13.09.2008
Le Conseil général du Bas-Rhin liquide ses bénéficiaires du RMI
La méthode pour radier le maximum de personnes est violente et pernicieuse. Jusque là, rien de nouveau les "politiques" de tous bord utilisent les mêmes grosses ficelles lorsqu'ils s'agit de "gérer" les pauvres, les exclus au niveau de "leur" ville ou de "leur" département.
Plusieurs contacts du Collectif SDF ont reçu un courrier du Conseil Général du Bas-Rhin, les convoquant afin "d'évoquer leur situation face au RMI". En réalité, la commission locale d’insertion (CLI), dépendant du Conseil général, a décidé de faire face à la décentralisation en réduisant le nombre de bénéficiaires du RMI. Le mot d'ordre est : économie.
Chaque mois, une commission composée de fonctionnaires, convoque et «auditionne» les bénéficiaires du RMI dans leurs locaux aux Ponts Couverts. Les convocations "pleuvent". Le bénéficiaire du RMI est seul face à des juges déterminés à accomplir leur tâche.
La cible dans sa grande majorité, est facile. Car le CG67 vise en priorité les personnes qui, comme on vous l'a rabâché sont passer à travers le I de RMI. Aujourd'hui on les rends responsables de cette défaillance. C'est bien connu, le "rmiste" est un fainéant, un profiteur, comme le chômeur, comme l'expulsé, comme le malade, comme le paralytique, comme l'étranger, comme le jeune des ghettos de banlieue, comme l'intermittent du spectacle, etc.
Il y à environ un an de cela, lors d'une rencontre, quelques travailleurs sociaux posaient des questions gênantes : qui sont ces personnes, quel est leur profil, comment se fait-il qu'elles n'aient pas rencontrées un travailleur sociaux...
Ces imbéciles préconisaient d'aller à leur rencontre, de leur parler et de cerner leurs besoins, leurs demandes... Bref ces Travailleurs sociaux faisaient leur travail en donnant au dispositif RMI sa dimension humaine...
Le Conseil Général du Bas-Rhin a donc décidé de faire à "sa manière", sans s'encombrer de ces empêcheurs de radier à la chaîne. On repère les cibles (grâce à qui au fait ?), on les convoque et on les radie. C'est simple et "efficace".
Car cette mesure, c’est bien trop clément et trop «humain» pour le département du Bas-Rhin qui a décidé de réduire ses "coûts".
Pour l'aider à accomplir cette mission les commissions CLI, sont composées de directeurs d'anpe, de fonctionnaires... Bref, le casting
parfait pour atteindre l'objectif tout en lui donnant un air de respectabilité.
Le bénéficiaire du RMI est considéré par ces gens là, comme un sous-homme, et un profiteur. Il est donc un "homme" que l'on destitue de tous ses droits, à la merci de ses "juges" et d'une société trop indifférente. Et tout est permis.
Pour Jacky, le petit Fred, Pierre, et d'autres, tous à la rue, après 20 minutes "d'audition" la sentence est tombé : 3 mois de radiation immédiatement, on vous convoquera à nouveau (quand?), vous devez avoir un référent.
Aucune aide, aucun conseil, pas même une adresse d'association; circulez et au suivant.
Depuis le mois de mars le CG67 a "embauché" des élus de la "nouvelle" municipalité sans qu'aucun changement de "stratégie" n'intervienne. L'"opposition" reste silencieuse, comme les associations qui "attendent" que ces "cas" viennent à elles...
Jusqu'où peut aller l'inacceptable ?
09:32 Publié dans Communiqué | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
| Tags : cg67, conseil général du bas-rhin, rmi, radiation des chômeurs, radiation des minima sociaux, exclusion, strasbourg |
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