19.04.2008
Prestations familiales: la polémique est toujours vive
Par Martine VERON AFP
PARIS (AFP) - L'annonce d'une hausse de l'allocation garde d'enfants pour les familles modestes, financée par la diminution des allocations familiales, n'a pas calmé la polémique jeudi, les associations familiales refusant de "déshabiller Pierre pour habiller Paul".
Une autre réforme risque de nourrir cette polémique, celle de l'allocation de rentrée scolaire (ARS), prévue elle aussi par la loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) 2008, et qui est "dans le collimateur gouvernemental", selon la CGT.
Dans l'immédiat, Matignon a confirmé mercredi soir la parution prochaine du décret instaurant une majoration unique des allocations familiales à 14 ans, promettant que "l'argent récupéré" servirait à des mesures pour les familles, notamment la hausse de l'aide à l'emploi d'une assistante maternelle.
Après le Premier ministre, la secrétaire d'Etat à la Famille Nadine Morano a assuré jeudi sur Europe 1, qu'il n'était "pas question de faire des économies sur le dos des familles, mais bien de répondre à des attentes, celles de services comme la garde d'enfants".
Elle a assuré que la réforme des allocations familiales était un "rééquilibrage à la hausse", car "il est démontré que l'enfant commence à coûter vers 14 ans".
Mais les associations familiales maintiennent que la réforme représente 138 millions d'euros d'économies, et un manque à gagner de près de 600 euros pour les familles sur la durée du versement de la prestation.
"La branche famille ne va pas être créditée de 138 millions supplémentaires", a affirmé à l'AFP Jean-Louis Deroussen, président de la Cnaf (caisse nationale des allocations familiales), "rien n'assure" que l'argent reviendra aux familles, "confrontées à des difficultés de pouvoir d'achat".
La hausse le 1er mai de 50 euros mensuels de la prestation garde d'enfants pour quelque 60.000 familles modestes n'a pas calmé le jeu.
Le coût de cette mesure pour la branche famille s'élève à 40 millions d'euros, selon Mme Morano.
Le président de l'Unaf (associations familiales) François Fondard sera "vigilant" à ce que "l'intégralité des économies soient reversées" à la garde d'enfant.
Cette aide au financement d'une assistante maternelle entre dans le cadre de la mise en place d'un droit opposable à la garde d'enfants, une promesse de campagne de Nicolas Sarkozy.
Mais, pour la Confédération syndicale des familles (CSF), il ne s'agit pas de "déshabiller Pierre pour habiller Paul", "la politique familiale ne se découpe pas en tranches".
"35 millions de dépenses supplémentaires versus 138 millions d'économie, cherchez l'arnaque!", a lancé l'Union des familles en Europe.
Les associations familiales et la CGT sont aussi attentives au sort de l'allocation de rentrée scolaire (ARS).
Attribuée sous conditions de ressources et d'un montant de 272,57 euros en 2007, l'ARS va être modulée selon l'âge.
"Nous n'avons pas l'assurance que ce soit à fonds constants", s'inquiète le président de la Cnaf.
"Elle pourrait être diminuée de manière importante pour les enfants du primaire et pas totalement compensée par des montants plus élevés pour ceux du collège ou du lycée", a mis en garde la CGT.
Pour la CSF, il serait logique que les économies réalisées sur la réforme des allocations familiales à l'adolescence soient reportées sur l'ARS, qui concerne à peu près le même public.
Alors que l'UMP a demandé jeudi au gouvernement "des assurances" sur la destination des 138 millions d'économies, Ségolène Royal (PS) a demandé au gouvernement d'"arrêter de casser les familles".
06:55 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : ars, allocations familiales, union des familles, prestations familiales |
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17.04.2008
L’Etat grappille sur les familles
Allocations. Le 1er mai, les prestations familiales pour le deuxième enfant seront réduites.
CORDÉLIA BONAL - LIBÉRATION / QUOTIDIEN : jeudi 17 avril 2008
C’est une mesure passée quasiment inaperçue mais qui risque bien d’entamer à son tour le pouvoir d’achat déjà mal en point des Français. A compter du 1er mai, les familles toucheront moins d’allocations pour leurs enfants adolescents. Jusqu’à présent, le système des allocations voulait que les familles d’au moins deux enfants touchent plus au moment de l’entrée dans l’adolescence de leurs enfants. L’augmentation fonctionne en deux temps : une première majoration de près de 34 euros par mois quand le cadet atteint l’âge de 11 ans, puis la majoration passe à 60 euros entre 16 et 20 ans. Un bonus bienvenu pour les parents dont les ados mangent comme quatre, sont hors forfait pour leur portable et se ruinent en vêtements. Mais, rigueur budgétaire oblige, ce coup de pouce est revu à la baisse.
Calcul. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2008, promulguée en décembre, prévoit non plus deux mais une seule majoration. Elle sera fixée d’entrée de jeu à 60 euros mais prendra effet à partir de 14 ans et non plus 11 ans. Les familles avec un enfant ayant actuellement entre 11 et 16 ans continueront à percevoir la majoration «ancien système». La règle consistant à ne pas verser de majoration pour l’aîné d’une famille de deux enfants est également maintenue. «Les études montrent depuis plusieurs années que le coût d’entretien de l’enfant augmente à partir de 14 ans», justifiait le projet de loi. Reste que pour les familles le calcul est vite fait. Au final, le manque à gagner pour des parents dont le deuxième enfant aura 11 ans après le 1er mai ne sera pas négligeable : 587 euros entre la onzième et la vingtième année. Soit, espère le gouvernement, 80 millions d’euros d’économies pour la branche famille de la sécurité sociale dès 2008. La Caisse nationale d’allocations familiales (Cnaf), dont les administrateurs, consultés pour avis en février, avaient «désapprouvé à une très large majorité» cette «majoration unique qui s’exercera au détriment des familles», estime à 138 millions d’euros les économies réalisées à l’horizon 2013. «L’application de cette mesure est incompatible avec une politique familiale dynamique, volontaire et concertée», dénonçait la Cnaf. François Fondard, le président de l’Union nationale des associations familiales (Unaf), se dit «totalement opposé» à cette mesure qui «entraîne une perte sèche de 406 euros par an pour les familles qui perdent trois années de majoration entre 11 et 14 ans. […] Une fois de plus, on touche aux prestations et à la politique familiale». Même discours à la CFE-CGC, où l’on dénonce «un recul des prestations familiales, déjà insuffisantes», et «une atteinte au pouvoir d’achat des familles» ; ou à la CGT, qui parle d’une «mesure scandaleuse».
Condition. Après la revalorisation de 1 % des prestations familiales le 1er janvier, jugée largement insuffisante par les associations, et la remise en cause - abandonnée - de la carte familles nombreuses SNCF, le tour de vis commence à être rude pour les familles. Et ce n’est peut-être pas fini : l’allocation de rentrée scolaire (272 euros en 2007 pour les enfants de 6 à 16 ans), attribuée sous condition de ressources, doit être modulée en fonction de l’âge de l’enfant à la rentrée 2008, selon des montants qui ne sont pas encore déterminés.
16:57 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : allocations familiales, cnaf, unaf, cfe-cgc, prestations familiales |
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