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02.09.2008

Crédits immobiliers : taux en hausse, durée en baisse

Selon le tableau de bord mensuel de l’Observatoire Crédit Logement/CSA publié hier lundi, le taux moyen des crédits immobiliers s’est établi à 4,98% en août contre 4,89% en juillet, soit une augmentation de 33 points depuis le mois de mai.

Par contre, la durée des prêts diminue avec un peu moins de 221 mois en août (242 mois pour l’accession dans le neuf et 235 mois pour l’accession dans l’ancien). Si en 2007 l’allongement des durées avait été au total de l’ordre de 8 mois, le mouvement des durées a commencé à s’inverser dès l’automne 2007 pour amorcer un lent recul. Ce recul s’est accéléré depuis le début de l’année 2008 et il est désormais de près de 5 mois sur un an.

Le coût relatif moyen des opérations de crédit réalisées représente 3,69 années de revenus en août, contre 3,85 un an plus tôt, soit un coût relatif à son niveau le plus bas observé depuis la fin de l’année 2005.

Le niveau moyen des mensualités, pour un même capital emprunté, a augmenté de 7% depuis un an, mais il représente une hausse de seulement 2% si on prend en compte le crédit d’impôt en faveur de l’accession àla propriété.

Le marché des crédits immobiliers a baissé de près 11% en France au premier semestre, un recul qui s’explique par une restriction de l’offre de prêts de la part des banques.

28.08.2008

La crise a atteint "le coeur du capitalisme" (Sarkozy)

Dans un discours virulent, le chef de l'Etat a dénoncé "le scandale des subprimes" et les excès de "dizaines de spéculateurs".

"Le coeur du capitalisme est atteint". C'est le verdict qu'a exprimé Nicolas Sarkozy, mercredi 27 août, devant la conférence des ambassadeurs de France. A l'origine de cette situation selon lui, "le scandale des 'subprimes'", les crédits hypothécaires à risques américains qui ont causé une crise financière majeure depuis un an.

"Fautes graves des agences de notation"
Dans un discours offensif, le chef de l'Etat a dénoncé "les fautes graves -toujours impunies- des agences de notation" et "les excès d'un capitalisme financier qui a connu des dérives scandaleuses", notamment de la part de "quelques dizaines de spéculateurs". Selon lui, le coût de cette crise pour l'économie réelle sera "bien plus élevé" que celui avancé pour le système bancaire international par le FMI (1.000 milliards de dollars): il craint notamment "une déconnexion durable de la croissance des pays de l'OCDE avec celle des pays émergents, pour l'instant moins touchés".
Président du Conseil européen jusqu'à fin décembre, Nicolas Sarkozy a appelé à "continuer à tout faire au niveau de l'Union pour favoriser la croissance de l'économie européenne". "Rétablir la confiance passe par la consolidation du secteur financier européen et une action résolue pour renforcer la transparence, la responsabilité et la supervision des acteurs", a-t-il estimé.

source challenges.fr

25.08.2008

Crise des subprimes, un désastre engendré par l'état (bis repetitam)

La crise des subprimes, cette grande inconnue...

Il est fréquent de lire ou d'entendre dans les médias que la très préoccupante crise financière que nous vivons, qui restera à jamais dans les livres d'histoire comme "la grande crise des subprime", est le produit de "la folie des marchés", la preuve que le capitalisme financier a atteint ses limites, et autres pseudo-analyses tendant à faire porter sur le grand méchant marché la responsabilité de la mise en faillite de grandes banques, de ménages innombrables, et que sais-je encore.

Les voix qui challengent cette bien pensance anti libérale de bon aloi sont rares, et peu audibles. Je m'y suis moi même essayé il y a déjà un an (lien 1, lien 2, lien 3). Aujourd'hui, de nouveaux éléments mis au jour par quelques organes de presse moins superficiels que la moyenne apportent de nouvelles preuves que non seulement la crise des subprimes n'est en rien la fille de l'ultra-libéralisme triomphant, mais que ce sont des lois et des régulations à finalité exclusivement politiciennes, absolument déconnectées des réalités économiques, qui ont créé les conditions du marasme que nous connaissons. ...

La suite de cette analyse - ici : http://www.objectifliberte.fr/2008/08/subprimes.html

06.08.2008

BANQUES FRANçAISES L'ARNAQUE VA S'AMPLIFIER

Les banques vont mal, elles sont dans le rouge, c'est la crise financière... Les médias y vont fort. Bref on va vous résumez ce qui vous attend à la rentrée

Forcément, les clients des banques vont trinquer :
• si vous n'avez pas un apport au minimum égal à 10% de l'emprunt espérer, il faut proposer une caution (un ami, les parents) en plus de l'hypothèque
• les taux vont augmenter
: voilà la pilule que l'on veut nous faire avaler !

Les banques ont joué AVEC VOTRE ARGENT, elles ont perdues... VOUS PAYEREZ ! Malgré le paquet de fric piqué aux pauvres (livret A, etc) et les kados du gouvernement.
Le conseil du Collectif SDF : RÉCLAMONS LE REMBOURSEMENT DE TOUS LES PROFITS RÉALISÉS AVANT QUE çA LEUR PÈTE À LA TÊTE ! NOUS SOMMES LES VICTIMES et non les banques !

09:19 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : banques, crise bancaire, crise financière, subprimes | | |  Facebook

24.07.2008

Victimes de la crise, les sans-abri américains entendent voter

Reuters - Mary White, une mère célibataire américaine de 42 ans, travaillait comme vendeuse jusqu'à ce que sa banque saisisse la maison qu'elle louait.

Après la perte de son bien hypothéqué et son emploi, elle s'est retrouvée à la rue avec ses six garçons.

Elle est aujourd'hui plus que jamais résolue à voter à l'élection présidentielle du 4 novembre.

"Ma situation va m'y inciter encore plus. Je veux dire que ça ne devrait arriver à personne en Amérique. Je suis très en colère", déclare-t-elle.

Comme elle, de nombreux Américains sans abri sont déterminés à exprimer par les urnes leur inquiétude face aux difficultés de l'économie et à la crise de l'immobilier.

Le gouvernement fédéral évalue à plus de 400.000 le nombre d'habitants du pays qui dorment chaque nuit dans des abris de fortune, sous des ponts ou dans des voitures en stationnement.

Les associations militantes prédisent que cette année, quelque 3,5 millions d'Américains se retrouveront un jour ou l'autre dans cette situation.

Alors que le nombre des saisies immobilières a franchi l'an dernier le cap des deux millions, les organisations d'aide aux sans-logis disent recevoir de plus en plus d'appels de familles privées de toit par leurs difficultés à payer emprunts, loyers ou factures.

Aucun chiffre précis n'est disponible, mais les électeurs à faible revenus ou sans logement sont plus motivés que jamais. "La volonté de voter est forte en raison de la situation", déclare Michael Stoops, de la Coalition nationale des sans-abri.
ESPOIR DE CHANGEMENT

Les deux candidats à la Maison blanche, le démocrate Barack Obama et le républicain John McCain, se sont engagés à aider, s'ils sont élus, les foyers les plus touchés par la crise.

Obama a promis un train de mesures pour les quelque 37 millions d'Américains vivant sous le seuil de pauvreté, dont l'indexation du salaire minimum sur l'inflation, des exemptions fiscales et un accès renforcé aux logements à loyer modéré.

McCain a fait campagne en avril dans les "endroits oubliés" du Sud des Etats-Unis en promettant des politiques d'aide à l'emploi ou d'allocations logement pour les sans-abri.

Les Américains sans domicile, plus d'un tiers étant constitués de familles avec enfants, dépendent du gouvernement et des organisations d'aide. Le résultat de l'élection du 4 novembre revêt d'autant plus d'importance pour eux.

"Quand vous êtes sans-abri, c'est probablement encore un peu plus important: toute aide que vous touchez provient du secteur public", explique Louisa Stark, présidente du Consortium Phoenix pour les sans-logis.

Parmi ceux qui suivent la campagne, Shera Greenwich, une mère de deux enfants hébergée dans un foyer à New York, espère "beaucoup de changement si Obama est élu président". "Je pense qu'il peut remettre l'Amérique sur les rails", dit-elle.

En attente d'un appartement subventionné, elle souligne que les questions de sécurité économique ou de santé constituent ses principales préoccupations.

Les associations de défense rappellent toutefois que les sans-abri doivent surmonter de nombreux obstacles avant de déposer leur bulletin dans l'urne.

Beaucoup n'ont pas d'adresse fixe pour s'inscrire sur les listes électorales, d'autres ont perdu les documents nécessaires - certificats de naissance, cartes de sécurité sociale - pour obtenir leur carte d'électeur.

Leur poids démographique ne fera pas à lui seul basculer le résultat de l'élection mais les sans-logis américains placent leurs plus grands espoirs dans le scrutin de novembre.

"Je voudrais la sécurité pour ma famille, pour la retraite, la santé, toutes ces choses, et essayer d'avoir un peu l'esprit tranquille", déclare Mendy Harris, une mère de cinq enfants âgée de 40 ans.

Employée d'une entreprise de transports, elle n'a plus la maison qu'elle louait à Phoenix depuis que son mari a perdu son emploi. "Mon mari n'a pas voté depuis l'âge de 18 ans, mais cette fois, il est très motivé", ajoute cette électrice, qui déposera dans l'urne un bulletin démocrate.

Avec Tim Gaynor à Phoenix, Nancy Leinfuss à New York, version française Jean-Stéphane Brosse

22.07.2008

SUBPRIMES : LA MAGOUILLE PAYE

Les anciens dirigeants d'IKB ont empoché 1 million !
La banque a été la première "victime" allemande de la crise des "subprimes", et a évité la faillite grâce à l'aide de l'Etat. En effet, ces banques qui ont proposés des emprunts à des familles fragiles financièrement, ces banques sans scrupules touchent des subventions !
Les banquiers, les traders, les commerciaux qui se sont enrichis ne seront pas inquiétés.
Les familles qui dans ce désastre sont les seules victimes ne toucheront rien ! Elles resteront à la rue et rembourseront les crédits ! C'est pas beau ça ?

06:46 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : subprimes, crise des subprimes, crise financière | | |  Facebook

16.07.2008

Europe : La crise immobilière espagnole fait sa première victime d'importance

La crise immobilière espagnole a fait sa première grande victime, le promoteur Martinsa-Fadesa qui s'est placé dans la nuit de lundi à mardi en cessation de paiement faute de pouvoir obtenir un prêt de 150 millions d'euros.

Le conseil d'administration du groupe réuni lundi soir, a décidé de "présenter une demande de cessation de paiement pour éviter une aggravation de la crise qui pourrait devenir irréversible et avoir de graves répercussions sur ses créanciers et sur l'intérêt de tous ses actionnaires", selon un communiqué.

C'est le premier grand groupe immobilier à se placer sous la protection de la loi depuis le début du retournement du marché immobilier espagnol en 2008. Retournement auquel s'ajoute la crise financière qui rend difficile l'accès au financement pour ces entreprises.

Après des années de très forte demande, d'envolée des prix et de construction à tout crin, alimentée par de l'argent bon marché en raison de taux d'intérêt bas, la pierre espagnole est en train de s'effondrer avec des ventes en chute libre et des prix qui marquent le pas.

Le stock de logements vides gonfle et des promoteurs se retrouvent avec des projets en chantier sur les bras et pas d'acheteurs.

Un autre grand groupe immobilier, Colonial, s'était retrouvé dans la tourmente au début de l'année, mais finalement, les banques créancières en avaient pris le contrôle, en se partageant les actions du groupe qui avaient été gagées chez elles.

"En dépit des innombrables efforts" de Martinsa-Fadesa "et de ses actionnaires", l'obtenion du prêt de 150 millions d'euros a été impossible, et le groupe se trouve confronté à "un manque de trésorerie pour faire face aux créances imminentes".

Martinsa-Fadesa avait annoncé le 7 mai avoir trouvé en plusieurs étapes un accord de refinancement pour 4 milliards d'euros de dette, décalant le paiement final à 2011. Cet accord était conditionné au fait que le groupe obtienne un prêt de 150 millions d'euros avant le 7 juillet.

"Les efforts réalisés avec l'Institut du crédit officiel (ICO, un organisme de financement dépendant du gouvernement) et d'autres entités de crédit n'ont pas porté leurs fruits", précise Martinsa-Fadesa, dont le patrimoine total est estimé à 10,8 milliards d'euros répartis dans des sols à construire, des projets en construction, des terrains de golf et des immeubles construits.

Fernando Martin, le patron du groupe, ancien président de Real Madrid, est emblématique de ces nababs de la pierre espagnole qui n'ont pas réussi à se diversifier ou à abandonner à temps le secteur avant le retournement.

A la tête d'une petite entreprise non cotée, Martinsa, il a lancé une OPA sur Fadesa, figure de l'immobilier espagnol. Mais il l'a fait en 2006 alors que l'immobilier espagnol avait déjà atteint son apogée.

Ce parcours est identique à celui du patron de Colonial. Luis Portillo, à la tête d'Inmocaral a lancé, lui aussi en 2006, une OPA sur le vénérable Colonial. L'acheteur réalisait un chiffre d'affaires 178 fois plus petit que sa cible.

Contrairement à eux, plusieurs autres acteurs de l'immobilier avaient anticipé l'éclatement de la bulle immobilière tel Manuel Jove, patron de Fadesa qui a vendu sa part au prix fort à Fernando Martin, ou bien les grands groupes de BTP comme ACS et Acciona qui ont investi dans l'énergie, secteur plus sûr, en prenant des parts dans les groupes Iberdrola ou Endesa. Source http://actus.mensup.fr

23.06.2008

La crise des subprimes plombe les bons élèves de la finance

Par-dessous le marché. Chaque lundi, le capital décrypté
NICOLAS CORI - QUOTIDIEN : lundi 23 juin 2008

A la mi-mai, beaucoup d’économistes ou de responsables financiers pensaient la crise des subprimes passée. A l’image du directeur général d’UBS, Marcel Rohner, qui déclarait : «Je pense que le pire est derrière nous.» Ces optimistes ont dû déchanter : les marchés sont repartis sur une tendance baissière. Le CAC 40 est en chute de 10 % par rapport à début juin, le Dow Jones de 7 %. Certes, le cours du pétrole fait plonger les marchés, mais la principale explication, c’est le retour des inquiétudes sur le bilan des banques.

Quasi-faillite. Le 9 juin, Lehman Brothers a annoncé 2,7 milliards de dollars (1,72 milliard d’euros) de pertes sur le second trimestre 2008. Mais ce qui inquiète le plus les analystes, c’est le sort des rehausseurs de crédit (monoliners, en anglais). La menace sur ces entreprises, peu connues, court depuis le début de l’année (Libération du 21 janvier) mais, maintenant, le désastre est bien là. MBIA, Ambac, FSA et FGIC, les quatre principaux monoliners, sont en situation de quasi-faillite. Un monoliner, c’est une sorte d’assureur qui a été conçu pour garantir les crédits contractés par des collectivités locales américaines, ce qui permettait à ces dernières de pouvoir emprunter à moindre prix. Un peu comme un locataire désargenté obtient d’un garant un soutien financier qui lui permet d’avoir la confiance de son propriétaire. Pour donner confiance, les monoliners se doivent d’avoir un bilan irréprochable, d’avoir la meilleure note attribuée par les agences de notation financière (AAA pour Standard & Poor’s ou Moody’s). Mais, par appât du gain, ils se sont mis à garantir les banques qui avaient acheté des collateral debt obligations (CDO) : ces produits financiers issus de prêts - dont les crédits subprimes - et qui ont vu leur valorisation s’écrouler. Du coup, ils se sont retrouvés dans l’incapacité de faire face aux demandes de remboursement. Et les agences de notation financière, tout en prenant leur temps, n’ont pu que constater cet état de fait.

Contagion. Vendredi, Moody’s (après S&P) a ainsi retiré à MBIA et Ambac leur AAA. L’agence a abaissé de cinq crans la note de MBIA, à A2, et de trois celle d’Ambac, à A3. Par ricochet, les bilans des banques qui s’étaient assurées auprès des monoliners vont être touchés. Et, cette fois, même les établissements restés à l’écart des subprimes sont concernés. Puisque les garants ne sont plus aussi sûrs, il faut déprécier tous les actifs qu’ils garantissaient : CDO hors subprimes et crédits des collectivités locales américaines. Réponse sur l’importance du phénomène lors des prochaines publications de résultats trimestriels. Un indice : les monoliners garantissent dans le monde 2 400 milliards de dollars d’actifs.

07:34 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : subprimes, crise des subprimes, crise financière | | |  Facebook

16.05.2008

Europe 2020 : Laboratoire européen d'Anticipation Politique

Juin/Juillet 2008 - Nouveau point d’inflexion de la crise systémique globale : Quand le mirage de la crise maîtrisée s’évanouit...
- Communiqué public GEAB N°25

Les apprentis sorciers sont condamnés à répéter les mêmes erreurs. Ainsi, en 2007, la tentative des autorités et des grands établissements financiers de camoufler la crise des subprimes [1] qui avait pourtant commencé à frapper durement les marchés en Février/Mars 2007 a abouti au choc brutal et durable de l’été 2007. Et nous allons vivre dans les prochaines semaines, un «remake» de ce scénario, avec l’aggravation de la crise financière des mois de Janvier-Mars 2008, dès le début de l’été 2008.

Dans ce numéro 25 du Global Europe Anticipation Bulletin, notre équipe a donc choisi d’analyser cinq des sept tendances en cours qui vont générer ce point d’inflexion de la crise systémique globale (les deux dernières tendances – Europe et Asie - seront analysées dans le GEAB N°26) :
Immobilier : Le plancher toujours plus bas
Bulle financière mondiale : Seule l’inflation progresse
Economie US : La récession s’installe
Déficits publics US : Le grand retour
Dollar : Le rebond qui n’existe pas
Europe : Découplage confirmé - Le coeur de l’Euroland résiste / Royaume-Uni en récession
Asie : Le ralentissement brutal en perspective

Par ailleurs, nous formulons également une série complète de recommandations stratégiques et opérationnelles pour se préparer au choc du début de l’été 2008 (sur abonnement).

Dans ce communiqué public, nous souhaitons expliquer comment la nouvelle période actuelle d’« euphorisation » des acteurs contribue à aggraver le choc à venir.
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20.03.2008

Les Etats-Unis s'installent dans une crise économique durable

La crise financière aux États-Unis devrait affecter durablement la première économie mondiale, mais les banques centrales peuvent conjurer le pire

La bourse de New York vendredi 14 mars (photo Abrams/AP).

L’euro était en hausse face au dollar, mercredi 19 mars, au lendemain d’une baisse de trois quarts de point des taux d’intérêt aux États-Unis. Décision très attendue, la Réserve fédérale américaine (Fed) a baissé son taux directeur de 3 % à 2,25 %, arguant de la détérioration des perspectives économiques et des tensions sur les marchés.

Cette mesure creuse l’écart de rendement des placements entre la monnaie européenne et le dollar, puisque le loyer de l’argent est fixé à 4 % en zone euro. La baisse des taux de la Fed est destinée à soutenir l’économie américaine qui est, de l’avis de nombreux économistes, déjà en récession. Reste à savoir pour combien de temps et ce qu’elle réserve.

Chacun va chercher, dans l’histoire économique récente, la crise qu’il estime ressembler le plus à celle surgie au cœur de l’été dernier. Jacques Mistral, de l’Institut français de relations internationales (Ifri), rappelle ainsi les États-Unis de 1979.

« Nous étions à la fin de la présidence Carter. La posture américaine était faible, comme aujourd’hui. Les Japonais prêtaient aux Américains pour financer leurs déficits commerciaux. À Washington, chaque semaine, dans un bureau, les banquiers japonais levaient la main pour acheter les papiers de dette proposés par un fonctionnaire du Trésor américain. Jusqu’à ce matin où le fonctionnaire américain avait proposé du papier et où pas une main ne s’était levée. »

Les esprits ont évolué
Aujourd’hui, le risque majeur pourrait bien venir de ce manque d’appétit du monde à amasser du dollar, et à continuer ainsi à financer les déficits américains. Ces dernières années, la Chine et les pays pétroliers accumulaient des milliards d’excédents générés par leurs exportations de produits manufacturés et de matières premières. Ils plaçaient cet argent dans des bons du Trésor, émis pour financer la dette américaine. Ces pays émergents croyaient en la sécurité de la première économie mondiale.

Mais peu à peu, les esprits ont évolué. Les pays émergents constatent que les bons du Trésor américains ne sont pas très rémunérateurs. Ils diversifient leurs placements, pour ne pas dépendre du seul cours du dollar. Ils ont aussi créé des fonds souverains, dotés de centaines de milliards de dollars, qui investissent dans les entreprises des pays développés. Résultat, le monde ne soutient plus les États-Unis.

« Avant la crise du subprime, les 800 milliards de dollars (520 milliards d’euros) annuels du déficit commercial américain étaient compensés par les achats des non-résidents en obligations et actions américaines. Or ces achats sont tombés à une moyenne de 400 milliards de dollars, explique Jean-Michel Boussemart, de COE-Rexecode. Il y a un an, quand Citigroup émettait des obligations, tout le monde se précipitait. Aujourd’hui, personne n’en veut ou presque. »

Un scénario rappelle la crise japonaise des années 1990
« C’est en 1995 que les États-Unis ont commencé à vivre au-dessus de leurs moyens en dépensant plus que ce qu’ils produisaient. Il fallait bien que cela craque un jour quelque part », résume Agnès Benassy-Quéré, la directrice du Cepii. Dans l’avenir proche, elle prévoit une poursuite de la dévalorisation des actifs immobiliers et boursiers. Et une hausse du taux de l’épargne des ménages, amenés à réduire leur endettement et leur consommation.

Un tel scénario rappelle à certains la longue crise japonaise des années 1990. L’éclatement de la bulle immobilière avait fragilisé les banques nippones. Celles-ci étaient alors incapables de lever de l’argent et d’assurer leur rôle de prêteur. Les taux d’intérêt furent portés à 0 % pour essayer de relancer une croissance qui n’arrivera qu’après de longues années. La spirale japonaise comporte de nombreuses similitudes avec la situation actuelle aux États-Unis.

Une différence existe, certes : le yen était haut alors que le dollar plonge. Cette glissade continue du billet vert peut aider l’économie américaine. « Quand le dollar baisse, les avoirs américains à l’étranger sont réévalués d’autant et la dette reste stable. À la différence des pays émergents, comme l’Argentine en 2002, qui voyait sa dette libellée en dollars se réévaluer quand sa devise se dévaluait », explique Agnès Benassy-Quéré.

Scénario plus pessimiste : la « déflation par la dette »
Un dollar faible peut aussi aider les États-Unis à réduire leur déficit commercial en rendant plus compétitives leurs exportations. « Le déficit commercial américain s’est stabilisé depuis l’automne 2005. Et cela en dépit de l’augmentation du prix de leurs importations de pétrole. Les exportations américaines représentent 12 % du PIB contre 4 % dans les années 1970 », résume Jean-Michel Boussemart.

Un dollar bas peut aussi signer le retour des investisseurs étrangers vers les États-Unis. « Aujourd’hui, les actifs américains ne sont pas chers, sous le double effet de la baisse de l’immobilier et du dollar. Des entreprises européennes ou asiatiques peuvent être intéressées à acheter des entreprises pour s’implanter sur le marché américain », souligne Christian Parisot, chez Aurel.

Mais un scénario plus pessimiste, celui de la « déflation par la dette », source de la crise de 1929, est aussi évoqué par les mêmes analystes. « Dans cette hypothèse, les actifs se dévalorisent alors que la dette ne bouge pas. En effet, l’augmentation de l’épargne conduit à moins de consommation, ce qui entraîne une baisse des prix, puis des salaires », détaille Christian Parisot. Simplement aujourd’hui, on veut croire que « les banques centrales savent ce qu’il faut faire pour éviter une crise de 1929 », se rassure Jean-Michel Boussemart.

Pierre COCHEZ - LA CROIX

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11.03.2008

Subprime: trois ex-PDG stars de Wall Street sur la sellette

Par Laurence BENHAMOU AFP

NEW YORK (AFP) - Trois PDG, Charles Prince de Citigroup, Stanley O'Neal de Merrill Lynch et Angelo Mozilo de Countrywide ont dû justifier vendredi devant des élus américains les énormes rétributions obtenues lors de leur éviction de leurs groupes ébranlés par la crise des "subprime".

Une commission de la Chambre des représentants a longuement questionné vendredi les ex-patrons, qui étaient parmi les plus respectés de leur profession et ont perçu au total 460 millions de dollars entre 2002 et 2006.

Mais les banques Citigroup et Merrill Lynch, parmi les premières du pays, et le leader du crédit hypothécaire Countrywide ont perdu plus de 20 milliards de dollars au cours du second semestre de 2007 à cause de la crise du crédit à risque (subprime).

Résultat: M. O'Neal a été débarqué le 30 octobre, M. Prince début novembre et M. Mozilo début janvier. Ils étaient tous à la tête de leurs groupes respectifs depuis des années et les avaient fait largement prospérer.

Mais alors que chutaient les performances et les actions de leurs groupes -- et que des millions d'Américains surendettés voyaient leur logement saisi -- ils sont partis avec des compensations impressionnantes, "des sommes incompréhensibles pour la plupart des Américains", a souligné un des élus.

M. Mozilo a reçu en partant plus de 120 millions en primes et ventes d'actions Countrywide, M. O'Neal est parti avec des primes de 161 millions et M. Prince a obtenu 10 millions de dollars en bonus, 28 millions en actions et options et une prime annuelle de 1,5 million, a souligné la commission.

Pour se défendre, les trois PDG ont chacun rappelé leurs origines modestes -- M. O'Neal est petit-fils d'esclave, M. Prince a été le premier diplômé de sa famille et M. Mozilo petit-fils d'immigrants -- et répondu que ces rétributions étaient des arriérés dus au titres des années antérieures où ils ont fait prospérer leurs groupes.

Le plus attaqué a été Angelo Mozilo, qui a fondé Countrywide en 1969 et a en 40 ans fait augmenter l'action de 23.000%. Countrywide a prêté de l'argent à des millions de foyers américains modestes pour acquérir un logement, dont une bonne partie de crédits à taux variables où les défauts de paiement se sont multipliés quand les prix de l'immobilier ont chuté.

Les parlementaires ont reproché à M. Mozilo d'avoir vendu pour 150 millions d'actions Countrywide entre novembre 2006 et fin 2007, au moment où son groupe empruntait 1,5 milliard pour racheter ses propres actions.

"Je n'ai reçu aucune prime en 2007, j'ai même renoncé volontairement à une indemnité de départ de 37 millions de dollars", s'est indigné M. Mozilo.

"J'ai cofondé Countrywide en y mettant toutes mes économies, et j'ai reçu des rétributions et des stock-options au long de 40 années de service, et j'ai terminé avec 6,5 millions d'actions. Je comptais prendre ma retraite en 2006, et j'ai commencé à les vendre pour diversifier mes revenus", a-t-il argué.

Les deux autres PDG ont déclaré que dans leurs groupes, de telles ventes massives d'actions par les dirigeants juste avant leur départ étaient interdites.

Les parlementaires étaient partagés entre blâme et compréhension, certains jugeant qu'ils ne "trouvaient pas de méchants à blâmer", d'autres trouvant choquant le décalage entre leur paie, celle des salariés, et les millions d'Américains qui ont vu leur logement saisi.

Coïncidence, le même jour Goldman Sachs a indiqué avoir accordé à ses deux co-présidents au titre de 2007, Gary Cohn et Jon Winkelried, des primes et salaires de 67,5 millions de dollars chacun.

Etats-Unis: rattrapée par l'immobilier, l'économie continue de perdre des emplois

Par Claire GALLEN AFP - Vendredi 7 mars, 21h27

WASHINGTON (AFP) - L'économie américaine a perdu des emplois en février pour le deuxième mois consécutif du fait de la propagation de la crise de l'immobilier, amenant la Maison Blanche a évoquer pour la première fois un scénario pouvant mener à la récession.

L'économie a supprimé 63.000 emplois en février, une grosse déception pour les analystes qui tablaient sur 25.000 embauches nettes. De plus, les chiffres de janvier ont été révisés pour faire ressortir 22.000 licenciements (au lieu de 17.000 annoncés initialement).

Le niveau des suppressions d'emplois est le plus fort enregistré depuis mars 2003, au début de la guerre en Irak. C'est aussi la première fois que l'économie enregistre deux mois de licenciements consécutifs depuis juin 2003.

"Ce rapport fait clignoter le mot récession en lettres capitales. On ne voit quasiment jamais ces chiffres en dehors d'une récession", a estimé Avery Shenfeld de CIBC World Markets.

Après la publication de ces chiffres, la Maison Blanche a pour la première fois laissé entendre que l'économie pourrait s'acheminer vers la récession.

Interrogé sur les risques que la croissance soit négative ce trimestre, Edward Lazear, le chef des conseillers économiques de la Maison Blanche, a répondu que "nous ne savons pas vraiment si elle va ou non être négative".

"Nous ne saurons pas avant de nombreux mois s'il faut appeler ou non cela une récession", a ajouté M. Lazear.

Un trimestre dans le rouge ne signifie pas forcément que l'économie entre en récession car, selon la définition couramment admise par les analystes, il faut deux trimestres consécutifs de croissance négative pour cela.

Le président George W. Bush a de son côté estimé que l'économie traversait une "période difficile".

Les marchés ont aussi très mal pris la nouvelle. L'euro a dépassé pour la première fois les 1,54 dollar avant de se replier, tandis qu'à la Bourse de New York l'indice Dow Jones perdait 1,34% à 11.878,71 points vers 10H15 GMT.

Ce rapport est en effet de mauvais augure pour la santé de la première économie mondiale. Toute détérioration de l'emploi se traduit par une baisse des revenus, ce qui peut être calamiteux dans une économie portée par la consommation.

"La question n'est visiblement plus de savoir si nous allons tomber en récession mais combien de temps nous allons y rester", note l'économiste indépendant Joel Naroff.

Les analystes s'inquiètent surtout de voir la crise de l'immobilier contaminer le reste de l'économie.

Dans le seul secteur privé, les licenciements nets se sont chiffrés à 101.000 en février, avec de fortes pertes d'emplois dans le bâtiment (-39.000) et dans l'industrie (-52.000), surtout pour les entreprises liées à l'immobilier. Mais le commerce de détail a aussi souffert (-34.000) tout comme les services (-20.000).

Même la baisse du chômage, qui est passé de 4,9 à 4,8%, n'arrive pas à réconforter les analystes, qui soulignent qu'elle s'explique avant tout par la baisse du nombre de personnes sur le marché de l'emploi.

Aussi les marchés s'attendent-ils à une réaction vigoureuse de la part de la banque centrale (Fed).

Parallèlement à la publication du rapport, elle est déjà montée au créneau vendredi, en annonçant une augmentation des liquidités qu'elle compte injecter sur les marchés pour soulager la crise du crédit, et la tenue de "concertations serrées" avec les autres banques centrales dans le monde.

Et elle devra sans doute continuer à agir de façon résolue par le biais de son taux directeur, qu'elle a déjà réduit de 2,25 points depuis l'été pour le ramener à 3%.

"Le taux directeur va sans doute devoir être abaissé d'un point supplémentaire au cours des deux prochaines réunions de la Fed", prévoit Paul Ferley de la banque RBC. La prochaine réunion est prévue le 18 mars.

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15.02.2008

Société Générale, Subprimes... Ecran de fumée

La crise des subprimes, les difficultés de l’économie américaine et ses répercutions en Europe, le scandale de la Société Générale, tout cela occupe le devant de la scène et les médias y vont à cœur joie.
Hélas, bien peu d’intervenants ne se posent les bonnes questions (...)

Ni hasard, ni erreur
Que de paroles bien souvent incompréhensibles pour le profane, voire même pour celles et ceux qui sont un peu plus au fait des arcanes de la haute finance et des jonglages quotidiens auxquels se livrent les établissements financiers.

De doctes discoureurs viennent parler des salles de marché avec un vocabulaire forcément abscons. D’autres traitent ce sujet sous forme de fait divers, à la manière « people » devenue si commune et qu’encouragent les plus hautes sphères de l’Etat.

Ce n’est ni un hasard ni une erreur, il ne faut surtout pas que le citoyen contribuable, consommateur, travailleur y comprenne quelque chose, cela pourrait lui donner l’idée de demander des comptes et pire de vouloir remplir un rôle de contrôle.

Lire la suite (Fédération CGT des syndicats du personnel de la banque et des assurances)

07:15 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : subprimes, fédération cgt, banque | | |  Facebook

12.02.2008

La crise immobilière ne fait que commencer

GRAND ANGLE AVEC L’ÉCONOMISTE AMÉRICAIN ROBERT SHILLER
«La crise immobilière ne fait que commencer»
Le professeur Shiller ne mâche pas ses mots :la crise immobilière qui frappe les Etats-Unis est la plus grave depuis la Grande Dépression, affirme ce spécialiste. Disséquant les mécanismes à l’œuvre sur un «marché d’amateurs», il regrette le manque de lucidité de nombreux acteurs.
Et, alors que la tourmente s’étend aux places boursières, met en garde contre ses conséquences.
TÉLÉCHARGER L'ARTICLE ITW DU PROFESSEUR SCHILLER

11:21 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : CRISE IMMOBILIERE, SUBPRIMES | | |  Facebook

 
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