16.05.2008
Polémique après la pub sur les pauvres "dégueulasses" et pollueurs
Par Chantal VALLETTE AFP
PARIS (AFP) - "Les pauvres sont dégueulasses ils polluent": Cette accroche publicitaire en faveur de la voiture propre a indigné les associations d'aide aux démunis qui ont promptement demandé l'arrêt de la campagne tandis que l'annonceur promettait dans la foulée une voiture "moins chère que la moins chère du marché".
Ce message a été publié par le loueur de voitures Ucar qui fait campagne pour le rajeunissement du parc automobile et le rétablissement de la prime à la casse, au nom de la lutte contre la pollution.
"Nous savons bien qu'il faut une dose de provocation pour qu'une publicité soit remarquée, convenait jeudi auprès de l'AFP le délégué général d'Emmaüs Patrick Dugois, mais comme par hasard on s'en prend aux pauvres". Et de s'exclamer: "Le publicitaire aurait tout aussi bien pu titrer +les riches sont dégueulasses, ils polluent avec leurs 4x4+ mais non, il accuse les pauvres!"
"Emmaüs et d'autres associations travaillent depuis des années à changer justement le regard sur les pauvres, sur ceux qui sont des sans-voix et sur lesquels on ne peut pas s'essuyer les pieds de cette façon", a ajouté M. Dugois.
Quant au Secours catholique, il "déplore fortement qu'une société commerciale stigmatise une population fragile à des fins purement publicitaires". "Le respect des personnes en situation de précarité est le préalable nécessaire et indispensable à tout travail de lutte contre l'exclusion", selon l'association.
De son côté, le Pdg de la société Ucar, Jean-Claude Puerto-Salavert, a admis, auprès de l'AFP, une dose de provocation dans le choix du message tout en se recommandant des mânes de Coluche, le fondateur des Restos du cœur, qui avait parlé des "salauds de pauvres".
Pour lui, "la pollution automobile n'est pas un problème de conscience écologique mais de pouvoir d'achat". Il prend donc "l'engagement de sortir une voiture moins chère que la moins chère du marché" pour faciliter le renouvellement du parc automobile.
Actuellement, explique-t-il, une voiture de 15 ans coûte 180 euros par mois hors carburant. Ce budget suffit pour acheter une petite voiture propre si les pouvoirs publics ajoutent une prime à la casse pour que les vieilles voitures soient retirées de la circulation.
A Martin Hirsch, ancien président d'Emmaüs et actuel haut Commissaire aux Solidarités actives, qui s'indignait de cette publicité faite "sur le dos des pauvres", il propose de "monter avec les associations un équivalent automobile des Restos, c'est-à-dire leur offrir des journées gratuites de location qu'elles mettraient à la disposition des gens qui ont besoin d'une voiture, par exemple pour trouver un travail". Les "caisses du cœur" en quelque sorte.
Le message sur les pauvres "dégueulasses" était une campagne "ponctuelle" avec deux parutions prévues, dans le Monde, daté de jeudi, et dans le Parisien, daté de vendredi, parution à laquelle ce dernier a finalement renoncé.
09:51 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : discrimination, pauvres, pauvreté, inégalité, france, hirsch |
|
|
Facebook
18.04.2008
La leçon de solidarité active faite aux étudiants de l'ESC
PAUVRETÉ. «Ils ne sont pas venus perturber cette réunion par plaisir, lance le Haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté. Il faut comprendre qu’ils ont l’impression de ne pas être entendus. Il est normal qu'ils soient là. Ne leur en voulez pas !»
En deux mots, Martin Hirsch a fait cesser les sifflets contre les handicapés de “Ni pauvre ni soumis” et les militants de Act Up contre les franchises médicales venus l’interpeller à l’Ecole Supérieure de commerce du boulevard Lascrosses .
C’est au contraire les étudiants de l’ESC, organisateurs du rendez-vous, qui ont reçu une leçon. «Cet incident doit servir à quelque chose, leur explique Martin Hirsch. Quand vous serez dans les entreprises, tâchez de savoir s’il y a des cas de pauvreté et intéressez-vous au sort fait aux handicapés».
Les étudiants qui criaient des «sortez, monsieur !» à l’adresse de Yannick Martin (*) sur son fauteuil roulant n’avaient plus qu’à regarder sous leur chaise.
Martin Hirsch avait à peine pris le micro, qu’un mégaphone est sorti de nulle part pour l’interrompre dans son discours : «Est-ce que la soupe est bonne pour que vous restiez chez Monsieur Sarkozy, Martin Hirsch ?». «Le président nous a promis d’augmenter l’allocation adulte handicapés mais nous restons à 628 euros par mois. Il nous a promis des emplois aussi et nous n’avons rien». «C’est tous les jours qu’on est emmerdé à vivre dans la pauvreté».
Les policiers de la Sûreté les avaient pourtant avertis avant que le Haut commissaire n’arrive : «il y a une nuance entre poser des questions et foutre le bordel. Si vous perturbez trop, on vous sortira». Ils n’ont pas été sorti. Martin Hirsch s’est même levé de son siège et est descendu dans la salle parler avec ses contradicteurs.
«Je ne suis l’otage de personne», leur a-t-il dit alors. L’ancien président d’Emmaüs France ne veut pas laisser dire qu’il sert de caution pour un gouvernement de nantis. C’est pourtant le sentiment bien accroché des perturbateurs du jour. Ils n’étaient d’ailleurs pas les seuls. Les militants de Droit au Logement manifestaient à son entrée dans l’Ecole. Là aussi, Martin Hirsch a pris deux minutes pour parler avec eux.
Le DAL et Ni pauvre ni soumis pouvaient se retirer. Ils s’étaient fait entendre devant une armée de caméras, micro et stylos de la presse écrite.
GLv. Libé toulouse
Yannick Martin (*) Fondateur des Don Quichottes Toulouse (hébergement et logement pour tous les sans abri et suivi) Fondateur du DAL Toulouse, Militant NI pauvre Ni soumis, etc
05:15 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : Ni pauvre ni soumis, Act up, Dal toulouse, hirsch |
|
|
Facebook











