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18.03.2012

Martin Hirsch ... on t'aime pas

Avec l'annonce du durcissement de l'accès au Revenu de solidarité active (RSA) plus difficile pour les étrangers notamment, la vedette du RSA, soit disant expert de l'insertion, j'ai nommé Martin Hirsch est invité pour livrer ses réflexions. La presse ne va pas chercher plus loin, passive, elle imprime sans réflexion.

Sarkozy pour qui Hirsch a bossé ne s'attaque pas au "vrai" problème dit-il. Sans blague, il ne l'a jamais fait, ça ne l'intéresse pas. Ce qui intéresse Sarkozy c'est de garder le pouvoir et de continuer sur sa lancée : taper sur les pauvres en désignant des boucs émissaires, en dressant les uns contre les autres.

Hirsch ne s'attaque pas au vrai problème, ce type est un marchand de soupe qui comme son ex patron, nous balance ses chiffres. Chiffres contre chiffres, rapports contre rapports et une pincée d'enrobage social pour faire avaler la pillule.

Pour Hirsch il faut accompagner la recherche d'emploi. On pourrait dire, ouais on est d'accord.

L'accompagnement à l'emploi, mais quel emploi et quel accompagnement ???

Une majorité des personnes n'a même pas de formation, pas le plus petit diplôme, certains sont illetrés, d'autres vivent dans la misère depuis si longtemps que leur santé est déglinguée. Combien sont sans logement ?. Hirsch n'évoque même pas la coupure des budgets pour les cours de FLE (Français Langues Étrangères).

Ce serait l'occasion de poser la question des budgets réduits de la formation et de la diminution des Travailleurs sociaux pour accompagner, sans oublier leur noyade dans les papiers à remplir pour fabriquer du chiffre. Ce serait l'occasion d'élargir la vision de tous ces pompeux sur notre réalité, d'avoir une vision globale, d'approcher la vérité.

Mais hirsch qui a bossé pour ce gouvernement de droite dure, n'aura de cesse de "vendre" son bébé, sans jamais aborder le problème des précarités en profondeur.

Il a complètement accepté l'idée de l'emploi "obligatoire" même si c'est noyé dans des chiffres, des rapports, ... Il a beau dire que la fraude chère à Sarkozy ne représente rien, il nourrit la bête de la suspiscion.

Il dit qu'il faut contrôler chaque trimestre, oui il veut CONTRÔLER la situation des personnes, pour étudier leur évolution... Les travailleurs sociaux y verront-ils une évolution dans leur job ; 5 ans d'étude pour contrôler...

Tous droite comme gauche sont d'accord sur cette idée de l'emploi obligatoire, à ne pas refuser ; c'est scandaleux. Et ça conforte dans l'idée que les gens seraient heureux de survivre dans une misère noire.

Qui contrôle les conseils généraux, les pôle-emploi, les patrons, le cac40, et quel contrôle est réalisé sur l'évolution des ENTREPRISES d'insertion?.

Hirsch ne parle jamais de QUALITÉ, trop occupé à ses chiffres et à ses conférences. Qualité de l'accompagnement, qualité des formations par les entreprises qui décrochent les marchés, qualité des intervenants et Hirsch, le soit disant expert-spécialiste, ne parle surtout pas du TEMPS nécessaire à chaque personne "accompagnée".

C'est toute la chaîne formation/insertion/emploi qui est pourrie, car la misère est un gros marché ...

Être au RSA c'est être nié, manipulé, comptabilisé, quotarisé, stigmatisé.

Être au RSA n'est pas la garantie d'avoir le temps de se reconstruire, de trouver un emploi et surtout pas un emploi qui plaît.

Être au RSA n'est pas la garantie de trouver une formation qui convient, ni même d'y avoir accès.

Être au RSA c'est être coincé dans la précarité.

Hirsch est présenté comme un expert de l'insertion professionnelle, mais il n'est qu'un technocrate. Les experts sont sur le terrain pas dans les bureaux. Où est la place de l'humain dans tout ce blabla ?

18.02.2012

Le 115 du particulier ; une action à soutenir

Depuis sa création le 3 février dernier, né de la rencontre et d'un échange sur facebook entre deux hommes qui connaissent la rue, le 115 du particulier a enregistré à ce jour 6662 amis.

Contact tout renseignement : 06 67 12 61 81
Contact mail : 115duparticulier@gmail.com
Site internet : http://115duparticulier.fr/

Le 115 du Particulier propose à chaque citoyen d'agir selon ses moyens, ses souhaits, son emploi du temps, tout simplement.

Il nous arrive d'avoir un pincement au coeur en voyant toutes ces personnes abandonnées à la rue, d'être abasourdi en lisant le décès d'un homme, d'apprendre que des enfants innocents subissent le froid, la faim, là, à côté de nous, ... Et nous sommes là, impuissants à nous demander que faire ?!

Le 115 du Particulier permet à chacun d'entre nous de donner; un café chaud, une soupe, un coup de mains pour remplir des dossiers, un accès à internet, un covoiturage, des vêtements, une tente, une douche, du linge lavé, mais aussi un toit pour quelques jours ou plus.

L'objectif est de réagir, d'agir rapidement, d'être réactif.

Cette action place le gouvernement devant son choix d'abandon et devant la défaillance (l'inertie), les défaillances de tout le système de prise en charge. Elle démontre que les gens ne sont pas eux, insensibles mais ils ont besoin d'une sorte de cadre, de porteurs, d'un élan pour que leur solidarité s'exprime.

Elle met en avant l'humain dans une société très violente pour les plus démunis et qui chaque jour frappe une personne, une famille.

Sans aucune prétention autre que de tendre la main, de se mettre en action, le 115 du Particulier est une action de résistance, non violente, qui tisse le lien du sensible.

C'est encore balbutiant, ça se cherche, ça fait peur comme toute nouveauté.
Il est de notre devoir de soutenir et de se lancer dans l'aventure humaine avec nos moyens
et c'est d'ailleurs ce que les gens entendent ; ils aident selon leur moyen, sans prétention, avec leurs limites et là, est sous entendu, un relai à prendre par ceux qui se désignent comme professionnels ...

Si vous pouvez donner, donnez ; si vous pouvez partager, partager ; si vous pouvez accueillir, accueillez. Si vous ne pouvez pas faire cela, vous pouvez faire connaître cette action, tant auprès de vos relations qu'auprès de personnes qui ont besoin d'aide. Vous pouvez aussi demander à afficher ce flyer chez vos commerçants, dans des lieux publics : 115-flyers.pdf

Une antenne solidaire Alsace est créée, elle sert de relais régional à l'action du 115 du Particulier : https://www.facebook.com/groups/310480065666656/

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MORATOIRE
Le 115 du Particulier est un groupe d'aides aux SDF.
Il recueille LES INTENTIONS de dons matériels comme : HEBERGEMENTS, couverture, vêtements, douche, nourriture... Il suffit de s'enregistrer sur le site http://115duparticulier.fr/.

Créant ainsi une plateforme où, en concertation avec toutes "les bonnes volontés", il propose, relais, coordonne et dispatche les dons vers leurs destinataires, soit, les SDF.

PAS D'ARGENT !
Que du concret !
Ainsi pas de doute sur la destination des dons !

ET TOUT DE PARTICULIERS A PARTICULIERS...

Le 115 du Particulier n'a pas la prétention de se substituer aux travailleurs sociaux, ni même aux associations, mais de proposer et de réfléchir à « un coup de main » supplémentaire.
Devant les inégalités sociales et les carences qui en découlent,  il y a beaucoup à faire sans que l'on se prenne la tête  pour chercher à savoir qui fait mieux que l'autre...
Si il y a une guerre à faire, c'est celle de faire reculer la misère, pas entre nous.
Et puis si quelqu'un détenait la solution miracle et universelle :
D'une cela se saurait !
Et de deux : Nous ne serions pas là à y réfléchir !

Le115 du Particulier n'est donc pas un exutoire et il y a certainement d'autre endroits pour vomir !
Aussi pour conserver un minimum d’efficacité et de convivialité, le 115 du Particulier veillera à ce que les échanges restent respectueux, sereins et apolitiques.
Car la misère N'A PAS d'étiquette quand elle frappe !

Toute volonté tendant à se démarquer de cet esprit sera banni !
Tout en sachant que ce ne sont pas les mots qui suscitent le plus souvent les actes, mais bien l'inverse !

30.01.2012

Loi Camping : le député Léonard renonce

Le député J.Louis Léonard, s'engage à retirer l'article régressif sur les camping et à soutenir la levée à titre “transitoire” de l'interdiction de résider dans un camping

A l'issue d'une manifestation ayant réuni samedi après midi 300 personnes à Chatelaillon Plage (Charente maritime) contre l'interdiction de résider dans un camping plus de trois mois, le député maire Mr Jean Louis Léonard a reçu une nouvelle fois une délégation de DAL fédération, DAL 17, HALEM, soutenus par Mgr Gaillot et le LDH.

Il s'est engagé à retirer l'article du projet de loi qui menace les habitants de camping à l'année, et à autoriser à titre transitoire la domiciliation dans un camping. Il s'agit d'entériner une situation de fait qui concerne environ 70 000 personnes, et traduit l'aggravation de la crise du logement, provoquée par la cherté des loyers et de l'immobilier, ainsi que le climat spéculatif. Les habitants de camping qui y ont établi leur résidence faute de mieux, fréquement après un accident de la vie, sont trop souvent privés des droits civiques et sociaux élémentaires rattachés à la notion de domicile, ou ont des difficultés pour y accéder (Droit de vote, scolarisation, accès aux prestations sociales, ...)

Cette annonce du député maire, auteur de la Loi a été faite en présence de journalistes locaux  et par un communiqué publié sur le site du député. Elle lève l’opposition du DAL et HALEM à la poursuite de l’examen de ce projet de loi. L’AG des habitants de camping des environs de Toulouse , qui s’est tenue  samedi partage cette oritentation.

Nous restons vigilants  après cette première avancée : Nous poursuivons la lutte et militons pour encourager les habitants de camping et d’habitats précaires à se faire entendre, oubliés de la campagne électorale comme tant d’autres sans-droit. Nous demandons qu'un statut plus protecteur soit élaboré pour les habitants de camping, et d’habitations précaires ou de fortune, créant un droit au maintien dans les lieux et un droit au relogement, notamment dans le cadre d’améliorations indispensables de la procédure DALO.

DAL 17 Mehdi  06 58 56 54 16

HALEM Paulot : 06 18 94 75 16

DAL fédération : 06 09 59 19 74

10.07.2011

La guerre aux pauvres s’intensifie : nous ne crèverons pas de la rue !

Une marche de 300 personnes à l’appel des salariés du SAMUsocial de Paris, soutenue par de nombreuses associations, avec la participation d’Albert Jacquard et Mgr Jacques Gaillot, Présidents d’honneur du DAL et de nombreuses familles sans logis ou à l’hôtel s’est déroulée cet après midi. Le mouvement va continuer sans doute dans les prochaines jours

La guerre aux pauvres s’intensifie : nous ne crèverons pas de la rue !


L’Etat vient de décider de réduire les hébergements hôteliers pour plusieurs milliers de sans logis, familles avec enfants, femmes, malades, handicapés, jeunes, personnes âgées, migrantEs, avec ou sans papiers, françaisE, chômeurs, salariés pauvres, personnes expulsées de leur logement, tous et toutes, à commencer par les plus vulnérables sont frappés par cette décision  qui fera économiser quelques dizaines de millions d’Euros à l’Etat.

Laisser une personne dans la rue c’est le condamner à mort :
Ainsi, vivre dans la rue, face au stress, la violence, la dureté des conditions de vie ou du climat, l’abaissement moral, l’addiction à l’alcool, c’est  vivre deux fois moins longtemps que les humains logés. L’âge moyen de décès d’unE sans abris est de 45 ans, alors que les hommes vivent jusqu’à 84 ans en moyenne en France et les femmes 90 ans.

L’État hors la loi :
Une circulaire du préfet vient expliquer au SAMU social qu’ils ne doivent plus porter assistance à la plupart des sans logis, y compris les plus vulnérable. Or cette décision est illégale, et contredit le Code de l’action sociale. C’est la raison pour laquelle nous avons saisi le conseil d’Etat et que nous demandons le retrait de cette circulaire et la mise en œuvre de l’obligation d’accueil inconditionnel qui pèse sur l’État.

Sur fond de campagne électorale, la guerre aux pauvres s’intensifie :
Sur fond de conflit de compétences sur l’hébergement , qui incombe d’abord à l’État mais aussi, en ce qui concerne les familles avec enfants, aux Conseils généraux (au titre de l’Aide Sociale à l’Enfance), cette décision justifiée par des économies de « bouts de chandelle », est sans commune mesure avec les conséquences dramatiques sur des humains vulnérables, frappés par la crise et les mauvaises politiques du logement , a peut être d’autres objectifs : stigmatiser et criminaliser les plus précaires, encourager les raisonnements xénophobes, à des fin électorales.

Résistons tous ensemble, …
La grève des salariés du SAMU social,  en solidarité avec les « sans » est un acte créateur. Des sans logis, des hébergés dans les hôtels, des mal-logés, des DALOs laissés pour compte sont solidaires et participeront à cette marche et aux initiatives  à venir.
Des associations et des organisations soutiennent le mouvement.
Même si c’est l’été, il y a encore de la force et de l’énergie pour lutter et résister à la guerre aux pauvres engagée par le Gouvernement, les riches, les banques et les spéculateurs qui le soutiennent. Tous ensemble nous avons gagné contre l’article 32 ter A, qui autorisait les Préfets à expulser, en 48h et sans jugement, les occupants d’habitats non conformes au code de l’urbanisme, et de les détruire. Sans abri, camps de mal logés en lutte, Roms, Voyageurs, habitants de quartiers auto construits dans les DOM TOM ou habitant de yourtes ou tipis étaient menacés. Le Conseil constitutionnel l’a censuré. C’est une victoire qui a de nombreuses conséquences.


… Pour que l’État applique et respecte les lois:
- Retrait immédiat de la circulaire SAMU social
- Rétablissement des crédits suffisants pour héberger toute personne à la rue, dans des logements plutôt que des hôtels de marchands de sommeil
- Application et respect de la loi DALO et de la Loi de réquisition
- Arrêt des expulsions sans relogement
- Baisse immédiat des loyers, des charges et sanction contre les spéculateurs

Un toit c’est un droit !


DAL est un syndicat des mal logés et des sans logis, qui lutte depuis 20 ans pour que le logement devienne un droit concret et appliqué.
Des dizaines de milliers de familles et de ménages ont été relogés grâce aux action de l’association : campement, manifestations, occupation, réquisitions …de nombreuses personnalités ont apporté leur soutien à ce combat vital. Des avancées ont été obtenues, mais la cupidité des milieux de l’immobilier et du logement soutenus par les politiques publiques freine considérablement la réalisation de cet objectif.


CONTACT : Droitaulogement.org – 01 40 27 92 98 – 01 42 78 28 00 – 24 rue de la Banque Paris 2e

03.04.2011

la France est un des pays les plus riches

Contrairement à ce qu'on nous raconte, nous rabâche, tant à droite qu'à gauche, la France est un pays très riche qui héberge de nombreux milliardaires.

La richesse mondiale totale serait de 194 000 milliards de dollars en 2010, selon le rapport Global Wealth Databook (en anglais) du Crédit Suisse. Elle est répartie entre 4,4 milliards d’adultes, soit une moyenne de 43 800 dollars par individu.

Le dixième le plus riche de la population mondiale détient 83 % de la richesse. L’Amérique du Nord et l’Europe possèdent plus de 60 % de cette richesse. La France est l’un des pays qui compte le plus de millionnaires.

A l’opposé, la moitié des individus les plus pauvres ne détient que 1 % du patrimoine. Cela veut dire qu’un grand nombre d’habitants de la planète ne possèdent quasiment rien...

Lire la suite sur l'Observatoire des inégalités.

le soufflé est retombé

Elles sont déjà bien derrière nous les cantonales, chacun a reprit le cours de sa vie. Les partis se déchirent pour 2012 ; tout va bien.

Des taux d'abstention de plus en plus élevés, le Fn au 2e tour dans beaucoup de cantons, les jeunes qui ne votent pas... Et rien?!

La vie de millions de personnes en France consiste à s'accrocher à ce qu'ils ont encore : boulot, appartement, bagnole, ... Une vie de factures à payer, d'augmentations de tout à encaisser.

Le grand gagnant de ces élections est le repli sur soi-même et sa copine la peur.


 

07:05 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cantonales, élections, fn, précarité | | |  Facebook

27.02.2011

Pour les cantonales à l'UMP faut afficher sa solidarité, un peu, pas trop

A moins d'être aveugle, sourd, personne ne peut ignorer les précarités galopantes. Du coup, pas un programme sans que le mot "solidarité" soit imprimé... J'avoue que sur les tracts UMP-FN c'est devenu choquant ; la ficelle est trop grosse et le contexte si difficile que ça me donne envie de gerber.

Les gens dans la précarité de logement, d'emploi, de santé, de revenus, devraient être soutenus par la solidarité nationale., car c'est l'un des premiers devoirs de l'état.

Ça fait des décennies que ce "devoir" n'est pas observé, que des secteurs entiers sont sinistrés, comme celui de l'hébergement des  personnes sans-abri. Avec Sarkozy la solidarité a été réduite à sa portion congrue et il faudrait être aveugle et sourd pour ne pas comprendre que le pire est à venir.

Ces élus UMP d'Alsace représentent tous cette politique violente, ils ont votés toutes ces lois, tous ces décrets qui jettent les gens à la rue, détruisent les emplois, réduisent nos droits à la santé, à la liberté, tous ont accepté sans sourciller le pillage des caisses... Leur imagination perverse ne connaît aucune limite. Ces gens sont dangereux.

Ils n'hésitent pas pour se conforter dans ces attitudes criminelles à nous jetter en pature à la vindicte populaire. Présentés comme des débiles, des malades mentaux, des alcooliques, des toxicos, des homos, des feignants, des bons à rien... Tout y passe pour faire de nous des parias de cette société.

Aujourd'hui ces monstres assoiffés de pouvoir et d'argent en sont réduits à faire les poches de cette immense "classe moyenne"... Il va être beaucoup plus difficile de leur coller un masque de paria... Le combat arrive les Umpétistes, c'est votre avidité qui le nourrit.

C'est le 4e remaniement en un an, des conflits d’intérêts permanents en sont les raisons les plus courantes.

08:18 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cantonales, 2012, sarkozy, précarité, logement, chômage, santé | | |  Facebook

15.01.2011

L'UMP et le Panier du pauvre

je découvre avec stupeur la nouvelle idée de Frédéric Lefebvre UMP "le panier du pauvre". Personne pour réagir à cela? Personne pour y voir un désaveu, un aveu d'échec?

"je souhaite obtenir des distributeurs la mise en place d'un panier de première nécessité, avec une viande, un poisson, un fruit, un légume, un laitage, pour que les consommateurs les plus modestes puissent manger équilibré et à un coût raisonnable".

‎3 millions de paniers au minimum ! à quelle cadence? un pauvre est-ce que ça doit manger "équilibré à un cout raisonnable" tous les jours, une fois par semaine? Et les distributeurs qui sont-ils, que disent-ils?

et tous ceux qui tentent de survivre à la rue comment feront-ils ?

ce panier est une insulte de plus, l'acceptation d'une régression sociale supplémentaire ; le travailleur pauvre et son panier utopique...

Réveillez-vous, exprimez-vous... (MM)

13.11.2009

Solidarité. 50 ans au secours des autres

julien laaupretre.jpg

À 83 ans, JulienLauprêtre, qui dirige le Secours populaire depuis plus d'un demi-siècle, reste un gavroche révolté et la dernière grande figure de la solidarité en France depuis la disparition de l'abbé Pierre.

Fils unique d'un cheminot communiste et syndicaliste, le président du Secours populaire, Julien Lauprêtre, né le 26janvier 1926 à Paris, raconte que «l'injustice» a été le «moteur» de son engagement. À 10 ans, JulienLauprêtre part pour la première fois en colonie de vacances à l'Ile de Ré (Charente-Maritime) où il fait la connaissance de sa future femme, Jeannette, mais aussi d'enfants ayant fui l'Allemagne hitlérienne ou l'Espagne de Franco. «Plus tard, je me suis souvenu de ces gosses-là, notamment quand j'ai créé les journées des oubliés des vacances», explique-t-il, avant le32econgrès du Secours populaire français qui s'ouvre aujourd'hui à Nantes.

suite sur : http://www.letelegramme.com

09:09 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sdf, sans-abri, secours populaire, pauvretés, précarité, france | | |  Facebook

03.11.2009

Hébergement / Logement : Strasbourg ne respecte pas la loi

Il y à encore 2 ans toutes les structures disaient le 115 est saturé, aujourd'hui la réalité est que le 115 ne répond plus. Pas une région de France, pas un Département et pas une seule grande ville qui ait la volonté politique d'enrayer un désastre humain qui s'aggrave.

Strasbourg, ville très ambitieuse sur le plan européen, qui se voit projetter en 2014, 2020, est l'une des pires. Strasbourg à une longue tradition de rejet des plus démunis, tradition qui empire depuis 2 ans : caméras de vidéo surveillance qui permettent de contrôler plusieurs fois par jour les sans-abri, bancs anti clochard empêchant de s'allonger, fermetures d'hébergement, subventions réduites ...

De plus en plus de squats sont ouverts par des familles, des travailleurs précaires, des chômeurs pour qui Strasbourg ne propose rien. Les loyers restent hauts, les charges flambent, les bailleurs sociaux sélectionnent les locataires, préférant ceux qui ont encore un emploi.

Pour ceux qui ont tout perdu : expulsions et tribunaux. Strasbourg ne veut pas de pauvres.

La Préfecture parle d'environ 400 places ouvertes pour quelques mois. Mais d'ores et déjà nous affirmons que ce déploiement est largement insuffisant.

Nous savons que tous les soirs 160 appels au 115 [numéro de la veille sociale] ne débouchent sur aucune proposition faute de places et que plus de 40% des appels restent sans réponse pour cause d'encombrement du standard.

Beaucoup ont carrément renoncé à appeler. Des objectifs d'économies, visent à diminuer le nombre de chambres d'hôtel réduisant d'autant la portée de ce dispositif ...

La loi Boutin du 25 mars stipule que toute personne doit avoir accès à un hébergement d'urgence Les chiffres du 115 montrent bien qu'elle n'est pas appliquée dans le Bas-Rhin.

05:19 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : strasbourg, précarité, hlm, logement social | | |  Facebook

13.10.2009

Le RSA, une vision libérale qui tend à moraliser et à culpabiliser le pauvre comme étant responsable de son propre sort.

Portail pour l'accès aux droits - Monique Burnichon

Jusqu’aux années 1970, le capitalisme industriel a conduit à des formes de régulation entre les intérêts du marché, la compétitivité et un certain type de protection et de sécurité pour les travailleurs. Ce qui a produit le droit du travail et la protection sociale. Syndicats et conventions collectives viennent de cette époque. En 1973, 400 000 chômeurs.
Après 1970, le statut de l’emploi commence à se dégrader, des formes de travail en dessous de l’emploi apparaissent, on revit au jour le jour : lentement le « précariat » s’installe.
La question de la pauvreté prend une place importante dans le débat social et politique français depuis les années 1980…en même temps que le thème de l’insécurité. Le risque de précarité augmentant il conduit au sentiment d’insécurité…Aujourd’hui ce sentiment est utilisé et instrumentalisé dans des domaines inhérents à toute la vie humaine et sociale.

1988 LE RMI

Le RMI (revenu minimum d’insertion) se met en place en 1988 et se propose d’apporter des réponses là où l’assurance et l’assistance se sont révélées impuissantes à prendre en compte des situations inédites de précarité.
L’idée partagée était que la société avait une dette à l’égard des plus défavorisés. Nous constations que le système n’avait pas mis en place une protection sociale pour tous et qu’il fallait inventer quelque chose de l’ordre de la solidarité nationale. Il s’agissait de corriger des injustices flagrantes. La notion, qui revient souvent à l’époque dans le travail social est celui de citoyenneté. Une citoyenneté et le droit qui ne se centrent plus sur l’emploi mais sur la personne.
Les différents courants politiques et idéologiques marquent l’opposition à l’égard d’une prestation générale : elle porterait atteinte au libre fonctionnement du marché du travail. Pour autant, le RMI inscrit dans son article 1 un droit nouveau :
« Toute personne qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation de l’économe et de l’emploi, se trouve dans l’incapacité de travailler, a le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence. »
Les 3 premières lignes de cet article, qui inscrivaient un droit de la personne est abrogé en 2004 et n’existe plus dans le texte du RMA.
Le RMI était bien évidemment imparfait mais le I de l’Insertion était une vision beaucoup plus globale de la personne. Des contrats d’insertion portant sur un parcours santé ou sur la recherche d’un logement décent, voir seulement sur l’acceptation d’entretiens permettaient de travailler au rythme des personnes et surtout d’essayer de traiter les problèmes posés bien en amont d’un travail salarié. Je pense qu’il y avait fort peu de radiation pour non respect du contrat d’insertion : la radiation pouvait être utilisée pour vérifier la capacité à réagir de la personne, elle n’était pas une fin en soi
De plus, l’arrivée du RMI faisait espérer « qu’un droit à un revenu minimum d’existence » pourrait finir par émerger et qu’au lieu d’étiqueter chaque catégorie (les femmes seules, les pauvres qui travaillent, ceux qui ne travaillent pas, ceux qui chôment, ceux qui chôment depuis longtemps, les handicapés etc…), en les stigmatisant, on arriverait à un revenu universel, avec l’idée que l’utilité sociale n’a rien à voir avec le salariat.
L’évolution, ce que sont devenues les pratiques avec les Rmistes, a été toute autre.

LE RSA au 1er juin 2009

Avec le RSA, on revient à des explications qui avaient cours au XIXème siècle, avec une vision libérale qui tend à moraliser et à culpabiliser le pauvre comme étant responsable de son propre sort : les pauvres ne sont pas assez courageux, pas suffisamment responsables d’eux même, ne sont pas suffisamment mobilisés.
L’idée est que ce serait des profiteurs. Des reportages sont consacrés à cela, le soupçon s’immisce partout. Et ce sont souvent des gens pas très éloignés de cette pauvreté, les smicards ou un peu au dessus des smicards, agents CPAM , CAF , Impôts, ouvriers de base, œuvres caritatives, travailleurs sociaux même, qui vont porter un œil soupçonneux. Comme s’il fallait exorciser la peur de ce que l’on pourrait devenir si on lâchait ce travail ou si ce travail nous lâchait. Ou comme s’il fallait exercer le petit pouvoir qu’il nous reste sur plus défavorisé socialement que soi. On va même blâmer ceux qui essaient d’avoir un colis alimentaire deux fois ou blâmer celui qui essaie de se faire soigner sans droit ouvert.
On crée des strates, on crée une catégorie un peu plus haute dans la hiérarchie sociale, un peu plus digne que le RMI , ceux qui vont faire l’effort de travailler. Hirsch dit : « J’insiste sur le fait que seules les personnes qui travailleront bénéficieront d’un surcroît de prestations par rapport à la situation actuelle. Avec le RSA, nous ne mettrons pas un centime dans l’inactivité et nous augmenterons sensiblement le pouvoir d’achat des travailleurs pauvres. »
Le RMI n’est pas augmenté certes, il a même diminué : il représentait 49% du SMIC à sa création, il n’en représente plus que 44.3%.
Là où le RMI amenait la notion de citoyenneté lié à un droit de la personne (au moins dans son principe de création), on repart sur un droit attaché au travail salarié, et qui plus est à un travail difficile, avec des rémunérations peu attrayantes, un travail précarisé avec un droit du travail appauvri et une possibilité de devenir acteur de son sort pratiquement nulle.
Là où le travail social trouvait une place (dans le dispositif RMI) avec l’approche globale spécifique au travail social et son exigence de respect de la dignité et de l’autonomie de la personne, l’obligation de résultat (mise à l’emploi) inscrite dans le RSA ne peut que le faire disparaître au risque d’une instrumentalisation au service de l’économique.
La plupart des allocataires du RSA vont être tenus de s’inscrire au Pôle emploi, de signer le fameux projet personnalisé d’accès à l’emploi (PPAE) qui oblige à accepter les « offres raisonnables d’emploi ». Le « raisonnable » du Pôle emploi a-t-il une chance de s’articuler avec « l’autonomie » et « la dignité » chers au travail social ?
C’est le même mécanisme qui se met en place dans la réforme de l’AAH (Allocation Adulte Handicapé) : créer un parcours du combattant pour que la personne handicapée accède à l’emploi. Là aussi, il pourrait y avoir des profiteurs, sans doute ? Ne conviendrait-il pas plutôt de reconnaître aux personnes une utilité sociale, qu’elles soient handicapées ou non ?
Que restera-t-il du travail social qui s’était inscrit dans le dispositif RMI, quand les moyens mis sur le RSA (travailleurs) ne le seront plus au profit de la population la plus défavorisée ? Actuellement, 20 ans après le RMI, 50% de ses bénéficiaires ne bénéficient toujours pas d’un contrat d’insertion.

La logique mise en oeuvre est celle de l’incitation au travail. Comme le disent les textes : la création du RSA vise à mobiliser des crédits de la solidarité nationale aujourd’hui consacrés au financement de minima sociaux au profit d’un dispositif favorisant le travail et l’activité dans des conditions telles que celle-ci soit réellement créatrice de pouvoir d’achat. Une pression pour contraindre à accepter n’importe quel emploi, même dans les pires conditions.

CONSEQUENCE DU RSA SUR LE MONDE SALARIE

L’incidence du RSA peut renforcer la difficulté à améliorer les conditions de travail des emplois précaires, pénibles et dangereux, en incitant les entreprises à ne pas les améliorer.
En effet la pérennité du RSA conduit à se demander comment les entreprises l’intégreront dans leurs stratégies de gestion, tant du point de vue des formes de l’emploi offertes que de la politique salariale.
Par exemple on peut se demander si les négociations engagées dans la grande distribution pour enrayer le recours au temps partiel se dérouleraient dans des conditions analogues.
La pérennité du RSA amène à penser l’institutionnalisation d’un statut de travailleur pauvre.
Le temps partiel subi constitue une part de la pauvreté actuelle, notamment pour les femmes. Ce dispositif pourrait produire « un effet d’aubaine » pour certains employeurs, une trappe à bas salaires.

Pour en savoir plus sur le fonctionnement du RSA, voir l’article " LE RSA : qu’est ce que c’est ?".

Monique Burnichon

Ecouter l’émission de Radio dio au sujet du RSA avec des travailleurs sociaux sur le site du Numéro Zéro

Lire aussi la réaction de Pierre Saglio, président du Mouvement ATD Quart Monde : "Le RSA traduit une méfiance envers les pauvres"

10.09.2009

Taxe carbone : ça en fait carburer quelques uns

Et oui, la soit-disant polémique n'est pas encore retombée, que "nos" verts sont prêts à l'encaisser cette taxe, pour la construction de pistes à vélo ! Et on sollicitera les patrons pour un éventuel "défraiement" aux salariés cyclistes ... À vot'bon coeur les boss ...

Et quel enthousiasme chez nos strasbourgeois, qui puent-lullent d'idées. Heureusement qu'ils les partagent avec la presse, sinon on raterait ces cogitations ...

Haaaaaaa renifler l'odeur de la rose dans le pré vert après avoir pédalé 4 heures pour se rendre à l'usine ; que c'est beau, que c'est bucolique, ... Les jeux sont faits à l'évidence, mais cette assurance, cette suffisance affichée ouvertement par certains nous agacent ...

Et ils disent quoi sur l'autre taxe ? La taxe sur les antennes ?

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05.09.2009

Roubaix, LOGEMENT INSALUBRE : Un dossier qui avance à pas d'escargot

Maison digne de ce nom ?

Un dossier qui avance à pas d'escargot. Roger Demortier doit déménager provisoirement pendant les travaux de la maison qu'il loue mais réclame quelques garanties.

AURÉLIE JOBARD > aurelie.jobard@nordeclair.fr

L'affaire pourrait passer sans souci chez Julien Courbet. Tellement complexe. Tellement pleine de rebondissements. Et des rebondissements comme ceux-ci Roger Demortier, habitant rue Verte, auraie pu s'en passer. D'autant que sa femme est depuis quelques années malade. Alors cette histoire de maison insalubre ça commence sérieusement à l'agacer. Pour faire bref (nous avons déjà à plusieurs reprises évoqué son cas) voici sa situation : M. Demortier habite dans un logement qui a été déclaré inhabitable par la DDASS et la mairie.

Après cette déclaration officielle, Roger Demortier a demandé à ce que les travaux débutent au plus vite. L'affaire est passée au tribunal.

Il a gagné. Mais dans les faits rien ne se déroule comme prévu. Avant que les propriétaires, M. et Mme Comelli, daignent faire les travaux il aura fallu du temps. « Ça fait trois ans que ça dure cette histoire. Ma femme, fragile, enchaîne les bronchites à cause de l'humidité », déplore-t-il. Cette fois, les propriétaires se sont réveillés et sont bien décidés à engager la réhabilitation de la maison.
Les cartons de Roger Demortier sont prêts mais lui ne veut pas les bouger tant que « je n'aurai pas de lettre officielle attestant qu'ils me relogent provisoirement par exemple ». Si Roger Demortier prend ces précautions c'est dit-il « parce que je connais bien leur intention : m'expulser ». Dans sa dernière lettre adressée aux propriétaires, le locataire écrit : « dans votre courrier vous ne faites aucune allusion aux conditions de notre déménagement, à savoir la prise en charge à vos frais du déménagement proprement dit ainsi que de la location d'un garde-meubles pour entreposer l'excédent de nos biens et meubles ».
Les propriétaires ont bien proposé à la famille Demortier de déménager juste à côté, dans la maison mitoyenne.
Mais ce dernier souhaiterait la visiter, « c'est la moindre des choses. Surtout lorsque vous voyez l'extérieur. Regardez ce rat en décomposition ! » Roger Demortier espère que les services de la Ville de Croix lui ouvriront les portes d'un logement provisoire « car, habiter ici entre le bruit et la poussière des travaux, je ne pense pas que cela va aider mon épouse à guérir ».
Nous avons bien essayé d'appeler les propriétaires mais impossible d'obtenir la moindre explication : « Je n'ai rien à formuler. Au revoir ».

08.05.2009

La France compte plus de travailleurs pauvres que de retraités pauvres

Dans la seconde édition (2009) de son ouvrage sur "Les revenus et le patrimoine des ménages", l'Insee publie notamment les résultats d'une étude consacrée aux "Inégalités de niveau de vie et mesures de la pauvreté en 2006". Certes, l'année considérée se situe au début de la brève période d'embellie de l'emploi et avant la crise mondiale de l'automne 2008. Mais elle apporte néanmoins plusieurs éléments intéressants, notamment à quelques jours de la mise en place du revenu de solidarité active (RSA).
Elle montre ainsi que la pauvreté monétaire relative (proportion des individus ayant un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté) était en 2006 de 13,2% de la population, soit 7,86 millions des personnes. Cette année-là, le revenu médian - qui partage la population en deux parties égales - était de 17.600 euros, soit 1.470 euros mensuels. Le seuil de pauvreté, égal à 60% du revenu médian selon la norme européenne, était donc d'environ 880 euros par mois pour une personne seule et de 1.320 euros pour un couple sans enfant. Le taux de pauvreté de 2006 paraît nettement supérieur à celui des années 2002-2005, qui se situait autour de 12%, mais il s'agit là essentiellement d'un effet statistique. L'année 2005 a vu en effet la mise en place d'une nouvelle méthode de calcul, prenant en compte les transferts sociaux réels et assurant une meilleure couverture des revenus du patrimoine. Le taux de pauvreté de 2005 recalculé sur cette base est ainsi de 13,1% (au lieu de 12,1%), très proche de celui de 2006 (13,2%).
L'étude de l'Insee montre également l'évolution du niveau de vie moyen en fonction de l'âge. Faible chez les moins de 40 ans, celui-ci culmine dans les tranches de 50 à 64 ans, avant de diminuer chez les plus de 65 ans, mais à un niveau qui reste supérieur à celui des tranches d'âge avant 49 ans. Cette courbe explique un autre phénomène mis en valeur par l'étude : le fait que la France compte proportionnellement davantage de travailleurs pauvres que de retraités pauvres. Les premiers représentent en effet 9,8% de la population des travailleurs, alors que les seconds ne constituent que 9,6% de celle des retraités. Un résultat qui n'est pas sans intérêt à l'approche de la mise en place du RSA "chapeau", qui vise directement les "travailleurs modestes". L'emploi reste néanmoins une protection efficace contre la pauvreté monétaire relative : 15% des inactifs ont un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté et le risque d'être pauvre est 4,8 fois moins élevé pour les actifs en emploi que pour les chômeurs. Autre confirmation : les familles monoparentales sont tout particulièrement exposées à la pauvreté. Près du tiers (30,3%) des personnes vivant au sein d'une famille monoparentale sont ainsi confrontées à la pauvreté, soit une proportion 2,3 fois supérieure à celle constatée dans l'ensemble de la population.
Malgré la persistance de la pauvreté, la France reste néanmoins une société moins inégalitaire que d'autres pays développés, en particulier grâce aux effets de la redistribution. Le niveau de vie des 10% de personnes les plus aisées est ainsi 3,4 fois supérieur à celui des 10% de personnes les plus modestes, incluant celles en situation de pauvreté. Et le niveau de vie médian en euros constants n'a pas cessé d'augmenter - avec des intensités variables - entre 1970 et 2006.

LOCALTIS INFO - Jean-Noël Escudié / PCA

08:00 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rmi, rsa, emplois, retraite, pauvretÉ, prÉcaritÉ, france | | |  Facebook

02.03.2009

Et oui, les vieux pauvres, cela existe ! chronique de Serge Guérin

Le dernier rapport sur le mal logement de la Fondation Abée Pierre met opportunément l’accent sur la condition de pauvre d’une partie des plus âgés.

Les experts de la Fondation reprennent le chiffre fatal que nous sommes nombreux à mettre régulièrement en avant lorsque les spécialistes du discours en faveur d’une guerre des générations attaquent sur les « privilèges » de la génération des seniors.

Il y a en effet 600 000 personnes âgées de plus de 60 ans qui vivent sous le seuil de pauvreté, qui vivent avec moins de 650 euros par mois. A cette population, il faudrait ajouter une large partie de ceux qui disposent de revenus liés à une retraite réduite du fait d’un parcours professionnel ayant généré des revenus modestes.

Rappelons aussi que le mal logement n’est pas seulement l’apanage de personnes âgés non propriétaires. Beaucoup de vieux n’ont plus les moyens de s’occuper seuls ou de financer les différents travaux nécessaires à la rénovation et au maintien en bon état de leur domicile.

Rappelons que le discours opposant les générations repose pour une large part sur la volonté de poser que tous les seniors sont des privilégiés et qu’à l’inverse, les jeunes ne sont que victimes. On voudrait que la lutte des âges ait remplacé la lutte de classe. Pourtant, les choses sont plus complexes et les inégalités sont plus importantes au sein de chaque génération qu’entre les générations. Autrement dit pour devenir un vieux riche, il faut le plus souvent commencer par être un jeune riche.

Inutile de vouloir opposer jeunes et seniors sur ce plan. Au sein de ce que l’on peut nommer la population des jeunes, certains sont largement diplômés et insérés dans la société. Une étude récente (USG Start People/Ifop) montre d’ailleurs que si 66% des jeunes étaient en contrat précaire dans leur premier poste, plus des deux tiers des jeunes actifs sont actuellement en CDI.

Cependant, n’oublions pas que 150.000 jeunes sortent chaque année du monde scolaire sans réelle qualification. Ces derniers démarrent dans la vie sur un échec et sans grande perspective. Quelle désespérance. De l’autre côté de la rive générationnelle, plusieurs millions de retraités vivent chichement. Des femmes seules, en particulier, dont les carrières professionnelles ont été interrompues et dont les ressources sont faibles et fragiles.

Serge Guérin
Professeur à l’ESG perspectivesenior.com
Vient de publier La société des seniors!, Editions Michalon

Pour aller plus loin, lire aussi :
600.000 seniors sous le seuil de pauvreté et de nombreux mal-logés...
Minimum vieillesse et allocation veuvage : moins d’allocataires en 2007

06:57 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : retraités, seniors, mal logement, pauvreté, précarité | | |  Facebook

28.11.2008

LE COLLECTIF SDF ALSACE EST À LYON

Héééééééé oui, pendant que vous lisez ce blog... nous roulons vers lyon, c'est magique. À dimanche

Rencontre pauvreté et précarité

Le 29 novembre 2008, la Région Rhône-Alpes organise, en collaboration avec la Mission Régionale d'Information sur l'Exclusion (MRIE), la Rencontre régionale « Pauvreté, précarité : quelle démocratie participative pour quelles transformations ? » (à Charbonnières 69)

Rencontre pauvreté et précarité
Une Rencontre autour de la Précarité

Cette Rencontre, qui se situe dans le prolongement de la Rencontre mondiale démocratie participative et développement de 2007, vise à échanger des idées et confronter des pratiques pour tenter de trouver des pistes d'action aux questionnements suivants :

La problématique
Est-ce que la démocratie participative peut permettre d'agir contre la pauvreté et la précarité ?
Peut-elle contribuer à changer la vie quotidienne des personnes qui vivent ces situations ?
Peut-elle infléchir les politiques publiques et à quelles conditions ?
Comment impulser l'intervention des personnes en situation de pauvreté et de précarité dans les politiques publiques afin qu'elles puissent participer aux décisions ?
Comment transformer les liens entre les politiques et ces personnes, pour une meilleure compréhension réciproque ?

L'objectif
Il s'agit d'engager un débat entre citoyens, élus, partenaires sociaux, acteurs institutionnels, associations, autour des transformations nécessaires en termes de démocratie représentative et de fonctionnement des institutions, pour rendre possible un travail de coopération avec les personnes généralement éloignées des lieux de consultation, de concertation et de décision.

L'objectif est de dégager des propositions pour prendre en compte la participation des personnes en situation de précarité afin d'apporter des réponses pour faire reculer la pauvreté.

Un autre objectif : que les personnes en situation de précarité constituent la moitié des présents à cette Rencontre et que leur temps de parole soit plus important que celui des autres participants.

La préparation
La préparation de cet événement se fait en amont de manière participative avec des personnes en situation de précarité, des élus, des professionnels, des associations, et notamment avec les porteurs de projets qui ont répondu à l' appel à projets lancé par la Région au printemps sur la thématique de la Rencontre.

Le programme
Ce programme est donné à titre prévisionnel, dans la mesure où il est en train d'être construit avec les partenaires. 9h-17h : Conseil régional Rhône-Alpes

9h - Accueil et échanges informels
9h45 -Ouverture de la journée
10h30 - 12h30 : Ateliers thématiques : échanges entre citoyens, élus et acteurs socioprofessionnels à partir d'expériences participatives autour des thématiques de : l'emploi et les activités sociales ; les travailleurs pauvres, le pouvoir d'achat ; le logement et l'habitat ; le rôle du service public et son rapport aux usagers ; la lutte contre les discriminations et pour l'égalité entre les hommes et les femmes, etc.

Les ateliers :
Emploi / Activité / Chômage
Pouvoir d'achat
Logement : connaître ses droits pour intervenir
Habitat : place des habitants et rénovation urbaine
Hébergement ou dans la rue : quelle citoyenneté
Expression des citoyens : les "Sans voix" …avec 100 expériences
Expertise et force collective des citoyens, défense des droits
Compétences des citoyens et initiatives collectives
Rôle des services publics et droits des usagers
Lutte contre les discriminations et pour l'égalité hommes-femmes 12h30 - Déjeuner

14h30 - Restitution des ateliers
15h - Discussion de cette synthèse par petits groupes
15h30 - 16h45 - Forum/débat - Propositions et perspectives
16h45 - Conclusion par François Auguste, Vice-président délégué à la Démocratie Participative

Voir :
Le déroulé de la rencontre,  http://www.droits-sociaux.fr/article.php3?id_article=272

La liste actuelle des ateliers, http://www.droits-sociaux.fr/article.php3?id_article=273

06:19 Publié dans AGENDA | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pauvretÉ, prÉcaritÉ, sdf alsace, la fac, personne dehors | | |  Facebook

23.11.2008

Un homme sans-abri retrouvé mort dans le Bois de Vincennes

Un homme de 50 ans sans domicile fixe a été retrouvé mort samedi en début d'après-midi dans le Bois de Vincennes à Paris (XIIe). L'homme, âgé de 50 ans, vivait depuis plusieurs mois sous un abri qu'il s'était confectionné. Une enquête a été confiée au commissariat du XIIe afin de déterminer les circonstances du décès de cet homme qui était suivi par les services sociaux.

Le froid, qui est tombé dans la région parisienne en début de journée, pourrait être à l'origine de ce décès.

C'est la 2e personne qui meurt de froid ce mois ci au bois de vincennes, où vivent "plus de 200 personnes" pratiquement toutes sont "suivies" par les services sociaux. On annonce l'ouverture prochaine de 120 places, même pas assez pour ce groupe là...

08:33 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sans-abri, mort de la rue, services sociaux, précarité, france | | |  Facebook

21.11.2008

Reims : Une pétition pour virer les SDF

Six heures du mat', le journal L'Union de la Marne arrive sur ma réception, en "1", un article m'interpelle...

"Une pétition pour virer les SDF!"

Page 2...

Allons lire...

J'ai déjà ma petite idée sur ce que je vais y trouver : des gens qui veulent qu'on déplace "le problème" pour retrouver leur tranquilité...

Mais je ne demande qu'à être surprise, peut-être que les riverains aborderont le sujet d'une manière différente...

Ma lecture commence...

Une photo d'un square... lugubre... mais ça me semble normal, l'hiver rend tout triste.

J'apprends que plus personne ne veut mettre les pieds dans le square Saint André, malgré ses toboggans, ses jeux en bois et ses nombreux bancs...

La faute à qui?

Aux SDF, nous dit l'Union de la Marne... (là, je ne sais pas pourquoi une pensée me traverse l'esprit : il est loin le congrès du PS...).

Insultes, incivilités, gestes agressifs, bruit, chiens pas muselés, musique, bagarres, cris etc...

Les riverains, il est précisé que ce sont des personnes âgées, n'y vont pas de main morte, chacun y va de sa petite histoire...

Une femme dit qu'elle se fait raquetter, une autre que les marginaux envoyent les enfants chercher de l'alcool, d'autres parlent de lits installés dans le square...

Ils sont remontés...

Alors, et bien ils "pétissionnent" et ils ont déjà 230 signatures, ils sont contents, ça marche pas mal ça... la pétition.

Une autre pensée me traverse l'esprit : "C'est peut-être la première fois que ces riverains ont eu l'occasion de parler entre eux, ça pourrait presque être une belle histoire..."

Le journaliste est allé voir ces fameux SDF, ils étaient alcoolisés et lui ont dit "Dégage" (c'est pas bien ça) mais ils n'étaient pas virulents.

L'article se termine comme cela, aucun riverain n'a abordé le manque de places dans les centres d'hébergement ou, le manque de structures pour les accueillir...

C'est bien ce que je pensais en commençant ma lecture, les gens veulent qu'ils aillent ailleurs mais, n'ont pas évoqué le fait qu'ils dérangeront aussi d'autres personnes...

Bah non... du moment qu'ils sont pas en bas de chez eux...

Egoisme quand tu nous tiens...

Mais! Que vois-je un encadré grisé, peut-être une réflexion du journal ou du journaliste sur le sujet...? Non décidé

Ah non, pas de bol...

C'est juste précisé que la ville de Reims va réorganiser la Police Municipale afin de remédier au "problème".

Une "brigade spéciale" ils appellent ça...

Et puis, le journal précise qu'il y a un autre grand parc un peu à l'extérieur de la ville qui va réouvrir, ils vont pouvoir y aller les SDF...

Ils vont être contents...

• par JESS sur le post.fr

07:16 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sans-abri, mort de la rue, services sociaux, précarité, france | | |  Facebook

05.11.2008

Pauvreté - En six mois, 145 SDF sont décédés

Souvent anonymes, les sans-abri meurent dans l’indifférence. Leur espérance de vie : 48 ans.

Serge venait d’avoir 50 ans. Il est mort lundi, « suicidé par le froid ». Au petit matin, son corps a été retrouvé par ses amis, à Clichy-la-Garenne, en banlieue parisienne. Il gisait près de la place des Martyrs. Son nom ne sera pas gravé sur un monument commémoratif. Car il n’est pas mort pour la France, seulement mort en France, dans ses rues. Au moins connaît-on son identité, ce qui est loin d’être le cas de tous les sans-abri qui meurent chaque année en pleine rue, « comme des chiens », ou des suites de pathologies contractées au fil de leurs années d’errance. Ces six derniers mois, le collectif Les Morts de la rue en a dénombré 145 ! Un petit bataillon, décimé en silence. Une armée des ombres qui se meurt dans l’indifférence générale.

Trois ans de galère, une nuit pour en finir

Serge n’était donc pas un inconnu, y compris pour les services sociaux, notamment de la DDASS. Trois ans de « galère » lui auront été fatals. Voilà quelques jours, il avait dit son ras-le-bol à ses compagnons d’infortune. Sa vie, dont personne n’aurait voulu, ne méritait à ses yeux plus d’être vécu. Il a donc décidé d’aller dormir à même le sol, dans l’herbe. Mais cette nuit-là, torse nu. L’hypothermie lui a fait le reste.

Depuis 2002, le collectif les Morts de la rue tient une morbide comptabilité, celle des sdf qui décèdent dehors ou aux urgences, voire dans un centre d’hébergement, finalement victimes des maladies et du manque de soins au long cours. L’association fédère une myriade d’adhérents, du Secours catholique à Emmaüs, de l’Armée du Salut au Recueil social de la RATP. Ces structures font un constat unanime : trop souvent, on meurt « dans » la rue ou l’on meurt « de » la rue. Bilan invisible, environ 300 décès annuels. L’âge moyen des victimes est de 48 ans. Celui de l’espérance de vie en France s’élève à 80 ans.

Au cimetière des indigents

La Ville lumière attire les pauvres hères. Ils sont ainsi nombreux ceux dont l’existence précaire finit par échouer aux marges de la capitale. Leurs dépouilles sont inhumées sous une plaque de béton, parfois anonyme, au « cimetière des indigents » de Thiais. Le 26 septembre, les bénévoles du collectif organiseront à Paris une célébration sous forme d’« hommage laïque » en leur mémoire. Leurs noms, pour ceux qui sont connus, seront publiquement égrenés. La manifestation se déroulera place des Innocents. A Clichy-la-Garenne, rien n’est prévu place des Martyrs. Par Philippe Cohen-Grillet pour France Soir

LIRE LA SUITE - ITW de Christophe Louis, président du collectif les Morts de la rue sur France Soir

06:11 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sans-abri, mort de la rue, services sociaux, précarité, france | | |  Facebook

04.11.2008

Au secours, le chômage revient !

Alternat ives Economique - Après trois années de baisse, le nombre de demandeurs d'emploi est de nouveau en forte hausse. Remettant en cause la politique de l'emploi du gouvernement.

Au secours, le chômage revient !

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01.11.2008

Gueux Pride Marseille

un article du Comité Droit Au Logement de Dax : www.daldax.org.

Gueux Pride Marseille
1 2 3 Vidéo Rue89 : La Gueux Pride à Marseille Gueux Pride : « Rendre visibles les invisibles », par Rémi Leroux, Rue89 Marseille. La première « Gueux Pride » a eu lieu à Marseille ce vendredi. Une manifestation citoyenne, politique, pour dénoncer toutes les formes d’exclusion et de précarité. Parmi les participants, Nadia Desjardins, une ex-SDF qui aide désormais les « gens de la rue » à s’en sortir. Mais qui sont ces gueux dont on nous parle ? Des sans-abris, intérimaires, étudiants, stagiaires, squatteurs, chômeurs, des travailleurs, des fous, drogués, enseignants, artistes et même des médecins ! Toutes celles et ceux qui « se reconnaissent en tant que gueux de ce système ». Ceux-là même que Coluche voulait représenter il y a vingt-cinq ans déjà. Le collectif à l’origine de la Gueux Pride explique vouloir rendre « visibles les invisibles » et pointer un système générateur de précarité et d’exclusion. Sylvain Perrot, pharmacien à Médecins du Monde à Marseille, détaille : « La précarité, ce n’est pas seulement ceux qui vivent dans la rue. C’est aussi l’étudiant obligé de se (...)

05.10.2008

l'argent des chômeurs n'est pas perdu pour tout le monde

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=281

04:00 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chômage, précarité, flexibilité, emploi | | |  Facebook

22.09.2008

Chômage, précarité, flexibilité : une alternative, La garantie de revenu pour tous

auteur-e(s) : Evelyne PERRIN

Le chômage reste élevé et la précarité continue à se développer en France, alors que les gouvernements successifs appliquent les recettes néo-libérales de la « Stratégie de Lisbonne », adoptée en mars 2000, pour « fluidifier » le marché du travail et imposer aux travailleurs une flexibilité étroitement ajustée aux besoins du patronat. Face aux attaques récentes (lois du 12 juin de « modernisation du marché du travail » et du 23 juillet de sanctions contre les chômeurs), il est plus que jamais nécessaire de se battre pour arracher un statut de vie sociale et professionnelle pour tous, c’est-à-dire une garantie de revenu décent et la continuité des droits pour tous, avec ou sans emploi, comme le réclament 15 organisations.


Chômage et précarité restent la donne

Si le chiffre officiel du chômage semble baisser, le Collectif ACDC (Autres Chiffres du Chômage) évalue le nombre réel de chômeurs en France à plus de 4,5 millions, en intégrant les non inscrits, les chômeurs des DOM-TOM et ceux dispensés de recherche d’emploi. La principale cause d’entrée au chômage n’est plus les licenciements, mais les fins de CDD et de missions d’intérim. Si le pourcentage de contrats de travail atypiques (CDD, emplois aidés, intérim) reste à hauteur d’environ 13 % des emplois en France, les contrats précaires deviennent le lot des nouveaux entrants sur le marché du travail : plus de 70 % des embauches se faisaient en 2005, selon la DARES, en CDD d’une durée moyenne d’un mois et demi. Les jeunes sont particulièrement touchés par cette précarité, car ils mettent de plus en plus longtemps à obtenir des CDI. Les plus diplômés sont souvent exploités sans être payés sous forme de stages (800 000 par an). A cela s’ajoute une sévère discrimination sur le marché du travail à l’égard des populations descendantes d’immigrations post-coloniales. Quant aux femmes, elles cumulent salaires inférieurs, temps partiel imposé élevé.
Face à cette situation, l’indemnisation du chômage, créée en 1958 pour couvrir toutes les personnes perdant leur emploi, n’a cessé de se dégrader, avec des reculs successifs entérinés par les syndicats cogestionnaires de l’UNEDIC (à l’exception de la CGT). Aujourd’hui, plus de la moitié des chômeurs inscrits ne sont pas indemnisés par l’assurance-chômage ; ceux qui le sont encore par les ASSEDIC touchent en moyenne 57 % de leur ancien salaire, pour des durées de plus en plus courtes ; ainsi les chômeurs sont-ils de plus en plus nombreux, soit à ne rien toucher pour vivre, soit à basculer dans le régime de l’assistance payée par l’Etat, Allocation de solidarité spécifique pour les plus âgés, ou RMI pour les plus de 25 ans sans autre ressource familiale, dont les montants (autour de 400 euros) sont insuffisants pour vivre.
Il se développe ainsi une paupérisation accrue des personnes à la recherche d’un emploi, tandis que la qualité de l’emploi se détériore, que le sous-emploi s’étend – ACDC parle d’ « emploi inadéquat » - , et ceci au moment où les profits n’ont jamais été aussi élevés. Cette situation est de toutes pièces créée par les politiques néo-libérales qui démantèlent brutalement ce qui avait fait la force des Etats-Providence et créent la concurrence de tous contre tous (salariés entre pays, salariés contre chômeurs), à travers le « dumping social » érigé en dogme de l’Union Européenne (Cf. les 4 arrêts récents de la Cour de Justice Européenne).

Les attaques récentes contre salariés et chômeurs

En 2008, le gouvernement français vient de faire voter deux lois qui instaurent une flexibilité accrue et constituent des reculs gravissimes en matière de droit du travail et de droits des chômeurs. La première loi, dite de « modernisation du marché du travail », votée le 12 juin, a entériné un accord conclu au forceps, sous la pression du gouvernement, entre le patronat et les syndicats (la CGT ayant été la seule à refuser de le signer) le 11 janvier 2008. Cet accord et cette loi qui le reprend en partie créent la « séparabilité à l’amiable », sans recours possible pour le salarié au bout de…15 jours ( !), le CDD de mission dont la durée est, entre 18 et 36 mois, inconnue à l’avance, et doublent la durée des périodes d’essai, jusqu’à 8 mois pour les cadres ! (Il s’agit presque d’un retour du CPE, retiré sous la pression de la rue, et du CNE, abrogé suite à sa condamnation par la jurisprudence et par l’OIT). De plus, la saisie des prud’hommes est rendue plus difficile, et le patron peut modifier plus facilement les clauses essentielles du contrat de travail. En échange, les avancées en terme de sécurité sont aléatoires, car conditionnées à des négociations ultérieures, et symboliques.
Non content de ces reculs, et avant même que ne s’ouvre la renégociation de la convention d’assurance-chômage entre partenaires sociaux, le gouvernement impose dans la foulée une nouvelle loi, dite « Droits et devoirs des demandeurs d’emploi », votée le 23 juillet ; celle-ci instaure des sanctions sans précédent contre les chômeurs qui refuseraient une offre dite « raisonnable » d’emploi, celle-ci pouvant être au bout d’un an de chômage éloignée géographiquement et d’un salaire juste supérieur au montant de l’allocation de chômage ! En matière de droits nouveaux, par contre, rien.
Enfin, la fusion de l’UNEDIC et de l’ANPE, opératoire en 2009, entérine une mainmise de fait du patronat sur l’accompagnement et l’indemnisation des chômeurs, ces deux missions jusque là distinctes étant pour la première fois confiées au même organisme.
Face à ces attaques d’une extrême gravité, il faut bien reconnaître que les syndicats n’ont absolument pas mobilisé, ni fait appel à l’opinion des salariés et des chômeurs, tenus à l’écart des négociations ; et que la gauche parlementaire s’est très peu fait entendre contre ces deux lois, à l’exception du PC et des Verts. Seul un front d’organisations constitué des associations de chômeurs et de précaires et de Solidaires a essayé de faire passer l’information, par des appels que la presse n’a pas daigné relayer.

L’alternative : une garantie de revenu décent pour tous

Il importe de s’opposer à cette flexibilité accrue par la lutte pour une sécurité des salariés ou demandeurs d’emploi, ou une sécurité sociale professionnelle, conçue comme une 5e branche de la sécurité sociale. Depuis 2006, les associations de chômeurs (AC !, APEIS, MNCP) ont mis en place un front commun avec Solidaires, qui s’est élargi à 15 organisations : Collectif National Droits des Femmes, Stop Précarité et Génération Précaire, la Coordination des Intermittents et Précaires d’Ile de France, le DAL, No Vox, le réseau OUPS (Observatoire Unitaire des Politiques Sociales), la Fondation Copernic, la Confédération Paysanne, les Marches Européennes…. Ce réseau, après avoir pris connaissance des revendications de nouveau statut du travail salarié de la CGT, de nouveau statut du travailleur de la CFTC, de nouveau statut du salarié de Solidaires, et de nouveau modèle de la Coordination des Intermittents et Précaires d’Ile de France, a élaboré une plate-forme commune pour un « statut de vie sociale et professionnelle". Pourquoi statut de vie sociale et professionnelle ? Parce qu’il importe de ne pas penser à la seule garantie de revenu des salarié(e)s suite à la perte de leur emploi, mais à celle de l’ensemble des personnes qui sont privées d’emploi et de revenu pour vivre (les revendications syndicales citées plus haut comportant à certains égards un certain flou à ce sujet).
Ce statut de vie sociale et professionnelle devrait assurer une garantie de revenu décent et la continuité des droits pour tous, avec ou sans emploi : chômeurs, primo-demandeurs d’emploi, temps partiels imposés, paysans, stagiaires, étudiants… Ce revenu devrait être de l’ordre de 80 à 100 % du SMIC – Ce montant est en débat entre les organisations signataires de la plate-forme - . Il devrait être versé par un fonds interprofessionnel mutualisé au niveau national, reposant essentiellement sur la cotisation sociale, avec des compléments de recettes fiscales pour assurer une autre répartition de la richesse ; ce fonds devrait être cogéré de façon quadripartite par les syndicats, les associations de chômeurs, le patronat et l’Etat.
Il faut bien voir qu’une telle revendication n’a rien d’utopique ni d’irréalisable. Elle doit être distinguée clairement de la revendication d’un revenu d’existence minimum payé par l’Etat, qui est portée par divers courants jusqu’à certaines fractions de la droite (dont Christine Boutin). Elle n’est en rien utopique, car elle est la déclinaison des axes revendicatifs de trois syndicats en France, dont la CGT, c’est-à-dire le plus important, et Solidaires, le plus radical. Elle opère seulement une projection de cette revendication sur les primo-demandeurs d’emploi et autres personnes sans revenu ou avec des revenus insuffisants pour vivre, ce qui paraît logique si l’on ne veut pas laisser subsister des poches de grave exclusion sociale. Elle n’est que l’application de la Constitution française qui prévoit que chacun a droit à un emploi, ou, à défaut, un revenu lui permettant de vivre.
Elle n’est nullement hors de portée économique. En effet, en vingt ans, le partage de la valeur ajoutée, ou de la richesse nationale, entre le capital et le salariat s’est déplacé de 20 points vers le premier, ce qui équivaut à 180 milliards d’euros. La taxation du capital permet amplement de financer ce statut de vie sociale et professionnelle.
Une discussion a cours entre partisans et opposants de ce revenu garanti : les premiers affirment le droit à un revenu garanti inconditionnel (ni workfare ni learnfare), individuel et correspondant à un revenu décent. Les opposants font valoir que s’il n’y a pas de contre-partie à ce revenu, des gens en profiteront pour rester à la charge de la société sans rien faire. Ce débat est important, car il soulève la question de la validation des activités économiques – marchandes, non marchandes – qui donneront lieu à versement du revenu (Cf. position de Jean-Marie Harribey à ce sujet). Mais comment juger du caractère utile pour la société d’activités ? Van Gogh aurait-il eu droit à ce revenu ?
Tout en reconnaissant que ce débat a lieu d’être, je citerai André Gorz [1] : « Le revenu garanti doit rendre possibles toutes ces activités hors marché, hors comptabilité et hors normes qui ne sont et ne produisent rien d’échangeable contre autre chose, rien de mesurable et de traduisible en son équivalent monétaire. L’importance du principe d’inconditionnalité est là : il doit soustraire la valeur intrinsèque des activités hors mesure à toute prédéfinition et à toute prescription sociales. Il doit empêcher que, institutionnellement prévues comme conditions du droit au revenu d’existence, ces activités se trouvent transformées en moyens de gagner sa vie. Il doit empêcher le bénévolat de devenir obligatoire pour les chômeurs. Il doit faire de l’ « épanouissement de toutes les dispositions créatrices » une « fin en lui-même, mesuré selon nul étalon préétabli », poursuivi parce qu’on le désire et non comme une production de soi sous contrainte, exigée par l’impératif d’employabilité. »

ATTAC France a été informé de cette plate-forme et même s’il ne l’a pas encore signée la considère comme intéressante, car elle est très proche de sa revendication de sécurité sociale professionnelle. Elle a été présentée à l’université d’été européenne d’ATTAC à Sarrebruck en août 2008 et y a reçu un accueil favorable de la part des autres ATTAC européens, ATTAC Belgique ayant une revendication à peu près similaire (Cf. interventions de Henri Houben et de Sophie Heine dans les ateliers consacrés à la flexisécurité). L’université européenne a retenu dans ses résolutions la revendication d’une sécurité sociale professionnelle et d’un revenu pour tous. Cela devra être mis à l’agenda des campagnes coordonnées des ATTAC d’Europe au cours des prochains mois, et devrait être proposé dans la campagne des élections européennes en faveur de l’Europe sociale que nous voulons.
Il ne s’agit pas de pousser au productivisme, et à la surconsommation. Il s’agit de développer une société solidaire. Le droit à un emploi de qualité, et à défaut à un revenu permettant de vivre, doit être revendiqué comme un droit fondamental, au même titre que les autres droits sociaux que reconnaît par ailleurs la Déclaration universelle des droits de l’homme. En ce qui concerne l’emploi, une politique de développement de l’emploi devra impérativement s’appuyer sur une réduction du temps de travail forte (32H), sans augmentation de la flexibilité et avec création d’emploi correspondante, et d’un développement des services publics. Bien évidemment, elle ne sera pas possible sans une taxation importante des flux de capitaux, des fortunes, de la spéculation financière et des profits, ce qui suppose une mise en œuvre au niveau européen.

Notes

[1] André GORZ, L’immatériel. Connaissance, valeur et capital, Paris, Galilée, 2003, pp. 102-104.

ATTAC FRANCE

06:15 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chômage, précarité, flexibilité, emploi | | |  Facebook

15.09.2008

RSA : Ce qu'en pense le MNCP Mouvement national des Chômeurs et Précaires

Le communiqué de presse du Mouvement national des Chômeurs et Précaires.

Projet de loi sur le RSA : trop d’ambiguïtés en l’état !

Le MNCP est d’accord avec le fait qu’un travailleur pauvre, ou une personne reprenant une activité, puisse augmenter ses ressources comparativement à sa situation initiale. Des règles de cumul existent d’ailleurs déjà (et souvent plus favorables que le RSA, mais trop complexes, non durables et pas ouvertes à tous). De même, nous sommes conscients du fait que cette allocation spécifique répond à une partie des attentes des personnes concernées.

Cependant, nous ne pouvons qu’émettre les plus grandes réserves sur un projet de loi qui consiste, indirectement, à se focaliser sur les personnes qui n’auront pas trouvé de travail et à chercher toutes les procédures possibles pour les en rendre responsables. D’où, en fait, le grand recul contenu dans ce projet de loi qui avance masqué.

Pour que le MNCP puisse soutenir ce projet et le considérer comme un progrès par rapport à la situation actuelle, il faut que l’on admette une bonne fois pour toutes :

• Qu’il n’y a pas d’emploi pour tous et qu’il est donc inconcevable de ne réfléchir qu’en terme de «sanctions» pour ceux qui ne retrouveront pas quelques heures de travail. (Rappel : on est sur la base d’une rotation de 300.000 offres ANPE en moyenne, pour 5 millions de personnes susceptibles de travailler.)

• Que, parmi les 1,4 millions de personnes concernées (RMI + API), beaucoup sont éloignées de l’emploi : les inscrire dans le droit commun de l’«Offre Raisonnable d’Emploi» est une façon de les éliminer de ce nouveau dispositif (et donc de tout revenu), ou de leur faire accepter n’importe quel petit boulot.

• Que le droit au refus d’un travail précaire ou à temps partiel soit respecté (Déclaration universelle des Droits de l’Homme sur le libre choix de son travail).

• Que le minimum garanti - RSA de base - soit d’abord considérablement relevé, loin des montants actuels qui sont la honte de notre société (447 € maximum pour une personne seule, souvent moins, alors que le seuil de pauvreté est évalué à 817 € par Eurostat).

• Qu’aucune personne, jamais, ne puisse être laissée sans revenu et que le RSA de base soit un droit opposable et attribué sans conditions ni contreparties autres que les conditions de ressources; il est d’abord indispensable de garantir à ceux qui ne peuvent travailler les moyens de vivre décemment.

• Et, si ces conditions sont réunies, que soit alors étendu un dispositif satisfaisant à tous (ASS, jeunes de moins de 25 ans…).

Enfin, pour être valable, ce projet de loi doit exiger des entreprises qu’elles s’engagent sur une politique d’emploi allant vers du temps plein pour les personnes… et qu’elles soient, elles aussi, elles surtout, contrôlées et redevables sur cet engagement.

Alors seulement, le MNCP pourra soutenir ce projet de loi. Mais pour le moment, il est clair qu’il ne constitue pas un progrès pour les personnes aux minima sociaux et que, globalement, il contient plus de négatif que de positif. Aussi, serons-nous très attentifs aux amendements pour l’amélioration de ce projet.

Jean-François YON, Président du MNCP
Mouvement national des Chômeurs et Précaires
17 rue de Lancry - 75010 Paris
Tél : 01 40 03 90 66
mncp.national@free.fr
www.mncp.fr

29.08.2008

Sapin : Les plus riches ne paieront pas la taxe RSA

Par Sophie Verney-Caillat | Rue89 |

Pour financer le RSA, Sarkozy crée une taxe sur les revenus du capital. Une mesure de gauche ? Pas pour le socialiste Michel Sapin.

Nicolas Sarkozy s’apprête à annoncer une mesure aux (faux ? ) airs de Robin des Bois. Il manquait à Martin Hirsch 1,4 milliard d’euros pour financer son Revenu de solidarité active (RSA) ? Il les prend dans la poche des épargnants, avec une nouvelle taxe sur les revenus du capital. Sont visés par ce nouveau prélèvement les revenus issus du patrimoine, ainsi que les dividendes et l’assurance-vie. Les détails de ces mesures doivent être donnés ce jeudi lors d’un déplacement présidentiel à Laval (Mayenne).

Une mesure "de gauche" ? Bousculant les traditionnelles lignes politiques, elle a eu le don, en tout cas d’embarrasser le PS, qui depuis longtemps prône ce type de mesure.

La gauche s’est sentie obligée de saluer une décision "légitime" (Hollande), allant même jusqu’à envisager de le voter, tandis qu’à droite des voix comme celle du député UMP Hervé Mariton s’élevaient pour dénoncer un "impôt nouveau".

"Il n’y a aucune raison de bouder son plaisir"

Michel Sapin, secrétaire national du Parti socialiste en charge de l’économie, relativise pourtant la bonne nouvelle, comparant des "montants qui n’ont rien à voir", entre les 15 milliards du paquet fiscal de l’an dernier et ce milliard et demi dont les contours doivent encore être précisés.

"Je ne suis pas dans l’embarras", assure-t-il, "ce qui est embarrassant, c’est que le président de la République annonce de mauvaises mesures qui sont mal financées". D’ailleurs, ajoute le député de l’Indre, "ce n’est pas une bonne action aujourd’hui qui va effacer le péché originel du bouclier fiscal". Avec certaines réserves, il avoue tout de même : "Il n’y a aucune raison de bouder son plaisir." (Ecoutez le son.)

26.08.2008

L’épicier solidaire

Guillaume Bapst est un passionné et un humaniste. Une solide conviction anime cet homme au rire contagieux : celle d’oeuvrer au rapprochement de l’économique et du social, trop souvent mis en opposition.

Cet homme est avant tout un visionnaire. En 1999, alors qu’il est confronté à de nombreux impayés de loyer en tant que gestionnaire de HLM, il s’intéresse alors aux raisons des retards et réalise que l’un des principaux leviers serait de permettre à ces familles de pouvoir faire des économies sur leur budget alimentaire, proportionnellement trop élevé. Une analyse le pousse à créer une épicerie solidaire, une épicerie qui a le goût et l’allure des autres épiceries mais dont les produits sont à très bas prix et les clients en situation de grande précarité. Mais c’est aussi un accompagnement par des ateliers précise Guillaume par exemple pour apprendre à gérer un budget. Au-delà de l’aide alimentaire, nos épiceries sont avant tout des outils d’insertion. Nous organisons des ateliers de cuisine, de coiffure, pour réapprendre à vivre ensemble et qui doivent amener les gens en situation de précarité à sortir de leur isolement et à reprendre confiance en eux.

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06:42 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : épicerie solidaire, précarité, solidarité, france | | |  Facebook

08.08.2008

Je dénonce

Je dénonce

"Le premier devoir d'un responsable, c'est la lucidité", affirme Nicolas Sarkozy

Alors …. Bonjour... Aux « aveugles » qui nous gouvernent !
Mon cri ... N'est pas seulement le mien ... Mais celui de milliers de personnes en situation d'exclusion, d’invisibilité ... D'INEXISTANCE! … Une personne handicapée vivant seulement avec l'AAH ... Un travailleur SDF ... Un SDF sans travail ... Un travailleur précaire ...

Tous nous sommes à bout!
S'il vous plait ... Diffusez, faites diffuser ce message !
Aidez nous à être entendu(e) s!

Moi, Janine Thombrau, rongée par une Sclérose En Plaques , n’ayant pas choisi d’être handicapée ni de ne pouvoir travailler, en mon nom et celui de milliers d’autres exclus, malades, travailleurs précaires, citoyens sans toit….

JE DENONCE…

*Je dénonce le pouvoir de notre pays incapable d’assurer la protection de ses citoyens les plus fragiles.

*Je dénonce le pouvoir législatif, Députés et Sénateurs, qui, malgré leurs belles paroles tricotées de condescendance et de compassion de théâtre, ignorent totalement le vécu d’une grande part de leurs concitoyens.

*Je dénonce le pouvoir exécutif qui, avec la complicité des deux assemblées, prend aux plus pauvres pour donner aux plus riches…. Et ce même pouvoir de n’être rien de plus qu’un pantin au service des plus riches.

*Je dénonce les dirigeants d’un pays qui dans quelques jours sera à la présidence de l’Union Européenne et j’ai honte pour nous quand ces mêmes osent dire que le handicap sera une de leurs priorités. ( En vue de sa Présidence de l'Union Européenne à partir du 1er juillet, le Ministre du Travail et de la Solidarité a affirmé que "la politique du handicap était au cœur des priorités d'action" du Gouvernement…).

*Je dénonce encore ces dirigeants qui ont signé une convention de l’ONU et qui ne l’appliquent même pas sur leur territoire. (Cette convention de 32 pages avec son Protocole facultatif adoptés le 13 décembre 2006, - ouverts à la signature au siège des Nations unies, à New York, le 30 mars 2007, sont entrés en vigueur le 3 mai 2008 – interdit toute forme de discrimination au travail liée au handicap, notamment en matière de recrutements, de promotion et de conditions de travail. Elle stipule qu'à travail égal on doit toucher un même salaire…).

Elle exhorte par ailleurs les Etats signataires à promouvoir l'emploi des personnes handicapées, notamment au moyen d'une "discrimination positive" à leur égard.

La convention stipule encore que les handicapés ne peuvent être exclus des systèmes éducatifs et exige des Etats signataires qu'ils facilitent leur accès aux bâtiments, aux moyens de transports, aux écoles et aux lieux de travail…)

*Je dénonce l’opulence et les bénéfices des industries pharmaceutiques qui se nourrissent de la maladie et de la détresse des malades et des handicapés (Rien que 7,11 milliards d'euros, pour Sanofi Aventis en 2007)

*Je dénonce les bénéfices « pharaoniques » des entreprises qui utilisent chômage et misère comme une arme de soumission

*Je dénonce ces patrons et ces actionnaires du CAC 40 qui n’imaginent même pas reverser 10% de leurs bénéfices pour sauver la sécurité sociale, la santé et la solidarité.

(DOUZE milliards pour Total, sept milliards pour BNP et Sanofi, cinq milliards pour EDF et Société générale. Les profits dégagés en 2006 par les entreprises du CAC 40 totalisent 97 milliards d'euros. Soit une progression de 10 % par rapport à l'année précédente… Et plus de cent milliards d’euros en 2007)

*Je dénonce ces entreprises qui affichent leurs bénéfices pantagruéliques et délocalisent ou licencient pour en faire encore plus…. Allongeant sans vergogne la liste des chômeurs et par là même des malades.

*Je dénonce l’incompétence … Le mépris … L’inhumanité … D’un pays qui est incapable d’assurer une retraite normale, avec les mêmes plaisirs, la même qualité de vie, à ses « vieux » qui l’ont construite.

*Je dénonce la misère de 850 000 handicapés, qui n’ont pas choisi d’être dans cet état et de ne pas travailler … Qui, de fait, vivent largement au dessous du seuil de pauvreté…

(Il me reste 408,97 € sur mon AAH, après avoir payé frais médicaux non remboursés et franchises ... Pour: m'héberger, manger, payer ma part de charges, téléphoner, écrire, et peut-être m'habiller ... ???? Car vu ma dépendance, il m'est impossible d'habiter seule...)

*Je dénonce le volontaire oubli de cette population qui se situe en dessus de 7,5 à 8 sur l’échelle EDSS … Et qui se trouve dans l’impossibilité totale de vivre seule et de travailler…. Ainsi que le manque de structures pour les accueillir.

*Je dénonce les mensonges du pouvoir, vos mensonges, sur le soi-disant déficit de la Sécurité Sociale … Afin de culpabiliser les français et en particulier les malades. Bien sûr que si des recettes ne rentrent pas … Il y a déficit ! Mais de quelles recettes s’agit-il ?

(Qu’en est- il de la part des recettes fiscales qui doivent être imputées au fonctionnement de la « Sécu. » ? Une partie des taxes sur le tabac : 7,8 milliards, sur l'alcool : 3,5 milliards, La partie des primes d'assurances automobiles : 1,6 milliards, La partie de la taxe sur les industries polluantes : 1,2 milliards, La part de TVA : 2 milliards, retard de paiement pour les contrats aidés : 2,1 milliards, retard de paiement par les entreprises : 1,9 milliards. En faisant une bête addition, on arrive au chiffre faramineux de 20,1 milliards d’Euros).

*Je dénonce cette outrecuidance que vous avez de nous culpabiliser en nous mettant sur le dos vos incompétences de gestion… Où plutôt de dissimuler sous ces apparentes incompétences vos choix de faire les riches plus riches et les pauvres à la fois plus pauvres et responsables des malheurs de notre société…

*Je dénonce cette société qui stigmatise les pauvres, les malades, les chômeurs, bref tous les « fragiles » ou les « pas dans le moule », cherchant à en faire des boucs émissaires et à faire régner un régime de la PEUR... »

*Je dénonce cette société et ce système qui fait son chemin vers un individualisme forcené et un incivisme qui fait oublier que : « Ca n’arrive pas qu’aux autres » …

*Je dénonce par là même cette même société qui fait que nombre d’employeurs préfèrent payer des amendes plutôt que d’employer des handicapés.

*Je dénonce ces centaines de communes qui ne se fendent pas des aménagements indispensables pour nous permettre une vie respectant notre liberté de circulation et l’égalité dans les transports…. Fauteuils roulants … Poussettes … Même combat !

*Je dénonce l’état de la majorité de leurs rues et trottoirs, de du peu de places accessibles en stationnement handicapé… Car même si elles en avaient pour certaines la volonté politique … La compensation du transfert des charges ne se fait pas ou si mal.

*Je dénonce une république qui ne nous donne pas, malgré ses fondements, les moyens d’autonomie et d’indépendance financière nous permettant la qualité de vie à laquelle peut prétendre tout citoyen.

*Je dénonce aussi une société qui n’accorde l’AAH qu’à partir de 20 ans, déniant ainsi la majorité à 18 ans.

*Je dénonce, messieurs qui nous dirigez, votre arrogante inhumanité, vos certitudes goguenardes lorsque vous parlez des handicapés et des exclus, et votre incommensurable mépris de la connaissance et du respect de ceux dont vous avez la charge.

*Je dénonce … J’accuse … L’Etat Français d’abuser « le peuple électeur », d’en abuser et d’utiliser la démocratie contre toute une partie du peuple…. Au bénéfice outrageant d’une infime partie… De pratiquer un népotisme d’état !

Alors … Si personne ne réagit … A qui le tour ?

Quelles seront les prochaines victimes de cette course sociale à reculons… Quels seront les nouveaux coupables de la descente aux enfers de notre société ?

http://motspourmaux.perso.cegetel.net/
http://www.nipauvrenisoumis.org/
http://www.appelcontrelafranchise.org/franchise.php
http://www.ensemblepourunesantesolidaire.fr/

A lire ... A diffuser .. Utiliser ..... Copier ... Sans aucune modération

Amitiés
Janine Thombrau

07:32 Publié dans Action | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france, prÉcaritÉ, chÔmage, rmi, minima sociaux, franchise mÉdicale, aah | | |  Facebook

25.07.2008

SANS RIEN : REJOIGNEZ-NOUS

La liste de diffusion "Infos@sansrien.net " est fermée, victime de son succès, certains d'entre vous ont reçu plus de 75 mess/jour
Cela devenait insupportable, et un beug est venu se greffer dessus, des abonnements non sollicités. Merci à tous, plus de 1000 abonnés en 2 semaines d'existence.
Un FORUM a vu le jour,  donc adieu la liste et bonjour le forum,  et à vos claviers !
http://www.sansrien.net/

"LES INVISIBLES EN MARCHE"
Le tour de france est fini, nous sommes rentrés dans nos maisons, mais la lutte elle commence!

APPEL A MOBILISATION !
Nous, salariés précaires, familles monoparentales, personnes handicapées, malades, retraités, sans-papiers,  intermittents du spectacle, Sdf, appelons à une mobilisation générale, le 17 Octobre 2008,  journée internationale de lutte contre la misère.
Notre but est de fédérer toutes les associations, organisations, et syndicats qui luttent contre la précarité, sous toutes ses formes, et quelqu’en soient les thématiques.
Nous souhaitons, par cette action faire une démonstration de force, prouver que nous sommes capables de nous organiser et de rassembler, sur cette simple idée. Personne ne doit se sentir coupable d’un délit de précarité, personne ne doit être coupable d’être malade, handicapés, personne ne doit pouvoir remettre en cause les droits que nous avons si chèrement acquits
http://www.sansrien.net/

24.07.2008

100.000

C'est le nombre de personnes "recencées" qui vivent en camping toute l'année faute d'argent et de logements aidés.

11:22 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : précarité, logements aidés, logements sociaux, france, sarkosy, boutin | | |  Facebook

19.07.2008

Lille : Alain Régnier, préfet, en visite au nouveau centre d'hébergement de stabilisation

• avant que vous ne lisiez cet article, nous vous rappelons que la situation à Lille ressemble à celle de Strasbourg. Il manque toujours 400 places environ.
Derrière le PARSA, les lois SRU, DALO et maintenant le PALO qu'on nous présente toujours sous leur "meilleur" jour se cache la casse sociale : sans-abri, chômeurs, RMIstes sont devenus coupables, les travailleurs sociaux sont des empêcheurs de tourner en rond que l'on doit museler et qui comme nous subissent le mépris. Ce ronronnement de satisfaction ne doit pas nous faire oublier que la loi SRU vient d'être vidée de sa substance, le Livret A ne pourra plus financer le logement social, la loi DALO est innapplicable, le PARSA a provoqué énormément de dysfonctionnements...
Le plan grand froid protège sur un temps très court les gens des intempéries, tous, malgré ces lois sont remis à la rue !
L'été est bien plus meurtrier, la canicule est bien plus dangereuse pour ceux qui sont abandonnés dans nos rues; nous manquons d'accueils de jour, de travailleurs sociaux, de maraudes...
La volonté politique n'est toujours pas là.
Pourquoi expulser les squats ? Pourquoi faciliter les expulsions locatives ? Pourquoi ne pas geler des démolitions d'immeubles ? Pourquoi ne pas saisir 20 % des logements vacants ? Pourquoi ne pas proposer aux personnes placées en "urgence" l'hiver si ils souhaitent rester dans ces lieux en y mettant les moyens nécessaires (un pot qui travaille l'a suggéré) et pourquoi criminaliser les militants ?, ... Et ce ne sont pas les spots de pub du gouvernement qui nous ferons changer d'avis.•

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L'ABEJ a ouvert en mars un centre d'hébergement de stabilisation rue des Postes. Alain Régnier, préfet, délégué général pour la coordination de l'hébergement et de l'accès au logement des personnes sans abri ou mal logées, s'y est rendu hier pour prendre le pouls de cette nouvelle structure d'accueil des sans domicile fixe.

Il n'en est pas à sa première visite. « C'est la dixième depuis début avril, avance Alain Régnier. J'en fais en moyenne une par semaine. C'est le meilleur moyen de voir ce qui va et ce qui ne va pas. » Hier, il s'est rendu au 217, rue des Postes.

C'est là que l'ABEJ (Association baptiste pour l'entraide et la jeunesse) a ouvert en mars un centre d'hébergement de stabilisation pour personnes seules. Cinquante chambres, dont quinze attribuées aux 18-25 ans, toutes occupées depuis l'ouverture, par douze femmes et trente-huit hommes. « On connaît la plupart de ces personnes, explique le directeur du centre, Patrick Le Stunff. Elles étaient déjà au centre d'hébergement hivernal avec nous. » Sauf que là, les règles ne sont pas les mêmes. Elles sont plus souples. « On leur permet d'amener de l'alcool dans leur chambre. Ça ne fait pas de vague, affirme Patrick Pailleux, directeur général de l'ABEJ. Ça leur permet de ne pas culpabiliser et de s'ouvrir plus facilement, d'exprimer leur mal-être. » Et les résultats sont probants. Certains ont d'eux-mêmes revu à la baisse leur consommation.

Patrick Le Stunff ne cache tout de même pas devant Alain Régnier « la difficulté d'accueillir un public très hétéroclite. Des jeunes, des personnes âgées, qui ont besoin de plus de calme. La cohabitation n'est pas toujours simple. Et puis, beaucoup sont en grande souffrance psychologique, et le travailleur social se retrouve à gérer un public pour lequel il n'est pas formé». Faut-il créer des établissements spécialisés, adaptés à chaque problématique, à chaque public ? Le préfet s'interroge et avoue pour l'instant ne pas avoir de « solution miracle ».

Un hébergement durable
Une chose est certaine, Alain Régnier entend « en finir avec les plans hivernaux. Transformer les places d'hébergement d'urgence en places de stabilisation, en hébergement durable ». Un tremplin essentiel vers l'autonomie, un sas entre la rue et le logement « normal ». Surtout, son souhait le plus cher est l'amélioration de la qualité de l'hébergement « pour le respect de la dignité de chacun ».

Vaste programme. Mais le préfet est déterminé. « Si je suis là, c'est que ça me passionne. » Et il entend prendre les choses en main. D'ici à la fin de l'année, il compte faire le bilan avec bon nombre de structures qu'il aura visitées pour connaître l'état d'avancement de la situation dans chacune d'elles. Voir ce qui a marché, ce qui a échoué et pourquoi.

Dernier aspect enfin, plus difficile à mettre en oeuvre : le suivi du parcours des personnes accueillies dans les différents centres. • HEDWIGE HORNOY pour LA VOIX DU NORD

08:31 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : prÉcaritÉ, france, dalo, palo, sru, travailleurs sociaux, sans-abri | | |  Facebook

 
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