12.05.2008
Fraude: la pauvreté comme indicateur !
Médecins du monde dénonce, sous la plume de Pascale Estecahandy, l'action irréfléchie du Gouvernement dans sa volonté de restreindre l'accès à la santé des personnes les plus démunies.
Le 22 janvier, le Ministre du Budget et des Comptes publics, Éric Woerth annonçait que la Couverture Maladie Universelle complémentaire (C.M.U-C) ne serait plus délivrée que pour trois mois, pour "effectuer un contrôle plus poussé de la réalité des ressources" des demandeurs. "Nous devons fiabiliser certaines déclarations. Par exemple, la C.M.U est souvent attribuée en urgence, les revenus sont vérifiés rapidement, et les droits sont ouverts pendant un an". De plus, "la C.M.U-C sera soumise à [...] une procédure d'estimation du train de vie des bénéficiaires". Ce nouveau décret soumet en effet les demandeurs à la C.M.U-C à des évaluations des biens et des ressources : si l'Administration vous soupçonne de mener un train de vie incompatible avec les recettes maximales mensuelles de 606€, elle pourra vous demander, par exemple, de prouver que personne ne vous prête régulièrement de véhicule.
La C.M.U.-C permet depuis 2000 aux assurés vivant avec moins de 606 euros par mois d'avoir droit à une complémentaire santé gratuite. C'est donc la possibilité d'accéder aux médecins, à l'hôpital, etc., sans dépense à charge et sans avance de frais. Elle est pour le moment délivrée pour un an, après examen des justificatifs de ressources des demandeurs par les Caisses d'Assurance Maladie. Ce dispositif d'accès aux soins est un des éléments mis en place par la Loi de lutte contre les exclusions du 29 juillet 1998 pour réduire les inégalités sociales et territoriales de santé. Il a fait ses preuves. Le rapport de la cour des comptes de septembre 2006 dresse un bilan positif de la C.M.U qui a amélioré "significativement l'accès aux soins de 4,8 millions de bénéficiaires" et qui "a peu pesé sur les dépenses de l'Etat". La cour relève par contre la complexité du système et indique que "l'ensemble du dispositif gagnerait à être [...] simplifié et rendu plus cohérent". L'évolution dans le temps des dépenses individuelles reste relativement modéré. La part des dépenses hospitalières demeure stable avec 1/4 des dépenses, s'expliquant par l'état de santé plutôt médiocre des personnes en précarité. Un état de santé dégradé pour une population pourtant jeune : les bénéficiaires de la C.M.U sont plutôt des femmes vivant seules avec leurs enfants. Ainsi "la C.M.U permet un large accès aux soins à ces enfants qui n'en bénéficieraient pas autrement, ils étaient près de 1,9 millions en 2005" (in Rapport d'activité du Fonds C.M.U 2005).
Alors, au regard de ce bilan pourquoi soupçonner la C.M.U d'être inflationniste ? L'objectif de l'Etat est que chacun puisse accéder aux droits et bien à ses droits au regard de sa situation. La fraude doit donc être repérée pour que le dispositif soit efficient. Encore faut-il que la méthode choisie soit adaptée et juste. Or, que voyons-nous ici : tous les utilisateurs du système vont être pénalisés lourdement au regard d'une poignée de "fraudeurs". Comme le mentionne le fonds C.M.U, si fraude il y a, il semble qu'elle soit réduite et en tout état de cause elle n'a pas été chiffrée.
L'autre élément grave dans les mesures proposées par le ministre est qu'elles méconnaissent toutes les recommandations faites depuis de nombreuses années par les experts travaillant dans le domaine de la réduction des inégalités sociales de santé : complexification des démarches et ruptures de droit ont, sur le plan humain et financier, un impact négatif à moyen terme.
On le sait, prévention, dépistage et suivi régulier facilitent le maintien en bon état de santé. Quand pauvreté et vulnérabilité se conjuguent, l'accès aux soins n'est pas une priorité et l'ouverture des droits se fait souvent lors d'une demande de soins et sans anticipation. Ainsi, le non recours à la C.M.U-C est important, puisqu'il serait estimé entre 10 et 15% des bénéficiaires potentiels (in Rapport d'activité du Fonds C.M.U 2005). Les démarches ne sont pas faites par découragement devant la complexité du dispositif et par peur de la stigmatisation. De plus, en fin de droit, les démarches de renouvellement ne sont pas engagées et la personne perd ses droits. Lutter contre ce non-recours est une des priorités du Fonds C.M.U, l'Etat ne l'entend pas de cette oreille.
Médecins du Monde témoigne depuis plus de 20 ans en France, à partir de sa pratique de terrain, des freins à l'accès aux soins pour les plus vulnérables. Là encore, c'est une logique de "bouc émissaire" qui prévaut et nous la dénonçons. La stigmatisation prend le pas devant toute considération sur les droits humains et sur la santé publique. Il ne faudra attendre nulles économies à complexifier les démarches pour les plus vulnérables de nos concitoyens. La discrimination qui en résulte et qui pèsera sur les personnes malades aura des effets négatifs sur leur santé et finalement un coût majoré pour le système de protection sociale.
Pascale Estecahandy, administratrice Médecins du Monde, réfèrente des programmes en France.
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16.04.2008
Franchises médicales : le prolétaire sera miro et édenté
Selon une étude de l'IRDES, 14% des Français ont renoncé à se soigner pour des raisons financières, parfois définitivement. Les autres font, pour beaucoup, déjà l'impasse sur les soins dentaires et les frais d'optique.
Au moment où les associations font monter la fronde contre les franchises médicales, l'Institut de recherche et documentation en économie de la santé (IRDES) publie une étude sur la santé des Français en 2006 où on apprend que les plus pauvres sont en moins bonne santé que les plus aisés et que, s'ils ne bénéficient pas de la Couverture médicale universelle, ils sont moins bien soignés. Les plus touchés sont les individus classés dans la catégorie « ouvriers qualifiés », 1,22 fois plus malades que les autres à âge et sexe comparable. Rien de bien surprenant jusqu'ici. Mais l'IRDES révèle également que 14% des Français renoncent carrément à se soigner par manque de moyens. Les franchises médicales ne devraient rien arranger...
La France qui se lève tôt a mal aux dents
Parmi eux, 22% ont définitivement renoncé à tout soin, faute d'argent. Mais plus généralement, c'est sur les soins dentaires que les moins aisés font l'impasse (à 63%) ainsi que sur les lunettes (25%). En clôture de la «polémique ridicule» sur le déremboursement des frais d'optique, Roselyne Bachelot avait donc raison lorsqu'elle a fait valoir qu'ils étaient, de toute façon, pris en charge par les mutuelles et seulement «de façon très, très marginale par l'assurance maladie». Alors même, fait remarquer l'IRDES, que les problèmes de vue concernent 60% des Français : si ce n'est pas le plus grave des maux dont ils souffrent, c'est en tout cas le plus répandu.
Mardi 15 avril, à l'Assemblée, la ministre de la Santé a assuré qu'une réflexion avait été lancée pour «renforcer la prise en charge solidaire des dépenses d'optique qui peuvent grever le budget de nos concitoyens les plus modestes». Il serait temps d'y réfléchir, en effet. De fait, constate l'étude de l'IRDES, «l'absence de couverture par une complémentaire maladie est le principal facteur lié au renoncement». Car il y a bien plus mal loti que les bénéficiaires de la CMU. 32% de ceux qui renoncent aux soins sont des gens à faibles revenus qui n'ont pas les moyens d'avoir une mutuelle : «les ménages d'employés de commerce, d'employés administratifs et d'ouvriers non qualifiés», bref des gens qui travaillent. Ce sont eux, les premières victimes des franchises.
Anna Borrel - MARIANNE 2
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20.02.2008
Strasbourg : mobile et antennes-relais inavouables.
Au début de l’hiver 2007, en liaison avec l’Association Nationale Robin des Toits, le CRIIREM procède à STRASBOURG à une campagne de mesures inopinée, c’est-à-dire sans que les opérateurs soient informés. Elle permet de constater que l’UMTS fonctionne partout et que les intensités électromagnétiques sont souvent nettement au dessus du maximum légal, fixé dans le cadre de la compatibilité électromagnétique. A l’occasion d’une réunion avec Robin des Toits à la Mairie, la Ville prend publiquement, devant une large représentation des médias, des engagements. Retenons le principal.
La Ville va commander une campagne officielle de mesures au CRIIREM. Ensuite long silence. A l’issue du Colloque de STRASBOURG, la Ville renouvelle son engagement. Peu après, la Ville informe Robin des Toits par courrier qu’elle revient sur sa parole.
Robin des Toits écrit à Madame KELLER le 22 Janvier 2008 pour accuser réception de la décision de renier un engagement public et l’informer que la campagne de mesures prévue aura lieu quand même. Sans la Ville. Cette deuxième campagne, également inopinée, s’est déroulée les 13 et 14 Février 2008. Elle confirme les résultats de la première. L’UMTS fonctionne partout à STRASBOURG. Les intensités de champs peuvent monter en Centre Ville jusqu’à 10 V/m.
Notons qu’un nombre croissant d’habitants déclare ne plus pouvoir supporter ces intensités. Notons également que les pathologies spécifiques constatées partout autour des antennes se multiplient à STRASBOURG. L’étude la plus récente en date dont l’auteur est le Docteur OBERFELD, médecin du service de santé environnementale de Salzbourg, note l’augmentation des cancers à proximité des sites d’antennes-relais.
Robin des Toits fait trois observations :
1- La Ville est informée du fait que la téléphonie mobile et les technologies de même famille, UMTS, WIFI, WIMAX, BLUETOOTH, etc... comportent une agression sanitaire grave des êtres vivants. Au cours du Colloque du 04 Décembre 2007, des précisions ont été fournies sur le Rapport international récapitulatif nommé BIOINITIATIVE, qui établit, pathologie par pathologie, les preuves scientifiques de la toxicité. La Ville est tout aussi informée des dispositions qui pourraient assurer une protection de la Santé Publique.
2- La Ville dispose des références des textes légaux prioritaires d’où il résulte que le maximum légal d’intensité en France est de 3 V/m. Les campagnes du CRIIREM, dont le Directeur Scientifique est Expert agréé du Parlement Européen et Consultant du Conseil de l’Europe, montrent que ce maximum est fréquemment et largement dépassé à STRASBOURG. Il n’y a pas de trace d’acte public de la Ville imposant le respect de la légalité aux opérateurs.
3- Les installations de nouvelles antennes sont soumises à des obligations légales. Or la 3G (UMTS), ce n’est ni de la maintenance, ni de la mise à jour. Ce sont de nouvelles antennes. Si la Ville a respecté la légalité, elle doit être en mesure de rendre publics quelques documents :
les dossiers de déclarations de travaux pour chaque installation comportant les informations techniques de base qui sont dues à la population. C’est-à-dire, antenne par antenne : • la fréquence, • la puissance nominale ET avec gain, • le rayon de cellule. Les obligations légales comportent également un affichage en Mairie et sur les lieux de l’installation. Les Strasbourgeois consultés, quelque soit leur adresse, n’ont aucune mémoire d’aucun affichage. Une cartographie d’ensemble des implantations attesterait du suivi de la Ville.
Une liste des réunions organisées avec la population pour l’information et la concertation avant les travaux d’implantation. Avec précision des dates et des lieux. Les antennes étant posées dans l’ensemble de la Ville, le nombre de réunions devrait être conséquent.
Au cas où la Ville déciderait de faire face à sa responsabilité, elle a le choix entre deux niveaux :
Si elle respecte la loi, elle doit imposer aux opérateurs le respect d’un seuil maximal d’exposition du public à 3 V/m.
Si elle se soucie de la Santé Publique, elle doit imposer aux opérateurs le respect d’un seuil maximal d’exposition du public à 0,6 V/m.
Dans les deux cas, elle doit prévoir des contrôles réellement indépendants des opérateurs. Ce qui peut se faire aisément au moyen de la technique récente des sondes en continu. Avec participation des Associations.
Les opérateurs déclarent que le seuil de 0,6 V/m n’est pas possible techniquement. Il y a deux réponses :
Une forte proportion des chiffres indiqués dans les rapports de mesures qu’ils payent est inférieur à 0,6 V/m, et souvent très nettement. Sans qu’un arrêt de fonctionnement soit indiqué.
Un démenti concret leur est apporté depuis deux ans dans la Ville de VALENCIA en Espagne. Dans tout un quartier, la téléphonie mobile marche normalement alors que le maximum fixé par la Ville est contrôlé en permanence. Il est de 1 V/m tous émetteurs confondus, compris le WIFI, c’est-à-dire 0,6 V/m pour la téléphonie mobile.
La Ville de STRASBOURG a plusieurs fois déclaré que dans le domaine de la téléphonie mobile les Maires n’ont aucun pouvoir. C’est accepter, c’est répéter la doctrine des opérateurs. Les exemples du contraire sont nombreux. Citons les plus récents :
Après l’apparition de diverses pathologies, le Maire de Paris fait démonter les antennes WIFI dans un certain nombre de bibliothèques municipales,
Après un ensemble de drames, le Maire de Lyon a décidé de faire démonter des antennes sur des groupes scolaires. Et il a demandé une campagne de mesures au CRIIREM. Les démontages ont commencé.
Pour éviter des drames à délai peu éloigné, la Ville de STRASBOURG serait bien inspirée de suivre cet exemple.
Robin des Toits.
06:25 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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