25.09.2008
Les Têtes Vides
Le Socialistes ont évidé le mot « socialiste » ne laissant qua la terminaison « liste » par rapport à un Social dont ils ne parlent plus !
Leur social est devenu une liste de lieux communs hérités des grandes luttes. Mais ils n’ont plus la matrice de la pensée sociale qui leur permettrait de mettre le doigt sur la réalité sociale de la société d’aujourd’hui.
Leur tête est désaffectée ! Le Social n’occupe plus les lieux de leurs têtes. La tête, en tant que forme, est toujours là pour se montrer naïvement comme une représentation sociale, une chasse gardée de la souffrance humaine, un monopole du cœur.
L’illusion naïve d’être ce cœur se permet le raccourci de se prévaloir d’être Le Peuple, avec la paresse de ne pas faire le travail de compréhension des problèmes du peuple.
La soi-disante mission sociale court-circuite le débat et le travail au détriment du regard, de l’analyse, du diagnostic, de la réparation, de l’entreprise pour que l’humanité marche mieux. Au contraire, la mission sociale se réfugie rapidement dans un leurre de bloc qui souffre qu’il suffit d’opposer à un bloc qui ne souffrirait pas. Lutte des classes, tellement facile !
Le socialisme en tant que mouvement qui se donne de la parure sociale pour se constituer en liste, liste socialiste, n’arrive pas à renouveler l’inventaire de ses buts de société, des points sociaux qu’elle pourrait se proposer de résoudre dans la société. Les socialistes se parent de vieux habits de lutte, de héros, de causes vénérables en termes de mémoire , mais hors de cause et d’efficacité dans la matérialité d’aujourd’hui.
L’idéal social s’est forgé au cours des siècles par l’expérience concrète d’acteurs de terrain et de penseurs qui s’en faisaient les porte-paroles. Chaque idée sociale, chaque trait de l’humanisme vient d’un fait réel concrètement enduré puis surmonté, à l’issue d’une lutte et par une solution sociale. La solution était la clef, qui ouvrait une porte, une seule, adaptée à l’instant.
Aujourd’hui les socialistes se trimbalent comme des concierges fantômes et égarés, avec un trousseau de clefs obsolètes. L’évolution déroule des nouveaux paysages sociaux nés de l’extension de l’éducation, de la mondialisation, de la financiarisation de presque toutes les activités humaines. Dans ce vaste champ ce ne sont pas les obstacles donc les portes à franchir qui manquent, avec autant de clefs qui seraient nécessaires pour les ouvrir.
Il n’y a jamais eu autant de travail social à faire devant nous. Au contraire d’avant où l’urgence de survie immédiate et les cloisonnements ne permettaient pas d’aller du travail au loisir en passant par la vie familiale : aujourd’hui tout se mélange et réclame, pour que l’humain puisse tenir debout, une posture sociale globale.
Il faut aujourd’hui se penser comme un Etre Social total si l’on veut tenir le coup. Nous savons tout ou presque des origines et des conséquences de nos actes sociaux. Tout acte en opposition avec la prévention de nos vies est, à la lettre, contre nature.
C’est dire que le besoin d’une grande liste de remèdes sociaux est immense et bien plus longue que la liste des candidats au poste de premier secrétaire ou de candidats présidentiables en 2012.
06:37 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : socialiste, social, mission sociale, action sociale, mediapart |
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