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15.09.2008

RSA : Ce qu'en pense le MNCP Mouvement national des Chômeurs et Précaires

Le communiqué de presse du Mouvement national des Chômeurs et Précaires.

Projet de loi sur le RSA : trop d’ambiguïtés en l’état !

Le MNCP est d’accord avec le fait qu’un travailleur pauvre, ou une personne reprenant une activité, puisse augmenter ses ressources comparativement à sa situation initiale. Des règles de cumul existent d’ailleurs déjà (et souvent plus favorables que le RSA, mais trop complexes, non durables et pas ouvertes à tous). De même, nous sommes conscients du fait que cette allocation spécifique répond à une partie des attentes des personnes concernées.

Cependant, nous ne pouvons qu’émettre les plus grandes réserves sur un projet de loi qui consiste, indirectement, à se focaliser sur les personnes qui n’auront pas trouvé de travail et à chercher toutes les procédures possibles pour les en rendre responsables. D’où, en fait, le grand recul contenu dans ce projet de loi qui avance masqué.

Pour que le MNCP puisse soutenir ce projet et le considérer comme un progrès par rapport à la situation actuelle, il faut que l’on admette une bonne fois pour toutes :

• Qu’il n’y a pas d’emploi pour tous et qu’il est donc inconcevable de ne réfléchir qu’en terme de «sanctions» pour ceux qui ne retrouveront pas quelques heures de travail. (Rappel : on est sur la base d’une rotation de 300.000 offres ANPE en moyenne, pour 5 millions de personnes susceptibles de travailler.)

• Que, parmi les 1,4 millions de personnes concernées (RMI + API), beaucoup sont éloignées de l’emploi : les inscrire dans le droit commun de l’«Offre Raisonnable d’Emploi» est une façon de les éliminer de ce nouveau dispositif (et donc de tout revenu), ou de leur faire accepter n’importe quel petit boulot.

• Que le droit au refus d’un travail précaire ou à temps partiel soit respecté (Déclaration universelle des Droits de l’Homme sur le libre choix de son travail).

• Que le minimum garanti - RSA de base - soit d’abord considérablement relevé, loin des montants actuels qui sont la honte de notre société (447 € maximum pour une personne seule, souvent moins, alors que le seuil de pauvreté est évalué à 817 € par Eurostat).

• Qu’aucune personne, jamais, ne puisse être laissée sans revenu et que le RSA de base soit un droit opposable et attribué sans conditions ni contreparties autres que les conditions de ressources; il est d’abord indispensable de garantir à ceux qui ne peuvent travailler les moyens de vivre décemment.

• Et, si ces conditions sont réunies, que soit alors étendu un dispositif satisfaisant à tous (ASS, jeunes de moins de 25 ans…).

Enfin, pour être valable, ce projet de loi doit exiger des entreprises qu’elles s’engagent sur une politique d’emploi allant vers du temps plein pour les personnes… et qu’elles soient, elles aussi, elles surtout, contrôlées et redevables sur cet engagement.

Alors seulement, le MNCP pourra soutenir ce projet de loi. Mais pour le moment, il est clair qu’il ne constitue pas un progrès pour les personnes aux minima sociaux et que, globalement, il contient plus de négatif que de positif. Aussi, serons-nous très attentifs aux amendements pour l’amélioration de ce projet.

Jean-François YON, Président du MNCP
Mouvement national des Chômeurs et Précaires
17 rue de Lancry - 75010 Paris
Tél : 01 40 03 90 66
mncp.national@free.fr
www.mncp.fr

29.08.2008

Sapin : Les plus riches ne paieront pas la taxe RSA

Par Sophie Verney-Caillat | Rue89 |

Pour financer le RSA, Sarkozy crée une taxe sur les revenus du capital. Une mesure de gauche ? Pas pour le socialiste Michel Sapin.

Nicolas Sarkozy s’apprête à annoncer une mesure aux (faux ? ) airs de Robin des Bois. Il manquait à Martin Hirsch 1,4 milliard d’euros pour financer son Revenu de solidarité active (RSA) ? Il les prend dans la poche des épargnants, avec une nouvelle taxe sur les revenus du capital. Sont visés par ce nouveau prélèvement les revenus issus du patrimoine, ainsi que les dividendes et l’assurance-vie. Les détails de ces mesures doivent être donnés ce jeudi lors d’un déplacement présidentiel à Laval (Mayenne).

Une mesure "de gauche" ? Bousculant les traditionnelles lignes politiques, elle a eu le don, en tout cas d’embarrasser le PS, qui depuis longtemps prône ce type de mesure.

La gauche s’est sentie obligée de saluer une décision "légitime" (Hollande), allant même jusqu’à envisager de le voter, tandis qu’à droite des voix comme celle du député UMP Hervé Mariton s’élevaient pour dénoncer un "impôt nouveau".

"Il n’y a aucune raison de bouder son plaisir"

Michel Sapin, secrétaire national du Parti socialiste en charge de l’économie, relativise pourtant la bonne nouvelle, comparant des "montants qui n’ont rien à voir", entre les 15 milliards du paquet fiscal de l’an dernier et ce milliard et demi dont les contours doivent encore être précisés.

"Je ne suis pas dans l’embarras", assure-t-il, "ce qui est embarrassant, c’est que le président de la République annonce de mauvaises mesures qui sont mal financées". D’ailleurs, ajoute le député de l’Indre, "ce n’est pas une bonne action aujourd’hui qui va effacer le péché originel du bouclier fiscal". Avec certaines réserves, il avoue tout de même : "Il n’y a aucune raison de bouder son plaisir." (Ecoutez le son.)

25.08.2008

Le Revenu de solidarité active généralisé à toute la France en 2009

PARIS (AFP) - Le Revenu de solidarité active (RSA) sera "généralisé sur l'ensemble du territoire en 2009", confirme le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant dans une interview dimanche au Parisien/Aujourd'hui en France.
Interrogé sur le risque d'un "RSA au rabais", il assure que "non, ce sera un vrai RSA".
Le RSA, qu'expérimentent déjà 34 départements, sera examiné "en urgence" par le Parlement lors de sa session extraordinaire du <strong>22 septembre</strong>, mais le Haut-Commissaire Martin Hirsch, principal concepteur de cette mesure, s'est inquiété publiquement du risque qu'il ne soit pas généralisé avant l'été 2009.

26.04.2008

La pauvreté revient

LA CHRONIQUE DE FAVILLA - Les Échos

La question de la pauvreté refait surface sous différentes formes, qu'il s'agisse des émeutes de la faim sous certaines latitudes ou du projet de revenu de solidarité active, plus près de nous.

Toute une partie de l'opinion est convaincue que la pauvreté n'a cessé de progresser depuis que les frontières économiques et financières ont quasiment disparu. Evoquer un « retour de la pauvreté » serait donc une quasi-provocation. A ceci près que l'idée d'une progression continue de la pauvreté par le passé est tout simplement fausse. Elle a, au contraire, globalement reculé sous l'effet de l'expansion foudroyante d'une moitié de la Chine et de l'Inde et d'une partie du continent sud-américain.

Pour prendre la mesure du phénomène de retour de la pauvreté, il faut donc d'abord rétablir la vérité sur le passé récent. Faute de quoi on aurait l'impression que rien ne change et que la crise actuelle n'est que la suite de l'épisode précédent. Or le monde est confronté à un défi radicalement nouveau que, curieusement, il ne semble guère avoir anticipé alors qu'il était parfaitement... prévisible !

Ce défi est celui du transfert massif de richesses. En schématisant à l'extrême, on peut décrire la séquence suivante : première étape, à partir de la décennie 1980, les industries de main-d'oeuvre peu qualifiée quittent l'Occident pour l'Orient. Cette première étape provoque un puissant exode rural et donne du pouvoir d'achat à une nouvelle population urbaine en Asie. Deuxième étape, quinze ans plus tard, les technologies de l'information se diffusent et permettent à l'Orient de se positionner aussi sur des produits à plus forte valeur ajoutée. Une classe moyenne nombreuse se développe grâce à ce processus. Troisième étape, actuelle, les richesses ainsi créées confèrent à ces populations qui vivaient jusqu'alors dans une misérable autosuffisance alimentaire un pouvoir d'achat important à l'échelle du monde. L'équilibre mondial de l'offre et de la demande en est profondément affecté. Lorsque l'offre est en mesure de répondre, c'est le cas, par exemple, de l'industrie allemande, le cercle vertueux de la croissance s'enclenche. Là où l'offre ne suit pas, c'est le cas de la production agricole, la pression de la demande se traduit inéluctablement par la hausse des prix. Celle-ci frappe alors de plein fouet ceux qui sont restés en marge de la séquence majeure du développement mondialisé. Parmi eux se trouvent de nombreuses populations africaines, mais aussi les parties de la Chine ou du sous-continent indien demeurées rurales, ou encore les travailleurs non qualifiés d'Occident qui ne se sont pas encore adaptés à la nouvelle donne.

La formidable soudaineté du transfert de richesses crée donc une nouvelle pauvreté qui pourrait conduire elle-même à de nouvelles violences. Il n'y a pas trop du FMI, de la Banque mondiale, des ONG et de Martin Hirsch pour tirer la sonnette d'alarme et presser les Etats de prendre leurs responsabilités politiques.

 
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