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11.07.2008

Premier rendez-vous de la présidence française de l'UE

Les ministres européens du Travail, de l'Emploi et des Affaires sociales se sont retrouvés jeudi et encore ce vendredi à Chantilly, près de Paris, pour un sommet informel qui sera le premier rendez-vous social de la présidence française de l'Union européenne.

L'Europe sociale ne figure pas parmi les quatre priorités de la présidence française. Sur ce sujet les choses sont assez claires ?

La Confédération européenne des syndicats (CES) regrette le compromis accepté le 10 juin, grâce à la France, par les ministres européens de l'Emploi en matière de temps de travail.
La législation européenne sera révisée pour mieux encadrer, mais aussi pérenniser les possibilités de déroger à la semaine de 48 heures en Europe ("opt out").

Hier, jeudi, le Collectif SDF Alsace était Place Kléber avec de nombreuses personnes pour dire NON À CETTE EUROPE LÀ !
Des représentants associatifs, des citoyens, des partis, des militants se sont retrouvés sur ce point d'accord et pour dire ensemble "NON" et faire... RÉSISTANCE

europe europe est-ce que j'ai une gueule d'europe ?

un mois après le Non irlandais au traité raccourci (par sarkosy), quoi de neuf ?

Pendant que sarkosy démantelle l'Etat social, certains hommes politiques qui étaient complètement sourds en 2005, viennent de se déboucher les oreilles, au lendemain du Non irlandais. Exemple Noël Mamère qui avaient soutenu le OUI au TCE, pas très vigoureusement, mais très consensuellement (au sein de l'élite !), semble tout d'un coup percevoir de nouveaux sons qu'il n'entendait plus depuis plusieurs années : une analyse nouvelle à laquelle il est difficile de ne pas souscrire...
 
En deuxième position (à la suite), Daniel Percheron, Président (PS) du conseil régional du Nord-Pas-de-Calais déverse toute sa bile acide sur les commissaires européens... décidément il y a quelque chose qui ne tourne pas rond avec l'Union européenne : même certaines élites n'y croient plu !!!!
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Le non de l’Irlande - Noël Mamère
Edito du 16 juin 2008

Et de trois. Après la France et les Pays- Bas, le 12 juin, le peuple irlandais a rejeté par référendum le traité de Lisbonne. Une fois de plus, quand le peuple est consulté il répond non. On entend déjà les récriminations des élites : ces irlandais, quels égoïstes ! Quels ingrats ! Après tout ce qu’ils ont reçu comme manne financière de l’Europe, ils ont le culot de refuser notre traité. Après le référendum français de 2005, on avait déjà entendu le chœur des pleureuses se lamenter sur la "beaufitude" de ces français “arrogants” et “ignares”. La réaction de l’eurocratie, gauche et droite réunie est convenue et unanime. Son auteur de référence est devenu Bertolt Brecht : “le peuple n’est pas d’accord, changeons de peuple”.

Certains ont même trouvé l’explication casuistique à leur interrogation existentielle : d’un côté, les organisations sérieuses, structurantes, de la société civile et du mouvement ouvrier qui sont pour le oui et qui exprimeraient la volonté réelle des populations. De l’autre, une masse informelle, représentée par l’anomie d’un peuple déstructuré, décérébré, atomisé qui n’a plus le sens de l’histoire ni de ses intérêts à long terme. On est ici en plein retour au XIXème siècle où les intellectuels anciennement de gauche exprimaient leur peur des classes dangereuses. Même mon parti, les Verts, a publié un communiqué regrettant le blocage du processus par moins de 1°/° de la population européenne

.. C’est oublier que plus de 99 °/° de cette population n’a pas eu son mot à dire, sa parole étant confisquée par les gouvernements et les élus, par un mode de ratification non référendaire. Pourquoi ne pas avoir dit que plus de 53 % des
personnes ayant pu s’exprimer ont refusé ce mini traité et ce maxi sac d’embrouilles ?

Alors on me dit qu’il n’y aura pas de plan B et que l’on fera revoter les irlandais pour que cette fois-ci, ils votent bien. Les eurocrates ont trouvé le plus sûr moyen de dé-légitimer la démocratie. Ils ont inventé le vote à la carte. Si vous ne votez pas comme nous l’entendons, vous revoterez indéfiniment ! Le déficit démocratique s’est accru avec la fausse re-négociation du TCE. Au sein de l’Union européenne, les Irlandais sont les seuls à avoir eu le droit de se prononcer par référendum. Les Français en ont été privés par la décision du président de la République de faire ratifier le traité par voie parlementaire.

Pourtant, de l’avis même de ses rédacteurs, ce texte est la copie conforme de
celui qui avait été rejeté en 2005. Il renforce encore un peu plus l’orientation
néolibérale de l’Union européenne. Le résultat a été sans appel. Un effet
boomerang irlandais a fait capoter la trouvaille de Sarkozy. Les irlandais ont
infligé un camouflet au futur Président de l’Union en exprimant par procuration
le refus des centaines de millions d’européens privés de vote.

Au lieu de répondre une fois de plus par le dédain, le mépris ou l’insulte, il
faudrait peut-être, écouter et entendre les raisons de ce troisième non. Il
serait catastrophique que les gouvernements européens fassent l’autruche et
tournent encore une fois le dos à l’expression populaire. Ce résultat, tout
comme ceux du 29 mai 2005 en France et du 1er juin 2005 aux Pays-Bas, apporte la
preuve que la construction européenne actuelle manque totalement de légitimité
populaire. Ce désenchantement vis à vis de l’Europe n’est pas anti européen. ...
mais il pourrait bien le devenir si les instances européennes et les
gouvernements ne se ressaisissent pas et continuent à fonctionner en vase clos à
l’abri de leurs bunkers. Il se focalise pour les mêmes raisons contre une Union
Européenne perçue comme de plus en plus lointaine. L’Union, fondée sur des
principes et des pratiques favorisant le libéralisme plutôt que la protection
des populations face à une mondialisation est jugée de plus en plus menaçante
pour la stabilité des populations et sourdes à leur mécontentement.

L’élargissement ayant précédé l’approfondissement des politiques communes et
l’institutionnalisation, l’Europe est considérée comme une sorte de ventre mou
incapable de nous protéger. La construction européenne qui a assuré la paix
depuis 60 ans est aujourd’hui sans objectif, sans vision autre qu’un grand
marché, ouvert aux quatre vents. Les États-Unis protègent leur production. Ils
savent limiter la concurrence sauvage. L’Europe, elle, se construit comme une
forteresse par rapport aux peuples mais comme une passoire face au capitalisme
sauvage. L’Europe est prise dans cette mondialisation libérale dont les peuples
subissent les conséquences catastrophiques. Elle est de moins en moins sociale
et solidaire, de plus en plus xénophobe. Dans le même temps, une directive
augmente la durée du temps de travail tandis qu’une autre sur l’immigration,
soumise au vote du parlement le 18 juin, durcit de manière drastique les
conditions de détention, d’expulsion des migrants sans papier. Il n’est pas
étonnant dès lors que Bruxelles devienne l’exutoire et le bouc- émissaire des
peuples. Aucune proposition pour une réorientation énergétique ; aucune
proposition pour combattre la spéculation financière, les délocalisations, pour
une autre agriculture... Un Président de la Commission, Barroso, qui passé du
dogme maoïste au dogme ultra libéral, est sourd à toutes les inquiétudes
sociales et volontiers provocateur. Et vous voudriez que les peuples quand ils
sont consultés soient des béni oui - oui !

Le résultat du référendum en Irlande doit être l’occasion d’un grand débat
public sur la construction européenne. Je demande qu’un nouveau traité européen
soit élaboré par une assemblée élue directement par les citoyens et adopté par
référendum dans chaque État membre. Nous voulons une Europe démocratique,
répondant aux exigences sociales, écologiques et de solidarité avec les pays du
Sud. L’avenir de l’Europe ne peut pas se construire dans le dos des peuples mais
dans le respect de leurs aspirations et de leur volonté. On ne peut qu’approuver
la demande d’une nouvelle constituante qui n’aurait qu’à déterminer les rapports
entre le législatif, l’exécutif et le judiciaire au niveau européen, ce qui
suppose une plus grande participation populaire à son élaboration...

L’Europe doit revoir sa copie si elle ne veut pas briser l’espoir qu’elle
représentait il y a encore quelques temps pour les générations montantes. Pour
respecter le non des peuples français, hollandais, irlandais, il faut d’urgence
relancer le débat européen. La gauche et les écologistes n’ont pas à être
tristes du non irlandais. Ils doivent au contraire se saisir de ce non comme
effet de levier pour que les peuples deviennent maîtres de leur destin. Vous
avez dit, démocratie participative ? Chiche !

Noël Mamère, le 16 juin 2008


<a href="http://www.20minutes.fr/article/241403/Lille-Ils-risquent-de-transformer-l-Europe-en-desert-industriel.php" target="_blank">http://www.20minutes.fr/article/241403/Lille-Ils-risquent-de-transformer-l-Europe-en-desert-industriel.php</a>

Daniel Percheron
Président (PS) du conseil régional du Nord-Pas-de-Calais.

Pourquoi intentez-vous cette action en justice contre la commission européenne ?
C'est une question de principe. On est vraiment au coeur du débat sur la nature de l'Europe et sur sa dérive financière. Neelie Kroes [commissaire européenne à la concurrence] a estimé que le prêt accordé en 2005 par la région à Arbel Fauvet Rail était une aide déguisée. Pour elle et pour la commission, lorsque l'entreprise allait mal, nous aurions dû lui enfoncer la tête sous l'eau en lui prêtant de l'argent à un taux très élevé. Elle n'accepte pas que la région ait pris un risque en faveur de l'une des dernières entreprises de cette envergure en Europe qui fabrique du matériel de fret ferroviaire. Quatre cents emplois !
La commissaire estime que cette aide a constitué une distorsion de concurrence vis-à-vis des autres entreprises européennes du secteur.

Est-ce un mauvais argument ?
Ce n'est pas notre vision des choses. Si on a eu tort d'aider au sauvetage d'AFR, alors on n'a plus qu'à se cacher. A quoi servirait le conseil régional ? Dans une région déjà tellement éprouvée, qui sortait d'un Metaleurop, nous avions décidé de stopper la danse tragique du patron voyou et du politique impuissant. Et pourtant, je peux vous dire qu'à l'époque, on se préparait déjà à la bonne vieille routine du malheur, le plan social, les retraites anticipées, les manifestations républicaines... Ah non, pas un bouton n'aurait manqué à la jaquette des élus pour regretter une énième fermeture d'usine ! Nous avons surmonté cela, avec la communauté d'agglomération du Douaisis. L'actionnaire principal d'AFR a fait des efforts, l'Etat a fait des efforts, un nouveau cadre a été recruté chez AFR. Aujourd'hui, cette entreprise a trouvé un nouvel élan, et profite à plein du boom du transport ferroviaire.

Et il aurait fallu la laisser fermer ?
Ne prenez-vous pas le risque de dégrader vos relations avec la commission européenne, qui aide pourtant souvent les régions ?
Je n'ai plus aucune confiance dans les commissaires européens. Barroso [président de la commission européenne], Kroes, Mandelson [commissaire européen au commerce], ce sont de fidèles serviteurs du capitalisme mondialisé. Sous prétexte de défendre le consommateur, ils risquent de transformer l'Europe en désert industriel. Il n'y a plus qu'un marché qui submerge les nations, mais je ne suis pas certain que les Européens veuillent cela. Non vraiment, je ne regrette pas d'avoir voté non au référendum de 2005. Regardez, même l'Irlande, qui est riche grâce à l'Europe, a voté non. Ça ne m'étonne pas.
Recueilli par Olivier Aballain - ©2008 20 minutes

11.05.2008

Pour une Europe métissée

Contre l’hypocrisie européenne, le groupe de la Gauche unie européenne/ Gauche Verte nordique a présenté ses contre-propositions sur l’immigration.

« Personne n’est illégal, non à une Europe forteresse. » La position du groupe GUE/GVN sur la question a toujours été claire et saisir l’opportunité de la manifestation contre « la circulaire de la honte » pour présenter ses analyses et propositions, dans une brochure « Pour l’Europe métissée », l’a conduit à ne rendre disponible, pour l’instant, qu’un document en anglais et en italien. Le français et les autres langues suivront.

L’immigration légale est utile, la citoyenneté de résidence indispensable, les centres de rétention-détention doivent être fermés, la circulaire retour radiée de la carte et la politique restrictive inadmissible sur le droit d’asile abandonnée, tels sont les grands thèmes abordés dans la brochure.

« Ce n’est pas une brochure de propagande, explique Giusto Catania, vice-président de la commission Justice et Affaires intérieures du Parlement européen. Nous voulons donner des explications, analyser une politique européenne basée sur l’hypocrisie. D’un côté, elle reconnaît avoir besoin de migrants des pays tiers, de l’autre elle fait tout pour les expulser, les enfermer, ne pas légaliser leur situation quand ils sont déjà sur le territoire. L’Europe a besoin de vingt millions de migrants économiques en 2020. Mais rien n’est mis en place pour les légaliser. Nous faisons donc des propositions pour que la résidence de cette immigration soit légale. »

Pour l’élu italien, la rétention-détention administrative est illégale. « On ne peut pas emprisonner les gens pour un délit administratif. Imaginez un conducteur italien sans permis de conduire : on lui met une amende. S’il n’est pas européen, on le met en rétention et on l’expulse ! Il faut que les migrants et les demandeurs d’asile aient le droit de chercher du travail, il faut que les citoyens de l’Union le soient par leur résidence et non par un droit du sang, il faut faire disparaître le travail illégal. »

C’est à toutes ces questions que les députés ont voulu apporter des réponses d’autant plus vite que la présidence française de l’Union, dès le 1er juillet, n’augure rien de bon, soulignait Francis Wurtz, président du groupe.

E. R. L'HUMANITÉ

 
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