16.09.2009
LYON : Un numéro contre les violations du droit au logement
LOGEMENT - Expulsions sans respect de la procédure, voire sans procédure du tout. Cautions jamais restituées aux locataires. Discriminations à l'accès au logement. Erreurs dans le calcul des charges. "Alors que le gouvernement a institué un Droit au logement, nous constatons paradoxalement de plus en plus de dérapages et de violations du droit concernant le logement des plus démunis. Or, cela touche des populations qui ne connaissent souvent pas leurs droits ou ne savent pas comment les faire appliquer", dénonce Marc Urhy, responsable Rhône-Alpes de la Fondation Abbé Pierre. Partageant ce constat, une quinzaine d'associations ont décidé de créer dans le Rhône un comité de vigilance sur ces questions. Elles ont également mis en place un numéro de téléphone (1) et des permanences juridiques animées par des bénévoles pour permettre aux locataires, demandeurs de logements et propriétaires de signaler leurs difficultés…
Réunis autour de la table, les représentants de ces associations, qui n'ont pas forcément l'habitude de travailler ensemble (cela va de la Fondation Abbé Pierre aux Enfants de Quichotte en passant des associations gestionnaires moins militantes), constatent pourtant tous les mêmes carences des pouvoirs publics. "Il n'y a pas forcément volonté de mal faire, mais il y a un manque d'organisation, une absence de dialogue et un durcissement clair des pratiques que nous voyons tous au quotidien", explique Marc Uhry.
Ces travailleurs sociaux notent aussi une crispation générale dûe à la tension du marché du logement, climat propice aux dérapages en tous genres. "On a remarqué par exemple une explosion des expulsions pour cause de vente ou de reprises d'appartements par les propriétaires, sans que les congés légaux ne soient respectés. Les locataires ne font pas valoir leurs droits parce qu'ils ne les connaissent pas, parce que cela leur semble trop compliqué, ou qu'ils pensent que c'est perdu d'avance ", raconte Véronique Gilet, de l'Alpil (association lyonnaise pour l'insertion par le logement). Autre illustration de ce manque d'information, dans 80% des procédures d'expulsions locatives, les locataires ne sont ni présents, ni représentés par un avocat devant le tribunal. "Or, explique Marc Urhy, lorsqu'on est absent au tribunal, on est considéré de fait comme de mauvaise foi".
Alice Géraud
16:42 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : lyon : un numéro contre les violations du droit au logement |
|
|
Facebook











