17.02.2010
(DNA) Philippe Bies "faire du logement une priorité politique et budgétaire", "mobiliser tous les acteurs du logement"
Source DNA - Logement : mobiliser tous les acteurs
Philippe Bies, vice-président de la Communauté urbaine de Strasbourg délégué à l'habitat, au logement social et à la rénovation urbaine et adjoint au maire de Strasbourg délégué au logement et à la gestion du patrimoine, directeur des bailleurs sociaux CUS Habitat et Habitation Moderne, apporte à son tour sa contribution au débat ouvert dans les DNA sur le logement et la taxe sur les logements vacants.
L'instauration de la taxe d'habitation sur les logements vacants à Strasbourg a donné lieu à l'ouverture d'un débat public. Cette mesure n'est cependant qu'un élément de la politique de l'habitat mise en oeuvre par la ville et la Communauté urbaine de Strasbourg. En effet, avant même la crise économique qui touche particulièrement le secteur de l'immobilier, nous avions fait le choix, avec Roland Ries et Jacques Bigot, de faire du logement une priorité politique et budgétaire.
Le PLH (Programme Local de l'Habitat) élaboré avec l'ensemble des acteurs concernés et adopté en novembre dernier fixe un plan d'actions volontariste doté d'un budget conséquent et en augmentation régulière (+ 25% en 2009, + 12% en 2010) et malgré des aides de l'État qui sont hélas inversement proportionnelles aux annonces du gouvernement de Nicolas Sarkozy.
Notre action s'appuie sur un soutien exceptionnel de la collectivité à la réhabilitation et au développement du logement aidé. Dès 2008, la production de logement social a été multipliée par deux au regard des années précédentes. En 2009 nous avons atteint les 2 000 logements aidés programmés, soit davantage que l'objectif de 1 500 que nous nous étions fixé.
Parce la situation l'exigeait, nous avons souhaité soutenir très fortement le parc privé qui ne relève pourtant pas directement de la collectivité.
Le budget consacré à ce secteur a augmenté de 112% depuis 2008.
Ainsi dès 2009, en lien avec l'ANAH (Agence Nationale d'Amélioration de l'Habitat), nous avons mis en place des mesures d'aides financières aux propriétaires bailleurs qui souhaitent réaliser des travaux. Désormais, sous certaines conditions, un propriétaire bailleur peut cumuler jusqu'à 80% de subventions pour la réhabilitation d'un logement.
Maîtriser les loyers en luttant contre l'habitat indigne
Ce programme très incitatif, vise à sortir un maximum de logements de la vacance, à maîtriser les loyers tout en luttant contre l'habitat indigne. Le succès de sa première année de mise en oeuvre prouve qu'il répond aux attentes des propriétaires privés.
Toujours en 2009, nous avons décidé de mettre en place un dispositif permettant de rassurer et sécuriser les propriétaires bailleurs : la Garantie des Risques Locatifs (GRL). En échange d'une location à des ménages modestes, cette assurance garantit au propriétaire loyer et charges en cas d'impayé et le coût des travaux en cas de détérioration volontaire par le locataire. Le coût est alors pris en charge par la CUS sur l'ensemble de son territoire. Les propriétaires peuvent également bénéficier de la gestion du recouvrement ainsi que de la prise en charge des frais d'accompagnement juridique. Enfin, un traitement social adapté pour les locataires en cas de difficultés est prévu, qui sécurise les propriétaires.
La taxe d'habitation sur les logements vacants (THLV) s'inscrit dans ce dispositif global de mobilisation du parc privé. Ne pas l'admettre serait regarder la question du logement par le petit bout de la lorgnette. Le nombre de logements potentiellement concernés par la THLV a été évalué sur la base du fichier « logements vacants 2008 » transmis par la Direction générale des impôts. L'instauration de cette taxe n'a pas pour objectif premier la recherche d'une ressource supplémentaire ou la stigmatisation des propriétaires, mais bien la remise sur le marché des logements concernés. A ce titre, chacun des propriétaires concernés se verra adresser un courrier l'informant des différents outils à sa disposition pour remettre son bien en location.
La collectivité montre d'ailleurs l'exemple en mobilisant son propre patrimoine. Ainsi le dernier conseil municipal a approuvé la création de 55 places en hébergement d'urgence et l'humanisation de 53 autres par la mise à disposition d'immeubles municipaux à des bailleurs sociaux. Dès le mois de mars prochain, ce ne sont pas moins d'une dizaine d'immeubles de la ville (principalement situés dans le centre et dont certains sont vacants) qui seront proposés à la vente à des bailleurs sociaux.
Seule cette mobilisation de tous les acteurs, publics et privés, à travers une politique volontariste et pragmatique, est de nature à enrayer la crise du logement dans notre agglomération. Le défi est immense mais la dynamique est lancée.
Philippe Bies
07:53 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : strasbourg, philippe bies, thlv, grl, logement social, plh, jacques bigot, habitat indigne, sdf alsace |
|
|
Facebook
14.02.2010
2 logements vacants "pris" par SDF Alsace, en toute légalité
Nous avons souvent dit et répété en réunions, colloques, rencontres et autres, que personne ne connaissait le monde des sans-abri mieux que nous, et mieux que les travailleurs sociaux, ceux qui vont sur le terrain et nous qui le subissons.
L'image véhiculée est encore trop souvent misérabiliste, ou plombée par un sentimentalisme affligeant. On ne s'y retrouve jamais.
Celui là réclame des CHRS, l'autre des lieux ouverts, lui préfère le chalet, il faut réquisitionner nous affirme un autre, et le politique veut changer la ville. Et nous, nous restons à la rue !
Car qui sait, qui s'intéresse à ce que nous voulons ? Qui sait de quoi nous sommes capables ? Qui connaît notre vie : santé, espoir malmené, manipulation, abandon, chômage, emploi précaire, RSA qui ne vient pas, hygiène, ... Qui a cette vision réelle, globale ?
L'autre constat est qu'il règne la même ambiance, la même suspicion, la même naïveté, autour du logement, avec des enjeux politiques qui s'ajoutent, à notre détriment. Nous payons toujours au bout du compte pour l'étroitesse d'esprit de l'homme.
Une réunion sur la rénovation de Hautepierre, nous apprenait que des associations pouvaient faire circuler de mauvaises informations et créer la panique chez des locataires "vos immeubles seront démolis", alors qu'il n'en était rien.
Depuis ce jour, nous combattons la peur. La peur de l'autre, et nos peurs des autres. Nous combattons l'ignorance, la notre et celle des autres. Nous avons décidé d'apprendre et de comprendre au mieux quels sont les enjeux de tous, et d'y faire notre place, en nous tenant à l'écart de tous.
Le Collectif SDF Alsace a décidé de rencontrer des promoteurs, des architectes, des urbanistes, des agences immobilières, des acteurs du logement comme on dit.
C'est grâce à ce petit réseau que nous avons trouvé pas mal de logements, et louer en colocation...
Depuis peu, la Ville de Strasbourg a instauré la THLV. ça nous a aidé dans notre travail vers les propriétaires.
Des logements du privé vacants, pas de quoi donner un toit à tous, mais de quoi donner une bouffée d'air.
Nous avions plein de question sur les raisons qui emmenaient des propriétaires à ne pas faire fructifier un bien, alors que nous étions à la rue "de bonne foi". Notre seul "tort" est d'être pauvre.
Des rencontres autour de la THLV, avec l'adjoint au logement, ses explications sur les raisons très diverses de ces vacances, sur le temps nécessaire à lancer un dispositif, les limites de la loi... Tout cela nous a nourri, et donné de quoi nous lancer dans la conquête des vacances.
Grâce à un soutien du collectif, nous avons, en début de semaine, rencontré 9 propriétaires d'appartements vacants.
Les causes: impayés, dégradation, problèmes avec les voisins, et une difficulté, malgré la loi à se sortir de ces galères. Tous étaient convaincus qu'ils allaient recevoir la "facture de cet impôt injuste" qu'ils considéraient comme "la main mise de la ville sur leur bien". La désinformation avait déjà fait son chemin.
Reprenant à notre compte l'explication simple, apprise de Philippe Bies, sur la THLV, nous avons écartés ces craintes, et enfin pu passer aux raisons de cette rencontre.
Nous avons parlé de tous les dispositifs existants, et surtout de la GRL. Un agent d'assurance nous accompagnait pour cela. Notre position connue sur les réquisitions a permis de créer un meilleur climat de confiance.
Finalement, sur les 9 propriétaires, 2 ont déjà répondu favorablement : 2 appartements (1) seront loués à des gens en situation financière très précaire. Des contrats GRL signés, des dossiers FSL remplis. Voilà pour nous, et ce n'est qu'un début.
Depuis hier-soir la réquisition d'un immeuble, qui appartient à la Municipalité de Strasbourg a été "officialisée" par un appel au soutien vers la population. Cette réquisition répond à ce lieux que nous espérons depuis longtemps : dépose des affaires, ouvert à tous sans discrimination 24h/24, avec animal, en couple, ... Lieu qui fait cruellement défaut.
Nous constatons que dans le libellé du communiqué nos craintes, nos doutes, exprimés dans notre récent texte "non merci nous ne réquisitionnerons pas avec vous", sont repris : une association est crée qui assumera tous les inconvénients en cas d'expulsion. C'est donc que l'expulsion est envisageable...
La rencontre que Marie-Dominique Dreyssé, adjointe (Verts) nous a refusé (2), après avoir laissé s'installer le "plan chaises" lors de l'hiver 2008/2009 (3), aurait permis d'améliorer la situation des personnes privées de logements. Et que penser, du projet de chalets qui a traîné en longueur...
L'adjoint au logement déborde constamment de son rôle, pour soutenir et concrétiser des actions plus que positives en faveur des sans-abri. Mais ça reste du bricolage.
Alors Monsieur le Maire, à quand une personne compétente et "engagée" pour s'occuper sérieusement de la "solidarité" à Strasbourg ?
Collectif SDF Alsace
(1) vacants depuis 15 mois pour l'un, 3 ans pour l'autre, donc non concernés par la THLV. De quoi réfléchir sur la communication a avoir ...
(2) Rappel : une série de réunions sur l'hébergement est lancée début 2009. Mme Dreyssé ne nous y a pas invité, mais nous étions là. Étaient présents : le Dal 67 (venue en force), l'OPI, une structure d'hébergement... Lorsque nous sommes venus pour la 2e rencontre; personne ! réunion "annulée" et depuis, le silence.
(3) interpellée à ce sujet, Madame Dreyssé a répondu "c'est la faute au désengagement de l'état". Mais quel a été son engagement dans le projet développé par Philippe Bies avec l'engagement de ce même état qui finance, la mise à disposition de logements voués à la démolition ?
08:04 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : thlv, logements vacants, philippe bies, strasbourg, europe écologie, réquisition, sdf alsace |
|
|
Facebook
11.02.2010
Communiqué : Strasbourg et les logements vacants
Strasbourg, le 11 février 2010
Collectif SDF Alsace
Strasbourg et les logements vacants
Le recensement de 2009 relève 9.016 logements privés vacants à Strasbourg. Parmis eux, 1.870 logements sont vacants depuis plus de 5 années, et sont donc « concernés » par la Taxe d’Habitation sur les Logements Vacants (THLV) mis en place par la municipalité.
Malgré la baisse des crédits de l’Etat, la Ville et la Cus ont élaboré en 2009 une véritable politique de l’habitat, qui faisait défaut depuis plusieurs années.
Le Plan Local de l’Habitat (PLH), a des objectifs ambitieux. Les moyens consacrés à cette politique ont doublé depuis l’année 2008. Le travail pour les logements vacants fait partie de cette politique de développement de l’habitat.
Mais, c’est mathématique, la THLV ne peut, a elle seule, répondre aux situations d’urgence : personnes sans logement, encombrement des CHRS qui ne répondent plus à leur mission vers les sans-abri, mal logés, surpeuplement, …
Il est donc vain, et peu honnète d’exiger la réquisition de tous les logements vacants, et d’inquiéter les propriétaires que nous devons convaincre.
Depuis 3 années, le Collectif SDF Alsace attire l’attention de tous les élus sur une autre sorte de vacance : les immeubles voués à la démolition. Face à cela, la situation d’urgence, d’environ 400 personnes à la rue.
Cette année, pour l’urgence, l’adjoint au logement Philippe Bies, a convaincu, le bailleur Cus Habitat de mettre à disposition du plan hivernal un certain nombre de logements destinés à être ultérieurement démolis. L’Etat finance les associations qui interviennent pour cet hébergement d’urgence.
Le Conseil Municipal doit prochainement valider la réalisation de 55 places en CHRS et logements relais.
Au delà de ces actions et de ces chiffres, c’est un changement de « mentalité » que nous constatons. La municipalité représentée par Philippe Bies, a compris que l’hébergement ne pouvait être le « parent pauvre » du logement.
Beaucoup d’efforts restent à faire, mais la dynamique est lancée.
Collectif SDF Alsace
08:53 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : strasbourg, logements vacants, thlv, philippe bies, cus-habitat, sdf alsace |
|
|
Facebook
09.02.2010
Non merci, nous ne réquisitionnerons pas d’immeuble avec vous
À quelques semaines de la fin de la trêve hivernale, et du premier tour des élections régionales, voilà qu’on nous propose de participer à une réquisition d’immeuble.
Non merci !
Le patos ne fonctionne pas avec nous. C’est pour notre dignité, un droit à vivre “normalement” que nous luttons.
Cette réquisition, ne règlera pas notre problème de non logement. Elle nous fait courir le risque de nous retrouver devant les tribunaux, et de briser notre espoir de trouver ensuite un logement.
Nous luttons contre la mise en danger, que certains imbéciles, aux égos surdimensionnés, font courir à ceux qui n’ont déjà rien.
En effet, nous sommes loin de l’exemple de la Fédération DAL qui, à Paris, assume, en son nom, les réquisitions, et qui arrive à réunir assez de militants pour protéger ceux qu’elle soutient. Et qui négocie au plus haut
Mais pour quels résultats, que se passe t-il pour ces gens ? Expulsions, et relogement parfois, pas pour tous, à l’hôtel, en foyer principalement. La lutte est longue.
Nous avons investi 3 lieux depuis presque 2 ans. Et c’est en toute discrétion que vivent avec aucun confort, pas d'eau, pas d'électricité, pas de chauffage (le plus souvent), 27 personnes, dont 5 enfants.
Dossiers de demande de logement, dossier Dalo, recherche d’emploi, de stages, de formation ; voilà le travail du Collectif auprès de ces personnes. Nous apportons des repas chauds, organisons des ballades, des ateliers d’information…
C’est pour nous une solution difficile, faute de solutions dignes. Mais on a la paix. Et notre espoir d’une vie simple est préservé. L'attente est longue.
Nous n’avons rien choisi. Ni la vie collective, ni la réquisition, ni la rue, ni le chômage, rien. Ce n’est pas notre style de vie. La misère nous a épuisé, éreinté, fatigué, mais pas au point de ne pas savoir ce que nous voulons.
Nous ne voulons pas de vous à nos côtés. C'est notre choix, notre liberté.
Reparlons des 1500 logements vacants sur Strasbourg dont vous nous râbachez les oreilles depuis un an.
La mise en place de la THLV nous montre que les logements qui pourront être remis sur le marché ne représentent qu’un faible pourcentage, car la loi demande une vacance de plusieurs années. Certains sont insalubres, d’autres sont trop éloignés des infrastructures.
Notre opposition à vos basses maneuvres sont confirmées, la réquisition des logements vacants ne règlera pas la situation de tous les non-logés, et mal-logés de Strasbourg.
Cette année, la municipalité de Strasbourg a entendu notre appel à la raison. Grâce au soutien financier de l’État, des logements vacants, destinés à la démolition, sont mis à la disposition d’associations pour l’hiver. On reste dans l’urgence c'est vrai, mais au-delà il y à un changement de mentalité, qui représente pour nous, la plus belle victoire. Maintenant, nous aimerions les entraîner à réfléchir aux solutions alternatives qui existent ailleurs, et qui ont fait leurs preuves, comme les containers par exemple.
Le dialogue est payant, lorsqu’il tient la route, et lorsqu’il n’oppose pas sans-cesse les uns aux autres.
Finalement, ce que nous demandons c’est, tout simplement, une vraie politique du logement. Avec une vision éclairée sur toutes les situations : chômeurs, précaires, vieux, jeunes, célibataires, familles nombreuses. Sans oublier, mais sans mettre de côté, sans les écarter, ni les stigmatiser : toutes les gueules cassées de la vie ! Des personnes comme les autres.
Nous vous souhaitons à tous un militantisme éclairé.
11:23 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : réquisition locative, thlv, logement vacant, mal logement |
|
|
Facebook











