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31.07.2008

Salariés et pauvres : le smic dérange les patrons

Sous la signature de trois économistes du Conseil d'analyse économique (CAE), un rapport remis à Eric Besson et Martin Hirsch préconise tout simplement de remettre en question le smic. Le prétexte est que le smic ne protégerait pas contre la pauvreté, puisque le taux de pauvreté n'a pas diminué en France ces dernières années... Mais de combien aurait-il augmenté si le smic n'avait pas imposé une rémunération minimum ?

En 2006, 15 % des salariés en France touchaient le smic. Dans les secteurs où les salaires sont bas, comme la distribution, cette proportion passe à 35 %. Une des raisons en est que la loi prévoit une augmentation automatique du smic en fonction de l'augmentation officielle des prix. Même si cette augmentation est en fait inférieure à l'augmentation réelle des prix, ce n'est pas le cas pour les autres salaires et une partie de ceux-ci ont donc été « rattrapés » par le smic. Du coup l'indexation sur la hausse officielle des prix, supprimée pour l'ensemble des salaires, demeure pour ceux qui sont au smic et c'est cette augmentation imposée par la loi qui est insupportable aux patrons.

C'est ce sentiment que reprennent les auteurs du rapport en question, en affirmant que cela « pénalise » l'économie. Ils constatent que, puisque les patrons trouvent les salaires trop élevés, ils n'embauchent que des personnes « très productives » - c'est-à-dire qu'ils leur imposent des cadences élevées - et les jettent à la rue quand elles sont usées.

Ces distingués économistes proposent donc qu'il n'y ait plus de smic défini pour l'ensemble des salariés, en laissant le soin à la négociation par branches professionnelles de définir éventuellement des salaires minima. Cela signifie évidemment qu'il pourrait y avoir des salaires très inférieurs au smic d'aujourd'hui, comme cela se produit dans les pays où il n'existe pas de salaire minimum défini à l'échelle nationale.

Pourtant, il ne faut pas avoir fait les grandes écoles pour comprendre qu'il suffirait que tous aient un revenu décent pour qu'il n'y ait plus de pauvreté. Non seulement le smic devrait suivre l'augmentation des prix, mais il devrait être largement revalorisé, de même que tous les salaires et les pensions.

Hervé BOIDET pour Lutte Ouvrière Hebdo

06:35 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : salariés, pauvres, smic, martin hirch, salaires | | |  Facebook

12.07.2008

Encore plus de charges de travail pour les CAF ???

Déclaration des administrateurs CGT de la Cnaf
RSA : des propositions surprenantes

La conférence de concertation sur le RSA qui s'est tenue le 9 juillet a vu deux parlementaires UMP prôner la gestion de la PPE par les Caf. Au-delà de la confusion des genres qu'induirait une telle gestion, la charge de travail énorme que cela représente n'est pas envisageable avec la politique de baisse des effectifs en cours dans les Caf et celle envisagée par le gouvernement pour la Convention d'objectifs et de gestion en cours de construction dont la signature Etat/Cnaf doit intervenir pour la fin 2008.

Par ailleurs la réaffirmation d'une généralisation du RSA au 1er juin 2009 en accord avec le Président de la Cnaf, est incompatible avec les moyens humains et techniques de gestion disponibles dans les organismes de la Branche des Allocations familiales de la Sécurité sociale, pas plus que la prise en compte mensuelle des déclarations de revenus servant au calcul du RSA qui paraît acquise avec le même consensus.

Les services de la Cnaf affirment pouvoir assurer dans de bonnes conditions une généralisation du RSA au 1er janvier 2010 et une bonne gestion de ce nouveau minimum social en prenant en compte les revenus trimestriels des bénéficiaires. C'est ce qu'ils ont démontré il y a quelques jours aux administrateurs de la Cnaf. Il n'a jamais été question jusqu ‘alors d'une gestion de la PPE par les Caf.

Martin HIRSCH opère donc un forcing inacceptable auprès de la Cnaf. Dans ces conditions les déclarations et engagements pris par le Président de la Cnaf lors de cette conférence sont pour le moins surprenants, voire choquants. Les personnels de l'Institution ne sont pas taillables et corvéables à merci. Les administrateurs quant à eux ne peuvent pas être mis devant le fait accompli sans débat, concertation et consensus. En démocratie sociale le fait du prince n'est pas acceptable. La qualité et la nature des services rendus aux familles et allocataires en dépendent et les responsabilités doivent être assumées collectivement. En tout état de cause la création du RSA, un minimum social d'une grande complexité sur lequel la Cgt a exprimé les plus grandes réserves, ne doit pas mettre en péril la bonne gestion des prestations dues à l'ensemble des familles.
Montreuil le 10 juillet 2009

15:28 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : caf, cnaf, rsa, martin hirch, ppe | | |  Facebook

26.05.2008

Combattre la pauvreté, le RSA, et après ?

Par Daniel Carré - MEDIAPART http://www.mediapart.fr/club/blog/daniel-carre/250508/com...

Combattre la pauvreté, le RSA, et après ?

Lorsque j’ai connu en 2006 la proposition de Martin Hirsch de créer un Revenu Social d’Activité, j’ai trouvé l’idée géniale. La mise en œuvre du RSA suscite de nombreuses interrogations que je partage. Je crains que nous n’ayons pas encore trouver la solution pour éradiquer la pauvreté.

Depuis 2000, je coordonne une permanence hebdomadaire d’accueil de chômeurs, qui accueille des demandeurs d’emploi en situation difficile. J’en écoute une cinquantaine par an et j’analyse environ trois fois plus de dossiers, soit un millier de « cas » en huit ans. Je perçois ainsi directement les ravages du chômage de longue durée et les difficultés des systèmes d’assistance.

Les points-clés de mes observations

• Nombre de personnes vivent avec des revenus très faibles : ceux des transferts sociaux, ASS, RMI, AAH, API, qui sont les seuls revenus de 20% des personnes à Paris. Les conditions de logement creusent l’inégalité, les allocations familiales ne compensent pas le surcoût d’enfants à charge. Je comprends vite que le revenu minimum n’est pas le SMIC, mais, pour une personne seule, 450€ par mois !
• Un voile pudique est jeté sur le mode de survie des émigrés avant qu’ils aient leurs papiers. Pendant un, deux, trois ans et plus, des hommes et de femmes subsistent grâce au travail au « noir », ou au travail au « marron », faux papiers dont le patron n’est pas dupe. Des centaines de milliers d’hommes et de femmes triment ainsi pour effectuer des tâches pénibles, voire rebutantes.
• Les emplois aidés ne sont pas considérés comme de « vrais » emplois. La rémunération qu’ils procurent ne fournit que peu de revenu supplémentaire par rapport au RMI. L’intérêt du travail est faible, et, sauf exception, l’encadrement de ces emplois est défaillant. Leur seul intérêt est la socialisation.
• L’assistance par le transfert social est bien la trappe à grande pauvreté que dénoncent les organisations. Des troubles de santé et des ruptures affectives s’y associent fréquemment pour rendre le retour à l’emploi difficile. Les boulots possibles sont de moins en moins qualifiés et sont à temps partiel. Le travail au noir se multiplie, il toucherait 2 millions de personnes dans les Services à la Personne, sans parler des ateliers clandestins, ni des bricoles démarchées aux portes de Conforama ou de Leroy-Merlin.

Le Revenu de Solidarité Active

En 2006, je découvre le concept de Revenu de Solidarité Active dans l’ouvrage de Martin Hirsch et Sylvaine Villeneuve, « La Pauvreté en Héritage, deux millions d’enfants pauvres en France ». Le concept me séduit immédiatement. Ségolène s’en empare pendant sa campagne. Nicolas achète l’idée et séduit Martin qui devient Haut Commissaire au RSA.

Martin Hirsch anime alors le « Grenelle » de l’insertion, qui mobilise l’énergie des associations militantes du social et de l’emploi. La lecture du Livre Vert provoque chez moi un premier recul : http://www.premier-ministre.gouv.fr/information/les_dossiers...

En effet, le RSA devra supporter la gestion de mécaniques administratives complexes, qui génèrent inéluctablement des effets d’aubaine et des coûts bureaucratiques peu productifs. Les travailleurs sociaux vont, une fois de plus, gérer un dispositif, au lieu de travailler au bénéfice de personnes en difficulté. La modalité de mise en œuvre est lourde et les employeurs pourront se servir de la subvention pour faire pression sur des personnes en situation de faiblesse. Une naïveté serait la « confidentialité » du dispositif vis-à-vis des employeurs des bénéficiaires du RSA!

P + Q éme réforme en cours de mise en orbite, le RSA est maintenu. Mais, crise oblige, le Gouvernement limite les transferts indispensables au soutien de la réinsertion des exclus dans le travail. L’exercice consiste à mouliner de manière certes intelligente, mais à enveloppe quasi constante, les crédits d’assistance et d’aide à l’emploi, en particulier la PPE (Prime Pour l’Emploi). Patrick Savidan, le Président de l’Observatoire des Inégalités estime que les classes moyennes vont subventionner un nouveau dispositif de redistribution, au moment où elles sont fragilisées. (le Monde 20 mai 2008).

Le point le plus préoccupant demeure celui des emplois proposés aux exclus du travail. Peu formées, démolies par le chômage de longue durée et la précarité, les populations concernées ont hélas une employabilité réduite. La transition entre une situation d’assisté, ignorant les contraintes sociales et luttant pour sa survie physique, et une situation de travailleur, disponible et motivé 7 heures par jour, 5 jours par semaine, auxquels s’ajoutent souvent 2 heures de transport quotidien, constitue un bouleversement sidérant. L’hypothèse des promoteurs du RSA est que la reprise s’effectue sur un travail à temps partiel. Le RSA permet de rémunérer l’effort consenti pour travailler, alors que la situation présente incite le chômeur à rester dans son RMI. La faille béante du raisonnement est la suivante : les boulots accessibles à temps partiel, sont structurellement des temps partiels.

Pour la population concernée, si le travail doit faire vivre une personne, c’est au minimum 35 heures rémunérées au SMIC. Or ces postes, quand ils existent, ne sont pas pris aujourd’hui par la population cible du RSA !!!

Ma position actuelle, avant évaluation sérieuse des expérimentations et de la généralisation attendue, est que le RSA n’est intéressant que comme une rationalisation des financements disponibles.

Mon pronostic est que peu d’emplois seront créés de manière significative par ce dispositif. Je serais heureux de me tromper. L’expérience des Services à la Personne m’a rendu très réservé sur les dispositifs globaux.

Une autre illusion est l’emploi acceptable que le Gouvernement tente de définir par la Loi. Si les emplois à pleins temps, des secteurs sous-tension, ne sont pas pourvus, c’est que les demandeurs d’emplois n’en veulent pas. Leur culpabilisation ne marche pas. Alors, la baguette ! En oubliant qu’un contrat de travail implique est signé par un patron. Or les patrons n’embaucheront pas des personnes « contraintes » à venir travailler. Ils leurs préféreront le sans papier, avec de faux papiers, volontaire pour effectuer les tâches pénibles ou peu valorisantes qui sont proposées.

Que faire ?

Si le RSA ne crée pas d’emploi que faire ?

La France a toujours privilégié la voie réglementaire, construisant des systèmes administratifs très sophistiqués qui sont tous des échecs.

Je pense que la seule stratégie est la création d’activités par des mobilisations de ressources humaines et financières. C’est ainsi que des emplois pérennes seront créés, l’activité générant l’emploi.

Cela passe en particulier par la voie que nous indique Mohammad Yunus :

« Pourquoi ne pas construire des entreprises qui visent l’amélioration de la situation sociale plutôt que la réalisation de bénéfices pour ses dirigeants et ses actionnaires »

Un indice intéressant qui marque l’intérêt de nos concitoyens, c’est la croissance des fonds responsables et la bonne santé de la collecte par les adhérents de Finansol.

J’y ajoute l’engagement croissant de jeunes et brillants diplômés à faire autre chose qu’un métier de trader. La rupture du pacte social, que l’on observe dans les entreprises et les administrations, peut également être considérée comme le signe d’une transformation profonde en cours.

Cette stratégie passe par une mutation culturelle. L’emploi n’est plus nécessairement l’emploi « salarié ». Passer d’une culture de la sécurité à la culture de responsabilité est indispensable, mais ce passage ne sera tolérable que s’il intègre de manière forte à la fois les valeurs de solidarité et l’acceptation collective du risque.

13:02 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chÔmage, rsa, politique sociale, martin hirch, pacte social, rmi | | |  Facebook

12.04.2008

Le DAL Toulouse interpelle Martin HIRSCH : haut commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté

Le DAL Toulouse interpelle Martin HIRSCH : haut commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté
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Accompagné du Préfet,le haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté était invité pour une conférence à l'Ecole supérieure de commerce (ESC), Martin Hirsch a été interpellé par une vingtaine de militants du dal, avec présence de certaines familles soutenues par le DAL Toulouse qui ont pu décrire leur situation d'urgence face au logement.
Le comité DAL Toulouse a voulu par cette action de revendication :
- dénoncer à la fois la situation des personnes qui subissent encore les remises à la rue dans les centres d'hébergement d'urgence et les conditions d'accueil.
- dénoncer la reprise des expulsions locatives sans solution de relogement.
- demander l'application de la loi de réquisition des logements vacants (22000 sur toulouse)
- avoir rapidemment un vrai travail avec la Préfecture sur le DALO.
- et une demande de table ronde concernant les conditions d'accès sur des logements temporaires (ALT), bail glissant... et la non remise à la rue des personnes sans domicile fixe avec l'application du PARSA.

Le comité DAL Toulouse était aussi au côté de quelques militants du collectif "Ni Pauvre Ni Soumis" et de la friche culturelle et écologique "les Pavillons sauvages".
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07:03 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : DAL TOULOUSE, MARTIN HIRCH, PARSA, NON REMISE À LA RUE | | |  Facebook

27.11.2007

Grenelle de l'imposture

un site Internet, www.grenelle-insertion.fr, a été ouvert, samedi 24 novembre, pour permettre au public de débattre

04:35 Publié dans Action | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : insertion, grenelle, martin hirch | | |  Facebook

 
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