23.01.2008
Un document révélateur sur l’emploi
Les grands partenaires de l’emploi en France et le Premier ministre sont en possession depuis le 13 décembre d’un document exceptionnel sur les obstacles dressés devant les candidats au travail.
« Préjugés », « représentations erronées », « peurs », « caricatures »…les mots-clefs issus d’un an de discussions entre associations, patronat et syndicats donnent le ton d’une remise en question radicale des pratiques gouvernant l’accès à l’emploi. Le diagnostic du groupe de travail réuni par le collectif Alerte est très direct : « Difficulté des entreprises de sélectionner le demandeur d’emploi autrement qu’en se conformant aux préjugés courants », « existence de représentations erronées des personnes sans emploi et en difficulté […], d’idées reçues, de peurs, de caricatures », « surdétermination du diplôme et moindre prise en compte des motivations […] savoir-être et compétences », « méfiance des salariés [envers ceux qui sont différents] », préférence des salariés pour « l’embauche de leurs proches […] parfois partagée par les entreprises »…
Le document est issu d’un an de concertation entre associations caritatives, patronat et syndicats. Ces échanges ont été organisés par le collectif d’associations Alerte, que préside Gilbert Lagouanelle, directeur de l’Action institutionnelle du Secours Catholique. Ces discussions inhabituelles sont considérées comme une première. Rien n’en a filtré jusqu’au 13 décembre, date de la remise des « Constats et recommandations » du groupe de travail au Premier ministre.
Un système aberrant
Le parcours éducatif est aussi sévèrement mis en cause : « Orientation scolaire et professionnelle par l’échec », dénonce la synthèse des travaux au chapitre des « Freins liés à l’employabilité des personnes ». Et ceux qui auraient le plus besoin de la formation professionnelle pour réparer ce gâchis passent à côté : les entreprises ont « tendance à former les salariés très qualifiés et les cadres », reconnaissent les partenaires sociaux.
Quant à l’accompagnement indispensable des travailleurs en contrat aidé ou des chômeurs créant leur propre emploi, il est inopérant : méconnaissance du dispositif, complexité, absence de partenaire de l’entreprise pour les questions qui la dépassent, insuffisance de financement…
Face à ces maux des remèdes sont évoqués : allongement à un an minimum des contrats aidés pour permettre des « temps de formation adaptés au rythme de la personne et aux contraintes de l’employeur » , priorité donnée à la lutte contre l’illettrisme ou modification des « représentations sur les personnes en situation d’exclusion » dans les syndicats patronaux et ouvriers ainsi que dans l’opinion…Mais rien sur l’inadaptation flagrante des pratiques de recrutement ou de l’orientation scolaire…Le traitement sera plus ardu que le diagnostic. La contribution des personnes en difficulté elles-mêmes sera-t-elle décisive ? Les partenaires d’Alerte ont en tout cas décidé de poursuivre leurs travaux et d’impliquer ces personnes dans la « construction des solutions ».
François Tcherkessof (source secours-catholique)
Télécharger l'ensemble des constats et recommandations du collectif ALERTE et des partenaires sociaux
06:00 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : emploi, réseau alerte |
|
|
Facebook











