17.11.2009
Pétition Pour un réel engagement en faveur des personnes SDF, par des travailleurs sociaux
Bonsoir
Je n'ai pas l'habitude de faire suivre des mails ou des chaines quelconques.
La pétition que je vous adresse ici et que dont je souhaiterais que vous preniez connaissance émanent des travailleurs sociaux de l'urgence sociale, dont je fais parti. Nous nous permettons de demander l'appui de notre réseau personnel pour nous soutenir et nous rejoindre afin de dénoncer une situation intolérable, à Lyon, en matière d'hébergement des personnes SDF. Il manque cruellement de places sur l'aglomération. L'un des centres (accueillant entre autres des familles) menace de fermer... Le sort réservé aux sans-abri semble être le dernier des soucis de nos gouvernants... en dépit d'un droit opposable à l'hébergement que les personnes peuvent faire valoir depuis mars 2009.
Avec mes collègues, les bénévoles... nous assistons impuissants à la dégradation physique et psychiques des personnes que nous rencontrons chaque jour, le système de l'urgence sociale les condamnant à errer de centre en centre lorsqu'ils ne dorment pas à même le bitume, faute de place. Nous ne pouvons plus cautionner, par notre silence, cet état de fait et nous avons décidé de rendre publique cette dramatique situation au travers d'une pétition
Nous comptons sur votre soutien car nous pensons que la question SDF nous concerne tous, collectivement responsables du sort que l'on réserve aux personnes les plus fragiles. Nous vous invitons donc à signer le texte de pétition sur le lien suivant: http://reelengagementsdf.free.
Je suis à votre disposition pour tout renseignement complémentaire. (06.18.92.41.08.)
N'hésitez pas à la faire passer dans vos réseaux le plus rapidement possible, la date de clôture étant le 1er décembre.
Cordialement
Maud Bigot
Pour un réel engagement en faveur des personnes SDF
Auteurs : Professionnels de l’urgence sociale de l’agglomération lyonnaise.
- Etant donné qu’à l’amorce de l’hiver 2009/2010, aucun nouveau centre d’hébergement d’urgence n’a ouvert ses portes à Lyon, contrairement aux années précédentes ;
- Etant donné qu’en ce début d’hiver 120 à 130 personnes ayant sollicité le 115 se retrouvent chaque soir sans solution d’hébergement et que le froid fera logiquement augmenter ce nombre ;
- Etant donné que les statistiques du 115 ne donnent à voir qu’une partie de la population sans logement ni hébergement dans l’agglomération lyonnaise, cette dernière étant estimée à plusieurs milliers de personnes1
Les moyens du dispositif d’hébergement d’urgence lyonnais sont largement insuffisants
- Etant donné que les nuitées d’hôtels (comme proposées l’année dernière) ne constituent qu’une mesure fort coûteuse masquant artificiellement la pénurie de place sans prise en compte des besoins au long terme des personnes concernées ;
- Etant donné que, si la période hivernale est un moment critique pour les personnes SDF, une prise en charge saisonnière de cette question est en contradiction avec la stabilité nécessaire à la réinsertion des personnes ;
- Etant donné la saturation du dispositif logement/hébergement à tous les niveaux (Centre d’Hébergement d’Urgence, Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale, faible nombre de places dans les maisons relais, manque de logements, etc.)
Le dispositif d’hébergement d’urgence ne constitue pas un tremplin vers des solutions pérennes et adaptées comme l’exige l’article 73 de la loi MOLLE (27 mars 2009)
Nous, travailleurs sociaux de l’urgence sociale et citoyens directement concernés ou non, exigeons :
A court terme : - l’ouverture dès janvier de deux centres d’hébergement d’urgence pérennes adaptés aux besoins identifiés par les intervenants de terrain ;
- l’engagement réel de l’Etat et des collectivités locales au travers d’un signe fort pour le maintien, la pérennisation et l’amélioration des structures existantes ;
A terme : - Une application locale du rapport PINTE et de la loi DALO à partir des diagnostics réalisés sur l’agglomération lyonnaise ; c'est-à-dire un effort financier conséquent à tous les niveaux du dispositif logement/hébergement.
« Héberger dans un centre ou à l'hôtel une famille coûte bien plus cher à la collectivité que de louer un logement même au prix du marché. Aucune estimation précise n'a été faite sur les coûts économiques, sociaux, sanitaires du mal logement. On peut les imaginer bien plus élevés que nos dépenses actuelles en matière d'accueil, d'accompagnement social et d'aide au logement. »
Nous demandons à l’Etat une réponse écrite sous quinze jours à ce sujet. Si cette dernière ne répond pas aux exigences formulées, nous nous engagerons dans un mouvement de mobilisation et inviterons les personnes concernées à faire valoir leurs droits.
1 MRIE, Connaissance des personnes sans logement ou hébergement fixe dans l'agglomération lyonnaise
Qui sont-ils ? Quelles attentes ? Quels recours ? www.mrie.org/personnes-en-
2 Etienne PINTE, Propositions pour une relance de la politique de l’hébergement et de l’accès au logement www.assemblee-nationale.fr/13/
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10.11.2009
Inauguration d'une nouvelle Maison Relais à Strasbourg
Philippe Bies adjoint au logement, est à Hautepierre ce soir, avec le Maire de Strasbourg himself, pour visiter le nouveau CHRS - Maison Relais réalisé par Habitation Moderne et géré par Horizon Amitié.
"35 places supplémentaires pour l'hébergement d'urgence à l'entrée de l'hiver c'est toujours ça de pris." Merci monsieur !
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18.08.2009
Un foyer où les sans-abri renouent avec la vie en communauté
La Croix - Depuis quatre ans, une centaine de sans-abri passent chaque année entre les murs du « centre de stabilisation » de Neuilly-sur-Marne, en Seine-Saint-Denis
Un souffle de vie dans un désert de silence. Quand on vient du centre de Paris, comme la plupart des sans-abri réunis sous le toit de ce foyer, le dépaysement peut faire un choc. Des dizaines de pavillons qui se succèdent le long d’artères désertes, une poignée d’autos vides stationnées sous des arbres centenaires : hormis quelques cris qui s’échappent des rares unités de soin encore en activité, l’ancien asile psychiatrique de Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis) s’est transformé en vaste no man’s land. C’est ici, dans l’enceinte de l’hôpital Blanche, que l’association Cœur des haltes a implanté deux centres voués à la « stabilisation » des SDF.
« Notre vocation est de donner aux pensionnaires à la fois l’envie de rester et celle de repartir », résume Béatrice Tessier, chef de service des deux foyers qui abritent une petite centaine de « précaires » en provenance immédiate de la rue. Un défi auquel le lieu se prête donc plutôt bien, loin de la violence et de l’errance, souvent alcoolisée, entre les squats et les centres d’hébergement de la capitale, mais dans un retranchement austère, derrière la muraille beigeâtre qui ceinture le complexe hospitalier.
« En restant ouverts le jour et en n’imposant aucune durée limite de séjour, les lieux comme le nôtre offrent un cadre où se reconstruire », explique la responsable, qui compare sa structure à « un sas » dans le parcours vers un logement durable et autonome. Un sas ou bien « un escalier » qui doit mener vers « ces autres escaliers » que sont les centres d’hébergement et de réinsertion sociale (les CHRS, qui sous-entendent un certain degré d’insertion, avec une participation financière à hauteur de 10 % des revenus des pensionnaires) et les résidences-services (semi-autonomes, avec des cuisines individuelles mais aussi un réfectoire collectif).![]()
« Le Cœur des haltes, c’est le paradis ! »
« Pour moi, le Cœur des haltes, c’est le paradis ! » lance Mastan, énergique quadragénaire arrivée ici il y a quatre mois, après des années d’errance de foyer en foyer. Un « paradis » qu’elle craint cependant de devoir quitter, si ses relations avec la pensionnaire qui partage sa chambre continuent à s’envenimer. Depuis quelques semaines, de violents différends éclatent en effet à tout propos entre les deux femmes, compromettant le calme de la résidence.
C’est pourtant en compagnie de cette Malienne de 62 ans que Mastan s’est présentée à l’équipe d’animateurs, en avril. Depuis leur rencontre dans un foyer de banlieue, elles étaient devenues inséparables. Mais à présent, Mastan se sent menacée dans son éphémère « chez soi » par la présence de celle qu’elle appelle toujours « Maman », entre deux éclats de voix. « Je ne supporte plus la promiscuité, s’époumone-t-elle. Maintenant mon sol lui appartient. » Contrairement à certains, comme Maurice, qui insiste sur le fait d’avoir trouvé ici un « toit » sous lequel s’abriter, Mastan raisonne encore en termes de territoire, cette portion de sol que l’on « occupe » et qu’il s’agit de défendre à tout moment, quand on vit encore dans la rue.![]()
La cohabitation, un nouveau défi
Pour ceux qui ont longtemps vécu en errance, la cohabitation n’est pas le moindre des défis. Le respect des règles de vie commune, la bienséance, la politesse ne vont pas de soi quand on a connu la survie dans la crasse et la faim. « Dehors, rester seul est trop dangereux, avance Béatrice Tessier. Alors les personnes se regroupent, mais les communautés se font et se défont toujours autour de l’alcool, qui recrée une chaleur perdue. »
La consommation individuelle d’alcool étant proscrite au Cœur des haltes, les pensionnaires sont confrontés à des rapports lucides et suivis, jour après jour, avec les mêmes résidents. « Ceux qui ne parviennent pas à rompre avec la boisson partent d’eux-mêmes, poursuit la chef de service. Et la mise en place de repères qui s’opère progressivement ici aide ceux qui restent à se sevrer. » La dépendance à l’alcool est en effet à l’origine de la plupart des « départs volontaires » recensés chaque année.
Avec les exclusions pour violences, les départs volontaires représentent en moyenne 40 % des sorties annuelles hors des murs des deux pavillons. Les autres personnes parviennent soit à renouer avec leur famille, soit à s’orienter vers des structures de logement plus autonomes.![]()
Un « relatif bien-être »
Au fil des années, les débordements entraînant des exclusions semblent de plus en plus rares. « Avant, quand ça partait en castagne, les tables et les chaises valsaient », se souvient Maurice, attablé devant une barquette de moussaka, alors que le ton monte entre deux hommes dans le fond du réfectoire. Pour Béatrice Tessier, l’ensemble des abandons pour échec d’insertion devrait progressivement diminuer grâce au « relatif bien-être » des pensionnaires réacclimatés à la vie en communauté : « La stabilité est communicative. Elle donne aux nouveaux venus l’envie de retisser à leur tour des liens sociaux. »
Pour les moins de 50 ans, les résultats en matière de retour vers l’emploi sont encourageants. L’an dernier, 14 des 23 jeunes qui ont bénéficié d’un suivi ont retrouvé une activité, qu’il s’agisse d’intérim ou de contrats à durée déterminée. À entendre les résidents, c’est une évidence, le centre de Cœur des haltes représente un maillon qui faisait défaut dans le combat contre l’exclusion. « C’est déjà quelque chose de ne pas avoir cette boule au ventre à la tombée de la nuit, dans l’angoisse de ne pas avoir de place dans un CHRS » (centre d’hébergement et de réinsertion sociale), soupire Mastan.
Caroline HEURTAULT - La Croix
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24.02.2009
Cagnes-sur-Mer : une maison relais en plein coeur de la cité
Enfin ! Après des années de doute et de projets non aboutis, l'ancienne menuiserie située au 5 et 7 rue de la Cabraire va enfin retrouver une nouvelle vie avec la réalisation d'une maison relais. C'est ce qui est ressorti du dernier conseil municipal qui s'est tenu mercredi soir, au cours duquel les élus ont décidé, à l'unanimité, de l'achat par la commune de ce bâtiment situé dans la vieille-ville au prix de 180 000 euros.
Il s'agit plutôt d'un rachat, puisque la Ville en était déjà propriétaire en 2003, avant de le revendre à l'association Saint-Vincent-de-Paul, à laquelle elle rachète aujourd'hui ce bâtiment.
La longue histoire du bâtiment de la Cabraire
Une longue histoire est en effet attachée à cet immeuble situé derrière la place Antony-Mars dans la cité historique.
Tout commence en 2001. L'association vençoise Vence Maghreb se montre intéressée par l'acquisition de l'ancienne menuiserie. Elle envisage d'y créer une salle de prière pour la communauté musulmane. Mais, sans doute face à certaines réticences de la population à la vue d'un tel projet au coeur de la cité historique, la municipalité de l'époque décide alors de préempter le local, et de le revendre en 2003 à l'association Saint-Vincent-de-Paul. Elle veut y faire des logements d'urgence pour les personnes dans le besoin. Mais ce projet capote, et ce bâtiment va continuer à se détériorer. Jusqu'à aujourd'hui, où la mairie décide, une nouvelle fois, de le racheter pour y créer une maison relais.
Reloger et resocialiser
Ce projet sera présenté en détail lors du prochain conseil municipal, mais Christian Iacono, le maire, en a présenté mercredi soir les grandes lignes : «Cette maison accueillera une quinzaine de studios pour des personnes en difficulté matérielles et morales. Mais nous voulons aussi en faire un lieu où ces gens puissent retrouver le lien social qui s'est souvent cassé, elles pourront notamment préparer et prendre leur repas en commun. Le bâtiment actuel offre la possibilité de créer six logements. Ce n'est, à mon sens, pas assez pour une maison relais. C'est pourquoi nous envisageons de surélever ce bâtiment ou d'acquérir un autre immeuble à proximité pour pouvoir faire un nombre suffisant de logements.»
Ce projet a été salué par l'opposition, et notamment par Catherine Alinat (PS) qui, tout en regrettant « le lourd passé de ce bâtiment », a reconnu « la grande utilité de ce projet pour Vence. Il va combler le besoin énorme, car pour l'instant, il n'existe, pour ce type de prestations, que le foyer de l'Entente Protestante. »
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| Tags : maison relais, personnes en difficulté matérielles et morales, logements |
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28.05.2008
Je ne me voyais pas comme une femme battue
Une femme témoigne de sa difficulté à prendre conscience que son couple vivait dans un climat de violence. Elle raconte le chemin qui l'a amenée dans un accueil d'urgence, à La Roche-sur-Yon.
Quand elle va chercher ses enfants à l'école, dans un quartier de La Roche, Lisa (1) est une maman comme les autres. Ça l'amuse presque : « C'est fou : nous vivons tous les trois dans une résidence réservée aux femmes qui, comme moi, fuient la violence d'un compagnon, et les gens ne soupçonnent rien de nos difficultés ! » Elle commente : « C'est aussi dû au fait qu'on n'imagine pas que ça peut toucher tout le monde, même une femme souriante et bien habillée comme moi. Moi-même, j'ai mis longtemps à réaliser que j'étais « là-dedans » ! »
Hébergée en foyer d'accueil d'urgence puis en résidence spécialisée (2), Lisa trouve bénéfique ce contact avec d'autres femmes : « En écoutant leurs histoires, je réalise que mon attitude est assez classique : je lui trouvais des excuses et je culpabilisais de mon propre comportement. »
Climat de violence
Les coups pour lesquels Lisa a porté plainte sont récents, mais elle estime qu'elle vivait dans un climat de violence depuis des années, sans s'en rendre compte : « Nous nous agressions verbalement au quotidien, mais ça nous paraissait normal. Il se moquait de mon boulot, je n'étais pas fine non plus : quand j'ai compris qu'il avait une autre femme, j'ai pris les clés pour l'empêcher de sortir. Je pense qu'il voulait me quitter depuis longtemps, mais n'avait pas les mots pour le faire... d'où les coups. »
Les derniers mois ont été particulièrement éprouvants. « Tout était difficile. Attendre que les bleus apparaissent pour aller voir le médecin, affronter la salle d'attente, subir les brimades de ma belle-mère... » Les gendarmes ont ordonné à l'homme de quitter le domicile familial, mais Lisa assure qu'il est venu prendre des meubles pendant son absence : « C'était invivable. Il avait tout mis à son nom : la maison, les voitures... Il paraît que c'est une technique courante chez les hommes qui veulent avoir une emprise sur leur femme. »
La famille a ses limites
Elle a fui, avec quelques valises, par le train de 6 h du matin. Première déconvenue en Vendée, à des centaines de kilomètres de son domicile : « Mes proches m'ont accueillie, mais les problèmes pratiques s'ajoutent aux difficultés de compréhension : ce n'est pas évident d'héberger une femme avec deux enfants ! » Une parente suggère d'aller voir une assistante sociale. Lisa n'y avait pas pensé : « Malgré ma plainte et ma fuite, je ne réalisais toujours pas que j'en étais là. »
La jeune femme fait beaucoup de compliments sur la prise en charge sociale. La situation n'est évidemment pas très confortable, même si l'aînée a déjà pu prendre le chemin de l'école : « A l'accueil d'urgence, les premières semaines, on vit vraiment en collectivité et la sécurité impose que l'on ne communique l'adresse à personne. En résidence, c'est un peu plus souple. J'ai un petit appartement pour lequel je paye un loyer en fonction de mes revenus : on est en famille, mais je suis pressée de retrouver un cadre normal, en reprenant un travail, notamment. »
Quand une voiture du même modèle que celle de son ancien compagnon pointe son nez, Lisa sursaute : « Je suis hébergée comme femme en danger, mais si le père vient prendre les enfants, je ne peux rien faire contre lui... Il sait où nous sommes : j'ai repris contact avec lui, pour les enfants. J'ai hâte que le juge se prononce au sujet de la garde. »
Petit à petit, Lisa accepte l'idée qu'il va falloir un peu de temps avant de reprendre une vie normale. Son parcours en milieu spécialisé dans l'accueil de femmes battues l'aide beaucoup : « Ça me fait du bien de me sentir enfin comprise. Et puis, ça me permet de mettre en route un travail sur moi : je prends conscience que mon rapport à la violence est faussé par ma propre enfance. Je veux travailler là-dessus, avec l'espoir de refaire ma vie sans me tromper une deuxième fois. J'ai du mal à y croire en ce moment, mais ça doit bien exister, des hommes non violents... »
(1) Prénom d'emprunt.
(2) Lisa a été aidée par l'Accueil d'urgence femmes en difficultés (AUFD). Elle est actuellement aidée par l'association Passerelle.
Ouest-France
06:30 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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28.03.2008
Hébergement : peut-on dépasser l’urgence ?
MATTHIEU MILLECAMPS > on le sait, c’est toute la chaîne du logement qui est grippée. Si les places manquent dans les centres d’hébergement d’urgence, c’est qu’il y a un blocage : les places disponibles sont déjà occupées par des gens qui pourraient légitimement prétendre à un logement social. Sauf que les listes d’attente sont plus que longues. Et, malgré engagements et annonces, les programmes de créations de logements sociaux et très sociaux sont encore très loin de répondre à la demande, loi DALO ou pas.
Les maisons relais, créées dans le cadre du plan Borloo, se veulent un outil de transition entre foyer d’hébergement et logement à loyer modéré. À Lambersart, un îlot de ces maisons relais a récemment été inauguré par Christine Boutin, ministre du Logement. Au coeur d’un quartier, deux appartements pour des familles et 16 studios. Les locataires redécouvrent ici une part d’autonomie, tout en pouvant compter sur l’accompagnement des travailleurs sociaux de la Sauvegarde.
« L’impression que les gens me regardent autrement »
De la rue et des foyers, Denis Dilly a tout connu. Il y a 20 ans, ce boulanger de formation s’est retrouvé dehors à la suite de problèmes familiaux. Il est aussi tombé dans l’alcool. Une spirale qu’il accepte d’autant plus de décrire qu’il estime, aujourd’hui, en être « sorti ».
« Il y en a qui disent "moi, je m’en suis sorti tout seul". Je ne les crois pas. Moi, c’est une bénévole qui m’a dit un jour "je crois en toi" » , rapporte-t-il. « Je suis parti en cure, mais cette fois, je l’ai décidé. Je voulais que ça marche ». Lorsque les responsables du foyer lui ont proposé une maison relais, il n’a pas dit oui tout de suite. « Je ne voulais pas sauter dans le vide, comme ça, directement ». Installé depuis un mois, il ne regrette pas son choix. « Je me sens plus fort, j’ai l’impression que les gens me regardent autrement », martèle-t-il avec fierté. Petit à petit, il reprend contact avec le quotidien. « Nous avons des réunions, nous parlons du tri sélectif, de la nourriture, des charges... », explique-t-il. Brigitte Binet, elle aussi, est passée par les foyers d’hébergement après avoir été licenciée du poste qu’elle occupait depuis 22 ans dans une banque. Puis, elle est parvenue à dégotter un petit « appartement ». « C’était un studio minuscule, sans fenêtre, que je payais 300 E par mois », explique-t-elle. Un jour, son propriétaire, avec lequel les relations étaient pour le moins conflictuelles, lui demande de partir. Elle s’est empressée d’appeler une assistante sociale à la rescousse. « Quand elle m’a parlé des maisons relais, j’ai cru qu’elle voulait me renvoyer en foyer... Mais là, c’est exactement ce qu’il fallait. On fait ce qu’on veut, mais on peut demander un coup de main », raconte-t-elle.
« Une question de volonté »
Aujourd’hui, son objectif est de « tout remettre à plat, régler mes problèmes de santé, et repartir ». « Repartir » , c’est aussi l’avenir que vise Corinne Spriet qui, touchée par une affection neurologique, était dans un foyer médicalisé avant d’arriver à Lambersart. « J’ai des rendez-vous avec un kiné, qui vient ici pour la rééducation. Je vais pouvoir me refaire une santé, être prête à aller revoir mes enfants », glisse-t-elle.
Un dispositif qui fait l’unanimité chez les résidants, mais dont la généralisation suppose une implication de la part des maires. Henri Feltz, président du groupe CMH, qui a construit ces logements, le soulignait lors de l’inauguration : « pour ces projets, les caisses ne sont pas vides » , mais « c’est une question de volonté ». •
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