12.08.2009
Quand le travail rend pauvre
Source - OBSERVATOIRE DES INÉGALITÉS - Alors que le revenu de solidarité active se met en place, près de 8 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté. Une analyse de Denis Clerc, extrait du magazine Alternatives Economiques.
Depuis début juillet, les premiers paiements au titre du revenu de solidarité ac- tive (RSA) sont effectués, se substituant à l’ancien revenu minimum d’insertion (RMI) et à l’ancienne allocation parent isolé (API). S’agit-il d’un simple changement de nom ? Pas vraiment, car le RSA (dit alors " chapeau ") est versé également aux ménages de travailleurs pauvres dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté [1]. L’objectif est de lutter plus efficacement contre cette pauvreté. Il n’est pas sûr cependant qu’on y parvienne par ce biais.
En 2007, 8 millions de personnes en France disposaient d’un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté tel que défini par l’Union européenne, soit 60 % du niveau de vie médian [2] ce qui correspond actuellement à un revenu net, après impôts et prestations sociales, de 908 euros par mois pour une personne seule [3], de 1 362 euros pour un couple, de 1906 euros pour un couple avec deux enfants. Il faut toutefois noter que ce nombre de personnes en situation de pauvreté est sans doute sous-évalué, car l’enquête qui permet de l’obtenir exclut les départements d’outre-mer (cela devrait changer l’an prochain) et toutes les personnes qui vivent en institution (maisons de retraite, couvents, maisons d’arrêt, internats divers) ou qui n’ont pas de domicile fixe (caravanes, foyers d’urgence...). Or, ce sont justement souvent les ménages les plus précarisés qui vivent dans ces institutions. (...)
Les jeunes en première ligne
Qui sont ces 8 millions de personnes ? Dans leur grande majorité, elles sont jeunes, voire très jeunes : quasiment la moitié (49 %) ont moins de 30 ans, alors que cette tranche d’âge ne représente que 36 % de la population française. Pour les enfants, cette situation constitue souvent un lourd handicap. En effet, selon une étude du Cerc, le fait d’être élevé dans une famille pauvre réduit sensiblement (de l’ordre des trois quarts) leur probabilité de réussir à l’école : moindre soutien parental, manque de chambre à soi pour faire ses devoirs, proportion élevée d’enfants ayant des difficultés scolaires, etc., tout ceci accroît fortement le risque pour ces enfants de devenir à leur tour des adultes pauvres.
Au contraire, les seniors sont moins présents dans la population pauvre (15 %) que dans la population dans son ensemble (21 %). Il s’agit là d’un changement profond dans le visage de la pauvreté. Depuis le début des années 1980, celle-ci ne cesse de rajeunir : au cours des dix dernières années, la part des moins de 18 ans dans la population pauvre a augmenté de trois points.
Personnes isolées, familles nombreuses et monoparentales
Trois types de ménages sont particulièrement exposés au risque de pauvreté. D’abord, les personnes isolées : elles représentaient 18 % du total des personnes pauvres, alors qu’elles ne comptent que pour 14 % dans l’ensemble de la population. Cette exposition forte au risque de paupérisation est facile à comprendre : aucune autre rentrée d’argent ne vient compenser les insuffisances éventuelles du revenu en cas de chômage non indemnisé, d’inactivité ou même d’emploi mal payé.
Répartition des travailleurs pauvres par secteurs d’activité en 2006 [4]

Evolution du nombre de personnes pauvres, en millions

Il en est de même des familles monoparentales, le deuxième type de ménages particulièrement frappés par la pauvreté. Mais avec une difficulté supplémentaire par rapport aux personnes isolées : dans le meilleur des cas, non seulement il ne rentre qu’un revenu d’activité par ménage (comme pour les personnes isolées), mais en plus il y a plusieurs bouches à nourrir. Il n’est donc pas étonnant de constater que, alors que les familles monoparentales regroupent 9 % de la population dans son ensemble, elles représentent 20 % des personnes en situation de pauvreté. Près d’une famille monoparentale sur trois est dans ce cas.
Les familles nombreuses forment le troisième groupe de ménages particulièrement exposés : alors que les ménages de cinq personnes et plus (en général deux adultes et trois enfants au moins) regroupent 15 % de la population française, ils comptent pour 25 % dans la population en situation de pauvreté, pas loin de deux fois plus. Si l’on isole les couples ayant au moins quatre enfants à charge, la proportion grimpe à 34 % ! Là encore, l’emploi, ou plutôt les difficultés d’accès à l’emploi jouent fortement, car la présence d’enfants limite ou empêche un des deux adultes de travailler " normalement " : la question de la garde des enfants est essentielle si l’on veut lutter efficacement contre la pauvreté.
Mais ce n’est pas tout : l’insuffisance des prestations familiales joue également dans le cas des familles nombreuses. Bien que relativement plus élevées en France que dans la plupart des autres pays de l’Union européenne, elles demeurent trop faibles pour empêcher certaines familles de basculer en dessous du seuil de pauvreté lors de la naissance d’un nouvel enfant : les allocations familiales s’élèvent en effet à 120 euros pour deux enfants, puis augmentent de 160 euros par enfant supplémentaire. Alors qu’il faudrait qu’elles atteignent 250 euros par enfant supplémentaire pour éviter qu’une famille ne bascule en dessous du seuil de pauvreté lorsqu’elle se trouvait juste à ce niveau avant la naissance.
Si les allocations familiales étaient soumises à impôt, il serait possible de les augmenter de 70 à 80 euros par enfant sans coût supplémentaire pour l’Etat, le supplément d’allocation étant financé par le supplément d’impôt payé par les familles imposables. Les familles plus riches aideraient ainsi les familles pauvres, qui pour la plupart dépasseraient ainsi le seuil de pauvreté. Mais, en France, le lobby familial a obtenu un traitement fiscal unique en Europe grâce à deux dispositions : le quotient familial (alors que la plupart des autres pays pratiquent un abattement forfaitaire par enfant), même s’il est désormais plafonné, et la non-imposition des prestations familiales.
Toujours plus de travailleurs pauvres
La pauvreté a fortement partie liée avec le développement des emplois peu rémunérés. Sur les 4,2 millions de personnes de 18 à 59 ans en situation de pauvreté en 2006, 1,85 million était en emploi, contre 1,55 million en 2003. Si l’on prend en compte le nombre de personnes vivant dans des ménages au niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté, les ménages de travailleurs pauvres en emploi représentaient 3,16 millions de personnes en 2003 et 3,62 millions en 2006. Soit une augmentation de 500 000, pour un nombre total de personnes en situation de pauvreté qui s’est accru de 800 000 : l’extension de la pauvreté laborieuse est donc désormais le principal facteur d’aggravation de la pauvreté.
Le RSA - en moyenne une centaine d’euros supplémentaires par ménage de travailleur pauvre - ne sera pas de trop pour réduire les difficultés du quotidien que vivent ces familles ! Mais comme rien n’est prévu pour mettre fin à l’expansion de leur nombre, il risque fort d’être sans effet sur la pauvreté laborieuse ; il se contentera de boucher quelques-uns des trous existants, tandis que les employeurs s’emploieront sans cesse à en creuser d’autres...
Pas tous les employeurs cependant : dans les postes et télécommunications, on ne comptait en 2006 qu’un travailleur pauvre sur 77 personnes en emploi, mais à l’autre extrême, dans l’hôtellerie-restauration, on en recensait presqu’un sur cinq et un sur six dans les ser-vices personnels et domestiques [5]. Même la branche de l’intérim ne parvient pas à faire aussi mal, puisqu’on y dénombre un salarié pauvre sur huit. Or, quelles sont les branches les plus aidées par les pouvoirs publics en dehors de l’agriculture ? Justement l’hôtellerie-restauration (avec des aides directes d’un montant annuel supérieur à 600 millions d’euros, qui ont été remplacées, depuis le 1er juillet, par une baisse de TVA représentant 3 milliards en année pleine).
Autre branche abonnée aux aides : les services à la personne (sous la forme d’une réduction de l’impôt sur le revenu égale à la moitié du coût salarial dans la limite de 12 500 euros annuels en 2008, portée à 15 000 euros en 2009...). On a beau s’interroger, on ne parvient pas à comprendre pourquoi les pouvoirs publics ne se décident pas à utiliser ces aides pour mettre un peu plus d’équité dans un marché du travail qui en connaît si peu. Conséquence : si l’on compte les personnes à charge, sur le 1,28 million de personnes vivant dans un ménage dont la personne de référence travaille comme " personnel des services directs aux particuliers ", 470 000 (une sur trois) vivaient dans un ménage dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté. Or, cette branche est aussi celle qui se développe le plus, au point qu’elle est présentée comme le principal réservoir d’emplois... Le travail paupérisant a de beaux jours devant lui !
Depuis quatre ans, le développement de l’emploi de mauvaise qualité est le principal responsable de la progression de la pauvreté. Permettre à tous ceux qui le souhaitent d’accéder à l’emploi est essentiel, mais il convient aussi de veiller à ce que cet emploi soit de qualité suffisante pour en vivre de façon décente. Le RSA améliore la situation d’une majorité de ménages de travailleurs pauvres. Pas de tous, hélas, puisque ce complément de revenu n’est versé ni aux travailleurs de moins de 26 ans (sauf s’ils ont des charges de famille) ni aux chômeurs, qui font pourtant partie de la population active. Mais si, en même temps, il ne s’accompagne pas d’une lutte résolue contre les emplois paupérisants, il risque fort d’accompagner la progression du nombre de travailleurs pauvres alors qu’il visait à le diminuer.
Article extrait du magazine Alternatives Economiques, n° 282 ( juillet 2009).
[1] En fait, le RSA chapeau est versé aux personnes ayant un revenu d’activité allant jusqu’au niveau du Smic à temps plein pour une personne seule (1,5 fois le Smic pour un couple). Mais dans ce cas, leur prime pour l’emploi est réduite d’autant, ce qui ne change rien pour ces personnes.
[2] revenu tel que la moitié des ménages a un niveau de vie supérieur et l’autre moitié un niveau de vie inférieur,
[3] Aux Etats-Unis, la norme est assez différente : est pauvre la personne qui dispose d’un revenu inférieur à un montant déterminé par le coût d’un panier de produits alimentaires, pondéré par la taille du ménage et l’âge des personnes. Soit 690 euros en 2006 pour une personne seule de moins de 65 ans, contre 880 euros en France.
[4] Pour être travailleur pauvre, il faut être en emploi (ou en recherche d’emploi après avoir travaillé au moins un mois au cours des six derniers mois) et vivre dans un ménage dont le niveau de vie (mesuré par les revenus de tous les membres du ménage) est inférieur au seuil de pauvreté. Dans le graphique ci-contre, seule une partie des chômeurs (de l’ordre de 40 %) peut donc être comptabilisée comme travailleurs pauvres en plus des personnes en emploi. Depuis 2005, les revenus de la propriété sont presque tous comptabilisés, alors que, précédemment, ce n’était que très partiellement le cas. Les chiffres ne sont donc pas totalement comparables.
[5] Dans l’agriculture, on en était aussi à un sur cinq, mais la situation y est particulière : les petits agriculteurs ne sont pas imposés au réel, mais au forfait, sur la base d’un revenu cadastral qui est généralement assez inférieur au revenu réel. En outre, dans certaines activités (fruits et légumes notamment), les mauvaises années peuvent aboutir à des revenus très faibles, compensées l’année suivante le plus souvent par des revenus plus élevés. Ainsi, en 2006, les agriculteurs de grande ou moyenne exploitation (en gros 50 hectares ou davantage) étaient aussi nombreux à être considérés comme pauvres que chez les agriculteurs de petite exploitation.
08:14 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : inégalités, pauvreté, rsa, rmi, apl, sans domicile fixe, france, sarkosy |
|
|
Facebook
07.11.2008
Les prestations sociales endiguent les inégalités
La réduction des inégalités a tendance à moins passer par l'impôt. Dans le "Portrait social de la France", dont l'édition 2008 a paru jeudi 6 novembre, l'Insee montre que la redistribution passe essentiellement par les prestations sociales. C'est l'un des effets de la réforme fiscale adoptée par le gouvernement de Dominique de Villepin, bien avant la mise en place du bouclier fiscal, en août 2007, la première grande réforme de l'ère Sarkozy.
| |
"GAIN DE NIVEAU DE VIE"
A l'origine, cette modification devait se traduire par une diminution du taux de prélèvement. Pour l'Insee, l'économie moyenne par ménage imposable a effectivement été de 200 euros et "le gain de niveau de vie a été particulièrement fort pour les foyers fiscaux dont le revenu annuel se situe aux alentours de 57 500 euros." Pour les bénéficiaires de la prime pour l'emploi, le gain moyen a été de 130 euros. "L'impact redistributif reste néanmoins restreint en raison du faible poids de cette prime dans le revenu total (0,5 %) constate l'INSEE. Au total, relève l'étude, "l'impôt sur le revenu a contribué globalement pour 26 % à la réduction des inégalités." Soit 2 points de moins qu'avant lamise en œuvre de cette réforme.
Les prestations sociales permettent néanmoins de corriger le tir. Le niveau de vie des 20 % de familles les moins aisées (celles dont le revenu est inférieur à 7 080 euros par adulte) est amélioré à hauteur de 47 % par l'importance des allocations (familiales, de garde d'enfant, d'autonomie pour les personnes âgées et les handicapés, aide au logement, minima sociaux) dans leur revenu. Elles font passer en moyenne leur revenu à 10 380 euros par adulte.
A l'autre bout de l'échelle sociale, le système de prestations versées sous conditions de ressources, réduit d'environ 19 % le niveau de vie de la frange des 20 % de ménages les plus aisés (ceux dont le montant de revenus dépasse 48 540 euros par adulte.) Dans une étude complémentaire, l'Insee indique par ailleurs que la frange des 10 % des personnes les plus aisées touche 73 % de l'avantage fiscal des crédits d'impôts consentis pour le recours à l'emploi de services à domicile. L'équilibre entre les prélèvements fiscaux et les prestations serait, en revanche, quasiment sans effet pour les classes moyennes.
Alors que le gouvernement érige en priorité la réduction des dépenses de l'Etat, l'Insee souligne avec insistance que l'accès aux services publics, essentiellement d'éducation, de santé et de logement social, contribue deux fois plus à la réduction des inégalités entre les ménages que les transferts monétaires. "Au final, les montants distribués par les administrations publiques sont en moyenne de 5 640 euros par adulte", précise l'étude. Une somme qui monte à 6810 euros pour les familles les plus modestes.
06:40 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : inÉgalitÉs, impÔts, france, prestations sociales |
|
|
Facebook
24.08.2008
Deux tiers des Français seraient pessimistes pour leur avenir
PARIS (Reuters) - Deux tiers des Français sont pessimistes concernant leur avenir, contre la moitié seulement il y a un an, si l'on en croit un sondage Ifop à paraître dans Dimanche Ouest France.
Le sondage, réalisé les 21 et 22 août auprès de 1006 personnes, traduit aussi une baisse de confiance envers le gouvernement.
L'indice de confiance reste le plus fort dans le domaine de la lutte contre l'insécurité (61%, en baisse de 17 points par rapport à août 2007) et de la protection de l'environnement (55%, en recul de huit points).
Mais il passe sous la barre des 50% lorsqu'il s'agit de la lutte contre le chômage (38% contre 53% il y a un an), de la lutte contre la pauvreté et l'exclusion (28% contre 45% en août 2007) et plus encore du pouvoir d'achat (18%, en baisse de 18 points).
07:41 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : france, travail, chÔmage, emplois prÉcaires, inÉgalitÉs, temps partiel |
|
|
Facebook
06.08.2008
LA FRANCE AU TRAVAIL ET AU CHOMAGE
La France compte 27,8 millions d’actifs dont 2,2 millions de chômeurs, soit 25,6 millions de personnes au travail, à la fin 2007.
Dans son étude du marché du travail en 2007, l'Insee synthétise les résultats de son enquête Emploi menée auprès d'un échantillon de 72 000 personnes de 15 ans et plus. Cette «photographie du marché du travail» de l'INSEE confirme enfin ce que beaucoup d'observateurs sérieux affirment depuis longtemps.
Cette Enquête emploi de l’institut statistique confirme deux tendances :
LE GOUVERNEMENT ET LE MEDEF FABRIQUENT DE LA PRÉCARITÉ
En effet, la hausse constante des formes précaires d’emploi, comme l’intérim, les stages, les CDD ou les contrats aidés représentent 12 % de l’emploi (11,1 % en 2004) ;
et l’importance du temps partiel, qui concerne aujourd’hui 17,2 % des salariés dont un tiers voudrait travailler plus.
LES FRANçAIS BOSSENT CONTRAIREMENT AUX AFFIRMATIONS DU GOUVERNEMENT
L’enquête se penche également sur le temps de travail : lorsqu’elles sont à temps complet, les personnes déclarent 41 heures en moyenne pour une semaine normalement travaillée, 23 heures pour les temps partiels.
Ce sont les agriculteurs qui travaillent le plus : 59 h /semaine travaillée
devant les artisans, commerçants et chefs d’entreprise : 55 h
les cadres et professions intellectuelles : 44 h
Les techniciens déclarent : 39,3 h
les employés : 38,2 h
les ouvriers : 37,8 h
TRAVAILLEZ PLUS : UNE INSULTE POUR CEUX QUI LE VOUDRAIENT...
Ce travail porte cependant un regard global sur l'état du marché de l'emploi dans notre pays qui souligne, une nouvelle fois, combien les Français sont inégalement touchés par le chômage, selon leur sexe, leur âge et leur niveau de diplôme.
PRÉCARITÉ, INÉGALITÉ : C'EST çA LA FRANCE
• en 2007, l'emploi précaire : contrat à durée déterminée, intérimaire, apprentissage, contrat aidé ou stage, est une réalité pour plus de trois millions de travailleurs.
• D'autre part, le temps partiel concerne 17,2 % de l'ensemble des salariés qui déclarent, en moyenne, 23,1 heures de travail par semaine. Un tiers d'entre eux souhaiteraient travailler plus. C'est ce que font déjà les salariés à temps complet qui déclarent 41 heures en moyenne pour une semaine normalement travaillée, chiffre qui n'a pas bougé depuis 2003.
L'étude vient aussi confirmer deux autres caractéristiques importantes de l'emploi en France.
• les entreprises recrutent peu de salariés ayant dépassé la cinquantaine,
• Ensuite, quel que soit l'âge, les femmes sont toujours plus touchées par le chômage que les hommes (8,5 % contre 7,4 %) et sont les premières victimes du temps partiel : huit emplois à temps partiel sur dix sont occupés par des femmes.
• Et, il y a trois fois plus de chômage chez les ouvriers que chez les cadres (9,9 % contre 3,3 %)
TÉLÉCHARGER L'ÉTUDE SUR LE SITE DE L'INSEE - CLIC
07:49 Publié dans À télécharger | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : france, travail, chÔmage, emplois prÉcaires, inÉgalitÉs, temps partiel |
|
|
Facebook
28.07.2008
Présentation du Reseau Solidaire d'Allocataires
Au temps jadis, nous avions des droits collectifs. Dans notre pays riche, deux cents ans de luttes avaient amené les riches apeurés à concéder aux pauvres quelques miettes, le droit à une retraite, à la prise en charge des dépenses de santé, à un revenu minimum en cas de perte ou d’absence d’emploi. Les pauvres défendaient ces droits collectivement, même quand ils n’en bénéficiaient pas personnellement.
Et puis les pauvres ont oublié leur Histoire et les riches ont imposé leur Fable : la plupart des pauvres se sont mis dans la tête que les droits ne servaient qu’aux autres. Et les riches ont inventé des croque mitaines le Chômeur, l’Assisté, le Parasite, des monstres qui suceraient la sueur et le sang des honnêtes travailleurs.
Mais il y a toujours un moment où le Travailleur, parce qu’il a perdu son emploi, ou parce que celui-ci est trop mal payé pour qu’il s’en sorte seul, parce qu’il a besoin de payer des soins, le loyer, les études des gosses se retrouve lui-même dans le rôle du croque mitaine.
Nous sommes tous des allocataires : de la CAF, de la Sécu, de l’Assedic. Et tous confrontés à un moment ou un autre aux conséquences concrètes de la propagande sur l’ « assistanat ». Traités comme des chiens et des mendiants au guichet, perdus dans le dédale des logiques administratives, soupçonnés, contrôlés, radiés. Seuls face à l’arbitraire, ne nous restent que les devoirs de nos droits perdus.
Le Réseau solidaires d’Allocataires, aurait pu s’appeler Regroupement des sacrifiés de l’Assedic, Rassemblement des Salopes assistées, ou Réunion des Sous Pauvres Affamés.
Peu importe les noms qu’on nous donne, nous avons décidé de nous regrouper sur la base des contraintes qu’on nous impose, pour les combattre collectivement. Même si vous faites partie des allocataires optimistes qui pensent « n’avoir rien à se reprocher », gardez-le, car un vilain fraudeur se cache sûrement en vous à votre insu : que vous ayez oublié de déclarer trois heures de ménage hebdomadaires, l’aide de vos parents qui vous a évité de vous retrouver à la rue, le beau gosse qui dort chez vous trois fois par semaine. Et si vous vous êtes déjà reconnus, alors rejoignez le réseau, envoyez-nous vos confessions, participez à nos actions collectives :
RSA-Réseau Solidaire d’Allocataires
Mail : ctc.rsa@gmail.com
Tel : 06 42 72 03 01
Permanences fixes tous les mercredis de 15h à 16h devant le 23, bis rue Mathis métro Crimée
Site : http://collectif-rto.org ; http://ac.eu.org
06:25 Publié dans Action | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : reseau solidaire d'allocataires, assedic, pauvres, france, inégalités |
|
|
Facebook
16.07.2008
Rapport Seillier : le Sénat propose vingt mesures pour améliorer l'insertion
Lutte contre l'exclusion - Source localtis.info
Bernard Seillier, sénateur de l'Aveyron et rapporteur de la mission commune d'information du Sénat sur les politiques de lutte contre la pauvreté et l'exclusion, a remis son rapport intitulé "La lutte contre la pauvreté et l'exclusion : une responsabilité à partager".
Ce document s'appuie notamment sur une cinquantaine d'auditions et plusieurs déplacements en France et à l'étranger, ainsi que sur une intéressante étude consacrée aux indicateurs de la pauvreté (voir notre article ci-contre du 4 juillet). En dehors de cette dernière, les constats formulés par le rapport n'apportent cependant pas de grande nouveauté. On retiendra toutefois la mise en cause de l'école, qui "ne réduit pas les inégalités" mais tend au contraire "à reproduire pour l'élève les cursus scolaires et professionnels de ses parents".
Côté propositions, le rapport s'appuie sur l'expérience de Bernard Seillier, qui préside par ailleurs le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale (CNLE).
Il formule ainsi une vingtaine de propositions regroupées en trois grands thèmes.
Le premier consiste à mettre davantage l'accent sur la prévention. Ceci suppose notamment de confier à l'éducation nationale une "mission de promotion sociale", avec des objectifs chiffrés de réduction de l'échec scolaire, des conventions de partenariat avec des entreprises locales ou encore un renforcement de l'autonomie pédagogique des établissements.
Le rapport plaide aussi en faveur d'une mise en oeuvre effective du droit aux services bancaires, de la mise en place rapide des recommandations du rapport Pinte sur la prévention des expulsions locatives ou du développement de la responsabilité sociétale des entreprises, avec la mise en place de formations adaptées au profil de leurs salariés les moins qualifiés.
Le second groupe de mesures vise à développer l'accompagnement personnalisé et l'accès aux droits des personnes en difficulté. Parmi les propositions les plus originales formulées à ce titre figurent notamment le développement de formations polyvalentes pour les travailleurs sociaux (une petite révolution), le principe d'un référent social mais aussi professionnel, la définition concertée de principes communs d'évaluation des professionnels de l'insertion ou l'intensification des relations entre ces derniers et les entreprises du bassin d'emploi.
Enfin, le troisième groupe de propositions porte sur la simplification de l'insertion professionnelle et sur la gouvernance du système. Sur ce dernier point, le rapport préconise clairement de "faire du département le véritable chef de file de l'insertion", de décentraliser l'insertion par l'activité économique et de systématiser la contractualisation entre les départements et la région sur la formation des publics en insertion. Il recommande aussi la création d'un "contrat territorial d'insertion professionnelle", passé entre le département et les opérateurs de l'insertion professionnelle. D'autres préconisations correspondent à des mesures déjà partiellement engagées ou programmées, comme la fusion des contrats aidés en un contrat unique d'insertion (modulable selon les publics) ou la simplification du système des minima sociaux tout en le rendant plus incitatif à la reprise d'emploi.
Jean-Noël Escudié / PCA
ACCÈS AUX SYNTHÈSES, ET AUTRES TEXTES
08:08 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : exclusion, france, rapport pinte, social, insertion professionnelle, inégalités |
|
|
Facebook
29.06.2008
DÉCRET APL, DÉCRET CAF, etc
06:30 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : dÉcret apl, dÉcret caf, loi fumÉe, france, sarkosy, inÉgalitÉs |
|
|
Facebook
21.06.2008
carla, tu n'es pas seule !
Carla a dit "j'ai des réactions épidermiques de gauche"
C'est bien, la gauche aussi parfois.
13:26 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : carla bruni-sarkosy, sarkosy, france, inégalités, pauvreté |
|
|
Facebook
14.01.2008
Prendre aux pauvres, taxer les classes moyennes donner aux (très) riches
Les mesures mises en oeuvre par le gouvernement instaurent une nouvelle forme de redistribution, des plus pauvres vers les plus riches. La hausse des taxes pour les uns financent les baisses pour les autres. Le point de vue de Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités. Extrait du quotidien Libération.
«La France dont je rêve est une France qui ne laisse tomber personne, une France qui est comme une famille où le plus faible, le plus vulnérable, le plus fragile a droit à autant d’amour, autant de respect, autant d’attention que le plus fort.»
Ainsi s’exprimait Nicolas Sarkozy au soir du 22 avril, premier tour de l’élection présidentielle. Il avait, mieux que Ségolène Royal, analysé l’état de la société française, d’où son élection quinze jours plus tard. Ses premiers mois d’exercice sont en contradiction à peu près complète avec ses déclarations de campagne. Les mesures prises depuis l’été consistent à prendre au plus faible pour donner au plus fort. Plus exactement, donner aux riches et ensuite récupérer l’argent des pauvres. Les annonces récentes sur le pouvoir d’achat n’y changent rien.
Donner aux riches d’abord. La loi en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat (dite Tepa) comporte au minimum 7 milliards d’euros de baisses d’impôt pour les plus aisés, l’équivalent des deux tiers du budget annuel de l’enseignement supérieur. Cela sans considérer le volet concernant les heures supplémentaires, qui profite théoriquement à tous les salariés en proportion de leurs revenus. Au titre de la loi votée cet été, 1 000 contribuables dont la fortune est supérieure à 15,5 millions d’euros profiteront chacun d’une baisse d’impôt de 270 000 euros (bouclier fiscal), selon le rapport du député (UMP) Gilles Carrez. Lui-même note que les frais de succession au décès d’un conjoint d’un couple avec deux enfants disposant d’une fortune de 1,5 million d’euros seront réduits de 72 000 euros. Un couple peut désormais céder à ses trois enfants 900 000 euros de patrimoine tous les six ans sans payer de droits. L’impôt sur les successions est, en pratique, supprimé en France. D’autres mesures ont été prises depuis cet été, de moindre ampleur mais tout aussi inégalitaires. Comme l’instauration du prélèvement libératoire sur les dividendes (les revenus des actions). Les contribuables les plus aisés pourront opter pour un taux d’imposition de 29 % (18 % de prélèvement libératoire et 11 % de prélèvements sociaux) contre 40 % pour la tranche supérieure de l’impôt sur le revenu. La mesure va profiter à 50 000 contribuables qui touchent plus de 25 000 euros de dividendes annuels. Même un député UMP, Jérôme Chartier, s’est opposé à cette «augmentation du pouvoir d’achat des Français les plus riches»…
Prendre aux pauvres ensuite. Les comptes publics sont déficitaires et notre pays endetté : ces largesses fiscales doivent être financées. Le second temps de l’action présidentielle consiste à reprendre, miette par miette, ce qui a été dépensé. Au premier janvier prochain, une franchise s’appliquera sur les dépenses maladie sans prise en compte des revenus. Les plus modestes y seront de leur poche de 50 euros l’an. A la mi-novembre, la ministre de la Justice, Rachida Dati, a annoncé qu’elle envisageait la mise en place d’un forfait - dont le montant n’est pas encore déterminé - pour les personnes démunies bénéficiant de l’aide juridictionnelle, ceux qui n’ont pas les moyens de se payer un avocat. Enfin, 780 000 foyers, principalement des personnes âgées démunies, auraient dû acquitter 118 euros de redevance audiovisuelle l’an prochain alors que, jusqu’à présent, elles en étaient exonérées. Conséquence de la réforme décidée en 2004 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Economie, qui reliait cette taxe aux impôts locaux dont les conditions d’exonération ne sont pas semblables. Compte tenu de son impopularité, le président a annoncé in-extremis que cette mesure ne serait pas appliquée en 2008.
Demain, il y a fort à parier qu’un prélèvement bien plus large, qu’il s’agisse d’une forme de TVA ("sociale"...) ou de cotisation sur les salaires viendra compenser les largesses accordées aux plus aisés depuis maintenant 7 ans. Des dizaines de milliards d’euros ont été gaspillés. Non seulement de façon injuste, mais ils n’ont eu pour seul effet sur l’économie que de grossir l’épargne des catégories les plus favorisées...
L’ensemble de ces mesures qui frappent les pauvres semblent, pour l’heure, symboliques. Quoique pour une personne âgée démunie, 168 euros de redevance et de franchise de soin, c’est loin d’être négligeable. On se ravise aujourd’hui que les catégories populaires se plaignent d’un trop faible pouvoir d’achat. Mais les caisses sont vides, et les mesures ne peuvent être à la hauteur. Les conséquences de cette politique sont désastreuses. Le Président a été élu sur la base d’un nouveau contrat, dépassant les clivages, mais il continue la politique des gouvernements précédents. L’empressement à aider les riches a comme contrepoint la lenteur prise pour mettre en œuvre des mesures destinées à réduire la pauvreté.
La gauche a tort de se réjouir du crédit de plus en plus entamé d’un chef de l’Etat contraint à la gesticulation permanente. C’est une courte vue politique. L’hypocrisie qui consiste, dans tous les milieux, à faire semblant de ne pas voir que l’effort demandé à tous est la contrepartie de cadeaux destinés aux plus favorisés (rebaptisés « classes moyennes supérieures ») a d’immenses conséquences. L’action politique dans son ensemble en sort décrédibilisée auprès de larges fractions de la population. Tous ceux qui soutiennent cette politique et la mettent en œuvre sont responsables de cette situation. Ils contribuent de facto à alimenter le ressentiment social, le populisme et la course-poursuite aux extrêmes.
Texte actualisé d’un article publié par Libération le 18 décembre 2007 à lire sur l'Observatoire des Inégalités
12:05 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : inégalités, france, sarkosy, ultra libéral |
|
|
Facebook
29.12.2007
Le logement plombe le budget des ménages
"Lecture : les ménages du 1er quintile de niveau de vie, c'est-à-dire les 20 % des ménages ayant les niveaux de vie les plus faibles, consacrent en moyenne 24,8 % de leur consommation aux dépenses de logement, contre 10,8 % pour les ménages du 5e quintile. La dépense totale s'entend ici hors impôts, gros travaux, remboursements de prêts et prélèvements effectués par l'employeur, transferts financiers entre ménages."
Source : Insee, Enquête Budget de famille 2006 extrait d'un rapport de l'insee que vous téléchargez en cliquant
Les inégalités sociales et économiques qui provoquent des inégalités dans l'accès au logement ; Une vérité que l'INSEE fait exploser dans son dernier rapport en nous apprenant que le logement est devenu lui aussi un accélérateur d'inégalités. En clair plus on est pauvre, plus on paie.
Le logement est le poste de dépense sur lequel les inégalités sont les plus marquées, elles n'ont fait que grimper depuis 30 ans !
Dans les années 80, toutes les catégories sociales donnaient environ 12% de leurs revenus pour se loger. Maintenant la part du revenu consacré au logement des 20% les plus pauvres est deux fois supérieure à celle des 20% les plus riches.
Le logement qui devrait être un des leviers de la redistributions des richesses, grâce aux aides individuelles (AL, APL) est devenu, lui aussi, facteur d'inégalités.
Il y à un truc qui ne tourne pas rond...
La collectivité dépense chaque année 32 milliards d'euros pour entretenir un système qui débloque à plein tube en cramant l'argent de l'impôt de ceux qui en sont les victimes.
Une seule solution donc : foutre en l'air le système ? oups
04:35 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : logement, inégalités |
|
|
Facebook











