05.02.2008
Ces terrains que l'Etat peut vendre
Paru dans le JDD Dimanche 03 Février 2008 - Par Marie QUENET
Un inventaire de sites publics susceptibles d'être libérés et urbanisés est en cours. Nicolas Sarkozy l'a annoncé avant Noël: l'Etat va lancer un "plan de vente des terrains de son domaine et de celui de ses établissements publics", pour construire 60 000 logements nouveaux d'ici à 2012. Les préfets ont jusqu'au 15 février pour lister les terrains disponibles.
Il y a urgence: la loi sur le droit au logement opposable (Dalo) est entrée en vigueur le 1er janvier, et déjà plus de 25.500 formulaires ont été retirés - et près de 5 000 dossiers déposés - en région parisienne.
Il faut donc passer à la vitesse supérieure. A l'automne 2005, l'Etat avait déjà commandé un inventaire des terrains publics pouvant être cédés ou réaménagés pour faire du logement. Résultat: la moitié des sites recensés aura été "mobilisée" sur la période 2006-2008, permettant la mise en chantier de 30 000 logements (15 000 en région parisienne). L'objectif est de faire deux fois mieux pour la période 2008-201 !
L'ancien hôpital du Vésinet, une réserve de 22 hectares
Les services de l'Etat planchent. "Près de 660 sites, couvrant 1 500 hectares, sont susceptibles d'être libérés et urbanisés entre 2008 et 2012, estime Dominique Figeat, délégué à l'Action foncière. En région parisienne, on a repéré environ 250 sites (440 hectares). Le but est d'y construire 35 000 des 60 000 logements annoncés."
"Il existe encore des gisements importants, renchérit Jean-Pierre Beysson, le délégué interministériel chargé du développement de l'offre de logement (Didol). D'abord, les emprises ferroviaires. Ensuite, les terrains de l'armée. Enfin, en Ile-de-France, on mène une réflexion sur la mobilisation des réserves autoroutières". Ainsi, 25 hectares achetés pour réaliser l'A87, dans le Val-de-Marne (qui ne verra pas le jour), ont été déclassés en 2007.
Où se situent les terrains mobilisables? A Paris, on ne recense que 33 sites disponibles (26 hectares) pour l'opération 2008-2012. Des chantiers vont pouvoir démarrer dans les entrepôts Mac Donald (1 000 logements prévus), sur les anciennes emprises ferroviaires des Batignolles (3 500 logements) ou de la porte d'Auteuil (500)... D'autres sites devraient être cédés. Par exemple, quelques casernes ou un terrain appartenant à la RATP, rue de la Croix-Nivert (15e).
Les Yvelines caracolent en tête de l'inventaire (200 hectares potentiels). On y trouve, par exemple, 22 hectares entourant l'ancien hôpital du Vésinet. Mais aussi, 4,3 hectares de terrains ferroviaires à Saint-Germain-en-Laye, un no man's land. Voire 60 hectares au camp militaire de Satory, mais le maire (UMP) de Versailles, Etienne Pinte, jugerait le site peu adapté au logement. La Seine-Saint-Denis, elle, compterait 170 hectares mobilisables. L'Etat entend, par exemple, céder 4 hectares à Rosny-sous-Bois (350 logements prévus), 5 hectares à Noisy-le-Grand (1 200 logements), ainsi que 25 hectares destinés à l'A103, qui ne se fera pas. L'Essonne enfin offre un gisement de 70 hectares. Le dock des alcools à Ris-Orangis est ainsi en cours de vente (600 logements).
Autant de chantiers qui prendront du temps. Car il faut surmonter des difficultés techniques - ces terrains sont généralement pollués, non desservis, non équipés... ils sont souvent non constructibles. Or, le temps presse. Rien qu'à Paris, on estime qu'il y aurait entre 40 000 et 60 000 personnes susceptibles de faire valoir leurs droits au logement opposable.
06:00 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : patrimoine foncier, mal-logement, logement social |
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