29.09.2008
Toulouse-Trente Six Ponts: les SDF sans foyer d'hébergement fixe mardi
«Moi, je vais certainement retourner à la gare. Ce n’est fermé que d’une heure à quatre heures du matin. Le reste du temps, on est au chaud la nuit». Et encore Nadir n’est-il peut-être pas le plus mal loti.
Il y a aussi ce vieux clodo alcoolo des images d’Epinal qui va retourner «picoler dans la rue». Ce monsieur un brin psychotique qui marche toute la journée dans la cour sans ne jamais saluer personne et qui n’appellera donc jamais le 115. Ce toxico pas vraiment repenti qui ne sera plus accompagné. Pas plus d'ailleurs que ce «sorti de prison» que personne ne viendra plus «contenir».
Sur les 18 Sans domicile fixe hébergés au 17 rue Sainte-Catherine dans des bâtiments désaffectés de l’ancienne face de médecine, 13 sont des «cas lourds». Ce foyer dit des Trente-six ponts est le seul en ville à pouvoir les recevoir. Ils y sont «prioritaires».
La priorité, ce mercredi 1° octobre, semble de les remettre à la rue. «En tout cas, notre contrat prenant fin au 30 septembre, nous fermons les portes», se désole Fabrice, un des 11 travailleurs sociaux du lieu. Pour l’heure, il y a zéro solution de rechange.
L’équipe de 5 travailleurs de nuit et 6 de jours a cru un moment au bonheur quand, visitant les lieux au mois de juillet, le préfet Carenco a conclu qu’un tel centre d’accueil devait rester ouvert toute l’année.
Le «hic» est que rien n’est arrivé depuis. Sinon l’information selon laquelle l’association Soleil qui gère les lieux serait remplacée par la société d’économie mixte Adoba, ex-Sonacotra.
Les 11 travailleurs sociaux des Trente Six Ponts se sont d’abord inquiétés de savoir si les hébergés auraient droit au même accompagnement social. Pas de réponse. Le président de l’association Soleil, Philippe Arnal, ne les a pas rassurés.
«Adoba gère déjà un foyer sur les allées Charles de Fitte, dit-il. Il y a deux salariés, dont l’homme à tout faire qui remplace les ampoules grillées, pour plus de 60 résidents!» Philippe Arnal a reçu le directeur toulousain d’Adoba, rue Sainte Catherine. Lequel lui aurait dit qu’il était à la recherche d’une société d’agents de sécurité pour garder le foyer la nuit…
Il n’est enfin même pas sûr que ce foyer reste dans ses murs. Le rapport de la commission de sécurité venue juger de leur conformité n’est toujours pas tombé.
«Ces SDF-là, qui sont en fait des sans domicile stable, ont particulièrement besoin de repères», explique Fabrice le travailleur social. Mardi, les 18 hébergés des Trente Six Ponts pourraient bien tous les avoir perdus.
07:02 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : sdf, sans-abri, sans domicile fixe, squatt, mal logement |
|
|
Facebook
29.02.2008
Touche pas à ma cabane!
SOURCE LE CONTRE JOURNAL
"Tant qu'ils vivent dans des zones rurales reculées on les laisse tranquilles, constate Béatrice Mésiri, chercheur et spécialiste de l'habitat social écologique. Mais dès qu'ils occupent des terrains touristiques où il y a des intérêts économique, ils deviennent gênants". Les pouvoirs publics lutteraient contre la cabanisation pour de basses raisons économiques? Les caravanes, tipis, yourtes et autres cabanes, considérés par certains comme une réponse à la pénurie de logement, ne trouvent pas grâce aux yeux des autorités, qui les jugent dangereux pour l'environnement, difficiles d'accès, illégaux... Leurs défenseurs, eux, n'ont de cesse de vanter leur mérites écologiques, leur discrétion, leurs coûts réduits en ces temps de crise du logement.
Le réseau HALEM, qui regroupe les collectifs de défense de la cabanisation, organise, samedi place de Bourse à Paris, la journée de l'habitat choisi. L'occasion de braquer les projecteurs sur un phénomène encore peu connu.
Jean-Baptiste Ayrault (DAL) :
«On chasse les tentes dans les centres-villes, les caravanes des gens du voyage en banlieue et maintenant les logements alternatifs dans les campagnes… La lutte contre la cabanisation, désormais, touche tous les lieux. La crise du logement s’est exportée dans les zones rurales. Et l’habitat hors normes s’est développé. La cabanisation concerne une palette très large de population. De ceux qui n’ont pas les moyens de se loger ailleurs, aux personnes qui ont fait le choix de ce mode de vie. Ces habitats peuvent être des maisons en paille, des caravanes, des tipis, des yourtes… On en trouve surtout dans les régions rurales comme l’Ardèche, les Cévennes, la Bretagne, les Pyrénées, le Languedoc… Les personnes qui choisissent ce genre d’habitat sont souvent jeunes. Il existe un réseau d’entraide assez développé. Ils s’allient et s’aident pour construire leur logement. Mais évidemment c’est hors permis de construire, donc illégal. Car la plupart du temps, ils n’ont pas les moyens d’obtenir un permis de construire. On peut toujours réprimer mais il faut trouver des solutions alternatives. Car pour le moment, quand ces gens sont mis dehors, on ne leur propose aucune solution de relogement. Même si l’objectif officiel de ces arrêtés préfectoraux de lutte contre la cabanisation est d’éviter les risques pour l’environnement ou l’hygiène et de faire cesser cette activité illégale, le but est quand même de faire disparaître ce qui fait tâche dans le décor. En France, la réglementation est dure, et quand on a pas d’argent, on ne peut pas se loger. Il faut rappeler que dans tous les pays du monde les villes se sont “auto-construites” sans permis de construire. Y compris en France. La plupart des personnes qui ont choisi ce mode de vie le font dans le plus grand respect de l’environnement, c’est le cas du collectif d’association qui se rendra samedi à Paris, place de la Bourse. Tout cela pose des problèmes de politique publique. On va bientôt interpeller Jean-Louis Borloo sur cette question.»
Clément David, constructeur d’habitat alternatif dans l’Ariège :
«Près de 10.000 personnes vivraient comme ça dans l’Ariège. Des gens qui choisissent de vivre dans des cabanes, des yourtes, des tipis, des caravanes… Ils trouvent des moyens de se loger, de redynamiser l’économie locale mais ils se font virer. Avant, il y avait une certaine tolérance. Mais la lutte contre la cabanisation s’est accrue. Les pouvoirs publics usent de moyens détournés pour faire pression sur ces populations : ils débarquent, mettent des procès verbaux, des amendes et obligent les gens à partir. C’est la crise du logement. Il en manque des centaines de milliers. Notre objectif est de faire reconnaître cette forme d’habitat. Ces gens participent à l’économie locale, ils font les marchés… Un village dans les Cévennes a pratiquement été repeuplé comme ça. L’école allait fermer et maintenant deux classes fonctionnent. Mais il n’existe pas de réseaux associatifs puissants comme à Paris pour se défendre. C’est pour ça que l’on commence à s’organiser en association et qu’on vient manifester à Paris.»
Marcel Etienne, association «Ma Cabane», Pyrénées-Orientales :
«Notre association s’est créée, en 2007, pour faire face à la “Charte de bonne conduite dans le cadre de la lutte contre la cabanisation” publiée par la préfecture des Pyrénées-Orientales. Les personnes qui pensaient pouvoir vivre tranquillement dans les interstices de l’urbanisation et de la loi se trompaient. Dans certains villages, ceux qui habitent dans ces cabanes sont convoqués par les policiers, interrogés avec relevés d’empreintes... ces procédures n’ont aucune forces légales mais visent à faire pression sur ces habitants. La plupart du temps ils résistent mais parfois ils craquent et s’en vont. Dans un autre village c’est même le maire qui met des bâtons dans les roues de ces administrés hors-normes. L’un d’entre eux est littéralement persécuté par le maire qui a court-circuité son courrier, suspendu sa ligne EDF... Avec l’association on les conseille, on les aide... Les principaux arguments invoqués pour chasser ces populations, sont l’illégalité et les nuisances contre l’environnement. Il est vrai que ces habitations sont pour la plupart illégales. Il est souvent trop onéreux pour cette population d’acquérir un terrain constructible. Et les terrains sont souvent réservés à de futurs lotissements. Même en achetant des surfaces, il est difficiles d’y imposer des yourtes, des tipis ou des cabanes en paille… L’argument du respect de l’environnement est assez discutable aussi puisque la construction d’une cabane occasionne une pollution dix fois moins importante que celle provoquée par les bulldozers pour construire des lotissements. Une cabane, de plus, vous pouvez la démonter et remettre les lieux en l’état. Ce que l’on demande, c’est que ce genre de constructions soient possibles. Certains maires sont d’accord. On ne réclame pas l’anarchie. Nous sommes favorables à un encadrement juridique de ces pratiques. En donnant un cadre légal à ces habitats, on prévient les risques environnementaux (feux, inondations, traitement des eaux) et même les problèmes administratifs comme le paiement de la taxe d’habitation. Les préfectures ne pourront pour nous dire “vous habitez dans des zones inaccessibles aux secours, inondables etc.”».
Béatrice Mésini, chercheur au CNRS, spécialiste du logement et de l’habitat social écologique :
« Je m’occupe du contentieux lié à ces questions. Et la réalité est très diverse. Ca va des squateurs qui occupaient une maison abandonnée depuis 20 ans et qu’on déloge manu militari pour les reloger en HLM, aux saisonniers, qui occupaient un terrain agricole, à qui on demande également de partir. C’est très rare qu’on aille jusqu’au permis de démolir. Mais le contentieux risque de se développer car on a renforcé les sanctions contre l’occupation du domaine privé. En Bretagne, la construction de petites maisons en terres et en argile - assez proche de l’habitat troglodyte - a été contestée. Certains riverains, qui eux se sont endettés lourdement pour acquérir une maison en parpaing, ne voient pas d’un très bon oeil l’arrivée de ces voisins qui se logent confortablement, à bas coût. On peut les comprendre mais ce qu’ils ne savent pas c’est tout le travail qu’il y a derrière. Les constructions précaires sont menacées de démolition. En fait, tant que les gens vivent dans des zones rurales reculées, on les laisse plus ou moins tranquilles. Mais dès qu’ils occupent une zone plus touristique, où il peut y avoir des intérêts fonciers et économiques forts, ils deviennent gênants. Les municipalités sont capables de donner un droit dérogatoire à des terrains pour le loisir et le tourisme, ce qui rapporte de l’argent, mais elles ne le font pas pour ces gens là. »
06:40 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : contre journal, cabanisation, squatt, expulsions locatives |
|
|
Facebook
08.12.2007
appel à la solidarité pour les pavillons sauvages - squatt culturel et de vie
- en plus d'un hébergement permanent (ils sont 23 résidents à l'heure actuelle), un hébergement d'urgence pour les gens de la rue.
- Une crèche parentale pour les 3 petits.
- Deux studios de répétitions en corollaire des résidences d'artistes
- Un local de théâtre et de projection
- Un local informatique avec accès à Internet gratuit.
- A l'extérieur, un square public et un jardin potager
- et certains soirs, la musique reprend ces droits dans la « Salle des Musiques Libres et Indépendantes ». 22 associations artistiques se sont regroupées en collégiale et y organisent de nombreux concerts.
06:00 Publié dans Action | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : squatt |
|
|
Facebook











