16.12.2009
Strasbourg : Cent-dix places de plus pour les sans-abri, mais toujours des gens abandonnés à la rue, et le 115 qui ne répond pas

Vigilance accrue à l'égard des sans-abri. En raison d'une baisse importante des températures, pouvant atteindre comme cette nuit les - 8 °C, le niveau 2 du plan hivernal a été déclenché dimanche soir par la préfecture du Bas-Rhin. « Cent dix places d'hébergement d'urgence supplémentaires ont été ouvertes à Strasbourg », a annoncé hier Thierry Devimeux, le directeur de cabinet du préfet de la région Alsace. Elles viennent s'ajouter aux 252 places ouvertes depuis le 1er novembre (lire encadré).
« L'association Regain et l'AAHJ, l'Association d'accueil et d'hébergement pour les jeunes de Schiltigheim, ont augmenté leur capacité d'accueil. Et cinquante places dans des hôtels ont été confiées au 115 », précise Corinne Wantz, la directrice de la Ddass. Pourtant, hier après-midi à la Fringale, le Resto du coeur rue des Remparts, plusieurs SDF ne savaient toujours pas où ils iraient dormir le soir. « J'ai essayé de joindre le 115 toute la soirée d'hier à partir de 18 h jusqu'à 22 h. En vain. Toutes les lignes sont occupées », explique Gwenaël Cost. A la rue depuis juillet, il vit dans une tente à l'extérieur de Strasbourg. « A partir de 2 h du matin, je n'arrive plus à dormir à cause du froid. Je dois bouger sans arrêt pour essayer de me réchauffer. » Son ami Tony Sahagün a eu, lui, plus de chance. Depuis la semaine dernière, il dort aux Canonniers, situés au Neuhof. « C'est une amie qui a réussi à nous trouver des places. Nous sommes hébergés pendant dix jours. Après il faudra repasser par la case 115 et entendre une voix vous répéter que toutes les lignes de votre correspondant sont occupées. Alors qu'il y a plein de places disponibles aux Cannoniers », s'agace Tony Sahagün. « Nous avons deux lignes téléphoniques au 115 et le problème, c'est que tout le monde appelle en même temps, précise Corinne Wantz. Les écoutants ne sont pas seulement là pour donner un logement. Ils doivent établir un diagnostic, discuter avec la personne, lui indiquer où elle peut aller manger gratuitement. Ce qui prend forcément plus de temps. » Chaque soir, « nous ne parvenons pas à trouver un logement à cinquante personnes », a indiqué hier Thierry Devimeux. Sonia de Araujo
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