03.01.2011
Dr Pierre Francès : « Les SDF sont de plus en plus jeunes »
Depuis combien de temps donnez-vous des consultations auprès de SDF et comment êtes-vous arrivé à l'étude que vous avez tirée de cette expérience ?
Cela fait 13 ans qu'une fois par semaine, de 21 h à minuit environ, je donne des consultations gratuites auprès de sans domicile fixe, à l'hôtel social Solidarité 66. Pendant un an, d'avril 2009 à avril 2010, j'ai dressé une étude sur cette prise en charge. L'objectif était de confronter les résultats obtenus à une étude précédente, faite par un médecin à Nantes, et de voir l'évolution de la population des SDF et de leurs problèmes.
J'ai pu présenter mon étude au congrès de recherche de médecine générale de Rouen, en novembre ; elle a fait partie des 60 articles retenus sur 250 proposés. Je pense que mon travail a été retenu pour son originalité.
Ce qui suppose que peu de médecins se livrent à ce type de consultations et d'études...
Il n'y en a pas beaucoup qui vont au-devant des SDF mais j'en connais plusieurs qui acceptent de les recevoir dans leur cabinet. Mes confrères ne sont pas dénués d'humanité...
Votre travail porte sur un panel de 629 individus. Pourquoi ce chiffre ?
Ce sont tout simplement les gens que j'ai vus en une année.
En dehors des pathologies, votre étude fait ressortir des éléments importants sur la population des SDF : l'âge, la provenance...
Oui, le facteur de l'âge est important. On voit des gens de plus en plus jeunes dans la rue, des mineurs, du fait de l'éclatement de la cellule familiale ou de galères financières liées à la crise. Le problème dans le cas des mineurs, c'est qu'ils ne peuvent être accueillis par aucune structure, la loi l'interdit. Tout ce que l'on peut faire, c'est appeler un médiateur mais souvent ils sont replacés dans leur famille alors qu'ils l'ont quittée.
On rencontre des jeunes qui ont déjà un passé de placements en foyers et de plus en plus qui viennent de la région parisienne, souvent pour organiser des réseaux de commerces parallèles. Et puis nous voyons aussi des vieux, fréquemment des Algériens qui ont travaillé en France, qui doivent attendre 65 ans pour toucher un peu plus que 100 euros par trimestre. Ceux-là ne sont pas faits pour la rue, ni pour les structures d'accueil où ils sont les proies faciles des voleurs, car personne ne se fait de cadeau. Enfin, il y a ceux qui viennent d'autres régions, poussés par l'héliotropisme.
Quelles sont les pathologies les plus fréquentes chez les SDF ?
Les pathologies psychologiques, les affections respiratoires et pulmonaires car ce sont de gros tabagiques, et des affections cutanées par manque d'hygiène, notamment aux pieds. On note aussi des addictions à la drogue et quand ils ne peuvent pas acheter autre chose, ils ont recours au subutex.
Que peut un généraliste face à des gens atteints d'affections de type psychologique ?
A part les orienter, les cadrer, c'est très difficile car les structures ne sont pas adaptées à ce type de patients. D'autant qu'ils peuvent constituer un danger pour les autres. Un parano, par exemple, vous démolit un système en un rien de temps. Et les éducateurs ne sont pas formés à cet accueil.
Pour les autres pathologies, quand le besoin s'impose, je peux les envoyer à la PASS, la permanence d'accès au service de soins de l'hôpital, ou à la structure de l'Arc-en-ciel. Par chance, j'ai de bons interlocuteurs très fiables.
Comment les SDF accueillent-ils vos consultations ?
Il faut aller à leur rencontre, les apprivoiser car ils sont désocialisés. Ensuite, pour me voir ils s'inscrivent sur une liste. Il y en a qui viennent simplement me raconter ce qu'ils ont fait dans la semaine car ils ont besoin d'être écoutés et que quelqu'un leur dise qu'ils existent.
Quand ils nécessitent des médicaments et qu'ils n'ont aucune couverture sociale, qui les fournit ?
Je me débrouille avec ce que j'ai en antalgiques ou en anti-inflammatoires, ce que mes patients m'apportent et quand c'est urgent, Solidarité 66 fait une avance à la pharmacie en face de la structure.
Qu'est-ce qui vous a poussé à commencer à vous occuper de SDF, et à continuer ?
Au départ, je n'étais pas « très social » mais le directeur de Solidarité 66 m'a lancé un défi que j'ai relevé. Ensuite, j'ai pu aider quelqu'un à s'en sortir et ça m'a donné envie de continuer.
Ce qui m'inquiète le plus, ce sont ces jeunes qu'il faudrait pouvoir tirer de la rue. Et puis j'aimerais que mes jeunes confrères soient conscients de la précarité, des pathologies qu'elle entraîne, de l'importance de travailler de façon pluridisciplinaire et avec humanité.
Propos recueillis par Josianne Cabanas
Source : http://www.lindependant.com/articles/2011-01-03/dr-pierre...
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| Tags : sdf, sans-abri, sans domicile fixe, santé, couverture sociale, sécurité sociale, rsa jeune, hôpital |
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17.10.2009
L'ART DANS L'HOPITAL EST EXPULSÉ !
Veuillez trouver ci-joint le communiqué de presse de la Blanchisserie, espace de création artistique et rencontre intergénérationnelle situé dans l'hôpital Charles Foix à Ivry-sur-Seine.
Les collectifs d'artistes Les Mêmes et KP5, implantés en résidence dans la Blanchisserie entrent en lutte.
Après 15 années d'engagement et d'actions artistiques en direction des patients, du personnel hospitalier et des publics extérieurs, les artistes sont sommés de quitter les lieux au 31 décembre.
Le document dénonce la politique de déshumanisation de l'hôpital et la logique économique et préjudiciable de l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris.
Des actions fortes et symboliques de protestation vont être menées la semaine prochaine à Paris.
Je reste à votre disposition pour tout complément d'information.
Cordialement,
Marie-Fanny Fornasari pour la Blanchisserie
06 83 78 02 40
lesmemes.free.fr
www.kp5.net
la-blanchisserie-en-lutte.
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| Tags : art à l'hôpital, hôpital, assistance publique |
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11.01.2009
Le film de Jacques COTTA "Dans le secret de l’accès aux soins en danger"
Est diffusé sur France 2 le jeudi 15 janvier à 22 h. 40 Durée: 56 minutes.
Attention ce film retiendra votre attention ... A ne pas manquer, si vous ne voulez pas perdre la santé !!!
Au nom du déficit, l’idée selon laquelle la sécurité sociale n’est plus viable, est répandue quotidiennement : déremboursements, franchises médicales, augmentation du risque à charge pour les patients ……..
Mais il y a plus ! C’est le principe même qu’incarne la sécurité sociale qu’il faut casser. Il est en effet inacceptable pour les rendements financiers, les fonds de pensions et autres fonds spéculatifs qui cherchent dans la privatisation des services publics de nouveaux secteurs à fort rendement, que persiste un secteur dans lequel les citoyens peuvent payer en fonction de leurs moyens et recevoir selon leurs besoins.
Les citoyens dans leur grand nombre sont les premiers à subir les conséquences d’une telle politique. La question de la santé encore une fois est la plus démonstrative. Là où les services ferment, ce sont souvent les risques vitaux qui augmentent pour une population qui n’a pas le choix.
Les exemples abondent...
L'économiste Jean de Kervasdoué, spécialiste des questions de santé, écouté de tous les gouvernements depuis 1981, fait parler les chiffres. Nicolas Sarkozy exprime sa vision de la santé. Roselyne Bachelot parle de la mise en oeuvre de la politique gouvernementale. Et François Fillon exprime ses priorités. Et derrière tout cela, quid des malades confrontés à l'accès aux soins ? Affections bénignes, affections graves prises en charge à 100 %... Franchises médicales, déremboursements, dépassements d'honoraires... l'accès aux soins est-il en danger en France ? (Programme TV. com)
Les réalisateurs de L’accès aux soins en danger”, Jacques Cotta et Pascal Martin confrontent les propos des décideurs politiques en matière de santé à ceux des malades, du corps médical et d’économistes spécialistes des services de santé.
Les témoins, choisis par les réalisateurs du film, dénoncent les décisions prises par le Président. “L’aide aux remboursements des médicaments, les franchises médicales, les dépassements d’honoraires, la loi de janvier 2008, explique Bruno Pascal Chevalier, un assistant social malade du sida, laissent à la charge des patients une part financière de plus en plus importante pour assurer leurs soins”.
Quand ils le peuvent… Car beaucoup, à choisir entre se loger, se nourrir ou se soigner, préfèrent renoncer aux traitements, faute de moyens.
L’avenir des hôpitaux ne présage rien de bon. Pour l’économiste Jean de Kervasdoué, les risques d’une autonomie de gestion sont réels. Parmi eux: faire sortir le patient trop tôt, privilégier l’hospitalisation en deux temps, plus rentable que deux jours passés à l’hôpital, et fermer certains services (comme les maternités) pas assez intéressants budgétairement.
Quant aux actes médicaux, il suffit de préciser qu’éviter une amputation n’est pas rentable pour entrevoir les dérives possibles. (nouvelobs.com)
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| Tags : santé, sécurité sociale, hopital, déremboursements, franchises médicales |
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08.01.2009
STRASBOURG - Les syndicats de la santé mobilisés pour la visite de Sarkozy
Les syndicats des Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) ont annoncé aujourd'hui un préavis de grève pour le 9 janvier à l'occasion de l'inauguration par le président Nicolas Sarkozy du nouvel hôpital de la ville.
Dans un tract commun (CFDT-CFTC-CGT-FO-Sud Santé et Unsa), les syndicats invitent les personnels à se rassembler vendredi près du Nouvel Hôpital Civil (NHC) que le président doit inaugurer en matinée avant de présenter ses voeux aux personnels de santé et évoquer la situation de l'hôpital en France.
«Nous voulons présenter à Monsieur Sarkozy le vrai malade: l'hôpital public» annonce le tract qui dénonce l'obligation de «rentabilité» de la Santé alors que les HUS accusent un déficit de 30 millions d'euros.
La CGT, deuxième syndicat aux HUS, a précisé mardi lors d'une conférence de presse qu'avant même l'annonce de la visite présidentielle, elle avait déposé un préavis de grève pour ce jeudi, renouvelable par 24 heures.
Michel Lacher, responsable du secteur santé à l'UD-CGT du Bas-Rhin, a indiqué que son syndicat «se joint bien sûr au mouvement vendredi».
8.500 agents et 2.000 médecins employés aux HUS
Il a dénoncé les «astreintes à domicile sans indemnisation», «les temps partiels avec des horaires de temps plein», «le manque de personnel le week-end» et les «horaires décalés».
Le syndicaliste s'est aussi dit inquiet pour l'emploi à la veille d'une série de réunions, en janvier, où pourraient être annoncées par la direction des compressions d'effectifs.
Jean-Marc Sins, de la CFTC-santé, a dénoncé pour sa part un récent décret fixant, selon lui à la baisse, le nombre de personnels employés de nuit dans les unités de soins intensifs cardiologiques.
Les services d'urgence et les moyens accordés au secteur hospitalier ont nourri une vive polémique fin 2008 en France avec la survenue de plusieurs incidents graves au cours des dernières semaines: décès d'un bébé de 6 mois et d'un garçon de trois ans à la suite d'erreurs humaines, décès d'un patient de 57 ans, après une longue recherche d'un lit en réanimation.
Les HUS emploient 8.500 agents et 2.000 médecins. Le NHC, en service depuis un an, a une capacité de 715 lits et emploie 2.700 personnes, dont un demi-millier de médecins.
Fédération du Bas-Rhin du Parti Communiste Français
18 rue de la Division Leclerc - 67000 - Strasbourg
Tél : 03 88 23 00 34
Mél : pcf.67@noos.fr - PCF.Fede-67@wanadoo.fr
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| Tags : santé, sécurité sociale, hopital, déremboursements, franchises médicales |
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02.01.2009
Le film de Jacques COTTA: "Dans le secret de l’accès aux soins en danger"
Est diffusé sur France 2 :
Le: jeudi 15 janvier
A : 22 h. 40
Durée: 56 minutes.
Attention ce film retiendra votre attention ... A ne pas manquer, si vous ne voulez pas perdre la santé !!!
Au nom du déficit, l’idée selon laquelle la sécurité sociale n’est plus viable, est répandue quotidiennement : déremboursements, franchises médicales, augmentation du risque à charge pour les patients ……..
Mais il y a plus ! C’est le principe même qu’incarne la sécurité sociale qu’il faut casser. Il est en effet inacceptable pour les rendements financiers, les fonds de pensions et autres fonds spéculatifs qui cherchent dans la privatisation des services publics de nouveaux secteurs à fort rendement, que persiste un secteur dans lequel les citoyens peuvent payer en fonction de leurs moyens et recevoir selon leurs besoins.
Les citoyens dans leur grand nombre sont les premiers à subir les conséquences d’une telle politique. La question de la santé encore une fois est la plus démonstrative. Là où les services ferment, ce sont souvent les risques vitaux qui augmentent pour une population qui n’a pas le choix.
Les exemples abondent...
06:06 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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