27.07.2009
LES SYNDICATS DE LA POSTE AUX AVANT-POSTES
Les syndicats sont vent debout contre le changement de statut de La Poste qui sera présenté en Conseil des ministres mercredi. Ils y voient une «libéralisation»
LA CHARENTE LIBRE - Fortement contesté par les syndicats, le projet de loi de changement de statut de La Poste sera examiné mercredi en Conseil des ministres, avant un débat parlementaire à la rentrée, afin que l'établissement devienne dès le 1er janvier 2010 une société anonyme à capitaux publics.
Ce changement de statut s'accompagnera d'une augmentation de capital à hauteur de 2,7 milliards d'euros, souscrite par l'Etat et la Caisse des Dépôts (CDC).
Le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, a confirmé mi-juillet le calendrier: après son examen en Conseil des ministres, le texte sera «déposé au Parlement à la rentrée».
Cela «donne à La Poste une année pour bien se préparer, avec son nouveau statut et l'augmentation de capital qui pourra intervenir dans la foulée, à l'ouverture du marché au 1er janvier 2011», avait expliqué le 16 juin Luc Chatel, alors secrétaire d'Etat à l'Industrie. L'objectif est de permettre à La Poste, affectée par la crise et la baisse des volumes transportés, de se moderniser, alors que l'échéance de la libéralisation totale du courrier se rapproche.
Le contexte économique avait fait craindre un temps que le financement soit revu à la baisse, mais il n'en est rien. «Il ne faut qu'à aucun moment La Poste soit en situation de faiblesse par rapport à l'objectif que nous nous sommes assignés» d'en faire un «leader européen du courrier», a souligné M. Estrosi.
«Missions de service public»
Le gouvernement a repris l'ensemble des propositions de la commission Ailleret, chargée de plancher sur le développement de La Poste, qui avaient été validées mi-décembre par l'Elysée.
Alors que les syndicats, inquiets d'une possible privatisation, sont vent debout contre cette réforme, qui avait aussi suscité de vives protestations de la gauche lors de son annonce en août 2008, M. Estrosi a tenté de les rassurer. «Les quatre missions de service public de La Poste que sont le service universel du courrier, l'aménagement du territoire, l'accessibilité bancaire et la distribution de la presse seront confortées par la loi et dotées d'un financement pérenne et transparent», a-t-il affirmé. «A aucun moment, nous ne laisserons place à l'intérieur du capital à quelque acteur privé que ce soit», a-t-il par ailleurs assuré. M. Chatel avait de son côté souligné que les fonctionnaires conserveraient leur statut.
Demain, à la veille du Conseil des ministres, un rassemblement aura lieu devant Bercy, à l'appel des syndicats CGT, FO et Sud d'Ile-de-France.
«On sera plus dans le symbolique que dans la mobilisation de masse» en raison des vacances, a souligné le secrétaire régional CGT Ile-de-France Poste et Télécoms, Benoît Martin.
La CGT, Sud, FO et la CFTC ont appelé les postiers à mener «tout l'été les mobilisations unitaires» pour que «le gouvernement renonce à tout projet de privatisation» et pour «créer les conditions d'une nouvelle grande journée nationale unitaire de grèves et de manifestations dès le mois de septembre».
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