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30.04.2011

SIAO : l'annonce d'un échec

Un détenu de l'Elsau reçoit la visite au parloir de "son AS".
C'est l'association qui l'héberge qui via une "antenne RSA" gère son fric. Pratique pour lui faire signer un papier de règlement du loyer et des charges qui assèche le compte du gars.
Il passe donc directement à la case "indigent".
Dans la foulée la gentille AS lui dit ceci "Nous ne vous garderons pas votre place et à votre sortie nous ne pourrons pas vous reprendre. À partir de maintenant ce n'est plus nous qui décidons des places, c'est une nouvelle super structure qui décide en commission".
Nous supposons que cette aimable AS parle du SIAO ou système intégré d'accueil et d'orientation.

Quel va être le rôle de ce SIAO ?
À Strasbourg la situation est particulière. Dernièrement un article publicitaire sur l'ESTES mettait en avant les pratiques scandaleuses de cette école de formation aux métiers du "social". Ceux qui sortiront de cette école seront prêts à choisir sur dossier ce qui "sera bon" pour le SDF et bien formés à TRIER les SDF...

Une semaine avant le même journal faisait de la pub pour la fondation auteuil qui est justement et comme par hasard "impliquée" dans cette soit-disant école... La fondation auteuil : un paquet de pognon venu du privé qui lui permet de rafler tous les marchés de la misère... Tu peux tomber dans son filet dès l'enfance et y rester jusqu'à ta majorité, ta vie d'adulte... Ça ressemble à une secte non?.

Mais qui en parle à Strasbourg, qui dénonce ? Les associations de Strasbourg ont, depuis longtemps, laissés de côté "tous esprit associatif", elles sont devenues clairement "politiques". Il suffit de voir le travail fait par celles de Mulhouse pour se faire une idée, sans parler de l'école de Mulhouse... Le service social et de la solidarité de Mulhouse est également beaucoup plus impliqué.

Il y a fort à parier, que le SIAO va gérer les échecs de la non politique d'hébergement et pratiquer la "sélection".

En début d'année nous dénonçions le tri pratiqué par le 115. Nous étions bien seuls à nous étonner du nombre croissant de refus d'hébergement alors que nous savions qu'il y avait des places libres, notamment dans les logements mis à disposition par la Ville.

Lorsque nous contactions les associations à ce sujet, en leur présentant des gens en danger, toutes nous répondaient "c'est le 115 qui gère"... QUINZE MORTS depuis Octobre et personne n'est responsable ?

La loi Molle (Mobilisation pour le logement et la lutte contre l'exclusion) crée l'obligation de créer une place d'hébergement pour 1 000 habitants. Qui fera respecter la loi, le Préfet ? Il y a fort à parier que le futur SIAO de strasbourg ne viendra pas l'ennuyer...

Dans cet échec annoncé, que vont devenir les : sortants de prison, les personnes avec addiction, les malades et les étrangers en attente ou sans titre de séjour ?

24.04.2011

un pour cent seulement ? On est mal barrés

Pour la Fondation Abbé Pierre on serait 100.000 à la rue et 493.500 privés de domicile personnel, ce qui fait environ 600.000 personnes.

Et c'est moins de 1% de la population française ... On est mal barrés les poliques vont pas se faire chier pour un petit pour cent... Pour le département du Bas-Rhin on est quoi, entre 500 et 600 peut-être, c'est difficile d'avoir un vrai chiffre... Mais même en l'augmentant un peu... C'est quoi 600 personnes a loger pour un département ?

sdf et citoyen

La fin du plan hivernal se passe mal... Pour les sans-abri ça devient difficile d'accepter la dernière nuit dans un lit...

Les interminables journées recommencent. Aller d'un point à l'autre de la Ville pour des actes quotidiens qui ne vous prennent qu'une heure. Les associations sont toutes éloignées les unes des autres alors qu'on est obligé d'en fréquenter plusieurs. Je me demande pourquoi mais bon, je marche.
Moi aussi je l'ai lue l'article des dna, sur l'école des travailleurs sociaux et je me dis que pour certains le métier de journaliste semble trop facile. Pas un mot de travers, pas une question qui dérange, tout est lisse. Ça doit être ça de se sentir citoyen; on est lisse.

J'ai 42 ans et 8 ans de galère, je picole un peu pour tenir le coup.

J'en ai rencontré des travailleurs sociaux en huit ans, pas tous travailleurs et pas tous sociaux d'ailleurs. Mais ces gens là c'est comme les profs on y touche pas, faut pas critiquer, ils sont intouchables. C'est fou quand tu vois le nombre de ratés qui s'accumulent et le nombre de jeunes qui débarquent à la rue. Et je parle pas des étrangers. Faut pas en parler parce que dès que tu l'ouvres on te taxe de raciste. Être citoyen c'est fermer sa gueule, pour être bien lisse, comme les journalistes, les profs et les travailleurs sociaux et du coup comme les politiques.

Moi je manque pas de lassitude mais j'ai pas assez de lissitude pour suivre le plan que les éducateurs ont tracé pour moi.

Pour obtenir une place dans une bonne baraque où tu es peinard car tu as ta clef faut suivre le plan. En fait je sens bien que derrière les phrases on va observer mon comportement. Faut que je devienne lisse. En plus je suis classé alcoolique ça complique qu'ils me disent. Je poserai bien la question qui me vient à l'esprit "combien tu en connais des sdf qui sont déjà prêts à être pérenisés?".

File moi une place je suis fatigué, je veux juste un petit coin avec un vrai lit et une douche.

Je sais, je sais, tu le répètes à chaque fois, y'a pas de place pour tout le monde, tu es obligé de donner des priorités. Mais ça fait plus d'un an maintenant et il serait temps que je devienne ta priorité. J'en ai marre de ces rendez-vous où tu n'as rien à m'apprendre, rien d'espérant à me dire. Non, ne prends pas la mouche ; tu ne comprends pas que je suis épuisé? Oui, j'ai vu un médecin, mais ce n'est pas un magicien, il ne peut rien contre la tristesse, il ne peut pas ressusciter l'espoir qui meurt.

23.04.2011

CES EXPULSIONS DONT ON NE PARLE PAS

• un sans-abri expulsé de son bout de trottoir ;

• une femme et son gosse de 11 ans expulsés du foyer d'accueil d'urgence pour "femmes en danger" ;

• un vieux monsieur expulsé de son logement parce que le propriétaire privé veut y loger son neveu ;

• une famille expulsée de son logement social pour une dette de 700 euros ;

• les sans-abri expulsés des lieux publics ;

• et les autres

08:03 Publié dans Actualité | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : sdf, sans-abri, sans domicile fixe, expulsions locatives | | |  Facebook

SANS CONVERGENCE DANS LES LUTTES, PAS DE LUTTES !

À la rue et l'espoir d'un droit au logement qui se rétrécie et d'un refus d'hébergement avoué

En Rhône-Alpes, en Paca, en Alsace, en Bretagne en Ile-de-France…, chaque soir, en France, de nombreux sans-abri pour qui l’on ne trouve pas de solutions pour la nuit restent sur le carreau.


Pour Strasbourg tout le monde semble accepter l'idée d'un chiffre approximatif de 400 personnes sans solution.
Les autorités parlent de SDF de droits communs, SDF demandeurs d'asile, SDF sans-papiers…

Le droit à l'hébergement est valable pour tous. Qui a envie d'une société où le gouvernement ne porte pas assistance comme il le doit? Et où vos "élus" vous disent froidement qu'ils ne substitueront pas à l'État ?


Chômeurs en fins de droit, personnes retraitées, jeunes, réfugiés, demandeurs d'asile, enfants… Même honte et pourtant...
Les effets de la crise économique commencent en parallèle à se faire sentir. Les salariés licenciés depuis 2008/2009 arrivent en fin de droits, et certains viennent grossir les rangs des précaires. Par ailleurs, les demandeurs d’asile, de plus en plus nombreux, ne trouvent plus de places dans les centres d’accueil qui leur sont réservés (centre d’accueil des demandeurs d’asile, Cada). Du coup, ils se retrouvent dans le système commun.


Allo le 115 ?
Après la publication en novembre dernier, dans Libération de documents administratifs encourageant à donner la priorité aux personnes en situation régulière nous avons espérer une convergence des luttes entre associations militantes.


• Depuis octobre 15 personnes sont mortes à Strasbourg dans l'indifférence totale ;
Hébergements d'urgence, 20 % des appelants du 115 sont des jeunes entre 18 et 24 ans ;
10 % de la population pénale est SDF, sans solution à la sortie et souffrant de discrimination (double peine) ;
Une personne sans-abri sur trois est une femme. Une femme sur trois est accompagnée d'enfants ;


SANS CONVERGENCE DANS LES LUTTES, PAS DE LUTTES !

Dernièrement Resf67 et Dal67 se sont associées pour réquisitionner ...

Le maire de Strasbourg interpellé lors de sa réunion mi-mandat de neudorf a dit ceci "nous ne nous ssubstituerons pas à l'état pour loger les sans-abri... nous avons une réunion demain avec le préfet pour quelques familles avec enfants en bas-âge"

L'opération de réquisition qui a suivie (hasard?) cette rencontre, a abouti au relogement des familles présentes dès le premier moment... Les mêmes que celles soutenues par la mairie ?

Doit-on comprendre derrière ce flou pourquoi une femme enceinte a été refoulée ?

Pourquoi, avoir si rapidement lâché des lieux qui auraient pu accueillir d'autres personnes ?

Pourquoi avoir fait ce "coup" sans appeler au soutien les autres associations et sans avoir tenu informés les quelques soutiens présents des négociations ?

Pourquoi cette discrimination "acceptée" par des associations et qui déjà fait le lit de la droite et de l'extrême droite ?

Les élus Verts impliqués dans ces deux associations sont-ils derrière cette ... opération ?

11.04.2011

NON AU FICHAGE DES SANS-ABRI ! LES TRAVAILLEURS SOCIAUX DU 67 DISENT NON

 

SYNDICAT DÉPARTEMENTAL DE L’ACTION SOCIALE
FORCE OUVRIÈRE DU BAS-RHIN

Secteur PRECARITE
________________________________________________________________________
A LIRE ET FAIRE SUIVRE,
au delà de toute considération d'affiliation syndicale
Pour recevoir directement les informations sur cette mobilisation :
sdasfo67.precarite@mail.com
________________________________________________________________________
« NON à Paxtel »

Appel intersyndical aux travailleurs sociaux du 67
CONTRE l’utilisation du logiciel Paxtel
POUR signifier ce refus en se faisant décompter par l’envoi d’un mail à :
nonapaxtel@gmail.com

DU FICHAGE AU FLICAGE IL N’Y A QU’UN PAS…
Les travailleurs sociaux doivent retrouver leur pouvoir de dire « NON » :
NON, NOUS NE SERONS PAS COMPLICES !

DEJA : des équipes de plusieurs établissements d’hébergement
ont décidé de ne faire aucune saisie d’information.

DEJA : la DDCS et les directions d’établissements ont décidé de revenir à une position plus prudente
et de ne pas utiliser Paxtel tant que les agréments CNIL n’auront pas été obtenus.



La question est importante. Depuis l’année dernière sont mis en place les « SIAO », organismes destinés à améliorer l’attribution des places d’hébergement pour les personnes sans domicile fixe . Il s’agit de mettre en œuvre l’application d’un droit constitutionnel : «  La Nation assure à l'individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement. Elle garantit à tous, notamment à l'enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l'incapacité de travailler a le droit d'obtenir de la collectivité des moyens convenables d'existence . »

Malheureusement, s’il est bienvenu que soit posée la question des manquements de l’Etat à l’égard de la protection des plus démunis, la mise en place des SIAO est l’occasion d’un fichage nominatif comportant une collecte extensive de données personnelles , qui va bien au-delà de ce qu’il est nécessaire de savoir au sujet d’une personne pour déterminer la solution d’hébergement ou de logement qui lui conviendrait le mieux.

Notamment, dans le Bas-Rhin, le logiciel « Paxtel » qui a été choisi suscite l’effarement des travailleurs sociaux.

Les branches Action Sociale des syndicats CGT, CNT, FO et SUD du Bas-Rhin ont décidé de lancer un appel inter-syndical « non à Paxtel » : non à un  fichage qui va très au-delà de son objectif affiché, qui matérialisera la possibilité d’intercepter facilement des populations jetées en pâtures à la médiatisation sécuritaire : roms, sans papiers, …

Par ailleurs la branche Action Sociale de FO du Bas-Rhin, SDAS-FO-67, adresse ce jour un courrier à la CNIL concernant le logiciel Paxtel.



Ci-joint :

-           L’appel intersyndical « non à Paxtel »


Pour plus d’informations sur la dénonciation de Paxtel :

-           http://www.fnars.org/images/stories/evenement/mobilisatio...

-           http://www.cnt-f.org/sante-social.rp/fichagesiao-cnt87-oc...

-           http://www.alsacelibertaire.com/wp-content/uploads/Héberg...

Voir également sur le site de l’ANAS :

-           www.wmaker.net/anas/attachment/258414/

-           www.wmaker.net/anas/attachment/258415/

____________________________________________________
SDAS-FO-67 Syndicat Départemental de l'Action Sociale - Force Ouvrière - 67
sdasfo67.precarite@gmail.com / sdas67@free.fr

Téléphone : 03 88 36 50 15  -  06 15 75 23 82
Adresse : Maison des syndicats - 1 rue Sédillot - BP 12 - Strasbourg cedex
Permanences juridiques spécialisées
: chaque 2ème mardi du mois, 14-17h, 4ème étage



12.02.2011

Lyon: la Maison de Rodolphe accueille les sans abris et leurs animaux

Une nouvelle maison d'accueil, pour les familles mais aussi pour les hommes sans abri accompagnés de leurs chiens, vient d'être inauguré ce vendredi 11 février à Lyon

"Nous voulions construire quelque chose qui soit chaleureux tant au niveau de la construction qu'au niveau de l'accueil" explique Alain  Merieux, l'homme à l'origine de ce projet.

En effet, la maison de Rodolphe est un ensemble constitué de trois bâtiments et d'un chenil, 105 rue Villon au coeur du 8ème arrondissement de Lyon. Au total, elle offre une capacité d'hébergement de 40 places, soit 30 places pour les familles et 10 places pour les personnes avec des chiens.

C'est une première à Lyon! Puisque que ce soit en accueil de jour comme en accueil de nuit, aucun lieu d'hébergement ne permettait de recevoir des sans abris accompagnés de leur animal. L'animal est une cause d'exclusion supplémentaire pour ces personnes qui ont bien souvent de graves problèmes sociaux et/ou des problèmes d'addiction. La Maison de Rodolphe se veut l'iniatrice d'une réponse adaptée à ce type de public.

Deux partenaires de choix

Alain Merieux, Président du Fonds de dotation de "La Maison de Rodolphe" a par conséquent choisi deux partenaires pour la réalisation de ce projet. Tout d'abord, le Foyer Notre Dame des Sans-Abris qui sera gérant de cette nouvelle maison d'accueil. Rappelons que l'association lyonnaises gère et anime déjà une trentaine de structures d'accueil, d'hébergement, d'accompagnement et d'insertion à destination des personnes isolées et de familles en très grande difficulté.

Le deuxième partenaire est l'agence internationale d'architecture, d'urbanisme et d'ingénierie Patriarche&Co. En effet, les bâtiments ont été spécialement pensés et aménagés de manière à répondre au mieu au besoin d'hébergement "temporaire" pour les personnes mais aussi à des critères respecteux de l'environnement.

En conséquence, les bâtiments ont été construits grâce à une structure en poteaux poutres en bois dans les quels des caissons tridimensionnels, assemblés et équipés en usine qui viennent ensuite se glisser et se fixer.

Accueil et confort pour les personnes sans abri

La Maison de Rodolphe est composée de trois bâtiments distincts. Les deux principaux comportent deux étages et sont dédiés à l'hebergement et aux bureaux à l'exemple des services d'orienatation, infirmerie, espace conseil, espace conseil vétérinaire...

Le dernier bâtiment, en rez de chaussée, est réservé à l'accueil et aux parties communes. Ces espaces collectifs conviviaux mais distincts selon les populations accueillies, ont été conçus pour animer et faciliter les conditions de vie dans la maison.

On peut trouver des entrées et accueils séparés, une cuisine, des salles à manger, des salons de télévision, des salles de jeux pour les enfants, un jardin, un potager... Dix boxes ont également été aménagés pour recevoir les chiens dans les meilleures conditions.

Lyon Web zine

 

 

06:43 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : sdf, sans-abri, sans domicile fixe, hébergement d'urgence | | |  Facebook

Fichage des personnes SDF dans le 67 (SIAO)

Fichage des personnes SDF dans le 67 :
Appel à la mobilisation des travailleurs sociaux et des citoyens
Par décision gouvernementale, un SIAO (Service Intégré d'accueil et d'Orientation) doit être mis en place dans chaque département : il s'agit d'organiser "un véritable service public de l'hébergement et de l'accès au logement" ; il s'agit d'une sorte de "guichet unique" pour l'accès des personnes SDF à l'hébergement puis au logement.
Dans le 67, le SIAO est en cours d'organisation. Un logiciel a été choisi pour permettre sa gestion : il s'appelle Paxtel.
La mise en place du SIAO est très obscure, il n'y a aucun débat publique, alors qu'il y a de vraies questions politiques qui sont en jeu, concernant les plus précaires.
Paxtel est un logiciel qui pose de très nombreux soucis de légalité et d'éthique : contraire à la loi Informatique et Libertés, il implique le fichage de données personnelles sensibles pour les personnes en demande d'hébergement ou en hébergement... des personnes qui sont éminemment susceptibles d'être la cible de "coups médiatiques" sur des thèmes sécuritaires.
IL Y A UN VRAI RISQUE DE MISE EN DANGER PERSONNELLE DES PERSONNES EN GRANDE PRECARITE.
Déjà, dans le Nord en décembre, le préfet a demandé une extraction de la liste nominative des Roms ! 
Ci-joint l'appel aux travailleurs sociaux, avec un argumentaire descriptif de la situation dans le 67. C'est un appel :
•     à ce que les travailleurs sociaux exigent des débats en équipe avec leur hiérarchie ;
•    à ce qu'ils transmettent des comptes-rendus de ces débats aux syndicats.

Il s’agit d’étoffer les débats et de les mutualiser. Il s’agit qu’une culture du débat et de la mobilisation soit ré‑instaurée dans le social, et que les syndicats s’accordent entre eux pour la soutenir.
C’est le préalable nécessaire à toute possibilité d’action concertée.
C’est à cette condition que les travailleurs sociaux peuvent exercer leur rôle d’information publique : rapporter les faits inquiétants dont ils ont connaissance, solliciter des mobilisations citoyennes.
Par là passe la possibilité pour qu’ils sortent de leur impuissance et infléchissent la vie politique.
Il est important que les travailleurs sociaux se mobilisent et reçoivent un large soutien public. Il est important que ce mail circule.
SDAS-FO-67 secteur Précarité.
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SYNDICAT DÉPARTEMENTAL DE L’ACTION SOCIALE FORCE OUVRIÈRE DU BAS-RHIN
Secteur PRECARITE
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A LIRE ET FAIRE SUIVRE, au delà de toute considération d'affiliation syndicale
Pour recevoir directement les informations sur cette mobilisation : sdasfo67.precarite@mail.com
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SDAS-FO-67 Syndicat Départemental de l'Action Sociale - Force Ouvrière - 67
sdasfo67.precarite@gmail.com / sdas67@free.fr
Téléphone : 03 88 36 50 15  -  06 15 75 23 82
Adresse: Maison des syndicats - 1 rue Sédillot - BP 12 - Strasbourg cedex
Permanences juridiques spécialisées : chaque 2ème mardi du mois, 14-17h, 4ème étage

12.01.2011

à l'eau le 115 ? tu m'as tué

Strasbourg. Lorsqu'une "personne isolée" téléphone au 115 sa demande est-elle traitée de la même façon qu'un appel émanant d'une association?

Nous en doutons. Comme chaque année nous demandons aux citoyens strasbourgeois d'essayer le 115 dont les médias leur rabâche les oreilles sur un ton optimiste.

Tous on fait le même constat :

• inutile de téléphoner avant 18 heures à un standard qui annonce du 24H/24 ;

• temps d'attente de 45 minutes minimum ;

• il est souvent demandé de rappeller plus tard, vers 20H/20H30. A cette heure là, il est trop tard! Par les températures de -18° les gens cherchent rapidement un coin où se mettre à l'abri. Une fois installé il devient difficile de demander une place, d'autant plus que si le 115 en propose une, elle peut être éloignée géographiquement ou dans le temps.

Que feriez-vous à leur place? Tout est fait pour décourager les gens... Pour le 115 lorsqu'une personne ne rappelle pas alors qu'on lui a bien demandé de le faire, elle est considérée comme casée... Voilà en partie d'ou viennent les "bons" résultats.

Par moins 18 degrés faut-il se poser la question de la nationalité, alors que l'état a obligation de protéger tout le monde?

• questionnaire plus que dirigé sur la nationalité et contrairement à ce qui a été claironné via les médias complaisants, refus d'hébergement pour beaucoup d'étrangers.

Dans le même temps nous savons qu'environ 150 personnes étrangères sont à l'abri jusqu'au 31 mars. Les pouvoirs de notre Préfet sont finalement bien limités lorsqu'un ordre tombe d'un ministère. Un quota d'étrangers serait-il imposé?

Nous avons constaté de nombreux refus "faute de places" alors que nous savons que des appartements d'urgence restent vides !! Est-ce du à une mauvaise organisation ? Que devient le SIAO auquel participe le sempiternel même groupe d'associations? Pourquoi la présence des personnes concernées dans ce truc n'est-elle pas appliquée à Strasbourg, malgré la volonté de Benoist Apparu? On nous dit que ce sont les associations qui freinent et refusent notre venue...

Sans la mise à disposition d'appartements voués à la démolition par la Ville de Strasbourg, et les bailleurs sociaux gagnés par la rencontre entre notre collectif et Philippe Bies, les conditions d'accueil auraient continuées avec des solutions indignes.

Nous avons eut a déplorer le "plan chaises". Face à cela les associations remplacèrent la chaise en jetant des matelas au sol, dans des lieux pas du tout conçus pour accueillir des gens la nuit. Que faut-il en penser? Est-ce là leur mission que d'accepter tout et n'importe quoi "parce que c'est mieux que rien"?. Et de vouloir nous faire avaler la couleuvre de leur bonne conscience en posant des matelas au sol est indigne et insultant.

Ces appartements ont-ils changés la donne?

Cette expérience reconduite pour la 2e année montre bien que si la volonté politique s'exprime, des solutions sont possibles. Malheureusement ça reste temporaire, il faudrait transformer l'essai en pérenne et stable.

Ces appartements permettent aux gens de se poser dans d'excellentes conditions et d'entamer plus sereinement toutes les démarches administratiques, de se soigner, d'apprendre à vivre en collectivité et non en collectif... Ces appartements ont sauvé des vies et permettent d'envisager un avenir...

L’attitude de la Ville a également changé vis à vis des squatts. Un dialogue est installé et débouche vers d'autres expériences (Projet Mimir). Nous espérons que tous jouerons le jeu du dialogue et de l'écoute car la LOPPSI2 nous porte à tous un coup fatal.

Face à ces situations dramatiques créées par l'absence d'emplois, par les emplois très précaires, par le désengagement de la Région Alsace (UMP) dans des formations adaptées aux besoins, par le manque de logements accessibles par les plus pauvres, nous constatons amèrement qu'autorités et "acteurs" se renvoient la balle de la responsabilité.

Tous "s'accordent" à dire que c'est le manque de moyens financiers qui serait seul responsable. Une manière de refuser le dialogue constructif, d'envisager des solutions alternatives et même de péréniser des expériences qui donnent d'excellents résultats.

Pour faire court, à nos yeux, ils sont tous coupables.

11.01.2011

fait chier

la neige, le verglas et maintenant la pluie. Remarque l'été aussi est chiant, on transpire, on pue...

ouais à bien y réfléchir toutes les saisons sont merdiques pour le sans logement.

08:01 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sdf, sans-abri, sans domicile fixe, mal logement, logement | | |  Facebook

08.01.2011

Être sans domicile, avoir des conditions de logement difficiles

INSEE / Être sans domicile, avoir des conditions de logement difficiles
La situation dans les années 2000

Pierrette Briant, Nathalie Donzeau, division Logement, Insee

Résumé - En France métropolitaine, dans la deuxième moitié des années 2000, 133 000 personnes étaient sans domicile : 33 000 en très grande difficulté (entre la rue et les dispositifs d'accueil d'urgence), 100 000 accueillies pour des durées plus longues dans des services d'hébergement social ou dans un logement bénéficiant d'un financement public. Par ailleurs, 117 000 personnes, également sans logement personnel, recouraient à des solutions individuelles (chambres d'hôtel à leurs frais ou hébergement par des particuliers).

En outre, 2,9 millions de personnes vivaient dans des logements privés de confort ou surpeuplés, le cumul des deux insuffisances concernant 127 000 personnes.

Sommaire
Qualifier et quantifier la privation de logement ou de confort
Si une grande majorité des ménages ont profité de l'amélioration du parc de logements depuis 50 ans, certains en sont restés exclus. Les situations de grande difficulté vont de l'absence de logement à la privation de confort, mentionnées dans la loi Dalo (encadré 1). Ces situations sont souvent délicates à repérer (sources) et ne peuvent donc être mesurées que de manière approchée par les statistiques.

133 000 personnes sans domicile dont 33 000 sans abri ou hébergées pour des durées très courtes
Des établissements sociaux, spécialisés dans l'hébergement d'urgence, accueillent des personnes sans abri, dormant habituellement dans un lieu non prévu pour l'habitation. Ces structures complétées par les nuitées d'hôtel, offrent un hébergement inconditionnel, mais d'une durée limitée (de quelques jours à quelques semaines). Les passages entre la rue ou les abris de fortune et les centres d'urgence sont donc fréquents. Au total, 33 000 personnes étaient dans l'une ou l'autre de ces situations dans la deuxième moitié des années 2000 en France métropolitaine. Il s'agit d'une population masculine, urbaine, et pour près de la moitié, francilienne. D'autres établissements sociaux (centres d'hébergement et de réinsertion sociale, établissements d'accueil mère-enfant, centres dédiés aux demandeurs d'asile etc.) accueillent pour des durées plus longues des personnes qui rencontrent des difficultés sociales et de logement : ils hébergent 66 000 personnes dont 30 % de mineurs et 40 % de femmes (ces dernières ne représentent que 21 % des personnes sans abri et en centre d'urgence). L'Île-de-France concentre le quart des places, un autre quart est réparti entre Rhône-Alpes, Provence - Alpes - Côte d'Azur et Nord - Pas-de-Calais. Par ailleurs, 34 000 personnes environ étaient accueillies dans des logements ou des chambres conventionnés à l'aide au logement temporaire , en places d'urgence ou de plus longue durée.

38 000 personnes à l'hôtel et au moins 79 000 hébergées chez des particuliers
Outre les personnes sans domicile, d'autres encore n'ont pas de logement personnel : elles résident à l'hôtel à leurs frais ou sont hébergées par un parent ou un ami. En 2006, 38 000 personnes vivaient à l'hôtel. Une partie d'entre elles, que l'on ne peut dénombrer, relevaient de la catégorie précédente des personnes dont le loyer est pris en charge au titre de l'hébergement social, mais toutes ont en commun des conditions de logement médiocres, les chambres ne disposant pas de sanitaires dans la majorité des cas et ne permettant pas de cuisiner. Un quart de ces chambres abritent plus d'une personne. Ce type d'hébergement est essentiellement francilien et masculin. On compte très peu de personnes âgées, mais des enfants en proportion presque équivalente à la moyenne métropolitaine (17 % des résidants à l'hôtel ont moins de 18 ans contre 22 % dans la population métropolitaine).

Une solution en principe moins onéreuse est de se faire héberger chez un parent, un ami ou une connaissance. En 2002, sans compter les étudiants, 79 000 personnes de 17 à 59 ans résidaient dans des ménages avec lesquels elles n'avaient pas de lien familial direct (ascendant ou descendant). Elles indiquaient ne pas avoir les moyens financiers d'occuper un logement indépendant. Ces situations touchent plus particulièrement des hommes, des Franciliens et des jeunes ; 43 % de ces personnes travaillaient, le plus souvent en tant qu'ouvriers ou employés.

À ce « noyau dur », on peut ajouter les enfants (ou petits-enfants) qui vivent chez leurs parents ou grands-parents, faute de pouvoir accéder à l'autonomie résidentielle. Sont probablement dans ce cas une majorité des plus de 25 ans revenus au domicile familial après quelques mois dans un logement indépendant. En excluant les étudiants et ceux qui ont tout juste achevé leurs études, 282 000 enfants adultes, plutôt des hommes, pouvaient être considérés en hébergement contraint en 2002. Pour ces personnes, plus encore que pour les hébergés du « noyau dur », être hébergé et occuper un emploi, y compris de niveau cadre, peuvent aller de pair.

Enfin, parmi les personnes de 60 ans et plus résidant chez un tiers, 50 000 expliquaient notamment leur situation par une rupture familiale, un deuil, des difficultés financières ou de santé. Contrairement aux situations précédentes, 53 % d'entre elles vivaient dans des communes rurales et il s'agissait plus souvent de femmes.

Plus d'un million de ménages dans des habitations de fortune, des logements sans confort ou surpeuplés
Difficultés de logement et difficultés financières

Occuper en titre un logement ne signifie pas que la qualité de celui-ci est satisfaisante. Ainsi en 2006, 40 000 logements, abritant 85 000 personnes, étaient qualifiés par leurs occupants, à l'occasion du recensement, d'habitations de fortune dont les trois quarts étaient des constructions provisoires ou des mobile homes (sans possibilité de mobilité) ; 20 % n'avaient ni douche ni baignoire ; environ 10 % étaient surpeuplés , soit 10 fois plus que la moyenne.

À un degré moindre que les habitations de fortune, certains logements peuvent néanmoins représenter un danger pour la santé ou la sécurité de leurs habitants, ou manquer des équipements élémentaires. Par analogie avec les critères édictés par la loi Dalo, on considérera comme « privés de confort » les logements situés dans des immeubles insalubres ou menaçant de tomber en ruine ou ayant au moins deux défauts parmi les suivants : installation de chauffage insuffisante ou mauvaise isolation, infiltrations d'eau, électricité non conforme, absence d'installation sanitaire ou de coin cuisine.

En 2006, selon l'enquête Logement, 947 000 logements, soit 3,6 % des résidences principales, abritant 2,1 millions de personnes, étaient concernés. Certains défauts sont relativement rares : 1 % des ménages ont déclaré que leur immeuble était insalubre ou menaçait de tomber en ruine (tableau 2). Les sanitaires ou le coin cuisine manquent surtout à Paris. D'autres défauts sont plus fréquents : les infiltrations d'eau concernaient 5 % des logements et la perception de froid liée à une installation de chauffage insuffisante ou une mauvaise isolation, 9 %. Ces défauts concernent plus souvent les logements les plus anciens et, dans une moindre mesure, les logements collectifs.

Enfin, un peu plus de 183 000 logements (0,7 % de l'ensemble) étaient surpeuplés, abritant 800 000 personnes, surtout dans l'agglomération parisienne (2,4 %) où les petits logements sont nombreux et les loyers élevés.

Surpeuplement et privation de confort ne vont pas forcément de pair puisque leur cumul ne concernait que 28 000 logements en 2006. Les catégories les plus touchées sont néanmoins les mêmes : les locataires du parc privé, les ménages du bas de l'échelle des niveaux de vie, les familles monoparentales.

Difficultés de logement et difficultés financières
1,1 million de ménages, occupants en titre de leur logement, soit 2,9 millions de personnes, souffraient ainsi de mauvaises conditions de logement (soit surpeuplement soit privation de confort). Avec les 133 000 sans-domicile et près de 117 000 autres personnes sans logement personnel dans une acception restreinte (chambres d'hôtel et « noyau dur » de l'hébergement contraint), elles composent la population qui ne peut accéder à un logement satisfaisant, soit au total, 3,2 millions de personnes.

On pourrait y inclure tout ou partie des 110 000 personnes qui vivaient dans des habitations mobiles terrestres (gens du voyage, forains...) dont les conditions de logement sont liées à la qualité des infrastructures d'accueil dans les communes.

L'analyse pourrait également être élargie aux ménages dont le logement ponctionne fortement les ressources. Ainsi, un million de ménages à faibles ressources déclaraient avoir des difficultés à régler leurs dépenses en logement ou être en situation d'impayés ; 144 000 d'entre eux cumulaient ces difficultés et le fait d'occuper un logement inconfortable ou surpeuplé et, parmi ces derniers, 41 000 avaient fait une demande de logement HLM, que ce soit pour entrer dans le parc HLM (24 000) ou y rester en changeant de logement (17 000 ménages).

Enfin, en 2006, plus de 100 000 ménages à faibles ressources (41 000 pour la seule agglomération de Paris) attendaient depuis au moins trois ans un logement social.

POUR EN SAVOIR PLUS

03.01.2011

Dr Pierre Francès : « Les SDF sont de plus en plus jeunes »

Depuis combien de temps donnez-vous des consultations auprès de SDF et comment êtes-vous arrivé à l'étude que vous avez tirée de cette expérience ? 
Cela fait 13 ans qu'une fois par semaine, de 21 h à minuit environ, je donne des consultations gratuites auprès de sans domicile fixe, à l'hôtel social Solidarité 66. Pendant un an, d'avril 2009 à avril 2010, j'ai dressé une étude sur cette prise en charge. L'objectif était de confronter les résultats obtenus à une étude précédente, faite par un médecin à Nantes, et de voir l'évolution de la population des SDF et de leurs problèmes. 

J'ai pu présenter mon étude au congrès de recherche de médecine générale de Rouen, en novembre ; elle a fait partie des 60 articles retenus sur 250 proposés. Je pense que mon travail a été retenu pour son originalité.

Ce qui suppose que peu de médecins se livrent à ce type de consultations et d'études...

Il n'y en a pas beaucoup qui vont au-devant des SDF mais j'en connais plusieurs qui acceptent de les recevoir dans leur cabinet. Mes confrères ne sont pas dénués d'humanité...

Votre travail porte sur un panel de 629 individus. Pourquoi ce chiffre ?
Ce sont tout simplement les gens que j'ai vus en une année.

En dehors des pathologies, votre étude fait ressortir des éléments importants sur la population des SDF : l'âge, la provenance...

Oui, le facteur de l'âge est important. On voit des gens de plus en plus jeunes dans la rue, des mineurs, du fait de l'éclatement de la cellule familiale ou de galères financières liées à la crise. Le problème dans le cas des mineurs, c'est qu'ils ne peuvent être accueillis par aucune structure, la loi l'interdit. Tout ce que l'on peut faire, c'est appeler un médiateur mais souvent ils sont replacés dans leur famille alors qu'ils l'ont quittée.

On rencontre des jeunes qui ont déjà un passé de placements en foyers et de plus en plus qui viennent de la région parisienne, souvent pour organiser des réseaux de commerces parallèles. Et puis nous voyons aussi des vieux, fréquemment des Algériens qui ont travaillé en France, qui doivent attendre 65 ans pour toucher un peu plus que 100 euros par trimestre. Ceux-là ne sont pas faits pour la rue, ni pour les structures d'accueil où ils sont les proies faciles des voleurs, car personne ne se fait de cadeau. Enfin, il y a ceux qui viennent d'autres régions, poussés par l'héliotropisme.

Quelles sont les pathologies les plus fréquentes chez les SDF ?
Les pathologies psychologiques, les affections respiratoires et pulmonaires car ce sont de gros tabagiques, et des affections cutanées par manque d'hygiène, notamment aux pieds. On note aussi des addictions à la drogue et quand ils ne peuvent pas acheter autre chose, ils ont recours au subutex.

Que peut un généraliste face à des gens atteints d'affections de type psychologique ?
A part les orienter, les cadrer, c'est très difficile car les structures ne sont pas adaptées à ce type de patients. D'autant qu'ils peuvent constituer un danger pour les autres. Un parano, par exemple, vous démolit un système en un rien de temps. Et les éducateurs ne sont pas formés à cet accueil.

Pour les autres pathologies, quand le besoin s'impose, je peux les envoyer à la PASS, la permanence d'accès au service de soins de l'hôpital, ou à la structure de l'Arc-en-ciel. Par chance, j'ai de bons interlocuteurs très fiables.

Comment les SDF accueillent-ils vos consultations ?
Il faut aller à leur rencontre, les apprivoiser car ils sont désocialisés. Ensuite, pour me voir ils s'inscrivent sur une liste. Il y en a qui viennent simplement me raconter ce qu'ils ont fait dans la semaine car ils ont besoin d'être écoutés et que quelqu'un leur dise qu'ils existent. 

Quand ils nécessitent des médicaments et qu'ils n'ont aucune couverture sociale, qui les fournit ?
Je me débrouille avec ce que j'ai en antalgiques ou en anti-inflammatoires, ce que mes patients m'apportent et quand c'est urgent, Solidarité 66 fait une avance à la pharmacie en face de la structure.

Qu'est-ce qui vous a poussé à commencer à vous occuper de SDF, et à continuer ?
Au départ, je n'étais pas « très social » mais le directeur de Solidarité 66 m'a lancé un défi que j'ai relevé. Ensuite, j'ai pu aider quelqu'un à s'en sortir et ça m'a donné envie de continuer. 

Ce qui m'inquiète le plus, ce sont ces jeunes qu'il faudrait pouvoir tirer de la rue. Et puis j'aimerais que mes jeunes confrères soient conscients de la précarité, des pathologies qu'elle entraîne, de l'importance de travailler de façon pluridisciplinaire et avec humanité.

Propos recueillis par Josianne Cabanas

Source : http://www.lindependant.com/articles/2011-01-03/dr-pierre...


19.08.2010

Et vous, que faites-vous entre deux hivers ?

Le dernier plan hivernal à strasbourg proposait env. 400 places, dont 32 chaises.

Ces plans qui se répètent depuis des décennies dans les grandes villes n'est qu'une mise à l'abri qui dégage des places par palier, calculés en fonction des températures. 0 degré tant de place, 5 degré...

L'ancienne municipalité UMP (keller/grossmann) a laissé pourrir la situation, se désintéressant du sort des personnes, des expulsions... Depuis les municipales que s'est-il passé?

La routine !

Le projet de chalets de 30 places qui a ouvert début juillet, d'autres projets éparpillés sur Strasbourg et la CUS, tous de petites envergures (15 places...) destinés à des "publics" bien ciblés : femmes ici, jeunes là, hommes ailleurs, malades là-bas... Petits projets et vie segmentée, morcelée. Ces projets sont proposés par les associations existantes et sont dans la continuité de ce qu'elles font depuis 40, 30 ou 20 ans...

Comme si pour nous le temps s'était arrêté et les idées et la volonté envolées depuis longtemps

Et rien de ce qui est fait ne vient rattraper le retard, ni combler les demandes qui augmentent et évoluent comme il va de soi dans la société. Pourtant, l'hivers dernier, une expérience inédite menée dans des appartements voués à la démolition et que nous avons initiée avec la complicité de l'adjoint au logement qui s'est débattu pour son montage avec l'État et sa "prise en main" par une association, a vu le jour.

Quel en est le bilan ? Que sont devenues les personnes ? Sera t-elle reconduite ?

On reste toujours loin du compte. Entre deux hivers rien n'est anticipé, rien n'est initié. Pendant 7 à 8 mois plus personne ne se préoccupe de cette situation qui s'aggrave. Pour preuve cet été, une structure de distribution de repas ferme sans que quiconque se s'en émeuve, ou alerte les pouvoirs publics en dehors du Collectif.

Les solutions, les idées, existent, les moyens ne sont pas plus difficiles à trouver que 5 Millions pour un golf, ou 140 pour un stade. C'est juste une question de volonté politique et de soutien des militants et de la population.

http://blog.philippebies.fr/

23.07.2010

Quel été pour les sans-abri à Dijon?

L'été est la période de l'année pendant laquelle Dijon enregistre un pic de fréquentation des sans-abri, en raison notamment d'une proportion plus importante de "passagers", qui restent quelques jours seulement dans la commune. En parallèle, la saison estivale est réputée difficile à vivre pour ces personnes, qui subissent au quotidien chaleur et déshydratation. Pour faire face à ces besoins, la Société dijonnaise d'assistance par le travail (Sdat), renforce ses effectifs et propose un accueil de jour jusqu'au 30 septembre 2010, dans le cadre du dispositif d'écoute et d'accompagnement "Acor centre-ville". Rencontre avec Françoise Truchot, directrice pédagogique à la Sdat, Isabelle et Julien, deux techniciens socio-éducatifs qui évoquent leur quotidien aux côtés des SDF...

La rue, lieu du premier contact

LIRE LA SUITE : MEDIAPART

16.04.2010

mais que deviennent les quichiottes de strasbourg ?

ha quand tu portes le sigle edq, c'est beau la vie, tu gueules dans le vide, tu pétarades, tu manipules, et surtout tu montes un campement !

C'est logique de vouloir sortir les gens de la rue, en les collant sous une tente. Et surtout de se flater d'être à l'origine d'une loi qui ne marche pas, qui crée plus de misère, qui te bouffe l'espoir et l'énergie ...

Et va y que ça soutient, le fan club est là ... Mais le film est éculé, et surtout, "papa" est entré en politique.

Nos quichiottes à nous, les incomparables, ont leur petit campement de 15 tentes qui vivote, à votre bon coeur. Les coups médiatiques lassent, les coups d'enfoirés aussi.

Tribunal again bientôt. L'éternelle rengaine de nos quichiottes, avec une différence notoire, ce n'est pas pour un délit, une bagarre ou un vol, mais pour une expulsion de leur coin de pelouse ... putain, pour une fois, nous portons le bon sigle à 3 lettres : SDF !

21:05 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sdf alsace, sans domicile fixe, sans abri, strasbourg | | |  Facebook

20.03.2010

ALSACE : UN BON MILLIER DE PERSONNES ABANDONNÉES À LA RUE DEPUIS DES ANNÉES

Le 31 mars, c'est la fin du dispositif hivernal d'hébergement d'urgence. Pour toutes les personnes hébergées dans ce dispositif cruel, indigne, c'est la remise à la rue.

Plus de 400 personnes sont concernées à Strasbourg.

Plus de 200 personnes à Mulhouse.

Auxquels s'ajoutent tous ceux, qui par défaut, ont été obligés de réquisitionner des lieux vides depuis des années, ceux qui survivent sous tente, dans des cabanes, ...

Depuis des années, même lorsque la situation financière était bonne, L'Alsace n'a pas été fichue d'accompagner un petit millier de personnes ...

Honte sur nous.

15.01.2010

« Souvent, la mort ne les effraie plus »

Yann Benoist, ethnologue - Propos recueillis par V. Md. - source Le Parisien

Yann Benoist, 31 ans, est un ethnologue qui s’intéresse au monde des naufragés de la vie. Pendant plus de deux ans, il a observé les SDF, en particulier ceux qui sont emmenés au Cash (centre d’accueil, de soins et d’hébergement) de Nanterre (Hauts-de-Seine). Il en a tiré l’ouvrage « Sans-logis de à Nanterre », paru aux Editions l’Harmattan.

Pourquoi préfèrent-ils passer la nuit dehors plutôt que dans un centre?
Yann Benoist.
Deux raisons : les sans-abri doivent répondre à leurs besoins immédiats, par exemple manger, travailler, faire la manche, s’alcooliser, se droguer. Ce sont des activités routinières qui prennent beaucoup de temps car la fatigue de la rue ralentit le rythme. Pour être au plus près de ces activités dès le réveil, ils considèrent que la rue est plus adaptée que le centre d’hébergement. Souvent, quand il s’agit des plus abîmés, la ne les effraie plus. Le froid paraît être un danger secondaire.

Coucher sur un trottoir, est-ce un choix?
Pas du tout. Il s’agit là d’une idée reçue. Quand un SDF dit « j’ai choisi cette vie », cela ne correspond jamais à la réalité. Dormir dehors, c’est l’exclusion maximale, une mise à nu. Pour lui, c’est très mal perçu parce qu’il expose son être, il se sent pénétré par le regard des passants. Dormir dehors, c’est donc une nécessité ultime, une façon d’échapper à une contrainte qu’ils trouvent pire, en l’occurrence la vie au centre d’hébergement.

Que reprochent-ils à ces structures?
Ils trouvent que l’offre y est trop coercitive. C’est ce que j’ai constaté au Cash de Nanterre. Les horaires sont stricts, on leur confisque leurs affaires jusqu’au lendemain, l’alcool est interdit, on leur attribue un numéro de chambre, on leur rase parfois la s’ils ont des poux. C’est terriblement infantilisant et liberticide. Il n’y a plus d’intimité.

Si on leur proposait des chambres individuelles, y aurait-il encore des gens qui dormiraient dehors?
Il y en aurait beaucoup moins mais il y en aurait encore. Il resterait ceux qui, tellement détruits, n’ont pas la capacité d’avoir un autre mode de vie. C’est un peu comme les prisonniers qui ont fait trente ans de taule et qui, libérés, n’arrivent pas à sortir de leur prison. Zéro SDF qui dort dehors, c’est impossible, sauf si on venait à les ramasser de force, une aberration totale.

d'autres articles à lire : Le Parisien

10.01.2010

Alors que l'hiver se fait plus rugueux, les centres d'hébergement d'urgence sont déjà pleins. ...

Les jeunes sont de plus en plus nombreux dans la rue

La Voix du Nord - « Il y a de plus en plus de personnes qui appellent pour la première fois au niveau du 115, c'est un fait majeur, analyse Alexis Lefrancq, directeur de la CAOH. Des jeunes principalement. » Rupture familiale, rupture de couple, violences conjugales, perte de logement lié à une perte d'emploi, quelques salariés, des couples, les raisons qui ont plongé toutes ces personnes dans une précarité sociale sont aussi nombreuses que les profils. L'association estime entre 25 % et 27 % le taux de jeunes de moins de 25 ans.

Parmi l'ensemble des personnes nécessitant un hébergement d'urgence, on trouve également des hommes et des femmes présentant des troubles psychologiques, des pathologies, des familles endettées ou des addictions à l'alcool, les drogues. « On a des personnes qui refusent d'intégrer toute forme de collectivité. Elles n'ont jamais connu de structure d'urgence, remarque encore le directeur. On a aussi des personnes qui connaissent très bien ces structures mais qui en ont marre. Un ras-le-bol. On a aussi des salariés, qui n'ont pas le même profil. Certaines aussi sont orientés sur Valenciennes alors qu'ils sont en difficulté sur le territoire. » On dit l'été plus meurtrier que l'hiver. Certes le froid n'est pas en cause, mais l'hygiène, la chaleur, la déshydratation sont des causes à ne pas négliger. D'autant plus que nombre de centres ferment leurs portes à ce moment, les expulsions reprennent, et les jeunes en difficultés familiales n'hésitent plus à quitter leur domicile. En été, on est pus facilement mis à la rue. • F. GR.

05.01.2010

Suite de la pétition "Pour un réel engagement en faveur des personnes SDF"

Vous avez signé au mois de novembre, comme près de 3500 personnes, la pétition intitulée "Pour un réel engagement en faveur des personnes SDF"  (http://reelengagementsdf.free.fr) initiée par des professionnels de l'urgence sociale de l'agglomération lyonnaise.

Depuis, rien n'a changé!

- Aucune réponse satisfaisante après l'envoi de cette pétition aux autorités!

- Aucune réponse satisfaisante après une réunion avec le Préfet!

C'est pourquoi nous lançons un mouvement de mobilisation inédit qui donnera lieu à une grève le 21/01/2010 avec une manifestation devant la préfecture.

Nous comptons sur le plus grand nombre et vous donnerons des précisions ultérieurement sur l'heure et le lieu du rassemblement.

Vous trouverez  plus d'informations en ouvrant la pièce jointe qui est le compte rendu de ce qui s'est passé depuis l'envoi de la pétition.

Nous vous souhaitons une excellente année 2010 et vous remercions pour votre implication.

Le réseau des professionnels engagés auprès de personnes SDF.

lettre signataires.doc lettre signataires.doc

14:01 Publié dans Action | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sdf, sans abri, sans domicile fixe, travailleurs sociaux | | |  Facebook

20.12.2009

Paris : Quand la Préfecture organise une expulsion

A une semaine de Noel, vendredi 18 décembre 18h, la préfecture a décidé l'évacuation de 22 personnes d'un bâtiment réquisitionné, 6 rue de Saintonge à Paris dans le 3ème arrondissement; "Un certain nombre d'éléments incitent à croire que ces personnes seraient là depuis plus de 10 jours" explique Gauthier Caron-Thibaut, conseiller de Paris et adjoint au logement du 3ème arrondissement, qui rajoute "A l'heure où la ville de Paris ouvre ses gymnases et des salles pour les SDF, la préfecture décide elle de mettre à la rue une vingtaine de jeunes en difficultés".

Selon Robert Bianco de la mission Squat de Médecins du monde, "les dispositifs d'hébergement sont dès le matin saturés pour le soir, le 115 est débordé par les appels et on manque terriblement de places !".

"22 personnes ont donc été embarquées par la police pour avoir voulu se loger et éviter le froid glacial" conclut Julien Bayou de l’Association Jeudi-Noir. Ce bâtiment de plus de 1500 m² est inoccupé depuis plus de 10 ans. Son propriétaire se sert du rez-de-chaussée comme d'un entrepôt et laisse les étages vides ! Cette évacuation semble aussi illégale que celle opérée en mai 2008 contre le bâtiment réquisitionné par Jeudi-Noir impasse St Claude toujours dans le 3eme. Evacuation condamnée en justice quelques mois plus tard...

11:01 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : expulsions locatives, sans-abri, sans domicile fixe | | |  Facebook

19.12.2009

Un loyer d’un euro par jour pour les SDF

Jusqu’alors sans domicile fixe, hébergés en foyer pendant des années, Jean-Pierre et Hossain disposent depuis peu d’une maison au nord de Toulouse, pour laquelle ils payent un loyer d’un euro par jour !

Un euro par jour pour loger un SDF, c’est une opération rendue possible grâce à l’opération « maisons tremplins pour SDF », financée par l’Etat. Les deux nouveaux colocataires se sont rencontrés durant leur galère, alors qu’ils dormaient depuis plus d’un an dans un foyer du centre-ville qu’ils devaient libérer avant 8 heures, pour ensuite passer la journée à errer dans les rues.

Depuis octobre, ils habitent ensemble une petite maison individuelle comprenant deux chambres, un salon-cuisine et un petit jardinet attenant. « C’est un miracle pour moi cette maison. Je sais que j’ai beaucoup de chance d’avoir été choisi », déclare Hossain, 43 ans, sans famille, qui s’est retrouvé à la rue après la mort de sa mère.

Leurs nouveaux voisins de la Cité blanche, un quartier d’une centaine de pavillons, ont reçu un courrier les prévenant de cette opération pilote, consistant à réhabiliter trois maisons pour les louer pendant un an à des SDF moyennant un euro par jour.

Cette opération fait suite à un appel à projet lancé par l’Etat en juin 2009 consécutif au rapport du député UMP des Yvelines Etienne Pinte. L’association du Pact-31, qui défend l’insertion par le logement et l’amélioration de l’habitat, y a répondu et obtenu 87.000 euros pour une année de frais de loyer, de mobilier et de suivi social.

Car chaque jour, des travailleurs sociaux et même un infirmier rendent visite à Hossain et Jean-Pierre. Ils veillent au respect des seules règles qui leur sont imposées : pas le droit d’héberger d’autres personnes, pas de visite après 18 heures, et paiement du loyer.

Pour l’heure, la maison ne comporte pas de lave-linge et les travailleurs sociaux organisent des déplacements vers un Lavomatic. Question mobilier, c’est assez sommaire : un lit dans chaque chambre, un canapé, une table et trois chaises.

« J’ai pour projet de trouver une armoire », indique Jean-Pierre, en montrant ses affaires rangées dans des sacs à même le sol d’une chambre propre, où le lit a été fait le matin même.

« Il ne suffit pas de donner un appartement à un SDF pour que tout roule, il y a un réel besoin d’accompagnement », explique Alain Estoppey, travailleur social, car « quand on a été pendant plusieurs années à la rue, il y a des choses qui peuvent paraître anodines mais qu’il faut réapprendre comme nettoyer, ranger ou se faire à manger ».

Le jour de leur entrée dans leur maison, proprement réhabilitée, les deux colocataires ont immédiatement acheté une télé qui trône désormais dans le salon et reste allumée « quasiment 24 heures sur 24 », confie Jean-Pierre.

« On va chercher des DVD à la médiathèque et on les regarde avec Redouan, un ami qui vient nous rendre visite. On boit du café, on fume des cigarettes, on a chaud, on est bien », conclut Hossain, ravi.

Edition France Soir du samedi 19 décembre 2009 page 12

27.11.2009

Ce soir à Strasbourg, 2e Nuit solidaire pour le logement !

Strasbourg : soupe populaire solidaire

Kleber_solidaire

 

Place Kléber, au centre ville de Strasbourg,

de 18h00 à 22h00, une soupe populaire sera offerte,

il y aura des distributions de tracts, lecture de textes, etc...

18.11.2009

Droit au logement opposable: le comité de suivi veut des réquisitions

AFP - Le comité de suivi de la loi sur le droit au logement opposable (Dalo) a demandé mercredi la mise en oeuvre de réquisitions de logements, et en a appelé à Nicolas Sarkozy en raison de l'"aggravation" de la situation des mal logés.

Le comité de suivi s'est réuni en séance exceptionnelle et a constaté "l'aggravation d'une situation de non-respect de la loi": fin juin, au moins 7.250 ménages désignés comme prioritaires, dont 6.500 Franciliens, n'avaient pas obtenu d'offre de logement dans le délai prévu par la loi.

A fin septembre, ce décalage s'est accru, atteignant 9.780 ménages, dont 8.878 en Ile-de-France.

Dans une déclaration consensuelle, le comité de suivi "appelle solennellement le gouvernement à conduire +la bataille de l'offre+".

Deux pistes sont préconisées, dont la mobilisation effective des logements existants en faveur des ménages prioritaires.

Dans ce cadre, le comité demande "que des instructions soient données du plus haut niveau de l'Etat pour que les préfets usent de tous les moyens en leur possession afin de résorber au plus vite leur retard".

Parmi les moyens recensés figurent notamment un programme de réquisitions et le droit de préemption.

14.11.2009

Plan hivernal : l'adjointe à la solidarité de la mairie de Toulouse, Claude Touchefeu, a interpellé l'Etat !!

Comme quoi c'est possible ! C'est pourquoi nous continuons de nous demander ce que fabrique notre adjointe à la solidarité de la mairie de Strasbourg ! Qui la muselle ?

Hébergement d'urgence : la mairie veut des places en plus

Au cours de la table ronde sur l'hébergement qui s'est déroulée jeudi à la préfecture, l'adjointe à la solidarité de la mairie de Toulouse, Claude Touchefeu, a interpellé l'Etat : « On estime à une centaine le nombre de personnes qui chaque soir se retrouvent sans réponse positive à leur demande d'hébergement adressée via le 115. A ces personnes s'ajoutent celles qui n'appellent pas ou plus ce numéro. Nous voulons obtenir de l'Etat dès cet hiver la création de places supplémentaires d'hébergement d'urgence à Toulouse ». Claude Touchefeu précise que « tous les lieux d'accueil ont connu, dans le département, une baisse de la subvention de l'Etat. Ce manque financier a de graves conséquences sur la qualité de l'accueil ».

Selon la préfecture, « en Haute-Garonne en 2009, l'effort financier est porté à 20 millions d'euros, soit une augmentation de près de 11 % depuis 2007 ; le dispositif d'hébergement a aussi permis de créer 46 nouvelles places, au total ce sont 2 289 places qui sont ouvertes à l'année ; auquel il convient de rajouter la mobilisation de 48 places d'hébergement supplémentaires et de 30 places d'accueil sans hébergement ». Sont mis à l'étude : un système partagé de mise en commun de l'offre et de la demande d'hébergement ; et l'accompagnement des publics spécifiques de l'hébergement vers le logement.

SOURCE : la depeche

12.11.2009

Chartres - Accueil d'urgence : le plan hiver débute dans un contexte tendu

Source LA REPUBLIQUE DU CENTRE - Ils étaient 300 à être hébergés la nuit en urgence en 2005, 400 l'hiver dernier et on craint un nouvel afflux cette année. C'est le moment que choisit Chartres pour se retirer du dispositif et ne plus offrir de locaux.
Elle ne cesse de progresser, de grignoter, de morceau de trottoir en pile de pont, de renfoncement de porte en abri de fortune. Elle, c'est la précarité et son lot de gens, de plus en plus nombreux, qui un soir ou un autre, se trouvent dehors pour dormir.

300 personnes accueillies à l'hiver 2005-2006 ; 400 l'an dernier ; combien pour le plan hiver 2009-2010 ? « Les chiffres augmentent vraiment, s'inquiétait la semaine passée Alain Espinasse, secrétaire général de la préfecture et pilote du plan d'urgence d'hiver, qui vient de commencer le 1er novembre dans un contexte économique particulièrement tendu. Mais il ne faut se voiler la face. Ce n'est pas dû au froid, c'est bien qu'il y a de plus en plus de monde à la rue. »

Le plan hiver a donc été renforcé cette année, là où c'était possible. Pour l'ensemble du dispositif géré par le numéro de téléphone d'urgence 115, un écoutant supplémentaire a été recruté. À Dreux, le relais logement de la rue du Bois-Sabot repart sur les mêmes bases que l'an passé. L'adresse est connue de ceux qui en ont besoin et s'y dirigent spontanément. Il offrira dix places d'hébergement de nuit cette année, contre sept l'an passé, auxquelles s'ajouteront cinq places supplémentaires si besoin au Foyer de jeunes travailleurs. Le dispositif est bien rodé et fonctionne sans accroc, grâce notamment à un accueil de jour qui permet de faire le lien avec l'hébergement de nuit, voire d'amorcer un travail social de plus longue durée si besoin.

À Chartres, les « maraudes » qui permettent d'aller à la rencontre deux qui sont à la rue sont elles aussi renforcées. Aux partenaires habituels, Foyer d'accueil chartrain et Croix-Rouge, s'ajoutent cette année les Restos du coeur. Rappelons que 9.090 repas avaient été servis l'an passé... Le point refuge, d'ordinaire accueil de jour, restera comme l'an passé ouvert la nuit pendant l'hiver. Il avait accueilli l'hiver dernier 203 personnes en quête simplement d'un coin au chaud.

À Chartres, toutes les places déjà complètes...

Mais le plan départemental butte sur un écueil de taille. À Chartres, principale agglomération du département et forcément la plus sollicitée pour l'hébergement d'urgence (5.762 nuitées sur 7.146 nuits dans le département), la ville a décidé de ne plus mettre de locaux à disposition via l'office HLM, décision en passe de provoquer un tollé politique. Et qui se traduit pratiquement par une difficulté concrète : faute de structure d'accueil, la préfecture va recourir aux nuits d'hôtel...

Si toutefois les deux hôtels qui accueillent traditionnellement en urgence ont suffisamment de place pour faire face à une demande croissante. Toutes les places disponibles ont été occupées dès les premiers jours, la semaine passée. Et les températures étaient encore clémentes...
Isabelle Gabrion

11.11.2009

Mise à l'abri : Dans le Bas-Rhin, les capacités d'accueil restent insuffisantes face à une demande croissante

Cet hiver, le plan de mise à l'abri, propose au total 429 places, alors qu'il en faudrait beaucoup plus. Bien que légèrement supérieur à l'hiver dernier qui avait été "revu" à la baisse, nous restons largement en dessous des besoins réels.

Ces places ne seront ouvertes qu'au fur et à mesure que les températures baisseront, et suivront ce que tous nomment les "niveaux" de froid. Une aberation pour ceux qui doivent subir le froid, la pluie, la neige.

Fin mars ce sera la remise à la rue pour tous ! Les nouveaux rapports, les discours et engagements de Benoist Apparu, ne sont que de circonstances.

Ce qui a changé cet hiver dans le Bas-Rhin

• Les maraudes de Médecins du monde, de la Croix-Rouge, des Restos du Coeur et de l'équipe mobile de rue du centre communal d'action sociale fonctionneront  sept jours sur sept à partir de décembre. Outre les soins et des collations, ces maraudes aideront les personnes rencontrées à trouver une place d'hébergement si c'est leur souhait.

• La Ville de Strasbourg, sous l'impulsion de son adjoint au logement à débloqué 20 appartements au Neuhof, et ce malgrè toutes les réticences que le Collectif SDF a pu entendre, à ce sujet. Malheureusement l'association qui a "enlevé le marché" est loin, très loin d'une démarche de travail d'accompagnement. Ces 20 appartements accueilleront 60 personnes, un seul travailleur social pour dialoguer et entamer un accompagnement digne de ce nom, et trois veilleurs surveillants !

• Cet hiver, en cas de très grand froid, le préfet peut enclencher le niveau 3 du plan. Ce qui lui permet de faire ouvrir 40 places supplémentaires sur la base militaire de Drachenbronn, la Ville de Strasbourg pourrait, mettre un gymnase à disposition...

Les niveaux de l'insupportable

niveau 1 : 316 places seront ouvertes si les températures sont positives en journée et comprises entre zéro et -5° la nuit ;

niveau 2 : 113 places supplémentaires seront débloquées si les températures sont négatives le jour et inférieures à -5° la nuit

niveau 3 : c'est le grand froid, 40 places peuvent être débloquées, si les températures sont négatives le jour et inférieures à -10° la nuit

Chaque année, le constat reste amer

De plus en plus de personnes sont touchées par le chômage, les emplois précaires. Le nombre de personnes à la retraite qui sollicitent des aides ponctuelles, augmente. Les étudiants, les personnes malades, ... tous sont les nouveaux visages de la pauvreté ;

L'accès au logement social devient de plus en plus difficile ;

La situation géographique de Strasbourg attire de plus en plus de demandeurs d'asile ;

Chaque hiver, Strasbourg attire aussi de plus en plus de personnes de la CUS, privées de logement ...

Et chaque année la situation s'aggrave, mais chaque année, ne sont proposées que des opérations sparadrap, de la mise à l'abri suivie de remise à la rue !

10.11.2009

Sans-abri: «Il faut d'abord régler la question de l'hébergement»

INTERVIEW - Olivier Bernard, président de Médecins du Monde, réagit au plan «pour un service public de l'hébergement» présenté ce mardi par le secrétaire d'Etat au Logement, Benoist Apparu.

Recueilli par Marie Piquemal pour Libération

Le secrétaire d'Etat au Logement, Benoist Apparu, a présenté ce mardi une série de mesures pour une meilleure prise en charge des mal-logés et des sans-abri. Entretien avec Olivier Bernard, président de Médecins du Monde, dont les maraudes sont présentes au quotidien dans la rue.

Quel est votre sentiment général sur ces annonces?

Chaque année, c'est la même chose. A l'approche de l'hiver, le gouvernement fait de nouvelles annonces en matière de logement. On se souvient par exemple de l'entrée en vigueur du dispositif Dalo (le droit au logement opposable, ndlr)... Et des décalages entre les intentions et la réalité : selon une récente étude, en Ile-de-France, seules 25% des personnes ayant obtenu un avis favorable des commissions de médiation ont été relogées.

Cela étant dit, il y a des choses intéressantes dans les annonces de Benoist Apparu aujourd'hui, comme cette notion de suivi individualisé des personnes vivant dans la rue.

Vous voulez parler de la proposition de «référent personnel» des sans-abri. Cette annonce est-elle réaliste ?

L'intention est intéressante. Sur le terrain, nos équipes essaient déjà de mettre en œuvre ce suivi personnalisé, en nouant des liens de proximité avec les personnes vivant dans la rue. L'idée d'un référent unique n'est donc pas une mauvaise idée. On est prêt à travailler sur la question. Même si rappelons-le, le meilleur moyen d'aider les sans-abri, c'est d'abord de régler la question de l'hébergement d'urgence. Et le volet logement du plan Apparu n'est pas suffisant.

On manque de places dans les hébergements d'urgence?

Oui, il faut plus de places mais surtout une offre plus adaptée. Médecins du monde se bat sur cette question depuis 2002: il faut absolument développer des structures d'hébergement plus souples, gérées en collaboration avec les associations. On le constate tous les jours: de nombreux sans-abri refusent de dormir dans ces centres car ils ne sentent pas en sécurité. En pratique, on demande des structures à taille humaine, accueillant 20 à 25 personnes. Il faut aussi leur permettre de venir avec leurs chiens, tolérer une certaine consommation d'alcool et les autoriser à rester plusieurs jours. Et mettre à leur disposition un casier personnel pour ranger leurs affaires.

Avez-vous été auditionné par Benoist Apparu ?

Non, pas directement. Mais on est en contact régulier avec le ministère. Et certaines des propositions présentées aujourd'hui s'inspirent d'expérimentations de terrain. Par exemple, Benoist Apparu a annoncé le développement d'équipes mobiles pour traiter les troubles psychiatriques des personnes vivant dans la rue. On a déjà mis en place un tel dispositif à Marseille après s'être rendu compte que les troubles psychiatriques sont 5 à 20 fois plus présents chez les sans-abri que dans le reste de la population.

Inauguration d'une nouvelle Maison Relais à Strasbourg

Philippe Bies adjoint au logement, est à Hautepierre ce soir, avec le Maire de Strasbourg himself, pour visiter le nouveau CHRS - Maison Relais réalisé par Habitation Moderne et géré par Horizon Amitié.

"35 places supplémentaires pour l'hébergement d'urgence à l'entrée de l'hiver c'est toujours ça de pris." Merci monsieur !

Les principales mesures du plan gouvernemental d'aide aux sans-abri

EXCLUSIF - 20 Minutes dévoile les principales mesures du plan gouvernemental d'aide aux sans-abri...

«La situation est connue de tous. Le problème, c’est qu’on n’a pas su bouger.» Quatre mois après sa prise de fonction au secrétariat d'Etat au Logement, Benoist Apparu doit présenter, ce matin en Conseil des ministres, vingt mesures pour venir en aide aux sans domicile fixe. Tour d’horizon des principales dispositions.

Un référent unique pour chaque SDF
C’est le point phare du plan de Benoist Apparu. «On doit avoir un suivi personnalisé de tous les sans-abri.» Dès aujourd’hui, le secrétaire d’Etat commencera à installer des «référents personnels» auprès des SDF. Leur rôle sera de connaître leur situation et de suivre leur évolution. Il faudra toutefois six mois pour que cette mesure soit pleinement opérationnelle. «Mais on va passer d’un problème hivernal à une situation durable», promet-il.

Un outil pour recenser les places

Aujourd’hui à Paris, quand on appelle le 115, on tombe sur le Samu social, qui ne gère que 30% des places d’hébergement d'urgence. «Certains soirs, les 30% de places sont remplies, mais pas les autres», confie Benoist Apparu. Le 1er décembre, un outil informatique recensant l‘ensemble des places disponibles dans la capitale sera fourni.

Un planning pour les associations
En quatre mois au ministère, c’est l'une des soirées dont Benoist Apparu se souvient le plus. «J’ai suivi une maraude. Il y avait deux associations qui travaillaient dans la même rue. Le lendemain, j’ai appris que personne n’était passé dans le quartier d’à côté.» Le plan prévoit donc de mutualiser le travail des associations à l’aide d’un planning pour que tout le territoire soit couvert par les maraudes et que certains SDF ne soient pas réveillés par différentes associations.

Logement plutôt qu’hébergement
«Les personnes en capacité d’accéder au logement doivent être immédiatement orientées vers cette solution», prévoit le plan gouvernemental. Aujourd’hui, on propose toujours dans un premier temps une place dans un foyer d’urgence. Pour faciliter la démarche, le secrétaire d’Etat compte «généraliser les partenariats entre les associations et les bailleurs sociaux».

Vincent Vantighem pour 20 MN

Aide psychiatrique
Pour venir en aide aux plus exclus, 92 équipes «psychiatrie précarité» et 451 permanences de soins seront mises en place prochainement. Le plan de Benoist Apparu prévoit aussi le renfort de 2.000 jeunes volontaires du service civique, placés auprès des associations de solidarité.

09.11.2009

Hébergement d'urgence : la ville de Chartres renvoie la balle dans le camp de l'État (en laissant les gens à la rue ?)

Après la fermeture du site des Blottes fin avril, la ville ne met cette année aucun local à disposition de l'accueil d'urgence pour l'hiver. Depuis dimanche, c'est à l'hôtel qu'on loge ceux qui sont à la rue.
L'hiver, les nuits s'allongent. Elles vont bientôt devenir interminables pour ceux qui sont à la rue et qui, pour la première fois depuis trois ans, ne vont plus disposer d'un lieu d'accueil pour les jours « sans ».

Après la fermeture en mai des locaux de la rue des Blottes à Beaulieu, la ville vient d'annoncer qu'elle ne mettrait plus de site à disposition pour l'accueil d'urgence des sans domicile fixe, dont elle estime qu'il n'est pas de son ressort : « C'est de la compétence de l'État », explique Élisabeth Fromont, première adjointe au maire de Chartres, qui tranche ainsi le bras de fer engagé par des associations comme le Foyer d'accueil chartrain (Fac) avec la ville pour obtenir un coup de pouce dans le domaine.

Le « 115 » affiche complet

Jusqu'en mai, rappelons-le, l'association, dont les rapports avec la ville sont de longue date plus qu'épineux, était parvenue, de haute lutte, à sauver les locaux mis à sa disposition depuis trois ans par Chartres Habitat rue des Blottes. Y étaient installés plusieurs appartements destinés aux accueils d'extrême urgence.

Les utilisateurs l'avaient baptisé le « 115 », en référence au numéro de téléphone réservé aux soirs où l'on ne sait plus où aller. Un local mis à disposition par une commune, géré par une association, et qui venait s'insérer dans le plan d'accueil d'urgence piloté par l'État : le système, courant dans nombre de villes, de droite ou de gauche, grandes ou petites - Argentan, dans l'Orne, a son hébergement d'urgence - a fait la démonstration d'un besoin sans cesse croissant : à l'hiver 2008-2009, le « 115 » avait affiché complet non stop. 4.867 nuitées (près de 200 personnes concernées) pour... 2.077 en 2005-2006.

Mais, car il y a un mais, les locaux étaient mis à disposition à titre provisoire, la barre des Blottes étant vouée à démolition dans le cadre de la réhabilitation de Beaulieu. Pas de surprise donc lorsque fin avril, les occupants avaient dû plier bagage. À ceci près que rien ne présageait que le système ne serait pas reconduit, sur un autre site. « Nous serons prêts début novembre pour l'hébergement d'urgence », commentait Élisabeth Fromont à l'époque, sans cependant donner plus de précision. Six mois plus tard, la donne a radicalement changé. La ville préfère désormais se consacrer via le CCAS à des actions de réinsertion sur le long terme et renvoie la balle de l'accueil d'urgence dans le camp de l'État « dont c'est effectivement la compétence », admet Alain Espinasse, secrétaire général de la préfecture.

Pas un seul site dans toute l'agglo

Tout serait donc simple, finalement ? Pas vraiment. Car les locaux ne pullulent pas. En construire ? Pas exclu... mais un peu tard pour l'hiver 2009. En louer ? « Aucune commune de l'agglomération ne nous a rien proposé », explique Alain Espinasse, qui ne décolère pas à l'idée que la seule piste esquissée, à Chartres - des locaux des hôpitaux à Saint-Brice, qui viennent de se libérer en octobre - , se soit évanouie aussitôt suggérée, faute d'aval du président du conseil d'administration de l'hôpital, maire de Chartres, donc.

Les alternatives ne sont donc pas légion. « La seule solution reste le recours aux nuits d'hôtel », explique Alain Espinasse. « Mais elles sont coûteuses et elles permettent d'accueillir moins de monde. » La ligne de crédit de 180.000 € l'an passé avait permis de financer un accueil de 42 places, du 1er novembre au 30 avril et les postes de travailleurs sociaux qui en étaient chargés. Le même budget financera tout juste cette année 30 places d'hôtel chaque nuit. Mais sans aucun accompagnement social cette fois, un manque dénoncé par un très sérieux rapport de la cour des comptes en 2007. De fait, dans la seule nuit de lundi à mardi, les prévisions ont déjà été dépassées. 38 personnes ont déjà été hébergées à l'hôtel et trois in extremis, faute de place d'hôtel, sur le site du Fac rue Hubert-Latham. Et le plan hiver vient seulement de commencer.

 
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