19.12.2009
Un loyer d’un euro par jour pour les SDF
Un euro par jour pour loger un SDF, c’est une opération rendue possible grâce à l’opération « maisons tremplins pour SDF », financée par l’Etat. Les deux nouveaux colocataires se sont rencontrés durant leur galère, alors qu’ils dormaient depuis plus d’un an dans un foyer du centre-ville qu’ils devaient libérer avant 8 heures, pour ensuite passer la journée à errer dans les rues.
Depuis octobre, ils habitent ensemble une petite maison individuelle comprenant deux chambres, un salon-cuisine et un petit jardinet attenant. « C’est un miracle pour moi cette maison. Je sais que j’ai beaucoup de chance d’avoir été choisi », déclare Hossain, 43 ans, sans famille, qui s’est retrouvé à la rue après la mort de sa mère.
Leurs nouveaux voisins de la Cité blanche, un quartier d’une centaine de pavillons, ont reçu un courrier les prévenant de cette opération pilote, consistant à réhabiliter trois maisons pour les louer pendant un an à des SDF moyennant un euro par jour.
Cette opération fait suite à un appel à projet lancé par l’Etat en juin 2009 consécutif au rapport du député UMP des Yvelines Etienne Pinte. L’association du Pact-31, qui défend l’insertion par le logement et l’amélioration de l’habitat, y a répondu et obtenu 87.000 euros pour une année de frais de loyer, de mobilier et de suivi social.
Car chaque jour, des travailleurs sociaux et même un infirmier rendent visite à Hossain et Jean-Pierre. Ils veillent au respect des seules règles qui leur sont imposées : pas le droit d’héberger d’autres personnes, pas de visite après 18 heures, et paiement du loyer.
Pour l’heure, la maison ne comporte pas de lave-linge et les travailleurs sociaux organisent des déplacements vers un Lavomatic. Question mobilier, c’est assez sommaire : un lit dans chaque chambre, un canapé, une table et trois chaises.
« J’ai pour projet de trouver une armoire », indique Jean-Pierre, en montrant ses affaires rangées dans des sacs à même le sol d’une chambre propre, où le lit a été fait le matin même.
« Il ne suffit pas de donner un appartement à un SDF pour que tout roule, il y a un réel besoin d’accompagnement », explique Alain Estoppey, travailleur social, car « quand on a été pendant plusieurs années à la rue, il y a des choses qui peuvent paraître anodines mais qu’il faut réapprendre comme nettoyer, ranger ou se faire à manger ».
Le jour de leur entrée dans leur maison, proprement réhabilitée, les deux colocataires ont immédiatement acheté une télé qui trône désormais dans le salon et reste allumée « quasiment 24 heures sur 24 », confie Jean-Pierre.
« On va chercher des DVD à la médiathèque et on les regarde avec Redouan, un ami qui vient nous rendre visite. On boit du café, on fume des cigarettes, on a chaud, on est bien », conclut Hossain, ravi.
07:20 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : sans domicile fixe, sdf, député ump des yvelines etienne pinte, insertion par le logement, maisons tremplins pour sdf |
|
|
Facebook











