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04.01.2011

Quatre chalets Emmaüs

Henri Tilhet, ganadero et chef d'entreprise, a acquis quatre de ces constructions en bois pour l'hébergement d'urgence. Deux pour Dax, deux pour Mont-de-Marsan

Il aurait pu signer un chèque à l'une des nombreuses associations qui travaillent avec et pour des personnes en difficulté. « Non ! Dans le reportage que j'avais vu à la télévision, ce qui m'a plu, c'était de voir que des gens en insertion travaillaient avec la finalité d'aider des personnes dans la difficulté, sans abri. C'était une vraie chaîne de solidarité. » Alors, la semaine dernière, Henri Tilhet, ganadero, à la tête de la Sopecal à Saint-Sever, a signé un chèque de plus de 70 000 euros à Emmaüs Gironde, pour l'achat de quatre chalets en bois. Deux sont destinés à Dax et deux autres à Mont-de-Marsan.

Ce geste généreux d'une personnalité atypique a évidemment séduit Pascal Lafargue, le président d'Emmaüs Gironde. « Ce sont plutôt des collectivités locales qui commandent nos chalets. Comme Philippe Madrelle, le président du Conseil général de la Gironde, qui a signé un partenariat pour 1,5 million d'euros pour 50 chalets. Que ce soit l'initiative d'un chef d'entreprise, c'est une première ! »

L'affaire de tous

C'est en 2006 qu'Emmaüs Gironde s'engageait dans un véritable défi. L'association rachetait une usine de transformation du bois à Saint-Seurin-sur-l'Isle. Une entreprise adaptée qui allait désormais fabriquer des chalets d'urgence pour les sans-abri. Le 22 janvier 2008, pour le premier anniversaire du décès de l'abbé Pierre, un chalet était construit place de la Mairie à Bordeaux. « Notre idée, c'était de promouvoir ce type de construction pour l'hébergement d'urgence par rapport aux foyers collectifs ». Emmaüs a donc travaillé sur la qualité du produit fait avec du bois issu du massif landais, et pourvu de hautes performances énergétiques.

« Il y a un an, raconte Pascal Lafargue, nous avons rencontré Henri Emmanuelli, pour lui proposer de développer chez lui ce produit et de créer une nouvelle unité de production dans les Landes, toujours en gardant le même concept d'économie sociale et solidaire. Il nous a largement ouvert sa porte. Et nous sommes toujours en train de travailler sur cette idée. L'affaire est sérieuse mais les financements sont lourds. »

Cette première en France, initiée par Emmaüs Gironde, soutenue par « Sud Ouest Solidarité » a suscité de nombreux reportages. C'est dans ce contexte qu'Henri Tilhet a rencontré Pascal Lafargue, qui a été séduit. « C'est un homme très attachant, qui estime que la lutte contre la grande exclusion est l'affaire de tous. » L'intéressé reste très discret sur les raisons intimes qui l'ont poussé à cette action. Ou à d'autres. En 2008, il avait signé un chèque de 3 000 euros pour qu'une association montoise CaféMusic puisse organiser un réveillon solidaire. Il ajoute simplement : « Il ne faut pas sortir très loin pour se rendre compte qu'il y a des gens en difficulté. » Reste qu'évidemment, en chef d'entreprise peu rompu aux lourdeurs administratives, il aurait voulu que tout aille plus vite que ne l'impose la gestion de ce type de dossiers. Or, il y a moult conventions à signer avec les villes qui les reçoivent, et les associations ou communautés qui en assurent la gestion, et définissent la destination des chalets.

Le Grand Dax signe

Le 22 décembre dernier, lors du dernier conseil communautaire du Grand Dax de 2010, un premier pas administratif était franchi, avec la présentation du projet et de la convention tripartite entre Henri Tilhet, la Communauté d'agglomération et l'association Emmaüs Développement. Encore faut-il que la communauté d'agglomération détermine le lieu d'implantation des deux chalets dacquois de 16 m² et 24 m². Plusieurs pistes sont étudiées par les services du Grand Dax : leur inscription dans la pérennisation de l'accueil de jour pour l'accompagnement des SDF. Ceci nécessitant l'aménagement d'un terrain et la recherche d'un partenaire pour la gestion de cet accueil. On peut aussi envisager leur utilisation dans le cadre de l'accueil des gens du voyage, en voie de sédentarisation. La communauté d'agglo est en effet engagée dans une « Maîtrise d'œuvre urbaine et sociale » (Mous) en faveur de cette insertion.

Le président de la communauté d'agglomération, Jean-Marie Abadie, apprécie en tout cas le geste. « Le Grand Dax se félicite du caractère social et environnemental exemplaire de cette action qui conjugue l'effort en faveur des plus démunis et le développement de l'écoconstruction en bois. » Une quarantaine de chalets a été fabriquée en 2010. La production devrait être triplée cette année.

SOURCE : http://www.sudouest.fr/2011/01/04/quatre-chalets-emmaus-2...

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27.05.2010

Citoyens sans logement, citoyens exclus

Des familles du collectif « les oubliés de la loi Dalo » sont descendues dans la rue pour obtenir le logement pour lequel elles ont été reconnues prioritaires par la loi dite du droit au logement opposable. Elles manifestent au pied de l’immeuble, situé au 180 de la rue de la Croix-Nivert à Paris, dont les trente logements rénovés en 2005 sont sans occupants depuis vingt-six ans. Alors même que le besoin de loger des familles n’a jamais été aussi pressant, cette situation symbolise bien le scandale des logements vides.

A l’instar des 25 000 demandeurs en Ile-de-France reconnus prioritaires par la loi Dalo et non-relogés, ces familles dont les membres travaillent, vivent des situations de grande précarité dans des taudis, des hôtels, des foyers, ou encore menacées d’expulsion sans relogement. Alors qu’elles ont été reconnues prioritaires, ou sont en voie de l’être, elles ne sont toujours pas logées. L’Etat reste dans l’illégalité.

La crise du logement frappe des millions de personnes à cause du prix des loyers, du manque de logements locatifs sociaux, d’une politique orientée par les besoins du marché immobilier et non par la demande sociale. Or se loger dans un habitat digne est une nécessité vitale et un droit fondamental pour tous. C’est un préalable indispensable à l’accès à une citoyenneté effective, combat permanent de la Ligue des droits de l’Homme. Spéculer sur cette nécessité et faire du logement une marchandise rentable est particulièrement scandaleux.

La Ligue des doits de l’Homme dénonce le désengagement de l’Etat qui ne prévoit aucune mesure de relance de la construction de logement social accessible aux ménages les plus modestes et l’absence de volonté politique de rendre effectif le droit au logement. Cela constitue un grave manquement au pacte républicain qui assigne à l’Etat le devoir de satisfaire les besoins sociaux du plus grand nombre, et notamment des plus fragiles. La LDH appelle à tout faire pour que s’impose une vraie politique du logement portée par la puissance publique, avec la volonté d’aborder ces problématiques dans une perspective globale de satisfaction des besoins sociaux. Elle soutient l’appel à manifester dimanche 30 mai, lancé par le Dal et le collectif des prioritaires Dalo, et se rassembler à 15h rue du Bac.

Communiqué LDH 26 mai 2010

28.11.2009

Une belle nuit solidaire, hier soir à Strasbourg

Les camions des Emmaüs du Bas-Rhin garés derrière le sapin de la Place Kléber signalaient le point de rassemblement. Les compagnons se sont activés dès leur arrivée, et en un temps record, des tables étaient dépliées.

Distribution de soupes, de cafés et autres colations. Le mot était passé, les sans-abri sont venus nombreux. Emmaüs dans sa générosité donnait des petites peluches, des boules de Noël, ...

Les associations présentes en plus d'Emmaüs : Caritas, Fnars, Chateau d'eau, Vac'Assos, qui ont participé à la création de cette première nuit solidaire.

Monsieur Bies (PS), adjoint en charge du logement est resté un long moment. Le Parti de Gauche du Bas-Rhin et de Moselle étaient également présents.

Un moment convivial et fort dont l'objectif était d'attirer l'attention de tous les pouvoirs publics sur une situation qui s'aggrave de jours en jours.

07:07 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sdf, sans-abri, sans domicile, strasbourg | | |  Facebook

13.11.2009

Une entreprise propose de lancer la fabrication d'une maison avec une ossature conteneurs

Conforexpo : La maison en fer de demain

«Vraiment étonnant ! » « Où peut-on acquérir des conteneurs d'occasion ? » « A quel prix ? » « Mais pourquoi n'a-t-on pas utilisé plus tôt ces matériaux de récup', ne serait-ce pour créer des centres d'hébergement d'urgence ? »... Les réflexions se passent de commentaires. L'exposition, qui met en avant les possibilités d'utilisation de vieux conteneurs dans la construction, suscite intérêt et enthousiasme.

« "Vivons Autrement" est un thème porteur, nous savions que les visiteurs allaient adhérer, mais nous ne pensions pas qu'ils adopteraient aussi facilement cette maison en conteneurs. Or, ils s'y bousculent, certains vont jusqu'à nous demander à qui ils peuvent s'adresser pour en faire construire une », note Marie-Laure Hubert-Nasser, initiatrice du projet à Congrès et expositions de Bordeaux. Elle est heureuse comme le sont Cendrine Dominguez et les étudiants de l'IDAE qui ont concrétisé le projet.

Ce qui surprend le visiteur, ce sont les possibilités offertes par ces drôles de boîtes. On peut les mettre les unes sur les autres, les mettre en carré pour délimiter une cour, les placer les unes à côté des autres. Et les peindre de toutes les couleurs...

1 500 euros le 6 mètres

Autant de boîtes, autant de pièces. Des boîtes, contrairement à ce que l'on imagine au départ, où l'on ne risque pas l'étouffement puisque l'on peut y découper des portes, des fenêtres et y intégrer chauffage et climatisation.

Avec, au bout du compte, des surfaces utiles incroyables. Le petit conteneur offre 14 m² d'espace (une chambre d'un pavillon classique en propose 10 à 12 !), le grand conteneur 28 m² (la grandeur d'une salle à manger !). Et ces conteneurs peuvent être aménagés de façon très confortable. Comme le démontrent les idées suggérées dans l'expo. Mais cela est-il vraiment possible ? Oui, puisque des architectes étrangers ont déjà créé de telles maisons. Oui aussi en Gironde, où n'importe quel acheteur peut acquérir des conteneurs.

« Nous vendons des conteneurs d'occasion à qui en veut. En gros, 1 500 euros hors taxe le 6 mètres, 2 000 euros hors taxe le 12 mètres. Nous pouvons même les découper selon les désirs des clients », témoigne Anthony Espejo de Progeco, société leader dans la vente et la location de conteneurs installée à Bruges. De nombreux Girondins auraient déjà ainsi acquis des conteneurs pour en faire des abris de jardins, des ateliers et autres locaux annexes.

LA SUITE DE L'ARTICLE, DES PHOTOS ET DES VIDÉOS SUR SUD-OUEST

14.10.2009

Strasbourg : Une maison à vie pour des sans-abri de longue durée

20mn Strasbourg -

Habitué à dormir dans la rue depuis une éternité, il a dorénavant un hébergement à vie. « C'est un peu ma maison », confie Arroquiassamy Lamonnaie, heureux de faire visiter son studio, de montrer chaque détail de sa nouvelle vie : ses charentaises au pied du lit, son jeu de cartes près de la fenêtre ou bien encore ses cotons-tiges sur le bureau.

Ce Strasbourgeois de 56 ans vient de s'installer à l'Accueil des deux rives, rue de Lubeck, dans le quartier du Port du Rhin. Une structure de quinze places issue d'un travail de réflexion mené par la Ddass. Sa particularité : elle est dédiée aux SDF vieillissants - c'est-à-dire des personnes, âgées en moyenne de 58 ans, qui vivent dans la rue depuis plus de dix ans -, qu'elle accueille pour une durée illimitée. « Il ne s'agit ni d'un hébergement d'urgence, ni d'un accueil de jour. Elles sont ici chez elles », explique Daniel Baumgartner, le directeur de l'association Horizon amitié, porteuse du projet.

RMiste, Arroquiassamy verse, comme tous les autres résidents, 30 % de ses revenus à la structure. En échange, il est logé, nourri, et blanchi. Il bénéficie également d'un accompagnement sanitaire. « Ces anciens SDF ne sont jamais allés voir un médecin. Alcooliques, ils souffrent des reins, du foie... Certains ont la poliomyélite et sont gangrénés. Il faut donc les soigner et les encourager à se doucher et à laver leur linge », précise Özkan Beceren, le responsable de l'Accueil des deux rives.

Deux travailleurs sociaux et trois auxiliaires de vie leur réapprennent ces gestes du quotidien et les aident dans leurs démarches administratives. « C'est un travail de longue haleine. Les résidents oublient souvent leurs rendez-vous », souligne Patricia Weber, travailleur social. « Une maison de retraite classique ne peut pas les accueillir. Ils ne croient plus en rien, et détestent avoir des obligations », indique Özkan Beceren. Pour cette raison, les règles à l'intérieur de la structure sont très souples. Les résidents sont libres d'aller et venir. Ils ont chacun leur clé, et peuvent s'absenter pendant une semaine. En revanche, il est interdit de boire ou de fumer dans les locaux. Si Arroquiassamy Lamonnaie passe toute sa journée à l'Accueil, à jouer aux cartes ou au billard, il fait figure d'exception. Pendant la journée, la structure se vide de ses occupants. « Un de nos objectifs est de fidéliser les résidents à nos activités. Toutefois, qu'ils rentrent chaque soir est déjà un exploit. Depuis l'ouverture, seules deux personnes sont retournées à la rue », se félicite Daniel Baumgartner.

Le centre est à la recherche d'une enveloppe de 100 000 euros pour couvrir son budget de 500 000 euros. Actuellement, 50 % sont pris en charge par l'Etat, et 15 % par la ville. Dans deux ans, l'Accueil devrait déménager au centre-ville, rue Fritz-Kiener, et ainsi donner une raison de plus à ces anciens SDF de ne pas retourner à la rue. W

Sonia de Araujo

07:00 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : strasbourg, sans abri, sans domicile | | |  Facebook

27.09.2009

Ajaccio : Après l'incendie de l'ancien collège les SDF de retour au Finosello

Source Corse Matin - Une colère sourde, aussi froide que la nuit a été brûlante, suffocante. Hier après-midi, alors qu'ils faisaient le pied de grue devant les grilles de la préfecture d'Ajaccio, les SDF ayant réchappé la veille au brasier de l'ancien collège du Finosello à Ajaccio avaient à peine la force de manifester leur colère. Même lorsque les services de la préfecture de région et de la mairie se sont renvoyés la balle pour savoir qui devait se charger de leur relogement la nuit dernière.

Le spectaculaire incendie du squat du « Fino », vendredi soir, reste pour l'heure inexpliqué. Il n'aura fallu que quelques minutes pour que les flammes réduisent en cendre une partie des 2e et 3e étages de ce bâtiment désaffecté, qui abritait depuis le mois d'avril des SDF réunis au sein du collectif I Fratelli di a strada. Signalé vers 21 heures, le sinistre a mobilisé la totalité des pompiers d'Ajaccio. Une trentaine de personnes occupait alors les lieux. Après une heure et demi de lutte, l'incendie était fixé et, surtout, en fin de soirée, le spectre d'une victime piégée par le feu était écarté.

« Des gens qui cherchaient l'embrouille »

Passé le soulagement, plusieurs « locataires » estimaient dès vendredi soir que le sinistre était d'origine criminel. « Je regardais le match Ajaccio-Tours à la télévision. Lorsque le feu s'est déclaré, j'ai juste eu le temps de prendre le minimum avec moi et de m'enfuir, raconte Denis, 50 ans. Dix minutes avant, il y avait eu des éclats de voix devant le bâtiment. Des gens qui cherchaient l'embrouille... Ils ont dû balancer des cocktails Molotov ou quelque chose comme ça. » Cédric, qui vivait au 3e étage, a lui aussi entendu du bruit, puis il y a eu « comme une explosion. J'ai penché la tête par la fenêtre. A l'étage du dessous, il y avait déjà des flammes. »

S'il semble que, dans le quartier, des habitants se plaignaient régulièrement de la présence de ce squat dans l'enceinte de l'ancien collège du Finosello, la direction départementale de la sécurité publique (DDSP) n'a enregistré aucune plainte officielle. Et ne privilégie surtout aucune piste, car la cause accidentelle s'avère d'autant plus plausible que certains sans domicile fixe possédaient des réchauds et divers équipements électriques.

Hier, alors que les pompiers maintenaient une surveillance étroite du site, les hommes de la DDSP, accompagnés par leurs collègues de l'Identité judiciaire, ont inspecté les lieux. Des prélèvements ont été effectués et doivent être analysés dans les prochains jours. Mais, aucun élément permettant d'accréditer la piste criminelle n'a pour le moment été découvert dans les décombres.

« Nous travaillons pour le moment sur deux témoignages accréditant une origine volontaire extérieure, sans exclure pour autant la cause accidentelle », confirmait hier le substitut du procureur d'Ajaccio, Valérie Tavernier.

Un nouveau squat

Reste que la situation de la trentaine de SDF qui s'était réfugiée au Finosello est loin d'être réglée. Après avoir pu récupérer dans l'après-midi leurs affaires encore intactes, abandonnées au cours de la fuite, l'accès du bâtiment leur a été interdit pour raisons de sécurité. La mairie d'Ajaccio a d'ailleurs pris un arrêté dans ce sens et des CRS ont été placés en faction devant l'entrée pour éviter toute nouvelle intrusion.

Après avoir espéré que les services municipaux ou de l'Etat seraient en mesure de leur proposer une solution de relogement provisoire pour la nuit dernière, les SDF d'I Fratelli di a strada et la poignée de bénévoles qui les assiste ont pris dès hier le taureau par les cornes. En l'absence de réponse des autorités (voir par ailleurs), le groupe a investi un autre bâtiment désaffecté, situé à proximité du premier. En fin de journée, ils étaient parvenus à y rétablir l'eau et se préparaient à y installer leur campement de fortune.

« Ces gens, dont la plupart travaillent, ne demandent qu'une chose : un petit toit pour vivre décemment et repartir du bon pied, soulignait hier Angelina, de l'association A Rinascita. Mais, personne ne veut les entendre ! »

A 18 heures, les pompiers considéraient le feu définitivement éteint, après quelques reprises sporadiques dans la journée. De ce côté-là, au moins, la page était tournée...

Sébastien Pisani

15.06.2009

LDH STRASBOURG : LE LOGEMENT ET LA RUE

Cycle de conférences - ateliers 2008/2009

"Le logement et la rue "

Faisons preuve d'intelligence collective


ATTENTION : CHANGEMENT D'HORAIRE !

La ligue des Droits de l'Homme - Strasbourg

Sous le patronage de M. Terry Davis, Secrétaire Général du Conseil de l’Europe
Avec le parrainage de M. Albert Jacquard


vous invite

le vendredi 26 juin 2009 de 18h45 à 20h45 (conférence)
Au Collège Doctoral Européen
46 Boulevard de la Victoire - 67000 STRASBOURG
et
le samedi 27 juin de 9h30 à 13h (atelier)
1 rue de la Course - Strasbourg

à la conférence-atelier N° 9 du cycle avec

M. Patrick Henry
Médecin, alcoologue, victimologue,
chargé de la mission de lutte contre la grande exclusion à la RATP depuis 1992

Entrée libre
Merci de diffuser largement

En savoir plus : www.ldh-strasbourg.org

Nous écrire : logementetrue@ldh-strasbourg.org

Télécharger l'affiche

Télécharger l'invitation

Pour retrouver tout ce qui concerne :

Les conférences N°1 à 8 cliquer ici

Les atelier N°1 à 8 cliquer ici

Les équipes projets N°1 à 8 : cliquer ici

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La santé et la rue

La vie à la rue fragilise le corps soumis à rude épreuve mais aussi le mental des sans abris. Comment vivre exclusivement le présent, occupé à temps plein à sa simple survie?

En 1984, au centre d'hébergement de la Maison de Nanterre, Patrick Henry crée une consultation médicale unique en Europe où dix mille hommes et
femmes de Paris en grande précarité trouvent un accueil médical et une écoute. De cette riche expérience humaine, Patrick Henry et Marie-Pierre
Borde ont tiré un livre "La vie pour rien" édité chez Robert Laffont en 1999.

Dix ans plus tard, la question des conséquences de la vie à la rue sur la santé pour les SDF et les mal-logés reste d'une brûlante actualité.
Ainsi, une étude de mars 2009 réalisée par Médecins du Monde et l'Assistance Publique Hôpitaux de Marseille montre que :
- la moyenne d’âge de décès des sans-abri est de 41 ans pour les femmes et de 56 ans pour les hommes (l’espérance de vie en France pour un homme est de 77 ans et pour une femme de 84 ans selon l’Insee);
- les personnes présentant des problèmes de santé mentale (addictions et pathologies psychiatriques) ont une espérance de vie encore plus basse : 37
ans;
- les pathologies digestives (20,5 %) et pulmonaires (16 %) sont les principales causes d’hospitalisation ou de décès. Le stade d’évolution de la
maladie, très avancé, témoigne d’une absence de suivi régulier ou d’intervention à temps;
- 15 %: c’est le taux de suicide chez les SDF, soit sept fois plus qu’en prison.

Le 26 juin, lors de la conférence XXX, Patrick Henry nous fera part de son analyse actuelle des conséquences sur la santé de la vie à la rue en tant
que médecin engagé auprès de cette population.
Sources :
M. Patrick Henry, Médecin, alcoologue, victimologue, chargé de la mission de lutte contre la grande exclusion à la RATP depuis 1992).

Bibliographie :

- La vie pour rien, Patrick Henry et Marie-Pierre Borde, 1999, Robert Laffont.
- Bouche de chaleur, Patrick Henry, 1998,  Anne Carrière.
Accompagnateur compétent de l'atelier du 27 juin : M. Syamak Agha Babaei, médecin urgentiste et conseiller municipal à Strasbourg

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29.04.2009

C'est toute l'année qu'on crève

Collectif SDF Alsace
Strasbourg le 28 avril 2009

Communiqué

Le Collectif SDF Alsace est solidaire des personnes sans-abri qui ont subies, cette nuit, des violences policières inacceptables : traitements dégradants, menottage serré, insultes, humiliations, ...

• Le Collectif SDF Alsace exige qu'une enquête soit diligentée sans délais sur les agissements des policiers.

Nous demandons que les vidéos des caméras de surveillance soient mises sous séquestre, afin de ne plus laisser libre court aux interprétations et récupérations habituelles. Ceci uniquement dans l'intérêt des victimes : les sans-abri!

Mais ces faits ne doivent pas occulter l'irresponsabilité des deux associations qui ont décidé d'entrer dans un bras de fer avec la préfecture, en mettant ces personnes en danger.

Les sans-abri sont doublement victimes, et le Collectif SDF Alsace ne peut l'accepter.

• Nous exigeons qu'un éclairage soit fait sur les manquements graves à la déontologie, de ces associations.

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SANS-ABRI BRUTALISÉS : LES (RARES) RÉACTIONS

Communiqué de la fédération du Bas-Rhin du Parti Communiste Français

Après la criminalisation du mouvement social et pacifique, la rafle des sans abris comme méthode de gouvernement

Cette nuit le préfet n’a pas fait dans la dentelle : il est intervenu violement pour évacuer, brutaliser, humilier les sans-abris des enfants de Don Quichotte et envoyer toutes leurs tentes et le peu de leurs affaires à la décharge.

Frapper des gens déjà fragilisés, les menotter, les garder trois heures au poste, les insulter et les humilier n’est pas digne d’un état républicain. Depuis un mois, nous assistons à une fantastique opération de criminalisation des mouvements sociaux : après la répression des pacifistes, des étudiants et des universitaires, voilà maintenant que l’on s’attaque aux plus démunis.

Pourquoi l’urgence d’une intervention policière alors qu’on ne reconnait pas dans le même temps l’urgence de la situation des sans-abris ? Pourquoi intervenir alors qu’il y avait des discussions encore la veille entre les Don Quichotte et la préfecture ? Le mépris cela suffit !

Les communistes bas-rhinois exigent que des moyens supplémentaires soient mis en œuvre sans attendre par l’état et la ville de Strasbourg pour réquisitionner des logements vacants, et en attendant de rouvrir les places d’hébergement d’urgences pour ceux qui n’ont pas de toit.

Nous apportons notre solidarité aux manifestants, souhaitons un prompt rétablissement au président des Don Quichotte blessé lors de l’intervention de la police.

Pour la fédération du Bas-Rhin du PCF

Christian Grosse

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Affaire Don Quichotte :  Les méthodes Pasqua sont de retours

Pierre-Étienne Bisch est le nouveau préfet de notre région. Il  n’a pas mis bien longtemps pour montrer les dents. C’est sur les pauvres d’entre les pauvres, qu’il a lâché sa meute...
Pour en savoir plus : http://strasbourgcurieux.com/libre_cours/2009/04/29/avec-pierre-etienne-bisch-les-methodes-pasqua-sont-de-retours/

Bonne lecture.

INFOS DE STRASBOURG CURIEUX - À LIRE ABSOLUMENT

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Communiqué du Groupe des Elu-e-s Verts de Strasbourg

Evacuation nocturne des Enfants de Don Quichotte Quai Stur

Le Groupe des Elus Verts au Conseil municipal de Strasbourg a appris ce matin l’évacuation nocturne du Quai Sturm où s’étaient installés depuis quelques jours les Enfants de Don Quichotte.

Plusieurs membres de l’association dont son président Alexandre Glardon, ainsi que des personnes sans abri, ont été interpellées sans ménagement.

Ce n’est pas acceptable au regard de la question soulevée par les Enfants de Don Quichotte, celle de l’hébergement des personnes sans abri. L’Etat en la personne du Président de la République s’est engagé à de nombreuses reprises sur cette question. Il doit maintenant prendre ses responsabilités et proposer une issue satisfaisante. Si des solutions ont pu être trouvées en hiver, des solutions doivent aussi pouvoir être envisagées tout au long de l’année.

Nous appelons donc le préfet qui vient de prendre ses fonctions à Strasbourg à prendre cette question à bras le corps et à trouver dans les délais les plus courts possibles des solutions d’hébergement pour ceux qui sont à la rue. Il y a aujourd’hui urgence à permettre aux personnes sans abris de retrouver considération et dignité.

Le Groupe des élu-e-s Verts à la Ville de Strasbourg

Eric SCHULTZ et Derya TOPAL, co-présidents, Marie-Dominique DREYSSE et Alain JUND, adjoints au Maire, Mina BEZZARI et Mustapha El HAMDANI, conseillers municipaux.

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Communiqué du DAL 67

 

Les Enfants de don Quichotte ont installé une vingtaine de tentes quai Sturm pour protester contre la fermeture de 350 places d’hébergement. A défaut d’apporter une réponse d’hébergement aux personnes sans domicile le Préfet envoie la police.

 

Honteusement, en cachette pendant que tout le monde dort, à un peu plus de minuit, la police déloge les « campeurs ».

 

A défaut d’un domicile, d’un hébergement, la tente est un domicile pour un sans abri. En les chassant de leur tente pendant leur sommeil, le Préfet garant de la loi, viole le domicile des sans abri.

 

Quai Sturm l’ordre préfectoral règne. Les sans abri ont regagné leurs trottoirs et encoignures préférés.

 

Le DAL 67, indigné par la réponse policière au droit logement qui est reconnu par la loi et l’ensemble des instances européennes et internationales, proteste vigoureusement contre cette répression honteuse et se déclare solidaire des Enfants de don Quichotte dans cette action qu’ils ont engagée quai Sturm.

 

DAL 67

13:25 Publié dans Communiqué | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : sdf, sans abri, sans domicile, strabourg | | |  Facebook

22.12.2008

Alsace Sylvie, Patrick et Serge sans domicile fixe mais avec une tente

Tentes1_ND.BRPatrick, Sylvie et la chienne Vanille. Ils vivent ensemble, sous une tente, depuis juillet 2007. Régulièrement, ils accueillent « chez eux » d’autres SDF. Photos H. de C.

À Strasbourg, des tentes apparaissent depuis quelques années en périphérie de la ville. Beaucoup de ces campements de SDF sont aujourd’hui déserts. Pas celui de Sylvie et Patrick qui accueillent Serge : ils préfèrent encore cette solution à celles qu’on leur propose.

Froid humide, pénétrant, de petits degrés au-dessus de zéro. Près de la rue des Remparts, à Strasbourg, une grande tente (c’est une six places) au début d’un sentier. En jetant un coup d’œil rapide, on croirait l’entrée d’un camping ; ici, les détritus et la boue sont à peu près maîtrisés, des fleurs trempent leurs tiges dans une bouteille de plastique. Le site est presque coquet, même si l’autoroute gronde juste au-dessus et que le canal n’a rien d’un bord de mer.

« Des jeunes voulaient cramer la tente »

De la tente surgit la tête de Vanille, charmante rottweiler, puis celle de Serge. « Attention, il faut qu’elle s’habitue à vous ! » Mais Vanille baguenaude déjà près de l’eau. « On l’a prise à un toxico, qui s’en occupait mal… » Serge, 43 ans, cheveux courts, encore l’air d’un jeune homme, vit ici depuis cinq mois et dans la rue depuis cinq ans, « suite à une perte d’emploi… » Les foyers ? « C’est dangereux ! On me propose un appartement à Sélestat, mais qu’est-ce que j’irais foutre là-bas ? Je perdrais tous mes amis… » Il sort une bière. « Eh oui, je bois ! C’est un peu notre truc à nous… Ça ne tient pas chaud, contrairement à ce qu’on croit, mais ça aide moralement ». Car, cette vie, dit-il, « c’est dur, c’est chiant… »
Serge montre un trou dans la toile. « Des jeunes ont lancé des fusées, ils voulaient cramer la tente. Si vous saviez tout ce qui se passe dans la rue… »
Arrivent trois personnes. Il y a un couple, Sylvie et Patrick ; ce sont eux qui « possèdent » la tente (donnée par un particulier) et qui « hébergent » Serge. Et un copain, Jean-Luc, qui loue dans le quartier (voir ci-contre). Ils viennent des Restos du cœur. On ignore quelles sont leurs failles, s’ils en ont, mais intellectuellement, ils surprennent : ils ont de l’humour, malgré la rue. Jean-Luc, 43 ans, était maître-boulanger, Patrick, 48 ans, militaire et Sylvie, 45 ans, infirmière en psychiatrie. Elle dit avoir un bac + 5, une licence de lettres classiques. Elle a un téléphone portable, qu’elle recharge aux Restos. Son visage est marqué, ses ongles sont noirs, mais quand elle parle, on croit entendre une travailleuse sociale plutôt qu’une SDF. « Mon compagnon ne payait pas le loyer et je me suis retrouvée dans la rue, le 2 juin 2006, avec mes enfants et mon chien, dans une merde phénoménale. Lui avait disparu ». Aujourd’hui, son fils, majeur, vit sa vie, et sa fille de 8 ans est dans un foyer.
Sylvie a vécu en foyer, elle aussi, avant de rencontrer Patrick et de préférer, en juillet 2007, la tente aux structures d’accueil. Parce que ça, au moins, c’est du provisoire qui dure… « Et pour la liberté… Aucune structure n’accueille les couples. Et on nous met dehors en journée. Moi, je préfère rester ici sous ma couette plutôt que de traîner dans un centre commercial… On nous a proposé un studio dans une structure mais on avait des horaires, pas le droit de fumer, de boire… On a passé l’âge ! Moi je fume beaucoup, et s’il faut planquer les bouteilles… Ici, il n’y a pas de médicaments, mais il y a de l’alcool de temps en temps… » Le couple, qui vit du RMI, est « en liste d’attente chez tous les bailleurs sociaux. On a fait les démarches pour le droit au logement opposable, mais ça n’aboutit pas… »

« La roue tourne, non ? »

Que disent les autorités ? « On est bien avec la police municipale », assure Sylvie. « Même l’éboueur ramasse nos déchets ! » « Dans notre malheur, on a de la chance », estime Patrick. « Si j’avais un appart, faudrait que j’ouvre les fenêtres, je supporterais pas d’être enfermé… » « Au moins on économisera sur le chauffage ! » rigole Sylvie. Imagine-t-elle passer le reste de ses jours ainsi ? « Pas du tout ! Mais la roue tourne, non ? Tout le monde peut plonger comme on a plongé… » Mais est-ce que tout le monde peut remonter à la surface

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27.09.2008

STRASBOURG : Un hiver particulièrement difficile s'annonce pour les sans-abri

Le Plan Grand Froid Strasbourgeois est prêt !
Après les bancs anti-clochards qui fleurissent un peu partout en ville, voici les chaises.

Il n'aura pas été difficile à préparer ce "plan grand froid" si cher à Mme Boutin, en une réunion ou deux l'affaire était bouclée.

Toutes les structures concernées par la préparation du Plan Grand Froid, après avoir "dialogué", ont "adopté" ce projet 100% Strasbourgeois... Pour le moment en tout cas, car c'est bien le genre d'idée qui trouve facilement preneur ailleurs.


Trois associations d'aide aux sans-abri se retrouve dans l'"obligation" de fournir des chaises aux personnes qui seront dirigées vers elles par le 115.
À Strasbourg le sans-abri qui veut fréquenter la ville doit être assis !

Des accueils de jour deviendront accueil de nuit
La solution est simple et pas chère, fallait juste oser... Les 3 associations en plus de la chaise fourniront une boisson chaude, seule concession faite à l'"humain".

Le personnel n'aura pas besoin de compétences particulièrement pour gérer "l'accueil" et servir un café. Il n'est pas question de créer un contact avec les personnes, le but n'est pas de préparer leur possible intégration à un futur projet pérenne et stable... On veut juste éviter le pire : la mort du sans-abri sur le trottoir de la capitale européenne !

Les conditions et les capacités d'hébergement n'évoluent absolument pas depuis le Parsa-Dalo-Palo
Lorsque le président Nicolas Sarkozy a prit "des engagements forts" lors de la campagne électorale où il assurait "que fin 2008, plus personne ne serait obligé de dormir dehors et d'y mourir de froid", pensait-il aux chaises ?
Alors que la Ministre du Logement fait chaque semaine des déclarations pour soutenir les sortants de prison, les familles en détresse, ..., pensait-elle aux chaises ?
Lorsque les jeunes étudiants, sortaient heureux de l'école avec leur diplôme d'AS ou de ES, pensaient-ils qu'ils géreraient des chaises et serviraient le café ?

Et les associations, à quoi pensaient-elles en se taisant ?

Le principal bailleur "social" CUS-HABITAT s'apprête, contre toute attente, à démolir des appartements et des immeubles. Et là, figurez-vous qu'il y a soudain urgence...
Cela fait 2 ans que le Collectif SDF Alsace demande qu'un immeuble soit mis temporairement à la disposition des associations compétentes le temps que les projets programmés et budgétisés voient le jour.
Mais lorsqu'il s'agit des sans-abri aucune idée qui pourrait être pérenne-stable-humaine ne se discute.
Immédiatement les réactions fusent : "il faut que le projet soit encadré par des professionnels" : les associations compétentes ne seraient-elles bonnes qu'à gérer des chaises ?. On nous dit aussi, "qu'on ne peut pas mettre un tel projet en place rapidement"... et le temps passe.

Et la chaise arrive
Et la démocratie est bâillonnée
Et la solidarité se meurt le cul sur une chaise de maroquin
Et des immeubles pourrissent debout alors que le sans-abri lui pourra s'asseoir 3 jours avant de laisser sa chaise à un autre.

Car la chaise sera tournante !
C'est le principe de l'urgence, la remise à la rue programmée, juste de quoi éviter le pire.

Le vrai souci que soulève cette proposition est qu'elle créerait un précédent qui fait bien plus peur à ces petits joueurs que leur conscience : la réquisition !
Même temporaire, même faite pour sauver des vies, la mise à disposition d'un immeuble bouleverserait la pensée de ces gens qui nous gouvernent.

Ce n'est donc jamais assez pire ?
Que faut-il de plus pour qu'une opposition se lève et s'oppose à ces projets fous ?
Jusqu'où laissera t-on faire ?

Lorsque l'État ne rempli pas son rôle c'est à la Ville de Strasbourg de prendre le relais. Monsieur Ries nous attendons votre réaction.

En attendant, nous vous demandons à tous de
signer la pétition "contre les chaises pour seul hébergement"

Communiqué
Collectif SDF Alsace
Strasbourg le 28 septembre 2008
06 33 29 06 42

11.08.2008

S comme ...

S comme Solidarité
S comme Strasbourg
S comme Socialisme

« La solidarité entre tous les citoyens d’un peuple reste assez mal établie, du moins en France, et peu sentie ; elle demeure chose abstraite ; et du reste, pour un grand nombre, existe réellement fort peu » (A. gide, Journal)

Et pourtant, la solidarité est chaque jour, encore et toujours plus, mise à mal
Depuis des décennies, elle s'est transformée en loi, elle fait l'objet de nombreux décrets... La solidarité est devenue une "obligation nationale".
Avec la solidarité nationale (assurance maladie, assurance chômage, assurance vieillesse, allocations familiales, ...), des actions de solidarité sont mises en œuvre au quotidien par le monde associatif.

La solidarité fait couler de l'encre et fait vendre des projets !
Vingt ans que ça dure sans résultats probants. Car la nation la détruit chaque jour un peu plus : franchise médicale, devoirs des chômeurs, contrôles en tous genre, chasse aux étrangers, chasse à la misère, renforcement des ghettos, école malmenée, retraites, Livret A ... et la misère gagne du terrain !

Car si un grand nombre de mesures et de lois sont encore adoptées, en France, pour favoriser la solidarité... Qu'en est-il des actes ?

Nous ne connaissons que la casse sociale.
Qu'en est-il des valeurs telles que le respect mutuel, la tolérance, la générosité ?
Qu’en est-il aujourd’hui de la solidarité au pays des droits de l’homme ?

S comme Solitude
S comme Semblable


Les mots n'ont plus de sens
L’indifférence, et l’égoïsme sont devenus les moteurs de notre société. Le « chacun pour soi » a effacé le besoin naturel d’échanges et de partage. À tous les niveaux de notre vie, le système est bien installé et sans que nous en ayons "conscience" nous voici déliés.

Qu'en est-il de ce concept, lorsqu'il est utilisé par les responsables politiques, puis par les acteurs sociaux ?
Est-ce que ce mot a le même sens pour ceux qui l'utilisent ?

Alors, l'homme politique a inventé un autre concept, le « lien social », reprit immédiatement par tous les acteurs sociaux
Ce lien social doit être reconstruit nous dit-on. Encore une obligation nationale, certains parlent même de chantier !
Le lien social disparu est devenu le responsable d'une solidarité disparue.
Comme tous les concepts, il se retrouve dans nombre de discours, car c'est à cause de sa fragilité que ça va mal : dans les quartiers, à l'école, dans les villages, dans les villes, entre les gens... Le lien social est un fond de commerce qui semble sans fin.
On est toujours entre et jamais dedans.
Un état d'entre deux qui fait vivre trop de monde... et en rejette une trop grande partie ailleurs.


Des ailleurs inconnus
Pour nous, généralement on préfère distribuer la charité... Un peu de nourriture, quelques vêtements, un hébergement... Pas de quoi construire. Pour les politiques, la charité donne bonne conscience et trop de gens y trouvent le prétexte à laisser faire.

Car nulle place n'est donné à l'humain et au sensible.
La solidarité n'est vraiment qu’un vague concept politique et sociologique, utilisé par démagogie.

L'UFAL Strasbourg et le Collectif SDF se sont retrouvés et liés sur un même refus : NON AUX BANCS ANTI-CLOCHARDS que la municipalité PS de Strasbourg installe. Car ces bancs n'ont rien d'anodin. N'y voyez pas un détail. Où voulez-vous qu'on aille ?

Ces bancs sont le symbole d'une politique morcelée, sans imagination. On se préoccupe d'un électorat choisit à un moment donné, sans éprouver de responsabilité envers ceux qui sont exclus et refoulés. La chasse aux sans-abri est-elle acceptable ?

Les résidents du quartier ont-ils clairement exprimés ce souhait : Que les 2 petits groupes de SDF qui avaient élus domicile Place d'Austerlitz soient chassés "pour notre tranquillité" ?

Les bistrotiers ont-ils exigés qu'on nous refoule car, "c'est mauvais pour le commerce" ?

À moins que des plaintes de touristes ne soient tombées sur les bureaux de nos élus "on veut du beau, du propre, on en veut pour notre argent" ?

On peut se poser ces questions puisqu'aujourd'hui cette place est devenue "Place réservée aux résidents, aux consommateurs de bistrots et aux touristes".

Où se situe la "volonté" politique ? Celle qui nous a dit : On veut une ville à vivre pour tous !

Un des membres de l'UFAL Strasbourg a demandé "Où sont-ils maintenant ? Où peuvent se reposer ces personnes ?", puisque nous manquons d'accueil de jour, puisque nous avons toujours 400 personnes sans logement...
Ils sont ailleurs. C'est là qu'on nous veut; ailleurs.
Les ailleurs inconnus sont sans fin, sans nom... Des ailleurs plus éloignés, plus sombres, plus dangereux, plus réduits ...

S comme Survie
L'ailleur de l'abandon, contraire à la solidarité. Le lien détruit.
Et nous voilà différents, étrangers, désignés par 3 lettres sdf, pour nous caser, casser, éloigner, condamner...
Vous ne voyez plus en nous des hommes. Notre appartenance au monde nous est volée.


Qu'en est-il de notre citoyenneté ?

Nous n'ignorons pas le monde qui nous entoure... car nous sommes de ce monde, n'en doutez pas. Notre situation est née de ce monde qui fabrique toujours plus de précarité et nourrie les fragilités de l'homme.

Et la charité est venue troubler ce puzzle qu'est devenue "la vie en collectivité"
Nous, sans abri de Strasbourg, nous reconnaissons dans deux mots : solidarité et personnalité. Pas vous ?

11:18 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : solidarité, strasbourg, socialisme, sans-abri, sans domicile, sans rien | | |  Facebook

14.06.2008

Sans abri : l’application du plan 2008-2012 évaluée

La Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (FNARS) publie un baromètre évaluant par trimestre l’application du plan d’actions 2008-2012 en faveur des personnes sans abri ou mal logées. Elaboré par un collectif d’associations, ce baromètre s’appuie sur le suivi d’une centaine de mesures traduisant le plan pluriannuel présenté par le gouvernement en janvier 2008.

Les premiers résultats publiés en mai 2008 montrent que 3% des mesures annoncées sont d’ores et déjà appliquées quand la mise en œuvre de 12% d’entre elles est engagée et que celle des 85% restantes n’a pas encore débuté. Le baromètre révèle que seules deux des seize mesures identifiées comme nécessaires à la conduite du plan d’actions ont jusqu’à présent été appliquées. Les associations notent qu’il a fallu cinq mois pour nommer le haut fonctionnaire en charge de piloter la mise en œuvre du plan et qu’il n’a pas été possible d’attribuer les 250 millions d’euros de crédits débloqués en urgence pour l’année 2008.

Le collectif à l’initiative de ce baromètre est constitué d’une trentaine d’associations, unions et fédérations intervenant notamment dans le domaine du logement, parmi lesquelles la FNARS, Emmaüs France, la Fédération des associations pour la promotion et l’insertion par le logement (FAPIL) et l’Union nationale pour l’habitat des jeunes (UNHAJ).

 Sites internet publics sélectionnés
© La Documentation française

03.05.2008

PAS DE NOUVELLES CE DIMANCHE POUR CAUSE DE DÉMÉNAGEMENT

30.04.2008

Un délégué général pour coordonner l'accès au logement des sans-abri et des mal logés

Au lendemain du succès de la "nuit du logement solidaire", organisée par une trentaine d'associations le 21 février dernier, le Premier ministre avait choisi de donner un coup d'accélérateur au plan d'action en faveur des sans-abri présenté par le gouvernement le 29 janvier et qui semblait quelque peu marquer le pas. François Fillon avait alors annoncé la nomination d'un "superpréfet" délégué général à la coordination de l'hébergement et de l'accès au logement des personnes sans abri ou mal logées. Le choix s'était porté sur Alain Régnier, jusqu'alors préfet délégué à l'égalité des chances auprès du préfet de la région Rhône-Alpes. Deux mois après sa nomination à ce nouveau poste, celui-ci dispose désormais d'un cadre juridique pour son action. Un décret du 28 avril 2008 définit en effet le contenu de ce poste. Compte tenu de la dimension interministérielle du logement, le délégué général est placé auprès du Premier ministre. Il est chargé "d'assurer la coordination et le suivi de la mise en oeuvre des priorités définies par le gouvernement en matière d'hébergement et d'accès au logement des personnes sans abri ou mal logées". En pratique, sa première mission consistera à veiller à la mise en oeuvre du plan d'action en faveur de ces dernières. Le décret précise les domaines sur lesquels le délégué général devra plus particulièrement se pencher : prévention des expulsions locatives, lutte contre l'habitat indigne, prévention de l'errance, humanisation et rénovation des centres d'hébergement, mobilisation du parc locatif social et du parc privé, construction de logements très sociaux et de maisons-relais. Dans ces différents domaines, il devra veiller, en liaison avec les préfets de département, "à la coordination des interventions des différents services et organismes de l'Etat et à leur articulation avec celles des collectivités territoriales, des associations et des bailleurs sociaux, avec lesquels il favorise le développement de partenariats".
Pour assurer sa mission, le délégué général pourra faire appel aux services et organismes placés sous l'autorité des ministres chargés du logement, de la lutte contre l'exclusion et de la lutte contre la pauvreté. En tant que de besoin, il pourra également recourir aux services des autres ministères, aux établissements compétents de l'Etat - on songe par exemple à l'Anah - et aux préfets de département. Le délégué général rendra compte "régulièrement" de son action au Premier ministre et aux ministres concernés.
Jean-Noël Escudié / PCA - LOCALTIS INFO

Référence: décret 2008-406 du 28 avril 2008 instituant un délégué général pour la coordination de l'hébergement et de l'accès au logement des personnes sans abri ou mal logées (Journal officiel du 29 avril 2008).

Strasbourg : les Don Quichotte veulent être visibles...

D'après certaines sources, les Don Quichotte auraient refusé de déplacer leur campement au camping de la Montagne Verte.

Nous ne savons pas ou, comment, la DDASS aurait pu accomplir ce miracle de trouver les financements nécessaires... À moins que la Ville ne leur fasse crédit ?

Ce qui nous inquiète plus est que, toujours d'après nos sources, des travalleurs sociaux et Mèdecins du Monde auraient pu se rendre sur place mais les Don Quichotte auraient refusé ? 

Nous allons vérifié toutes ces rumeurs inquiétantes auprès de la préfecture et, nous vous tenons au courant..

06:17 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : strasbourg, sans domicile, sans abri, pauvreté, inégalité | | |  Facebook

28.04.2008

La mairie veut évacuer le squat incendié

SEINE SAINT-DENIS. Marjorie Corcier | Le Parisien

Après le sinistre accidentel qui a fait un mort et trois blessés, la ville demande l'hébergement d'urgence des résidants de l'immeuble Charles-Michels.

DEUX CENT cinquante à trois cents personnes à reloger. C'est l'épineuse situation à laquelle la ville de Saint-Denis doit faire face après l'incendie qui a partiellement détruit samedi l'immeuble du 59-61, rue Charles-Michels, le plus gros squat de la ville, faisant un mort et trois blessés dont un grave.

Hier, Stéphane Peu, maire adjoint (PC) en charge du logement, jugeait « trop dangereux » le retour des familles dans le squat.

Ce week-end, 105 résidants dont les appartements ont été touchés ont refusé les offres de relogement provisoires proposées par la mairie et la préfecture dans des centres d'hébergement de la région parisienne. Ils ont choisi d'installer un campement de fortune dans la cour de l'immeuble.

Un projet de réhabilitation en trois étapes
« Nous allons solliciter l'Etat pour évacuer ce campement et reloger l'ensemble des squatteurs au fort de l'Est à Saint-Denis qui, durant l'hiver, est utilisé pour accueillir des SDF parisiens », explique le maire adjoint qui attend aussi un geste de la préfecture pour la régularisation des occupants en situation irrégulière. « Les deux tiers n'ont pas de papiers mais tous ont un travail dans l'hôtellerie ou le gardiennage », souligne-t-il. Une réunion doit se tenir cet après-midi à la sous-préfecture de Saint-Denis.

C'est samedi, peu avant 4 heures du matin, que l'incendie s'est déclaré dans l'un des trois bâtiments de ce vaste paquebot vétuste. Dans les décombres, le corps de Bemba, un jeune homme de 24 ans employé dans la restauration, a été retrouvé sans vie. Il aura fallu deux heures aux pompiers pour éteindre le feu qui s'est déclaré au 2 e étage, vraisemblablement causé par un réchaud à gaz. Edouard Traoré, le porte-parole des habitants, souligne que le bilan « aurait pu être pire ». Rassemblées devant le foyer Bachir-Souni à Saint-Denis et pris en charge par la Croix-Rouge samedi matin, les familles de squatteurs oscillaient entre inquiétude et colère. « C'est la troisième fois qu'un incendie arrive, on ne peut pas nous laisser vivre comme ça ! » s'emportait l'un d'eux.

L'immeuble insalubre de la fin du XIX e siècle avait été racheté en 2000 par la mairie. Répertorié au patrimoine des bâtiments de France, il est, selon la ville, l'un des premiers édifices construits en béton armé par l'architecte Edmond Coignet. Depuis 2001, les 72 logements sont occupés par plus de 260 squatteurs. Une situation qui a conduit la commune à s'engager dans un ambitieux programme de résorption de l'habitat insalubre. Fin 2007 et début 2008, la municipalité a investi 92 000 € pour des travaux destinés à éviter toute contamination par le plomb. Une convention a même été signée en février entre l'Etat, la ville et Adoma (ex-Sonacotra) pour réhabiliter l'immeuble en trois étapes. Le temps des travaux, les habitants de chaque cage d'escalier devaient être temporairement relogés dans un bâtiment provisoire construit sur le terrain d'à côté. Un projet que l'incendie vient aujourd'hui remettre en cause, d'autant que les logements temporaires encore en travaux ne seront pas prêts avant septembre.

21.04.2008

Travailleur social : Où est passée la formation ?

• info envoyée par 789 Radio Sociale

Où est passée la formation ?
Avez-vous été destinataires de l'annonce cartonnée, en quatre volets (presque du luxe !) des autoproclamées Premières assises nationales des formations sociales : le développement social au cœur de l'action ? (également consultable à : http://www.lejas.com/)

Cette manifestation est proposée par un partenariat de qualité : AFORTS, ADF, ARF, GNI, ODAS et DGAS, et organisées par le Journal de l'Action sociale (c'est-à-dire l'ODAS) et les ASH, qui lui servent visiblement d'appoint, le tout dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne les 13 et 14 mai 2008. Toute la logistique de cette manifestation est fournie par l'ODAS.

Passons sur le choix de la date et du lieu, qui ne sont certainement pas anodins. Quarante ans après mai 68, on pourrait préférer voir d'autres manifestations au Quartier Latin !

La première surprise est de taille : hormis le cadre universitaire prestigieux choisi, aucune université, aucun représentant des formations dispensées dans les IUT, les licences pro et autres masters n'est signalée, ni dans le projet, ni dans la réalisation.

Mais il y en a d'autres : les formateurs sont totalement absents, sauf à considérer que les directeurs de trois centres de formation, un à Paris (dit directeur général) et deux en province (dont un directeur des études) sont représentatifs de la diversité des formateurs. Les formateurs ne sont-ils pas organisés en différentes associations ?
Tout récemment, ACOFIS a tenté d'aborder sérieusement la question de la recherche dans les centres de formation. Inconnu ? Et, dans la foulée, pas non plus de représentants des étudiants, bien que les étudiants soient mentionnés dans une parenthèse comme constituant l'un des acteurs de la formation – mais pas les formateurs.

En lieu et place des professionnels de la formation et des usagers (la loi 2002-2 s'arrête donc aux portes des écoles !), on trouve pléthore de représentants directs ou indirects des départements (6 personnes au moins : deux présidents, de Meurthe-et-Moselle et du Doubs, le premier étant également Président de l'ODAS –; le directeur général des services du Gard ; un directeur général adjoint de l'Oise ; un président de l'ANCASD de l'Isère ; le délégué général de l'ODAS), pendant qu'un malheureux maire devenu médiatique ces dernières années est annoncé sous réserve ainsi qu'un vague président de Conseil général encore non désigné. Il y a donc visiblement une hégémonie des départements, alors qu'ils n'ont pourtant en l'espèce qu'une responsabilité d'employeur public. L'employeur privé lucratif lui n'est représenté que par son union, l'UNIFED. Les employeurs lucratifs sont également absents.

L'administration centrale intervient modestement par le directeur général de l'action sociale et la sous-directrice chargée de l'animation territoriale et du travail social. Le CSTS est ignoré. Le coaching est assuré par un sociologue de service, le président de la société française de l'évaluation et une consultante.

De quoi va-t-on parler ?
Assurément pas de formation, mais de « développement social », avec comme méthode obligatoire la « territorialisation » (Cauquil), ce qui se décline en « développement social » (sans dire lequel ni avec quel moyens), en « démarche territorialisée et collective » en « analyse stratégique des besoins sociaux » (sans dire ce qui garantirait aux professionnels de pouvoir devenir « force de proposition et d'animation locale » face aux notables locaux, ce que pourtant beaucoup réclament effectivement), avant d'en arriver à l'inévitable « nouvelle gouvernance », c'est-à-dire non seulement le nouveau régime de « pilotage » et de « financement » mais aussi la norme étroite et faussement vertueuse du « devoir apprendre à faire ensemble », comme si l'enjeu n'était que technique et jamais politique, comme si les collectivités locales n'étaient que de simples gestionnaires, alors qu'elles sont avant tout des assemblées élues avec des couleurs et des orientations politiques !

En réalité, la formation n'est évoquée qu'une fois sous une forme qui mérite la plus grande attention :

« Si l'évolution des besoins des populations et des attentes des employeurs est aujourd'hui mieux identifiée », autrement dit, ces deux aspects sont désormais en balance et les employeurs, à commencer par l'employeur public, sont donc les seuls experts de la connaissance des besoins des populations. Cette responsabilité ne concerne donc pas les professionnels. Ce qui contraste avec les affirmations précédentes : « préparer les professionnels à l'analyse stratégique des besoins », « favoriser l'implication des professionnels dans la mobilisation effective des habitants et des usagers ». On se demande d'ailleurs ce que veut dire l'analyse « stratégique » des besoins, si ce n'est l'aveu que cette analyse doit désormais se faire en fonction des possibilités effectives d'y répondre, c'est-à-dire de l'offre politique et financière territoriale. Exit les droits de l'homme et autres fondamentaux du côté de l'égalité ou de l'universel. Il s'agit donc de faire entrer tout cela dans un marché de services encore provisoirement monopolistique (côté public) mais devenu raisonnable. C'est donc une position parfaitement subordonnée et disciplinée qui est demandée aux professionnels et non plus d'implication et de prises de risques.

« Accompagner l'ensemble des acteurs vers une logique de système qualifiant », ce qui veut dit « projet, organisation, management ». Rien sur les qualifications des personnes ou des postes (et donc sur les carrières et les professions organisées – il est vrai que l'ANAS sera seule représentée sur ce plan), et tout sur la qualification du système ramenée au management, sans préciser qui en est ou en sera demain non seulement le responsable mais surtout le garant. Où sont les garanties pour les bénéficiaires et pour les salariés ?

« Au sein duquel le concept d'alternance intégrative occupera demain une place centrale ». Cette « alternance intégrative » est inquiétante, car on ne sait pas si elle est de type pédagogique ou de type salarial. Cependant, vu la montée en puissance de la VAE, dont on sait les économies financières et pédagogiques qu'elle permet, on comprend vite qu'elle sera, demain, plus salariale encore, c'est-à-dire entre les mains des employeurs.

Mascarade ? Non. Simplement, la preuve que les pro-business sont en train de l'emporter avec la complicité des pro-décentralisation, de l'administration centrale devenue hyper-gestionnaire et de quelques experts.


Cette alliance stratégique avec les départements célébrée par l'ODAS, qui exploite abusivement les symboles universitaires en oubliant d'en faire des partenaires, pourrait-elle être destinée à protéger d'une plus grande marchandisation tout le système de formation au travail social ? L'argument est connu mais on a du mal à le croire. Il fera peut-être illusion un moment mais la ficelle est grosse. En réalité, pareille manifestation n'est pas de taille dans la conjoncture actuelle. En outre, et c'est sans doute sa plus grande faiblesse, elle n'aborde aucun des problèmes de fond, à savoir la situation actuelle du travail social après la décentralisation, c'est-à-dire la décentralisation départementaliste elle-même, surtout depuis l'acte 2, le bilan de la VAE comparé aux systèmes classiques de formation, la question des formateurs, sans lesquels, jusqu'à preuve du contraire, il n'y a pas de formation digne de ce nom. Il n'est pas prévu non plus de donner la parole aux étudiants sur les problèmes d'actualité que représentent la gratification des stages et les réponses inégalitaires des secteurs public et privé associatif.

Et puis, tout de même, pourquoi les régions sont-elles si marginalisées, elles qui ont de par la loi la responsabilité de la politique de formation professionnelle et du financement ? Sont-elles à ce point soumises aux départements, c'est-à-dire aux logiques d'emploi en aval ? Jusqu'où va la subdélégation prévue dans les textes ? Il faudrait en savoir plus sur les différentes situations régionales, ce que malheureusement cette manifestation tout en communication et en stratégie ne permettra pas.

Comme Jacky Besson le soulignait (ASH du 15 février 2008), il est plus que temps de reconstruire une bonne distance avec les employeurs sans ignorer leur demandes ni s'y soumettre, de façon à « protéger les savoirs contre les pouvoirs »(Condorcet). Mais pour cela il faut une autre organisation que cette sorte d'allégeance institutionnalisée.

20.04.2008

Vivre dans le bois de Vincennes...

Par Nicolas Voisin Agoravox - Vendredi 18 avril, 16h00
Cet article a été rédigé par un reporter d'AgoraVox, le journal média citoyen qui vous donne la parole.

Il y a des hommes. Ils sont “à peu près 250” selon ceux qui y vivent. “On parle en centaines” selon Médecins du monde. Ce soir nous étions dans les bois avec Francis. Maçon. Dans la rue depuis 81. Viré à 46 ans. Trop vieux. En janvier 2007, Dédé - avec qui il se fait une religion d'être fâché, pour des raisons obscures - lui lègue sa maison quand “il part”. Si j'ai bien compris, Dédé est parti à 200 mètres. Dans les bois. Là. A côté. Mardi, on va faire un barbecue. Avec des chipos. Parce que, l'autre, celui qui ressemble à un barbu anti-Bush primé, le fan de foot, il “a plus de dent. Enfin, si, deux”.

Ils ont des papiers. Du caractère aussi. Et la maison à 15 euros, Francis, ça ne l'inspire pas. Il sait compter Francis. Il a fait sa maison, solide - enfin, c'est celle de Dédé, mais qui n'était pas solide à l'époque - avec trois épaisseurs de bâche. Et puis il y a ce lieu magique, ce théâtre du soleil et celle qui ne veut pas que l'on dise son nom. Ce lieu vraiment magique. Et Médecin du monde. Eux “ont une carte” du village. Qu'il ne montrerait pour rien au monde. Et ils ont raison. Dans le camion de la maraude qui ressemble à s'y méprendre à ceux des Nations unies, il a aussi le bénévole qui - “en fait je vous dis tout, je suis réal, je suis là en sous-marin” - sait toujours ne pas se placer dans l'axe de la caméra. Et il y a Magali, 23 ans, journaliste. Et le petit frère de Sébastien Chabal qui tape compulsivement ces lignes.

Dans les bois de Vincennes, il n'y a pas un écosystème, il y a des écosystèmes. Et c'est comme ça “dans tous les bois”. Ils ne sont pas emmerdés par les flics “ni par la gendarmerie” qui les connaissent et s'en sont fait une raison. Et tant mieux. Eux veulent une vraie maison. Mais leur maison. Envie de problèmes de voisinage. Pas de soucis de communauté. Dans les bois, on dresse des palissades, par-dessus lesquelles chacun veille avec une très pudique attention sur le voisin. Et ne l'avouera jamais. C'est que, les voisins, dans les bois, parfois, ça meurt l'hiver. Et, l'été, on les oublie.

On espère vous livrer un reportage vidéo en plusieurs épisodes, pour prendre le temps. J'avais envie ou besoin de vous glisser cela, de vous dire que le réal n'aimait pas le docu des Don Quichotte (gratuit sur Daily, puis retiré, sponso Kassovitz), mais qu'il ne l'avait jamais vu. Que les hommes des bois ont un portable. C'est vital le portable. Bienvenue à Paris. Nos réfugiés sont Français. Les “réfugiés du pouvoir d'achat” ? La société, ils ne la refusent pas, mais ils n'en ont plus les moyens. Et elle non plus.

Leurs problèmes ne sont pas récents. La solution n'est ni simple ni pour demain. Nous n'apporterons guère mieux que quelques chipolatas à tout cela. Mais ce sera sur Daily et sur d'obscurs serveurs 2.0 et un jour, un gars à l'Ina va se dire “Et ça, je garde” ? Et Francis, ça lui plaît assez cette idée. A moi aussi.

Rencontre avec Francis, SDF depuis 1981. Il vit dans les bois de Vincennes depuis 1 an et demi. Premier épisode d'une série de rencontres avec ceux qui survivent - et ceux qui maraudent - dans le bois de Vincennes. Paris en avril 2008.

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18.04.2008

C'est ça la France

En France, selon le Ministère du Logement

• 1,6 millions de personnes vivent dans des logements sans douche ou sans toilettes.
• Plus d’un million de Français sont logés en « situation de surpeuplement accentué »,
• 550 000 personnes vivent dans des hôtels dont 50 000 enfants,
• 146 000 dans des maisons mobiles et 86 000 sont sans domicile et vivent dans la rue.

Pourtant,

• près de deux millions de logements sont vacants en France, dont 136 554 à Paris.
Autre aberration :

• seuls 32 000 logements à Paris payent la taxe pour le logement vacant alors que plus de 136 000 sont concernés

Mais les autorités préfèrent fermer les yeux. Et vous ?

Près de 18.000 dossiers droit au logement opposable déposés en France

Plus de trois mois après le début de la mise en oeuvre de la loi sur le droit au logement opposable (Dalo), près de 18.000 demandes ont été déposées dans toute la France, dont 12.000 en Ile-de-France, apprend-on jeudi de sources concordantes.

17.04.2008

Le Dalo tarde à prendre ses quartiers

Droit au logement opposable.

TONINO SERAFINI - LIBÉRATION / QUOTIDIEN : jeudi 17 avril 2008

Les pouvoirs publics redoutaient une déferlante. Ils craignaient d’être submergés par un afflux massif de personnes éligibles au Droit au logement opposable (Dalo) entré en vigueur le 1 er  janvier. Mais la vague n’a pas eu lieu. En trois mois (de janvier à mars), 17 737 ménages ont déposé un dossier auprès des commissions départementales de médiation. Le dispositif, voté en mars 2007 sous la pression des campements des Don Quichotte, garantit un logement «à toute personne qui, résidant sur le territoire français de façon régulière […], n’est pas en mesure d’y accéder par ses propres moyens ou de s’y maintenir».

Inquétudes. Cinq catégories de ménages considérés comme les «plus prioritaires» sont éligibles : les sans domicile, les personnes hébergées par des proches ou vivant à l’hôtel, les locataires menacés d’expulsion sans relogement, les familles habitant dans des taudis. Ce qui fait au total beaucoup de monde. Dans un rapport remis mi-octobre à Nicolas Sarkozy, le Comité de suivi (une instance créée pour veiller à la mise en œuvre concrète du Dalo et présidée par Xavier Emmanuelli) évaluait à 600 000 le nombre de ménages susceptibles de bénéficier du dispositif. Ce chiffre avait suscité de vives inquiétudes au sein du gouvernement. La ministre du Logement, Christine Boutin, déclarait qu’elle n’écartait pas un «bug» lors de l’entrée en vigueur de ce nouveau droit. Sous-entendu : impossible pour les pouvoirs publics de fournir les logements en nombre et dans des délais raisonnables. Bien que le court-circuit semble pour l’instant écarté, au cabinet de Christine Boutin on se montre prudent. «Ces chiffres ne sont pas significatifs en l’état. Il faut attendre encore quelques mois pour évaluer la situation avec précision», temporise un conseiller.

Cette prudence se justifie par la complexité du dispositif. La majorité des ayants droit ne connaissent pas forcément le Dalo et les démarches à suivre. Ceux qui ont déposé un dossier sont souvent passés par des relais associatifs. «Ce qui remonte de nos antennes locales, c’est que les gens concernés connaissent mal ou pas du tout le Dalo», affirme Patrick Doutreligne, délégué général de la Fondation Abbé Pierre. «Certains pensent que c’est juste pour les SDF, vu que la loi a été votée après le campement des Don Quichotte.» Mais le nombre de dossiers pourrait croître sensiblement avec la fin de la trêve hivernale. «Jusqu’au 15 mars, les locataires visés par un jugement d’expulsion étaient à l’abri. Là, ils peuvent être évincés à tout moment»,souligne Patrick Doutreligne. Ils pourraient donc se manifester dès que la perspective d’une expulsion va se concrétiser.

103000 expulsions par an. Selon les statistiques du ministère de la Justice, les tribunaux prononcent 103 000 jugements d’expulsion chaque année. Par ailleurs, les chiffres du premier trimestre montrent qu’il existe bien un territoire critique : l’Ile-de-France. Sur les 17 737 demandes enregistrées fin mars, les deux tiers (11 931) concernent la région parisienne (5 040 à Paris, 4 393 en petite couronne, et 2 498 en grande couronne). Mais à ce jour, seulement 491 personnes se sont vu attribuer un logement. Le «bug» redouté par Christine Boutin pourrait bien se produire.

14.04.2008

Sans domicile, ils sont devenus des «hommes des bois»

Aux portes de la capitale, dans les fourrés du bois de Vincennes, des personnes marginalisées ont élu domicile dans des cabanes

Après avoir passé dix ans entre la rue et les centres d’hébergement, Francis a trouvé refuge, il y a dix-huit mois, dans les fourrés du bois de Vincennes, dans l’Est parisien. Dans sa cabane, des outils, partout. « Si j’avais su, j’aurais rangé », s’excuse l’homme aux joues creuses surplombées d’épaisses lunettes. Francis est un artiste. C’est presque un chalet, protégé d’une clôture en toiles de camouflage, que cet ancien ouvrier du bâtiment a construit de ses mains.

« Pour le toit, j’ai mis quatre épaisseurs de contreplaqué et de la laine de verre. Le sol repose sur des palettes », détaille-t-il. La pièce d’une vingtaine de mètres carrés est doucement éclairée par la lumière du jour qui passe à travers deux rectangles de plexiglas. Un petit groupe électrogène ronronne à l’extérieur. Quand le soir viendra, Francis allumera la lampe et la télévision.

Sur la même parcelle, quelques buissons plus loin, d’autres sans-domicile l’avaient précédé. Installé là depuis quatre ans, Régis n’a pas les talents de bâtisseur de Francis. Ou pas l’envie. Son abri est fait de traverses en bois recouvertes de bâches. Francis décadenasse son portail et, si le verbe est fruste, le regard trahit vite une grande douceur. À l’intérieur, une cafetière fume sur le réchaud à gaz dans le coin cuisine. Plantée à même la terre, une tente modèle igloo fait office de chambre.

Trois bosquets plus loin se trouvent encore d’autres cabanes. Celles, voisines, de Jean et de Dédé. Sombre, cette dernière est froide et plus exiguë qu’une cellule monacale. Depuis quelques années, ces abris de fortune ont fait leur apparition dans plusieurs secteurs du bois, à l’écart des allées où courent les joggeurs. « L’été, il y a plus de promeneurs, mais les feuilles nous cachent », raconte Francis. Pour ce qui est de la sécurité, « il y a moins de soucis ici que dans la rue ».

Les parcours de ces hommes des bois se ressemblent
Les autorités publiques, quant à elles, ferment les yeux. « La préfecture passe me voir. Les gendarmes nous connaissent. Mais ils savent qu’on respecte les règles. Ici, c’est propre, on ne laisse rien traîner et on reste discrets », assure Régis.

Les parcours de ces hommes des bois qui ont tous entre 50 et 60 ans se ressemblent. Dédé était boulanger, Régis magasinier. L’un comme l’autre ont perdu leur emploi, puis ont connu la rue et les foyers, où ils n’entendent plus retourner. « On se fait voler. » Ils vivent en faisant les fins de marché ou les poubelles et, pour se laver, ils vont aux bains-douches de la rue de Charenton ou à ceux de la rue de Buzenval.

Ils touchent le RMI, sont couverts par la CMU et restent plus ou moins en contact avec le réseau caritatif. Régis explique ainsi qu’il se rend au Samu social pour se faire soigner et qu’il a une domiciliation par le biais de l’association Aux captifs la libération.

Ce dimanche après-midi, ils reçoivent la visite de Graciela Robert. Travailleuse sociale, cette femme à l’accent argentin est bénévole à Médecins du monde, où elle s’occupe de la mission des sans-abri. C’est elle qui avait lancé l’opération de distribution de tentes aux SDF, en 2005. Graciela Robert profite de son passage pour faire le point sur leur situation et leur santé.

Aucun d’eux ne voudrait y rester
Assis à l’entrée de sa cabane, à l’abri de la pluie, Dédé ne se lève pas. Il se plaint des jambes, « de l’arthrose », dit le sexagénaire. Originaire de Béthune, dans le Nord, il affirme y avoir déjà déposé une demande de logement social, mais en vain. Jean explique, lui, être sans nouvelle d’un dossier qu’il a déposé dans le Pas-de-Calais.

« Je voudrais une petite maison, mais pas un hébergement collectif », indique-t il. Patrice, qui a fait sa demande à Paris, pose la même condition. Il veut un logement pour lui tout seul, « même si c’est loin en banlieue, même en province. N’importe où, mais pas avec quelqu’un. »

Le seul des quatre à ne pas avoir déposé de dossier de demande de logement social, c’est Régis. « Pourquoi on m’en donnerait un à moi ? dit-il. Ceux qui travaillent et qui y ont encore plus droit que moi, ils ne l’obtiennent déjà pas. » Graciela tente de le convaincre. En vain. Elle reviendra, et promet de se mettre en contact avec Aux captifs la libération pour revoir son dossier.

La vie dans le bois a été, jusqu’à présent, leur meilleure solution. Mais aucun d’eux ne voudrait y rester. « Il y a quelque mois, un campeur est mort de froid », se désole Francis. Ce dimanche soir, Graciela emmène en voiture l’ancien ouvrier boire un café au Théâtre du Soleil, chez Ariane Mnouchkine, au-delà du château de Vincennes. Après, Francis rentrera tout seul à travers le bois qu’il connaît par cœur, guidé au besoin par des échos de fête foraine.
Bernard GORCE - LA CROIX

08.04.2008

STRASBOURG ET CUS : 450 PERSONNES EN DANGER

À Strasbourg et CUS les fermetures des structures d'urgence ont commencé ! En effet malgré le froid glacial, la neige, les représentants de l'état remettent des personnes à la rue.

Nous déplorons de constater qu'une fois de plus les représentants des lois, au plus haut niveau, les bafous, ne les respectent pas...

NOUS EXIGEONS LE RESPECT DE L'ARTICLE 4 DE LA LOI DALO

NOUS EXIGEONS LE RESPECT DE NOS DROITS : droit à un hébergement digne dans la continuité, droit à un logement

NOUS EXIGEONS LE PAIEMENT DES TRAVAILLEURS SOCIAUX EN FORMATION 

08:59 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : STRASBOURG, HÉBERGEMENT, GRAND FROID, SANS DOMICILE, SANS ABRI | | |  Facebook

05.04.2008

Fédération DAL : Familles sans domicile, comment obtenir une aide financière pour l’hébergement ?

Info reçu de DAL Nord- Pas De Calais http://www.dalnpdc.fr/fr/index.php

Familles sans domicile, comment obtenir une aide financière pour l’hébergement ?

Si vous êtes sans domicile et que vous avez des enfants mineurs (ou âgés de moins de 21 ans et qui sont à votre charge), vous pouvez bénéficier de l’aide sociale à l’enfance (ASE) qui permettra de prendre en charge une partie de vos frais hôteliers. L’ASE est une aide sociale réservée aux familles avec enfants ou pour les femmes enceintes. Elle consiste à verser une somme d’argent afin de subvenir aux besoins des enfants. Le régime de l’ASE est prévu à l’article L.222-2 du Code de l’Action Sociale et des Familles. Financée par le Conseil Général (département), c’est une aide sociale légale, ce qui signifie qu’elle est une dépense obligatoire pour le département et que son régime est entièrement prévu par la loi.

1) Comment savoir si vous pouvez bénéficier de l’aide financière au titre de l’ASE ?

L’aide financière au titre de l’ASE est régie par les articles L.222-1 à L.222-4 du Code de l’Action Sociale des Familles qui prévoit : « L’aide à domicile est attribuée sur sa demande, ou avec son accord, à la mère, au père ou, à défaut, à la personne qui assume la charge effective de l’enfant, lorsque la santé de celui-ci, sa sécurité, son entretien ou son éducation l’exigent et, pour les prestations financières, lorsque le demandeur ne dispose pas de ressources suffisantes. Elle est accordée aux femmes enceintes confrontées à des difficultés médicales ou sociales et financières, lorsque leur santé ou celle de l’enfant l’exige. Elle peut concourir à prévenir une interruption volontaire de grossesse. Elle peut être accordée aux mineurs émancipés et aux majeurs âgés de moins de vingt et un ans, confrontés à des difficultés sociales. » L’aide financière au titre de l’ASE doit donc être attribuée lorsqu’un enfant se trouve sans domicile avec sa famille afin de garantir sa santé, sa sécurité, son entretien et son éducation. Si vous êtes à la rue, par exemple à la suite d’une expulsion, vous pouvez y prétendre si vous attendez un enfant ou que vous vivez avec vos enfants mineurs ou majeurs de moins de 21 ans et qu’ils sont à votre charge. Il faut que vos revenus ne vous permettent pas de les faire vivre convenablement. Par conséquent, l’aide attribuée est destinée à payer une partie des frais hôteliers afin que votre famille ne vive pas à la rue.

2) Comment faire votre demande de prise en charge

Il faut vous rendre au service social de votre commune (le CCAS) pour rencontrer une assistante sociale qui est dans l’obligation (si vous remplissez les conditions) de constituer un dossier d’aide financière au titre de l’ASE. L’assistante sociale n’a aucun pouvoir de décision, seul le Président du Conseil Général du département où a été introduite la demande peut décider d’accorder ou de refuser l’aide. Pour faire votre demande, munissez vous des pièces justificatives suivantes :
* livret de famille ;
* les trois derniers bulletins de salaire, la notification ASSEDIC si vous êtes au chômage ou la notification CAF si vous êtes titulaire du RMI ;
* la notification CAF pour les prestations familiales (allocation parent isolé ; allocations familiales) ;
* le procès-verbal d’expulsion si vous avez été expulsé.

Attention : il arrive qu’on vous oppose un refus verbal sans étudier votre situation. Dans ce cas, vous devez exiger, comme la loi le prévoit, une décision écrite mentionnant les raisons de fait et de droit qui ont motivées le refus.

Certains services sociaux exigent que vous trouviez un hôtel avant de faire votre demande de prise en charge, alors que d’autres vous proposent une liste d’hôtels à contacter ou réservent directement la chambre.

3) Comment se présente l’aide financière au titre de l’ASE ?

Lorsque vous faites votre demande d’aide financière au titre de l’ASE, le service social doit vous notifier la décision par écrit qu’elle soit positive ou négative. Ce principe est prévu à l’alinéa 1er de l’article 2 du décret n° 85-936 du 23 août 1985, relatif aux droits des familles dans leurs rapports avec les services chargés de la protection de la famille et de l’enfance qui dispose que : « Les décisions d’attribution, de refus d’attribution, de modification de la nature ou des conditions d’attribution d’une prestation doivent être motivées conformément à l’article 3 de la loi du 11 juillet 1979. » L’article 3 de la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 précise : « La motivation exigée par la présente loi doit être écrite et comporter l’énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. » La loi prévoit que le versement de l’aide prenne soit la forme de secours exceptionnels, soit d’allocations mensuelles, à titre définitif ou sous condition de remboursement. Cette aide peut être attribuée en espèces (article L. 222-3 CASF). Si l’aide vous est accordée, sachez que vous devez vous rendre chaque semaine ou chaque mois, selon les cas, auprès de votre assistante sociale avec les pièces justificatives (comme s’il s’agissait d’une nouvelle demande) afin que celle-ci constitue un nouveau dossier de prise en charge, qu’elle présentera au conseil général.

Attention : vous devez savoir que l’aide financière au titre de l’ASE doit être maintenue aussi longtemps que vous remplissez les conditions d’attribution.

4) Quels sont vos recours en cas de refus, de diminution ou d’interruption de l’aide financière ?

Si vous êtes confronté à un refus dès la première demande d’aide financière, une diminution ou à une interruption de l’aide, alors que vos ressources ne vous permettent pas de faire face aux frais hôteliers, sachez qu’il est possible (voire même conseillé) de faire un recours contre la décision. En principe, cette possibilité de recours, ainsi que les délais pour les faire doivent être mentionnés dans la décision comme la loi exige. Les recours prévus sont soit un recours administratif (recours gracieux et/ou hiérarchique) soit un recours contentieux auprès du Tribunal administratif. Vous pouvez faire seul ces recours, mais vous pouvez également être soutenu par une association (il faudra donc que le courrier soit signé par vous et éventuellement s’il porte l’en-tête de l’association, qu’il soit signé par la personne qui est en charge de votre dossier) ou par un avocat (pour cela, vous pouvez faire une demande d’aide juridictionnelle).

Conseil : Si vous avez l’intention de faire un recours contre une décision de refus ou de diminution de l’aide financière au titre de l’ASE, la Fédération Droit Au Logement tient à votre disposition la jurisprudence qui pourrait vous être utile.
http://www.dalfr.org/spip/

30.01.2008

FNARS : Oui, Monsieur le Premier Ministre, nous sommes déçus et nous voulons continuer à négocier !

Politique pour les personnes sans abri et mal logées
Ce n’est pas sans raison que le Premier Ministre a considéré ce matin qu’il était normal que les associations soient déçues, à l’issue de sa rencontre avec elles. Effectivement, les 27 associations de solidarité engagées depuis le 18 décembre dans la définition d’une politique publique à l’égard des personnes sans abri et mal logées, font part de leur déception devant les propositions du Premier Ministre.

Les associations considèrent que ces propositions ne sont pas de nature à améliorer radicalement les conditions de vie des personnes sans abri et mal logées, qu’elles ne sont pas en mesure de fluidifier l’ensemble de la chaîne qui va de l’hébergement au logement. Cette insuffisante mobilisation de l’Etat face à un problème aussi grave est inacceptable.

Le Premier ministre a pourtant réaffirmé ce matin qu’il reprenait à son compte les orientations des associations, à savoir :
- engager une politique de prévention pour interrompre les processus qui conduisent à la rue ;
- aider les personnes sans abri à sortir de la rue ;
- appliquer la loi sur le droit opposable au logement.

Mais les moyens annoncés ne permettront pas de mettre en oeuvre ces orientations.
Au moment de passer aux actes, le gouvernement se dérobe.

Ainsi :
- Alors que le nombre de logements insalubres à traiter est de 600.000, le Premier Ministre annonce un plan de réhabilitation de 100.000 logements en 4 ans.

- Alors que des milliers de personnes vivent à la rue et qu’il faudra du temps pour résorber la crise du logement, aucune création de place d’hébergement n’est programmée.

- Alors que les objectifs 2007 de création de logement social prévu dans le Plan de cohésion sociale n’ont pas été atteints, on ne décèle aucune volonté politique de tenir les engagements de 2008. Les associations attendaient un signal plus fort pour une augmentation sensible du logement social et des mesures qui annoncent une rupture.

- Alors qu’elles constituent un mode de logement alternatif particulièrement adapté aux besoins de certaines personnes, l’objectif de création de maison-relais reste celui du Plan d’action renforcé pour les personnes sans abri (PARSA) et les délais de réalisation sont sans cesse allongés.

A l’issue du travail effectué depuis le 18 décembre, les associations ont évalué l’effort financier pour initier une véritable rupture dans la politique de l’hébergement et du logement à plus de 1,5 milliard d’euros pour l’année 2008. Avec les 250 millions annoncés ce matin, le compte n’y est pas.

Les associations reconnaissent toutefois un changement de méthode et un effort réel sur des points importants : établir pour la première fois un diagnostic partagé de la situation, mieux connaître les besoins des personnes, se fixer des objectifs à long terme, se donner les moyens d’évaluer les actions engagées, renforcer le rôle des préfets, etc. Mais cela reste insuffisant.

C’est pourquoi les associations de solidarité demandent au gouvernement de compléter immédiatement ses. Elles lui demandent d’afficher en actes une réelle volonté politique pour en finir avec le scandale des personnes à la rue et mal logées.

D’ores et déjà, les associations annoncent une première mobilisation nationale le jeudi 21 février 2008.

Les associations signataires :

Association des Cités du Secours Catholique,
Association Emmaüs,
Centre d’Action Sociale Protestant (CASP),
Collectif Les Morts de la Rue,
Croix-Rouge française
Emmaüs France,
Enfants de Don Quichotte,
Fédération d’Aide à la Santé Mentale Croix-Marine,
Fédération des Associations pour la Promotion et l'Insertion par le Logement (FAPIL),
Fédération de l’Entraide Protestante,
Fédération nationale des Centres Pact Arim,
Fédération nationale Habitat & Développement,
Fédération Nationale des Associations d’Accueil et de Réinsertion Sociale (FNARS),
Fédération Nationale des Associations Solidaires d’Action avec les Tsiganes et les Gens du voyage (FNASAT-Gens du voyage),
Fondation Abbé Pierre,
Fondation de l’Armée du Salut,
Fédération française des Equipes Saint Vincent
France Terre d’Asile,
Habitat et Humanisme,
Les petits frères des Pauvres,
Les Restaurants du Coeur,
Mouvement ATD (Aide à Toute Détresse) Quart Monde,
Secours Catholique,
Union Nationale des Amis et des Familles de Malades Psychiques (UNAFAM),
Union des professionnels de l'hébergement social (UNAFO),
Union Nationale pour l’Habitat des Jeunes (UNHAJ),
Union Nationale Interfédérale des OEuvres et Organismes Privés Sanitaires et Sociaux (UNIOPSS)

Contacts presse :
Anne Degroux, Uniopss : 01 53 36 35 06
Sylvaine Villeneuve, Fnars : 01 48 01 82 32

Communiqué le 29/01/2008

[A télécharger] sur le site de la FNARS
# Nous sommes déçus et nous voulons continuer à négocier ( PDF : 67,88 Ko )
# Propositions pour une relance de la politique de l'hébergement et de l'accès au ( PDF : 167,93 Ko )

24.12.2007

Sans abris : Proposition de la SPA au gouvernement !

Caroline LANTY, Présidente Nationale de la SPA, vient d’adresser un courrier à Nicolas SARKOZY, Président de la République, François FILLON, Premier Ministre et Christine BOUTIN, Ministre du Logement pour proposer son aide en ces temps de grand froid.
«Le chien, pour les sans-abris, est souvent le dernier lien social existant, la dernière responsabilité, un moyen d'exister, une sécurité aussi. Pour beaucoup de sans domicile fixe il est important, vital de ne pas en être séparé. Malheureusement très peu de structures d'hébergement acceptent la présence des chiens» déclare Caroline LANTY.
La SPA souhaite aider, comme elle le fait déjà dans ses 12 dispensaires sociaux, les personnes avec animaux, les plus démunies.
«Nous avons en stock un certain nombre de cages démontables et nous proposons de les mettre à disposition des foyers jusqu'à la fin de l'hiver pour permettre aux personnes hébergées et à leurs chiens d'être à l'abri dans des lieux proches» conclut la Présidente Nationale de la SPA dans une lettre ouverte. La SPA se tient à disposition du gouvernement. Source : SPA

Super, la SPA prête des cages le temps de l'urgence. Imagine les foyers comme ils sont bâtis où les poser leurs cages ? Combien de lieux pourront profiter de cette largesse ? Et qui acceptera que son compagnon soit remisé dans un coin et encagé ?
Si les associations ne se décident pas à travailler ensemble on est mal barré !

07:15 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : SANS DOMICILE, MAL-LOGÉS, HÉBERGEMENT D'URGENCE | | |  Facebook

24.11.2007

POINT INFO RUE DE LA BANQUE

 
DAL -  CDSL



Point d’information :

Après la rencontre avec le Président N Sarkozy, l’espoir s’installe rue de la banque
Après la rencontre avec le Président de la république, la liste et les informations indispensables à l’examen de la situation des 370 familles qui participent au campement de la rue de la banque va être remise demain dans la journée, afin de débloquer la situation et dans l’espoir de leur relogement.

Samedi  24 novembre 2007, 18h, Visite de Mme Christiane TAUBIRA, Députée de Guyanne

Dimanche 14h  repas (sur place)  en l’honneur des 4 nouveaux nés  de la rue de la banque.

Ces deux dernières semaines, 4 mères de familles qui participaient au campement ont accouché. Pour fêter ces heureux évènements, les familles organisent un repas dimanche 25 novembre, à partir de 13h et invitent tous ceux et celles qui les soutiennent.


Suivre l’actu de la rue de la banque : <http://www.radio-ministere.bellinux.net>  ou   <http://www.globenet.org/dal/>


07:10 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : SANS DOMICILE, MAL-LOGÉS, DAL, RUE DE LA BANQUE, SARKOSY | | |  Facebook

22.11.2007

Tours : annexe du ministère des sans logis et de tous les sans...

Le CSDASP et le ministère des sans logis et de tous les sans seront présents samedi 24 novembre à 14 h devant le cinéma le Rex (rue nationale) à Tours. L'annexe du ministère sera de nouveau posée sur ce trottoir. A bientôt et
si le coeur vous en dit, à samedi.
Collectif de Soutien aux Demandeurs d'Asile et aux Sans Papiers
0634196498
csdasp37@no-log.org

05:56 Publié dans Action | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Sans domicile, sans papiers | | |  Facebook

Colloque : UN AUTRE REGARD SUR LES SANS DOMICILE : ENTRE IDEES RECUES ET REALITES"

PARIS 13éme : MARDI 27 NOVEMBRE 2007 : "UN AUTRE REGARD SUR LES SANS DOMICILE : ENTRE IDEES RECUES ET REALITES".
Un colloque se déroulera dans les locaux de la mairie du 13éme arrondissement à PARIS le mardi 27 novembre à partir de 18 Heures.
Au programme :
- Projection d'un film en début de rencontre
- Clochards,vagabonds,mendiants, SDF
- errance et migrations
- Agir ou ne pas agir : peut-on obliger les sans abri à accepter une aide ?
- Sans domicile et souffrance psychique : la psychiatrie à l'épreuve de la rue.
 
INTERVENANTS : Cécile BROUSSE,; chercheuse en sciences sociales-Catherine DE WENDEN,directeur de recherches au CNRS-Stéphane RULLAC,éducateur spécialisé,docteur en antropologie et ethonologie-Jacques HASSIN,médecin des hôpitaux au C.A.S.H de NANTERRE -Xavier VANDROMME : Directeur du Département hébergement d'urgence -Emmaüs PARIS.
Clôture des débats à 21 H 3O

05:10 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sans domicile | | |  Facebook

 
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