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08.08.2008

Arras : Logement insalubre pour situation indécente, place de l'Ancien-Rivage

L'immeuble où vit Sylvie Lemaire, 53 ans, est délabré. Le plafond est tombé après l'orage.
C'est presqu'avec honte que les derniers occupants d'un immeuble, déclaré insalubre par la préfecture en avril, nous ont ouvert leur porte, au 8-10, place de l'Ancien-Rivage, à Arras. En centre-ville, dans un quartier de plus en plus « bobo »,vit une famille dans des conditions indécentes. Le propriétaire devait reloger en mai au plus tard. Il était au tribunal hier.
PAR SAMUEL COGEZ

L'avocat de la famille Lemaire, Me Yann Osseyran, en est retourné. Dans les escaliers, à l'étage, partout, on craint à chaque pas de passer à travers le plancher. Dimanche, l'orage a fait chuter le plafond. Il n'y a plus d'eau chaude. La fée électricité est morte. Il n'y a plus de lumière dans la vie des Lemaire. À côté, Bernard et Renée Raymond ont trouvé une solution, mais pour la rentrée. «On attend le fonds de solidarité pour le logement (FSL)» assurent-ils. Pour l'instant, Bernard, sous appareil respiratoire, malade cardiaque, vit dans 12m². Et Renée pleure.

Le 25 mars, la préfecture prenait un arrêté d'insalubrité.
Dans l'immeuble, on signale des « défauts d'affaissement, des déformations des planchers, des risques de chute de matériaux, une absence d'isolation, de l'humidité, des installations électriques vétustes et dangereuses, une absence d'entretien des bâtiments ». Sur place, l'eau gangraine tout. Des cafards se pavanent, maîtres des lieux. Il faut évacuer. Mais la famille Lemaire est toujours là.
Le propriétaire avait un délai d'un mois pour reloger concrètement les locataires. Au lieu de cela, on leur a proposé d'aller voir des agences, le Secours populaire, et d'autres structures. Ils ne sont pas allés aux rendez-vous, c'est vrai. Mais monsieur Lemaire est sous curatelle renforcée. RMistes, les Lemaire n'ont pas de ressources. Qui voudrait leur louer un logement ? C'est l'impasse. Pourtant, quand le propriétaire n'a pas assuré le relogement concret, c'est la mairie qui « prend les dispositions nécessaires pour les héberger ou les reloger », dit la loi (article L 521-3-2 du code de construction et de l'habitation).

Selon le propriétaire, qui s'est expliqué hier au tribunal d'Arras, deux réunions avec des représentants de la ville auraient eu lieu. L'arrêté préfectoral est d'ailleurs affiché en mairie. Mais au lieu d'une proposition concrète, les Lemaire ont reçu un courrier d'huissier le 15 juillet. « Un commandement de quitter les lieux » dans un délai d'un jour (!), sous peine « de procéder à votre expulsion (...), si nécessaire avec l'assistance de la force publique ».

La loi (et la dignité) impose à tous les partenaires gravitant autour de ce dossier de trouver une solution de relogement. « On ne peut pas traiter la misère humaine ainsi, enrage Me Osseyran. À Hautmont, on voit de la belle solidarité après un phénomène naturel.

Là, faut-il attendre que l'immeuble s'écroule sur ces gens pour qu'on les prenne en considération ? » La question mérite en effet d'être posée. •
Les rédactions de La Voix du Nord http://www.arras.maville.com/Logement-insalubre-pour-situ...

27.04.2008

Stop à la spéculation sur le logement et le foncier

Communiqué : Attac France

La crise s’étend à la terre entière. Une crise financière est partie du secteur immobilier aux Etats-Unis et a gangrené peu à peu l’ensemble du système bancaire mondial. Elle s’ajoute aux menaces contre tous les secteurs essentiels à la vie humaine, depuis le logement jusqu’à la santé, l’alimentation et le climat. Cette crise globale est accentuée par la généralisation du principe de spéculation à toute activité, à toute ressource et à la vie elle-même.

La crise de l’immobilier aux États-Unis a mis en lumière quelles pouvaient être les conséquences du fait de confier au marché l’accès au logement. En faisant le pari absurde que les prix monteraient toujours, les banques ont prêté à des ménages modestes, leur ont fait signer des hypothèques sur leur logement, tout en sachant très bien qu’ils ne pourraient pas, le plus souvent, rembourser leurs emprunts. Pour disséminer le risque inhérent à cette pratique, les banques ont revendu ces hypothèques et en ont fait un objet de spéculation. Spéculation qui s’est terminée par un krach qui, non seulement a entraîné le système bancaire et financier dans une crise sans précédent, mais surtout a mis à la rue environ deux millions de ménages américains.

La situation du logement en France et en Europe n’est pas moins alarmante. Dans notre pays, 4 millions de personnes sont actuellement sans logis ou mal logées, dont 200 000 sans abri. À l’origine de cette situation, il y a le désengagement de l’État et les avantages fiscaux accordés aux investisseurs dans l’immobilier. Ainsi que les réticences, voire le refus, de certaines municipalités de construire des logements sociaux en nombre suffisant, contrevenant ainsi à la loi qui l’exige. Il s’ensuit une pression permanente à la hausse des prix.

Le foncier et l’immobilier ont été peu à peu livrés à la spéculation dans la plupart des villes. Sous couvert de rénovation urbaine, les populations pauvres ont été chassées des centres-villes à cause de la montée fulgurante des loyers qui ont au moins doublé en l’espace de vingt ans. Repoussés vers les périphéries, les pauvres subissent la double peine du logement et des transports plus chers.

Le mouvement spéculatif est tel que le rendement d’un placement que les promoteurs et les propriétaires espèrent pour les deux prochaines décennies est de l’ordre de quatre ou cinq fois le montant engagé.

Que l’on regarde du côté de la finance, du logement ou du foncier, l’urgence commande de mettre un terme à la spéculation en :
- taxant les transactions financières et les profits spéculatifs ;
- encadrant les loyers et le prix du foncier ;
- réquisitionnant les logements vacants ;
- appliquant strictement la loi relative au logement social ;
- abandonnant la réforme du livret A ;
- rendant opposable le droit au logement et en arrêtant les expulsions sans relogement ;
- créant un véritable service public du logement.

    Attac exprime sa solidarité avec tous les mouvements sociaux qui se battent pour un véritable droit au logement, inséparable du droit à l’alimentation, à la santé, à l’éducation ou à un environnement sain. Attac appelle les citoyens à se mobiliser autour de ces enjeux vitaux, et, pour commencer, à signer la pétition « Spéculation et crises : ça suffit » : http://www.stop-finance.org

23.04.2008

Nantes fait la chasse à l'insalubrité

En mars, quartier Bouffay, la cheminée d'un immeuble s'est effondrée. A Nantes, où 160 logements sont considérés comme très dégradés, la lutte contre l'insalubrité est une « priorité ».
Une cheminée qui s'effondre sur le lit d'un étudiant dans le quartier du Bouffay et c'est l'évacuation de tout l'immeuble, dimanche 16 mars. Une baignoire qui déborde dans un appartement à deux pas de là, côté île Feydeau, dix jours après et c'est le même branle-bas de combat. L'immeuble de la rue de la Haute-Saulzaie menace de s'effondrer : on évacue les cinq familles. Entre-temps, c'est un bâtiment du cours des 50-Otages qui est sécurisé après un incendie.

L'habitat ancien à Nantes est-il en mauvais état ? « Les cas comme ceux-ci sont limités, assure Gilles Nicolas, adjoint à la sécurité. En 2007, sur 60 cas de logements insalubres ou posant des problèmes de sécurité pour les personnes, nous avons pris 10 arrêtés de péril. » Un arrêté de péril interdit l'accès au logement jusqu'à la réalisation de travaux permettant de rétablir la sécurité dans l'immeuble.

Contrôles renforcés
« Depuis le début des années 1990, la Ville intervient de manière importante sur l'habitat ancien », précise Alain Robert, adjoint à l'urbanisme. Les quartiers Bouffay, Decré, Cathédrale comportent 80 % de logements construits avant 1915.

À l'aube de ce nouveau mandat, l'équipe municipale a décidé de passer à la vitesse supérieure. Dans le cadre de l'Opération programmée d'amélioration de l'habitat (Opah), la Ville se dote de moyens plus contraignants pour les propriétaires. « Sur 500 immeubles, 17 sont très dégradés, ce qui représente 160 logements. On se réserve le droit de procéder à l'expropriation des propriétaires qui ne voudraient pas réaliser des travaux », ajoute Alain Robert. 105 immeubles sont dégradés dans ce triangle compris entre le cours des 50-Otages, rue de Strasbourg, allée Flesselles. « Nous avons pour objectif d'en réhabiliter au moins 50 %. » Des aides financières existent pour les propriétaires bailleurs s'ils s'engagent à fixer un loyer abordable.

La lutte contre l'insalubrité est considérée comme une « priorité » pour la Ville. Le nombre d'inspecteurs d'hygiène et de salubrité va passer de 7 à 9 afin de renforcer les contrôles et de repérer « les marchands de sommeil ». C'est dans l'habitat ancien que se concentrent le plus les populations précaires (milieux modestes, étudiants, personnes âgées à faibles revenus). Ces populations sont nombreuses au Bouffay, cohabitant avec des milieux sociaux aisés. Les propriétaires occupants sont, cependant, une minorité. Certaines rues subissent un turn-over très important (rue de la Juiverie, et autour), pour cause de bruit. Mais ce n'est pas général à tout le quartier.

L'objectif des élus est d'éviter que le centre-ville ne se vide de ses populations modestes. « Une ville à vivre et pas seulement un centre d'activités », souligne-t-on à la mairie. Le centre-ville compte 20 000 habitants. C'est le deuxième quartier à croissance démographique après Saint-Joseph-de-Porterie. « L'habitat indigne a plutôt tendance à régresser à Nantes », précisent les élus.
Vanessa RIPOCHE. Ouest-France

 
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