28.05.2009
DAX : L'OPAH lancée il y a sept mois a permis d'aider une soixantaine de rénovations
Le coup de pouce à la rénovation bienvenu
En quoi consiste une OPAH (une Opération programmée d'amélioration de l'habitat) ? C'est tout simplement une incitation pour les propriétaires à rénover les logements en vue de les louer ou de les habiter. Une incitation financière qui est loin d'être négligeable et qui permet de remettre sur le marché locatif des logements qui étaient hors normes ou insalubres. Il permet également à des propriétaires âgés aux revenus modestes d'améliorer sensiblement leur habitat pour qu'ils puissent en profiter eux -mêmes. La Communauté d'agglomération du Grand Dax (CAGD) et le Pact des Landes ont lancé il y a sept mois avec l'État, la Région Aquitaine, l'Agence nationale de l'habitat (ANAH) une OPAH-RU (comme renouvellement urbain) pour une durée de 5 ans avec l'espoir de réhabiliter quelque 450 logements dans les 20 communes de l'agglomération. Pour cela, on dispose d'une enveloppe de 5 millions d'euros. En fonction du dossier retenu, chaque organisme (CAGD, Région, ANAH, communes) contribue à la subvention.
Des aides allant jusqu'à 70 % du montant total des travaux peuvent être accordées... Voire plus dans certains cas exceptionnels. Ça aide à la réflexion ! Bien entendu, ces coups de pouce ne sont accordés que sous certaines conditions et notamment des conditions de revenus et de nature des travaux. Par ailleurs, le propriétaire bailleur s'engage à louer son appartement ou sa maison pendant 9 ans au moins ou l'habiter pendant 9 ans s'il s'agit de travaux pour un logement qu'il occupe personnellement.
Pas pour la piscine !
« Il s'agit de travaux courants, explique Anne Serre, directrice adjointe du Pact des Landes. On ne va pas au-delà d'une rénovation classique », précise-t-elle. « Autrement-dit, ne comptez pas sur l'OPAH pour faire creuser une piscine dans votre jardin... », plaisante Henri Bedat, vice- président de la CAGD en charge du logement.
Premier bilan sept mois après le lancement de l'opération : 200 propriétaires ont pris contact avec le Pact des Landes et 67 dossiers ont été acceptés, instruits ou sur le point de l'être (1).
Antoinette et Ange sont retraités et vivent dans une petite villa au milieu des arbres à Saint-Vincent-de-Paul. Ange est handicapé et ne se déplace qu'en fauteuil roulant, mais avec l'âge, la toilette était devenue une véritable épreuve. La salle de bain inadaptée rendait l'opération périlleuse pour lui comme pour son épouse obligée de l'aider. Le réaménagement complet d'une douche et des toilettes était devenu indispensable, mais la dépense - plus de 2 400 euros - ne pouvait être supportée par le couple aux revenus très modestes. « Exceptionnellement, puisqu'il s'agit de handicapés, la prise en charge a été de 100 % » explique Bénédicte Brousse, chargée d'étude de l'habitat à la CAGD.
« Il a fallu mettre une douche de plain-pied, enlever une porte, mettre des barres de maintien. Maintenant, c'est formidable et surtout très confortable ! », s'enthousiasme Antoinette.
À Dax, à deux pas du stade dans cet immeuble signé par l'architecte Prunetti, ce sont quatre appartements destinés à la location et propriété d'une SCI qui ont été entièrement refaits. « Ils n'étaient pas insalubres, mais l'électricité et le sanitaire n'étaient plus aux normes pas plus que l'isolation... », commente Bénédicte Brousse. Montant des travaux 145 700 euros et une subvention de 102 400 euros. Ces appartements à loyers maîtrisés (350 euros pour un T3) ont notamment permis de reloger une femme seule en cours d'expulsion de son précédent appartement et une maman et son petit garçon.
À Saint-Pandelon, une SCI a réhabilité une maison vacante très inconfortable pour créer deux logements qui seront mis sur le marché locatif d'ici à quelques semaines dès que les travaux seront achevés. L'OPAH a permis d'obtenir 102 400 euros d'aides pour une facture totale de 110 100 euros.
(1) Le Pact tient des permanences les mardis dans les différentes communes de l'agglomération du Grand Dax.
Renseignements au 05 58 90 90 51. 46 rue Baffert à Dax. www.pactdeslandes.org
d.piganeau@sudouest.com
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| Tags : opah, rénovation de logement, réhabilitation, anru |
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05.02.2008
A Valenton, une cité contre le tout-bulldozer
En attendant le plan banlieue (4/7).
TONINO SERAFINI - QUOTIDIEN LIBÉRATION
Jusqu’au 8 février, date de l’annonce par Nicolas Sarkozy du plan banlieue, «Libération» enquête sur les principales questions de société dans les quartiers. Aujourd’hui, le logement.
C’est l’histoire d’un bras de fer qui aura duré cinq ans. Il a pour cadre la cité des Polognes, à Valenton (Val-de-Marne). Le site : quatre hectares, dix bâtiments, 343 logements. Récemment, l’Immobilière 3F (la société de HLM propriétaire du site) et le maire (PCF), Daniel Toussaint, ont présenté aux habitants le projet de réhabilitation du quartier, avec visite d’un appartement témoin. Les travaux vont s’étaler sur deux ans. Au programme : rénovation des logements, réfection des halls et des cages d’escalier, ravalement des façades. Et aussi réaménagement des espaces extérieurs : création d’une promenade plantée, réalisation de deux aires de jeux, réorganisation du stationnement. A la clé, un investissement de 12,8 millions d’euros. Tout est arrêté. Signé. Les travaux vont démarrer. Mais sur place, les habitants sont dubitatifs. «Ça fait vingt ans qu’il n’y a pas eu de travaux de réhabilitation ici. Regardez ces bâtiments comme ils sont dégueulasses», s’exclame Ahmed Bouhassoune, montrant l’état très dégradé de son hall. Même propos chez Christophe, 23 ans. Il «avait six mois» lorsque ses parents ont emménagé aux Polognes. «Quand j’étais petit il y avait des squares au bas des immeubles, où jouaient les enfants. La cité était propre. Mais depuis que j’habite ici, aucun effort d’entretien ou de réhabilitation n’a été fait.» Ce sentiment d’abandon est largement répandu dans la cité. «On nous a promis que tout allait être rénové. J’attends. On verra dans deux ans», lance un autre locataire.
Catimini. Pourquoi ce scepticisme exacerbé ? Parce qu’à Valenton, le projet de réhabilitation a beaucoup traîné. La rénovation a été acquise après une longue lutte menée par l’amicale CNL (Confédération nationale du logement) des locataires. Au départ, la direction de l’Immobilière 3F avait un tout autre projet en tête. Conçu en catimini et sans aucune concertation il prévoyait la démolition de deux immeubles. «En 2001, des rumeurs ont commencé à circuler, relate Bruno Servant, le président de l’amicale. On entendait dire que la société de HLM voulait démolir la cité. Mais pas moyen d’avoir des informations. Ils nous ignoraient. Au fil du temps on s’est aperçu que les appartements qui se libéraient n’étaient pas reloués.» Bruno Servant a compté jusqu’à 55 appartements inoccupés. «Ici, on avait des logements fermés alors qu’il y a des gens qui sont dehors. Des appartements sont restés vides pendant quatre ans», s’indigne-t-il. Pendant trois ans, l’amicale fait des pieds et des mains pour tenter d’engager un dialogue avec le bailleur. Pas de réponse. Il faudra une intervention du maire pour que la direction générale des 3F daigne recevoir l’amicale. On est en 2004. «Là, ils ont lâché le morceau. Ils nous ont confirmé qu’ils avaient l’intention de raser une soixantaine de logements, en arguant qu’avec l’Anru (1) la tendance était à la démolition.» Ce que refuse l’amicale.
Fronde. Les Polognes, c’est une petite cité. Il n’y a pas de tours, pas de barres. Les immeubles font six étages et sont de bonne facture. Il n’y a pas lieu de dédensifier, de raser. En revanche, les habitants attendent avec impatience une rénovation lourde. Mais la direction des 3F maintient son projet seule contre tous. Cette fronde contre la politique du bulldozer n’est pas cas isolé. En Ile-de-France, une «coordination anti-démolition des quartiers populaires» s’est créée en 2005. Depuis, elle s’est élargie au niveau national. Elle regroupe à présent les représentants des habitants d’une centaine de quartiers. Cette coordination conteste la démolition systématique, qu’en période de crise aiguë du logement, elle assimile à un «gâchis».
A Valenton, le maire s’est mêlé de l’affaire. «Vous n’aurez jamais ma signature pour le permis de démolir», avait-il fait savoir à 3F en 2004. La situation finira par se débloquer à la faveur d’un changement de gouvernance à la tête de la société de HLM. Exit, l’ancienne direction. «Quand j’ai pris mes fonctions, j’ai été saisi en interne de ce dossier, raconte Yves Laffoucrière, nommé directeur général à l’été 2005. Je suis allé voir le maire. J’ai rencontré l’amicale des locataires. Je me suis rendu compte que les arguments pour la démolition ne tenaient pas la route.» Changement de stratégie. Les appartements vides sont progressivement reloués. Toutes les fenêtres sont remplacées pour améliorer l’isolation phonique des appartements. Enfin, un projet de rénovation lourde de la cité est élaboré en concertation avec l’amicale. Deux cabinets d’architectes sont désignés. Les travaux vont bientôt commencer. Un quartier va sortir de l’abandon.
(1) L’Anru (Agence nationale pour la rénovation urbaine) finance la rénovation des quartiers HLM.
09:12 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : logement social, anru, démolition, réhabilitation |
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