'anonymat tous les demandeurs d'aide d'urgence. Fini le droit de discrétion et l'inconditionnalité, aujourd'hui un accueil est synonyme d'inscription et d'enregistrement sur des listes administratives.

Quand on sait que la population accueillie dans le centre d'accueil hivernal est composée à 90% de familles d'origines étrangères, on peut légitimement s'interroger sur les stratégies et conséquences d'un accueil si contrôlé.

Cette année, les travailleurs sociaux du centre d'accueil hivernal Thibaud ont senti cette confusion volontaire des fonctions. De
quelle façon les agents de l'État (Préfecture et D.D.C.S.) ont dorénavant main mise sur la gestion du centre d'accueil. D'un côté, ils placent les familles dans ces centres, autrement dit décident qui sera accueilli, de l'autre ils s'invitent pour délivrer en main propre les O.Q.T.F.. Il n'y a donc plus de frontière entre les fonctions d'hospitalité, d'insertion et celle du contrôle de l'immigration et son pendant l'exclusion forcée. De part cette nouvelle organisation, la nature même du travailleur social prend une allure nouvelle : accueillant-geôlier.

* Que doit-on penser lorsque, 15 jours après une réunion avec Monsieur E. de la DDCS (Direction Départementale de la Cohésion Sociale) pour un point sur les familles dont nous avons la charge, Mme P., de la préfecture de Haute-Garonne, décide de rencontrer, dans notre foyer, 3 familles afin de leur signifier 3 OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) de la façon la plus stricte qui soit ? Cette décision étant applicable dans 30 jours, 3 jours avant la fermeture de l'accueil hivernal.*

Que dire des personnes accueillies et qui viennent de recevoir l'interdiction de vivre sur le territoire français, au sein même de leur
logement? Ils se sont légitimement interrogés sur les liens des travailleurs sociaux de Thibaud avec les services de lutte contre l'immigration...

Quelle est en définitive notre fonction quand d'un côté on leur offre un espace accueillant et que de l'autre on les surveille, on les tient au chaud avant l'éventuel retour forcé au pays qu'ils fuient pour diverses raisons...

* Quelques heures après s'être vu signifier son OQTF, le père d'un nouveau né nous a confié que la façon dont cela lui avait été dit était insupportable pour lui. Il tentera de mettre fin à ses jours quelques heures plus tard …*

Toute politique de lutte contre l'immigration est nécessairement critiquable. Comment peut-il en être autrement quand il s'agit de mettre au point une machine de l'exclusion ? Le travailleur social est ici impliqué dans cette lutte, à son insu. Aussi, il n'est plus possible pour un travailleur social d'accueillir les personnes en fin de droit sans les informer du risque encouru ; de leur expliquer qu'ici même où ils sont accueillis, ils demeurent sous le regard de ceux qui œuvrent à leur départ dans leur pays d'origine. C'est notre devoir de clarifier auprès des personnes accueillies ces enjeux. C'est de notre devoir aussi de dénoncer
cette nouvelle formule d'accueil des personnes en difficulté non plus avec l'objectif de mise à l'abri, mais celui d'exclusion, à travers un même outil : celui de l'accueil d'urgence hivernal. Est-ce une expérimentation qui risque de s'étendre à tous les centres d'accueil permanents ou non ?

Ce que nous exigeons c'est qu'ils organisent leur politique d'immigration de façon décente et surtout pas sur le dos d'associations et
de travailleurs sociaux dont la mission est tout autre pour ne pas dire inverse. Qu'ils se servent des centres d'accueil comme un lieu de mise à disposition des étrangers en situation irrégulière qu'ils ont placés eux-mêmes en attendant que la justice statue sur leur cas, voilà un mélange des genres bien dangereux. Le droit à un abri n'a aucun lien avec l'obligation de quitter le territoire, ou alors le centre d'accueil fonctionne comme un appât. On présente aux personnes un toit, une écoute...

Il se tisse des liens de confiance et d'entraide, des stratégies d'insertion, etc. On travaille avec elles sur des solutions pour le
logement, le statut... On atténue leur souffrance... Mais tout cela n'est qu'un leurre pour les familles et les travailleurs sociaux. En arrière-plan, c'est leur exclusion du sol français qui est en train de se préparer. La procédure est tordue mais implacable. Ce sont des services de l'État très proches qui d'un côté décident de l'accueil temporaire et de l'autre de l'exclusion définitive par le retour forcé.

Que dire de plus, à part saluer ou pleurer ce tour de force sous l'angle de la politique de lutte contre l'immigration si insoutenable dans un pays de droit.

L'équipe de Thibaud

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20.03.2010

ALSACE : UN BON MILLIER DE PERSONNES ABANDONNÉES À LA RUE DEPUIS DES ANNÉES

Le 31 mars, c'est la fin du dispositif hivernal d'hébergement d'urgence. Pour toutes les personnes hébergées dans ce dispositif cruel, indigne, c'est la remise à la rue.

Plus de 400 personnes sont concernées à Strasbourg.

Plus de 200 personnes à Mulhouse.

Auxquels s'ajoutent tous ceux, qui par défaut, ont été obligés de réquisitionner des lieux vides depuis des années, ceux qui survivent sous tente, dans des cabanes, ...

Depuis des années, même lorsque la situation financière était bonne, L'Alsace n'a pas été fichue d'accompagner un petit millier de personnes ...

Honte sur nous.

15.01.2010

« Souvent, la mort ne les effraie plus »

Yann Benoist, ethnologue - Propos recueillis par V. Md. - source Le Parisien

Yann Benoist, 31 ans, est un ethnologue qui s’intéresse au monde des naufragés de la vie. Pendant plus de deux ans, il a observé les SDF, en particulier ceux qui sont emmenés au Cash (centre d’accueil, de soins et d’hébergement) de Nanterre (Hauts-de-Seine). Il en a tiré l’ouvrage « Sans-logis de à Nanterre », paru aux Editions l’Harmattan.

Pourquoi préfèrent-ils passer la nuit dehors plutôt que dans un centre?
Yann Benoist.
Deux raisons : les sans-abri doivent répondre à leurs besoins immédiats, par exemple manger, travailler, faire la manche, s’alcooliser, se droguer. Ce sont des activités routinières qui prennent beaucoup de temps car la fatigue de la rue ralentit le rythme. Pour être au plus près de ces activités dès le réveil, ils considèrent que la rue est plus adaptée que le centre d’hébergement. Souvent, quand il s’agit des plus abîmés, la ne les effraie plus. Le froid paraît être un danger secondaire.

Coucher sur un trottoir, est-ce un choix?
Pas du tout. Il s’agit là d’une idée reçue. Quand un SDF dit « j’ai choisi cette vie », cela ne correspond jamais à la réalité. Dormir dehors, c’est l’exclusion maximale, une mise à nu. Pour lui, c’est très mal perçu parce qu’il expose son être, il se sent pénétré par le regard des passants. Dormir dehors, c’est donc une nécessité ultime, une façon d’échapper à une contrainte qu’ils trouvent pire, en l’occurrence la vie au centre d’hébergement.

Que reprochent-ils à ces structures?
Ils trouvent que l’offre y est trop coercitive. C’est ce que j’ai constaté au Cash de Nanterre. Les horaires sont stricts, on leur confisque leurs affaires jusqu’au lendemain, l’alcool est interdit, on leur attribue un numéro de chambre, on leur rase parfois la s’ils ont des poux. C’est terriblement infantilisant et liberticide. Il n’y a plus d’intimité.

Si on leur proposait des chambres individuelles, y aurait-il encore des gens qui dormiraient dehors?
Il y en aurait beaucoup moins mais il y en aurait encore. Il resterait ceux qui, tellement détruits, n’ont pas la capacité d’avoir un autre mode de vie. C’est un peu comme les prisonniers qui ont fait trente ans de taule et qui, libérés, n’arrivent pas à sortir de leur prison. Zéro SDF qui dort dehors, c’est impossible, sauf si on venait à les ramasser de force, une aberration totale.

d'autres articles à lire : Le Parisien

10.01.2010

Alors que l'hiver se fait plus rugueux, les centres d'hébergement d'urgence sont déjà pleins. ...

Les jeunes sont de plus en plus nombreux dans la rue

La Voix du Nord - « Il y a de plus en plus de personnes qui appellent pour la première fois au niveau du 115, c'est un fait majeur, analyse Alexis Lefrancq, directeur de la CAOH. Des jeunes principalement. » Rupture familiale, rupture de couple, violences conjugales, perte de logement lié à une perte d'emploi, quelques salariés, des couples, les raisons qui ont plongé toutes ces personnes dans une précarité sociale sont aussi nombreuses que les profils. L'association estime entre 25 % et 27 % le taux de jeunes de moins de 25 ans.

Parmi l'ensemble des personnes nécessitant un hébergement d'urgence, on trouve également des hommes et des femmes présentant des troubles psychologiques, des pathologies, des familles endettées ou des addictions à l'alcool, les drogues. « On a des personnes qui refusent d'intégrer toute forme de collectivité. Elles n'ont jamais connu de structure d'urgence, remarque encore le directeur. On a aussi des personnes qui connaissent très bien ces structures mais qui en ont marre. Un ras-le-bol. On a aussi des salariés, qui n'ont pas le même profil. Certaines aussi sont orientés sur Valenciennes alors qu'ils sont en difficulté sur le territoire. » On dit l'été plus meurtrier que l'hiver. Certes le froid n'est pas en cause, mais l'hygiène, la chaleur, la déshydratation sont des causes à ne pas négliger. D'autant plus que nombre de centres ferment leurs portes à ce moment, les expulsions reprennent, et les jeunes en difficultés familiales n'hésitent plus à quitter leur domicile. En été, on est pus facilement mis à la rue. • F. GR.

30.11.2009

Des pistes pour « muscler » le droit au logement opposable

Entrée en vigueur il y a deux ans, cette loi « juste et nécessaire » reste inefficace dans plusieurs régions

Alors que le droit au logement opposable (Dalo) entre mardi 1er décembre dans sa troisième année, quelques rares associations d’aide aux sans-abri jugent le verre à moitié plein. « Cette loi a inversé la logique, se réjouit-on chez ATD Quart Monde. Avant, on disait aux demandeurs les plus modestes qu’ils n’obtiendraient pas de logement, faute de ressources suffisantes. Aujourd’hui, le fait de disposer de faibles revenus permet de devenir prioritaire. Les bailleurs sociaux ne peuvent plus choisir les candidats qui présentent les meilleures assurances financières. »

Les autres associations, en général, considèrent le Dalo comme une loi juste et nécessaire mais déplorent qu’il reste très largement inefficace, en tout cas dans les régions où la situation est la plus tendue, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, en Rhône-Alpes, dans le Pas-de-Calais, et surtout en région parisienne. Dans cette dernière, un quart à peine des personnes reconnues prioritaires par les commissions Dalo ont pu être relogées dans le délai réglementaire de six mois.

Pour «un déplafonnement des pénalités»

« Le Dalo constitue un recours supplémentaire », estime Augustin Legrand, à l’origine, en 2006, du campement qui s’était développé le long du canal Saint-Martin, à Paris, et a ensuite conduit à l’adoption de cette loi. « Mais le nombre de logements ne permet pas de répondre aux besoins. » Pour autant, afin de faire évoluer le dispositif, le cofondateur des Enfants de Don Quichotte se dit convaincu que « le plus grand nombre doit faire jouer ce droit dans le but d’exercer une pression sur les pouvoirs publics ».

Directeur d’une structure d’hébergement pour SDF à Paris, Christophe Louis, par ailleurs président du Collectif des morts de la rue, partage ce point de vue. « Sans leur laisser trop d’illusion, nous demandons à nos résidents de saisir une commission Dalo. Cela ne leur permet pas d’obtenir un logement autonome. Mais au moins, ils peuvent être prioritaires pour accéder à une maison-relais », explique-t-il.

Pour que le Dalo gagne en efficacité, Christophe Louis suggère « un déplafonnement des pénalités » que verse l’État au fonds d’aménagement urbain lorsqu’il ne reloge pas dans les délais les personnes jugées prioritaires.

Des sanctions financières pas assez dissuasives

« D’un département à l’autre, la loi s’applique de façon très disparate », regrette Hervé de Rugiero, le directeur général de la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (Fnars). Pour lui, une volonté politique « à tous les échelons de l’État » serait nécessaire. « Cela passe par la formation des fonctionnaires et aussi une démarche de sensibilisation à l’égard des bailleurs sociaux et des collectivités territoriales », plaide-t-il.

D’autres mesures pourraient être prises, suggère Pierre Quercy, délégué général de l'Union sociale pour l’habitat, qui représente 800 organismes HLM. « Tout en mobilisant le parc privé, via la médiation locative (NDLR, qui permet à une association ou une collectivité de louer un logement quelle « sous-loue » ensuite à des personnes en situation de précarité), il faudrait que des conventions soient passées entre l’État, les bailleurs sociaux et les collectivités locales pour que le contingent de places qui revient à ces dernières en fonction de leur niveau de financement soit largement ouvert au public Dalo, dit-il. De même, les sanctions financières prévues pour les communes de plus de 3 500 habitants qui possèdent moins de 20 % de logements sociaux ne sont pas assez dissuasives. Et les préfets usent trop rarement de leur droit de préemption. »

LA SUITE SUR LA CROIX

23.11.2009

Rhones - Des places en HLM pour désengorger l'hébergement d'urgence

Plutôt que de payer des nuits d'hôtels supplémentaires, l'Etat préfère utiliser un autre levier pour désengorger les centres d'hébergement d'urgence du Rhône.

Le préfet délégué à l'Egalité des chances, Francis Vuibert, annonce que « 383 personnes actuellement hébergées dans des centres d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) vont pouvoir aller vers le logement social dans les prochaines semaines ou les prochains mois ». L'an dernier, « 285 personnes » avaient déjà pu bénéficier de ce relogement « grâce à un accord avec les bailleurs sociaux ».

Critère retenu : « La capacité à être autonome ». Cet effort est une manière de répondre aux difficultés persistantes des sans-abri à trouver des places en centre d'hébergement d'urgence : chaque jour, entre 100 et 150 d'entre eux, au moins, restent sans solutions.

« Jusqu'à ce que la situation soit stabilisée, on fera des opérations spécifiques », a ajouté le préfet. Source le progres

07:03 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : hébergement d'urgence, chrs, logement social | | |  Facebook

22.11.2009

Dalo : Le parcours du combattant

À Nantes, dans les petits locaux de l’association Droit au logement (DAL), Christiane Roche, une bénévole, reçoit Sofian , 38 ans, actuellement au RSA. Il habite dans un logement « indécent » et « insalubre » selon les termes du tribunal et a fait l’objet d’une procédure d’expulsion qui n’a pas encore été exécutée. Il a saisi la commission Dalo en février. Celle-ci lui a reconnu un « droit au logement » en septembre mais ne lui propose qu’un « droit à l’hébergement », dans un foyer.

« J’ai joué le jeu, je suis allé voir, raconte Sofian. Ce centre accueille surtout des personnes sortant de psychiatrie et des gens de la rue avec des problèmes de drogue et d’alcool. Rien à voir avec ma situation ! »

« Voilà un parfait exemple de la façon dont on balade les demandeurs, s’emporte Christiane Roche. Du droit au logement on passe à un droit à l’hébergement dans une structure inadaptée aux problèmes » de Sofian. « Avec ce genre de décision, on le fragilise encore un peu. » Le Dal va l’accompagner pour faire appel de cette décision.

La bénévole nantaise dénonce le fonctionnement d’un système qui fait tout pour dissuader ceux qui pourraient bénéficier de la loi. « Si un demandeur n’a pas de réponse au bout de six mois, explique Christiane Roche, le refus est implicite donc sans justification. Il faut alors écrire à la commission pour connaître les motifs. Et pour ce public, écrire est souvent difficile. »

Elle énumère aussi : un dossier de demande difficilement disponible chez les travailleurs sociaux, une absence de formation pour le remplir, un formulaire mal conçu, qui ne précise pas, par exemple, les pièces justificatives à joindre.

« La commission a alors beau jeu de dire que le dossier est irrecevable car mal monté, ironise-t-elle. Comme ça, c’est toujours quelques mois de gagné. Et mieux : peut-être que la personne se découragera avant ! »

18.11.2009

Droit au logement opposable : vers des réquisitions ?

Le comité chargé du suivi de la loi sur le droit au logement opposable, portée par Nicolas Sarkozy avant son élection, lui demande solennellement de procéder à des réquisitions de logements vides.

C'est une question épineuse que vient de soumettre le comité de suivi (PDF) de la loi sur le droit au logement opposable (DALO) à Nicolas Sarkozy. Constatant «l'aggravation» de la situation des mal-logés, qui provoque de fait «une situation de non-respect de la loi» instituant un droit au logement, en vigueur depuis deux ans, cette instance demande au chef de l'Etat de procéder à des réquisitions.

Fin juin, 7.200 familles en situation de grande précarité n'avaient pas obtenu de logement dans le délai prévu par la loi DALO (trois à six mois suivant la taille de l'agglomération concernée). Fin septembre, les chiffres étaient pires : 9.780 ménages éligibles au DALO n'avaient pas de logement, dont 8.878 en Ile-de-France.

Le comité de suivi, composé de représentants des associations de maires et d'élus locaux, du Conseil d'Etat et d'autres instances officielles, appelle donc «solennellement le gouvernement à conduire 'la bataille de l'offre'».

Précisément, le comité, présidé par Xavier Emmanuelli, demande «que des instructions soient données du plus haut niveau de l'Etat pour que les préfets usent de tous les moyens en leur possession afin de résorber au plus vite leur retard». Le comité préconise deux mesures : un programme de réquisitions et l'usage du droit de préemption.

 

L'une des mesures phare du programme de Sarkozy

Idée venue des associations, le droit au logement opposable permet aux ménages éligibles à un logement social, mais dont la demande ne peut être satisfaite, d'attaquer l'Etat en justice pour obtenir réparation.

Le projet a été évoqué à de nombreuses reprises par la gauche, mais aussi par Jacques Chirac et Jean-Louis Borloo. Nicolas Sarkozy avait fait de ce droit opposable l'une des mesures phares de son programme présidentiel.

LIRE LA SUITE + VIDÉO - LE FIGARO

Droit au logement opposable: le comité de suivi veut des réquisitions

AFP - Le comité de suivi de la loi sur le droit au logement opposable (Dalo) a demandé mercredi la mise en oeuvre de réquisitions de logements, et en a appelé à Nicolas Sarkozy en raison de l'"aggravation" de la situation des mal logés.

Le comité de suivi s'est réuni en séance exceptionnelle et a constaté "l'aggravation d'une situation de non-respect de la loi": fin juin, au moins 7.250 ménages désignés comme prioritaires, dont 6.500 Franciliens, n'avaient pas obtenu d'offre de logement dans le délai prévu par la loi.

A fin septembre, ce décalage s'est accru, atteignant 9.780 ménages, dont 8.878 en Ile-de-France.

Dans une déclaration consensuelle, le comité de suivi "appelle solennellement le gouvernement à conduire +la bataille de l'offre+".

Deux pistes sont préconisées, dont la mobilisation effective des logements existants en faveur des ménages prioritaires.

Dans ce cadre, le comité demande "que des instructions soient données du plus haut niveau de l'Etat pour que les préfets usent de tous les moyens en leur possession afin de résorber au plus vite leur retard".

Parmi les moyens recensés figurent notamment un programme de réquisitions et le droit de préemption.

17.11.2009

Pétition Pour un réel engagement en faveur des personnes SDF, par des travailleurs sociaux

Bonsoir
Je n'ai pas l'habitude de faire suivre des mails ou des chaines quelconques.
La pétition que je vous adresse ici et que dont je souhaiterais que vous preniez connaissance émanent des travailleurs sociaux de l'urgence sociale, dont je fais parti. Nous nous permettons de demander l'appui de notre réseau personnel pour nous soutenir et nous rejoindre afin de dénoncer une situation intolérable, à Lyon, en matière d'hébergement des personnes SDF. Il manque cruellement de places sur l'aglomération. L'un des centres (accueillant entre autres des familles) menace de fermer... Le sort réservé aux sans-abri semble être le dernier des soucis de nos gouvernants... en dépit d'un droit opposable à l'hébergement que les personnes peuvent faire valoir depuis mars 2009.
Avec mes collègues, les bénévoles... nous assistons impuissants à la dégradation physique et psychiques des personnes que nous rencontrons chaque jour, le système de l'urgence sociale les condamnant à errer de centre en centre lorsqu'ils ne dorment pas à même le bitume, faute de place. Nous ne pouvons plus cautionner, par notre silence, cet état de fait et nous avons décidé de rendre publique cette dramatique situation au travers d'une pétition
Nous comptons sur votre soutien car nous pensons que la question SDF nous concerne tous, collectivement responsables du sort que l'on réserve aux personnes les plus fragiles. Nous vous invitons donc à signer le texte de pétition sur le lien suivant: http://reelengagementsdf.free.fr/
Je suis à votre disposition pour tout renseignement complémentaire. (06.18.92.41.08.)
N'hésitez pas à la faire passer dans vos réseaux le plus rapidement possible, la date de clôture étant le 1er décembre.
Cordialement
Maud Bigot

Pour un réel engagement en faveur des personnes SDF

Auteurs : Professionnels de l’urgence sociale de l’agglomération lyonnaise.

- Etant donné qu’à l’amorce de l’hiver 2009/2010, aucun nouveau centre d’hébergement d’urgence n’a ouvert ses portes à Lyon, contrairement aux années précédentes ;

- Etant donné qu’en ce début d’hiver 120 à 130 personnes ayant sollicité le 115 se retrouvent chaque soir sans solution d’hébergement et que le froid fera logiquement augmenter ce nombre ;

- Etant donné que les statistiques du 115 ne donnent à voir qu’une partie de la population sans logement ni hébergement dans l’agglomération lyonnaise, cette dernière étant estimée à plusieurs milliers de personnes1

Les moyens du dispositif d’hébergement d’urgence lyonnais sont largement insuffisants

- Etant donné que les nuitées d’hôtels (comme proposées l’année dernière) ne constituent qu’une mesure fort coûteuse masquant artificiellement la pénurie de place sans prise en compte des besoins au long terme des personnes concernées ;

- Etant donné que, si la période hivernale est un moment critique pour les personnes SDF, une prise en charge saisonnière de cette question est en contradiction avec la stabilité nécessaire à la réinsertion des personnes ;

- Etant donné la saturation du dispositif logement/hébergement à tous les niveaux (Centre d’Hébergement d’Urgence, Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale, faible nombre de places dans les maisons relais, manque de logements, etc.)

Le dispositif d’hébergement d’urgence ne constitue pas un tremplin vers des solutions pérennes et adaptées comme l’exige l’article 73 de la loi MOLLE (27 mars 2009)

Nous, travailleurs sociaux de l’urgence sociale et citoyens directement concernés ou non, exigeons :

A court terme : - l’ouverture dès janvier de deux centres d’hébergement d’urgence pérennes adaptés aux besoins identifiés par les intervenants de terrain ;

- l’engagement réel de l’Etat et des collectivités locales au travers d’un signe fort pour le maintien, la pérennisation et l’amélioration des structures existantes ;

A terme : - Une application locale du rapport PINTE et de la loi DALO à partir des diagnostics réalisés sur l’agglomération lyonnaise ; c'est-à-dire un effort financier conséquent à tous les niveaux du dispositif logement/hébergement.

« Héberger dans un centre ou à l'hôtel une famille coûte bien plus cher à la collectivité que de louer un logement même au prix du marché. Aucune estimation précise n'a été faite sur les coûts économiques, sociaux, sanitaires du mal logement. On peut les imaginer bien plus élevés que nos dépenses actuelles en matière d'accueil, d'accompagnement social et d'aide au logement. »

Nous demandons à l’Etat une réponse écrite sous quinze jours à ce sujet. Si cette dernière ne répond pas aux exigences formulées, nous nous engagerons dans un mouvement de mobilisation et inviterons les personnes concernées à faire valoir leurs droits.

1 MRIE, Connaissance des personnes sans logement ou hébergement fixe dans l'agglomération lyonnaise
Qui sont-ils ? Quelles attentes ? Quels recours ? www.mrie.org/personnes-en-difficultes

2 Etienne PINTE, Propositions pour une relance de la politique de l’hébergement et de l’accès au logement www.assemblee-nationale.fr/13/tribun/rapport_pinte12070608.pdf

 

Une loi qui embarrasse l'État

Source SUD OUEST - Se retrouver à la rue peut arriver à tout le monde. Ainsi cet homme d'une quarantaine d'années, ouvrier du bâtiment, victime d'une grave blessure au dos qui l'a conduit successivement au chômage, au divorce, dans un CHRS (1) et enfin au siège d'Emmaüs - cours de la Somme à Bordeaux - un dossier sous le bras. L'homme n'est ni un cas social, ni un inadapté. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il n'est pas considéré comme prioritaire par les bailleurs de HLM, ce qui lui vaut d'être hébergé dans un foyer. « Je savais qu'une loi impose à l'État de loger les gens à la rue et l'assistante sociale de mon quartier m'a envoyé ici », explique-t-il.

Le demandeur devient acteur

Dans ce bureau, l'homme rencontre Aude Boyer, responsable de la cellule permanente Dalo à Emmaüs. Cette jeune juriste bordelaise a été embauchée par le président régional Pascal Lafargue pour accueillir, informer et aider les personnes concernées par la loi sur le Droit au logement opposable (Dalo). « C'est une loi assez compliquée qui a modifié complètement l'accès à l'habitat d'urgence, explique-t-elle. Auparavant, un travailleur social recevait un demandeur et envoyait le dossier à une commission de médiation du contingent préfectoral de logements qui répondait ou non, positivement ou pas, et aucun recours n'était possible. Avec la loi Dalo, la personne devient actrice, c'est elle qui fait la demande, elle ne passe plus par le travailleur social, et c'est encore elle qui va pouvoir bénéficier d'un éventuel recours contre l'État. Si celui-ci ne la loge pas, il sera condamné par le tribunal administratif à une astreinte financière versée à un fonds public d'aménagement urbain. »

« Les Ddass freinent »

Dans les faits, c'est évidemment plus compliqué. Rares sont les personnes qui peuvent se débrouiller seules dans ce maquis juridique, sachant qu'il faut six mois pour que la commission de médiation enregistre un dossier et encore six mois pour qu'elle l'examine : « Les Ddass freinent l'information et découragent même les travailleurs sociaux de recourir à cette loi alors qu'ils devraient en être les agents », affirme Aude Boyer.

247 accords en 15 mois

Celle-ci est donc en charge des dossiers qui transitent ensuite à la commission de médiation installée à la direction de l'équipement. Laquelle a reçu délégation du préfet pour traiter les cas, un à un : « Je mets en garde les demandeurs contre toute tentation de faire des faux lorsqu'ils constituent leur dossier. S'ils sont logés par des amis ou de la famille, ils ne sont plus prioritaires. Il faut qu'ils soient de bonne foi. »

Emmaüs a traité 100 dossiers Dalo en un an et demeure de loin la structure associative la plus concernée par la loi pour des raisons historiques (lire par ailleurs). En Gironde, 1 016 sollicitations de logements ont été déposées entre le 1er janvier 2008 (date d'application de la loi) et mai 2009. Sur l'ensemble des ménages, 247 demandes d'appartements ont été acceptées, ce qui donne un taux de 20 % légèrement supérieur aux 12 % annuels de la moyenne nationale. « Et pourtant, 99 % des demandes sont justifiées », assure Aude Boyer, qui précise avoir accompagné avec succès une famille lancée dans une procédure contre l'État devant le tribunal administratif.

À Emmaüs, on sait que les logements « Dalo » ont été pris en fait sur le contingent préfectoral habituel : « D'ailleurs, l'État demande avant toute chose aux assistantes sociales d'activer ce contingent prioritaire et j'en connais qui ont été sermonnées pour avoir fait du Dalo », glisse Aude Boyer. On comprend dès lors pourquoi Pascal Lafargue susurre : « Chirac a offert un cadeau empoisonné à son successeur. »

(1) Centre d'hébergement et de réinsertion sociale.

Auteur : HERVÉ MATHURIN

07:24 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : loi dalo, emmaüs, hébergement d'urgence, logement social | | |  Facebook

 
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