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24.04.2011

un pour cent seulement ? On est mal barrés

Pour la Fondation Abbé Pierre on serait 100.000 à la rue et 493.500 privés de domicile personnel, ce qui fait environ 600.000 personnes.

Et c'est moins de 1% de la population française ... On est mal barrés les poliques vont pas se faire chier pour un petit pour cent... Pour le département du Bas-Rhin on est quoi, entre 500 et 600 peut-être, c'est difficile d'avoir un vrai chiffre... Mais même en l'augmentant un peu... C'est quoi 600 personnes a loger pour un département ?

sdf et citoyen

La fin du plan hivernal se passe mal... Pour les sans-abri ça devient difficile d'accepter la dernière nuit dans un lit...

Les interminables journées recommencent. Aller d'un point à l'autre de la Ville pour des actes quotidiens qui ne vous prennent qu'une heure. Les associations sont toutes éloignées les unes des autres alors qu'on est obligé d'en fréquenter plusieurs. Je me demande pourquoi mais bon, je marche.
Moi aussi je l'ai lue l'article des dna, sur l'école des travailleurs sociaux et je me dis que pour certains le métier de journaliste semble trop facile. Pas un mot de travers, pas une question qui dérange, tout est lisse. Ça doit être ça de se sentir citoyen; on est lisse.

J'ai 42 ans et 8 ans de galère, je picole un peu pour tenir le coup.

J'en ai rencontré des travailleurs sociaux en huit ans, pas tous travailleurs et pas tous sociaux d'ailleurs. Mais ces gens là c'est comme les profs on y touche pas, faut pas critiquer, ils sont intouchables. C'est fou quand tu vois le nombre de ratés qui s'accumulent et le nombre de jeunes qui débarquent à la rue. Et je parle pas des étrangers. Faut pas en parler parce que dès que tu l'ouvres on te taxe de raciste. Être citoyen c'est fermer sa gueule, pour être bien lisse, comme les journalistes, les profs et les travailleurs sociaux et du coup comme les politiques.

Moi je manque pas de lassitude mais j'ai pas assez de lissitude pour suivre le plan que les éducateurs ont tracé pour moi.

Pour obtenir une place dans une bonne baraque où tu es peinard car tu as ta clef faut suivre le plan. En fait je sens bien que derrière les phrases on va observer mon comportement. Faut que je devienne lisse. En plus je suis classé alcoolique ça complique qu'ils me disent. Je poserai bien la question qui me vient à l'esprit "combien tu en connais des sdf qui sont déjà prêts à être pérenisés?".

File moi une place je suis fatigué, je veux juste un petit coin avec un vrai lit et une douche.

Je sais, je sais, tu le répètes à chaque fois, y'a pas de place pour tout le monde, tu es obligé de donner des priorités. Mais ça fait plus d'un an maintenant et il serait temps que je devienne ta priorité. J'en ai marre de ces rendez-vous où tu n'as rien à m'apprendre, rien d'espérant à me dire. Non, ne prends pas la mouche ; tu ne comprends pas que je suis épuisé? Oui, j'ai vu un médecin, mais ce n'est pas un magicien, il ne peut rien contre la tristesse, il ne peut pas ressusciter l'espoir qui meurt.

11.04.2011

NON AU FICHAGE DES SANS-ABRI ! LES TRAVAILLEURS SOCIAUX DU 67 DISENT NON

 

SYNDICAT DÉPARTEMENTAL DE L’ACTION SOCIALE
FORCE OUVRIÈRE DU BAS-RHIN

Secteur PRECARITE
________________________________________________________________________
A LIRE ET FAIRE SUIVRE,
au delà de toute considération d'affiliation syndicale
Pour recevoir directement les informations sur cette mobilisation :
sdasfo67.precarite@mail.com
________________________________________________________________________
« NON à Paxtel »

Appel intersyndical aux travailleurs sociaux du 67
CONTRE l’utilisation du logiciel Paxtel
POUR signifier ce refus en se faisant décompter par l’envoi d’un mail à :
nonapaxtel@gmail.com

DU FICHAGE AU FLICAGE IL N’Y A QU’UN PAS…
Les travailleurs sociaux doivent retrouver leur pouvoir de dire « NON » :
NON, NOUS NE SERONS PAS COMPLICES !

DEJA : des équipes de plusieurs établissements d’hébergement
ont décidé de ne faire aucune saisie d’information.

DEJA : la DDCS et les directions d’établissements ont décidé de revenir à une position plus prudente
et de ne pas utiliser Paxtel tant que les agréments CNIL n’auront pas été obtenus.



La question est importante. Depuis l’année dernière sont mis en place les « SIAO », organismes destinés à améliorer l’attribution des places d’hébergement pour les personnes sans domicile fixe . Il s’agit de mettre en œuvre l’application d’un droit constitutionnel : «  La Nation assure à l'individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement. Elle garantit à tous, notamment à l'enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l'incapacité de travailler a le droit d'obtenir de la collectivité des moyens convenables d'existence . »

Malheureusement, s’il est bienvenu que soit posée la question des manquements de l’Etat à l’égard de la protection des plus démunis, la mise en place des SIAO est l’occasion d’un fichage nominatif comportant une collecte extensive de données personnelles , qui va bien au-delà de ce qu’il est nécessaire de savoir au sujet d’une personne pour déterminer la solution d’hébergement ou de logement qui lui conviendrait le mieux.

Notamment, dans le Bas-Rhin, le logiciel « Paxtel » qui a été choisi suscite l’effarement des travailleurs sociaux.

Les branches Action Sociale des syndicats CGT, CNT, FO et SUD du Bas-Rhin ont décidé de lancer un appel inter-syndical « non à Paxtel » : non à un  fichage qui va très au-delà de son objectif affiché, qui matérialisera la possibilité d’intercepter facilement des populations jetées en pâtures à la médiatisation sécuritaire : roms, sans papiers, …

Par ailleurs la branche Action Sociale de FO du Bas-Rhin, SDAS-FO-67, adresse ce jour un courrier à la CNIL concernant le logiciel Paxtel.



Ci-joint :

-           L’appel intersyndical « non à Paxtel »


Pour plus d’informations sur la dénonciation de Paxtel :

-           http://www.fnars.org/images/stories/evenement/mobilisatio...

-           http://www.cnt-f.org/sante-social.rp/fichagesiao-cnt87-oc...

-           http://www.alsacelibertaire.com/wp-content/uploads/Héberg...

Voir également sur le site de l’ANAS :

-           www.wmaker.net/anas/attachment/258414/

-           www.wmaker.net/anas/attachment/258415/

____________________________________________________
SDAS-FO-67 Syndicat Départemental de l'Action Sociale - Force Ouvrière - 67
sdasfo67.precarite@gmail.com / sdas67@free.fr

Téléphone : 03 88 36 50 15  -  06 15 75 23 82
Adresse : Maison des syndicats - 1 rue Sédillot - BP 12 - Strasbourg cedex
Permanences juridiques spécialisées
: chaque 2ème mardi du mois, 14-17h, 4ème étage



26.05.2010

Les stages des étudiants en travail social ne seront plus payés !

C’est bien connu, les travailleurs sociaux ne rapportent rien, ils ne sont pas des commerciaux ou  des chimistes qui permettent aux entreprises pharmaceutiques de réaliser des milliards de bénéfices, ils travaillent dans l’humain. Alors inutile de préciser que s’ils sont jeunes, étudiants et stagiaires… Ils n’ont pas intérêt à la ramener. Et voilà qu’une proposition de loi a été déposée pour qu’on leur retire carrément les gratifications de stages. Tous les autres stagiaires seront gratifiés sauf les étudiants en travail social. On croit rêver ! On voudrait leur dire qu’ils ne servent à rien qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Aujourd’hui, ils s’organisent et ils ont choisi StreetGeneration pour publier une lettre ouverte au sénateur à l’origine de cette loi.

Explication de Clément Chappe, étudiant en travail social :

Alors que la question de l’identité nationale fait débat dans notre pays, que le lien social se détériore, que le communautarisme fait des ravages, les travailleurs sociaux sont les garants de la cohésion sociale qui fait la valeur de notre pays. Or le gouvernement envenime la situation. Nicolas Sarkozy n’a rien trouvé de mieux que d’attaquer de front les acquis sociaux des futurs professionnels et de saper, au passage, les fondements de leur formation. Car les étudiants en travail social ont particulièrement besoin de l’alternance  (entre théorie et pratique, dispensée sur le terrain). Mais aujourd’hui, celle-ci est remise en question par le projet de loi visant à ne plus gratifier les stages. On notera, au passage, l’élégance qui consiste à précariser des animateurs chargés de lutter contre la précarité. Il se trouve pourtant que le principe d’alternance est le garant de la qualité de ces futurs intervenants dont l’efficacité est plus que nécessaire. Et par le refus politique d’une quelconque rémunération, c’est le fondement de la profession qui est menacé.
C’est pourquoi nous tentons aujourd’hui de nous faire entendre par le biais de cette lettre ouverte au sénateur Nicolas About, (qui est à l’origine de cette loi) pour que les citoyens de ce pays prennent conscience de la situation actuelle. Pour que nos choix politiques d’aujourd’hui, construisent le monde social de demain.

LETTRE OUVERTE À MONSIEUR LE SENATEUR NICOLAS ABOUT

LIRE LA SUITE : STREET GENERATION

04:08 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : travailleurs sociaux | | |  Facebook

25.02.2010

Toulouse : l'Armée du Salut, demande l'expulsion de 12 sans-abri

Pas de salut pour «SDF sans Frontières»

L'armée du Salut, lève une grande collecte nationale pour aider les personnes à la rue pour  cette année 2010.
Pourtant à Toulouse, l'Armée du Salut, demande l'expulsion de 12 sans-abri occupant le 39 rue des 7 troubadours.

Jusqu'alors ce lieu servait de bureau et de logement au Major de l'Armée du Salut, mais surtout il  était utilisé comme accueil de jour pour les sans abri du quartier et alentours.

Un collectif «les SDF sans frontières», trouvant ce local inoccupé, l'a investit le 8 janvier pour y  mettre à l'abri 12 d'entre eux n'ayant pu obtenir de place d'hébergement par le biais du 115.
Depuis, les membres du collectif ont d'une part entreprit des démarches individuelles pour être  relogés, d'autre part réfléchit à un projet collectif  pour que ce local retrouve sa vocation  première : un lieu d'accueil pour personnes à la rue.

Malheureusement, l'Armée du Salut ne l'entend pas de cette oreille. En réalité, cette dernière  comptait réaliser une bonne opération financière en vendant ce  bâtiment (situé en plein centre  de Toulouse) à une société civile immobilière, qui, on s'en doute, y fera des logements de  standing.

La vente s'est faite courant janvier mais elle n'est pour le moment pas réalisable, le logement  ayant été vendu « libre de tout occupant ».
Qu'a cela ne tienne, l'Armée du Salut vient d'entamer une demande  d'expulsion pour les « SDF sans frontières ».

Le procés aura lieu vendredi 26 février,  au Tribunal d'Instance à 9 heures

Faisant fi de sa mission première : aider les personnes dans le besoin.
La priorité est de faire une bonne opération financière, qu'importe que l'Armée du Salut soit  membre du Collectif National des Associations Unies qui refuse toute expulsion.

C'est pourquoi nous avons contacté les instances nationales de l'Armée du  Salut, afin que cette vente et cette demande d'expulsion soient stoppées et qu'aucune des  personnes qui occupent le lieu ne soient remis à la rue sans solution pérenne de relogement.

La réponse de son président est : « on expulse, le droit prime sur nos valeurs ». Le Président de  l'Armée du Salut, de mauvaise foi, nous explique qu'ils ne sont plus propriétaire : Ah bon ?
Alors pourquoi demande t-elle l'expulsion ? Seul le propriétaire peut le faire.

Nous exigeons que le projet autogestionnaire des «SDF sans frontières» soit entendu et que  l'Armée du Salut les accompagne pour les aider à ré-ouvrir au plus vite ce local pour les  personnes sans abri.

Rendez-vous le 26 février à 9H au Tribunal
d'Instance (avenue Camille Pujol)
Non à la spéculation immobilière...
Non aux expulsions...
Un toit c'est la loi...!!

29.01.2010

Grève historique pour les sans-abri

Par Laurent Burlet, Julie Lotz pour LYON CAPITALE

Photo : Fleur Giraud
Photo : Fleur Giraud

Depuis le début de l'hiver les professionnels de l’hébergement d’urgence dénoncent la non application de la loi sur le droit au logement. Aujourd'hui "c'en est trop", ils se sont mis en grève ce jeudi 28 janvier. Une première dans l'histoire de leur profession.

Ils ont mis leurs menaces à exécution. Ils ont fait une pétition, puis rencontré le préfet (lire article). A chaque fois les demandes sont les mêmes : la création de deux centres d’hébergement supplémentaires et le respect de la loi sur le droit au logement. Sans réponse, les travailleurs sociaux de l’urgence ont décidé de faire grève. Le Samu Social n’a pas circulé dans les rues et de nombreux centres d’hébergement ont fermé leur porte dans l’après-midi. Une première pour la profession.

Dès 14 heures, en provenance de toutes associations (Notre-Dame des-Sans-Abri, Régis, Entretemps, CAO,...), ils sont rassemblés dans la rue Dunoir en face de la préfecture de Lyon. 200 travailleurs environ, recouverts d'une couvertures de survie, affrontent le froid, aux côtés d’élus de gauche, de militants syndicaux, de citoyens mais aussi de sans-abri.

“J’ai 25 ans de métier, témoigne une travailleuse social de Villefranche. On a déjà fait grève pour nos conventions collectives. Mais c’est la première fois que nous descendons dans la rue pour le droit des personnes qu’on accueille”. Un autre manifestant prend la parole : "On pourrait continuer longtemps comme ça, à déplorer les difficiles possibilités de réinsertion, assister, impuissants, à l'affaiblissement physique et psychique des personnes que nous rencontrons, à en parler en réunion, à pleurer lors des enterrements. Sauf que c'en est trop".

"Qui sommes-nous pour choisir le destin d'humains ?"

"Il n'y a rien de plus dur, dans la vie d'un travailleur social, que de mettre quelqu'un dans la difficulté, et de ne pas pouvoir alléger le poids de son quotidien". Ce témoignage d'un travailleur du 115 est lu au micro. De nombreuses banderoles, chacune étant la marque de son institution, s’agitent dans la foule. Toutes revendiquent le respect du droit au logement tel que le stipule la loi de Mobilisation pour le Logement et de Lutte contre l'Exclusion (dite loi MOLLE). Son article 73 indique que : "toute personne sans abri [...] a accès [...] à un dispositif d'hébergement d'urgence" "et [peut] y demeurer, dès lors qu'elle le souhaite, jusqu'à ce qu'une orientation lui soit proposée".

Or, le manque de places dans les structures d’hébergement d’urgence est évident à Lyon.
Et les travailleurs sociaux ne sont pas satisfaits des mesures prises par le préfet à l’égalité des chances, en charge du dossier. Comme l'ouverture d'un nouveau centre à Monplaisir, qui a permis l'accueil de soixante personnes supplémentaires mais qui fermera à la fin de l’hiver. Ou son engagement, en décembre dernier, à payer des nuits d'hôtels à toutes les personnes sans logis.

Mais il y avait encore 72 personnes qui n’avaient pas trouvé de solutions d’hébergement lundi dernier malgré leur appel au 115. “C’est pour cela que nous demandons l’ouverture de deux centres d’hébergement d’une capacité de cent places, explique Maud Bigot du Samu Social. Il faut aussi davantage de coordination entre les associations et les services de l’Etat pour faire sortir les personnes des foyers vers du logement social”.

Fluidité du système d’hébergement d’urgence et renforcement des structures d’accueil, tel est le mot d’ordre de ces travailleurs sociaux. "Positionner une famille dans un foyer, aujourd'hui à Lyon, c'est en mettre une autre dehors, dans la rue. Qui sommes-nous pour choisir du destin d'humains ?", s’interroge un travailleur au micro. Dans la foule, des personnes qui se disent là "en temps que citoyens" scandent, aux côtés de quelques SDF : "Avoir un toit, c'est un droit". Bruno, SDF depuis 3 ans, déclare : "Je suis là aujourd'hui pour que toutes les personnes sans abri, surtout les familles avec des enfants, puissent trouver un toit pour être au chaud".

"Le mépris de la préfecture"

Aux côtés des travailleurs sociaux, des associations (Les Enfants de Don Quichotte, l’Alpil et la Fondation Abbé-Pierre) et des syndicats (CGT, CFDT, FSU, Unsa et Solidaires) sont engagés depuis plus d’un an sur le respect de la loi sur le droit au logement. Une délégation les représentant a été reçu à la préfecture. Une vingtaine de minutes. “Le préfet à l’égalité des chances Francis Vuibert en charge du dossier n’a pas souhaité nous recevoir, raconte Steve Hervé, professionnel de l’hébergement. On a transmis nos revendications à son directeur de cabinet mais qui n’est pas décisionnaire. C’est du mépris”.

Désormais ces travailleurs sociaux demandent à être reçu par le secrétaire d’Etat au logement, Benoist Apparu, “garant de l’application de la loi sur l’ensemble du territoire”. En attendant, ils promettent d’accompagner les SDF à “faire valoir leurs droits devant les tribunaux”. Le Conseil Lyonnais pour le Respect des Droits (CLRD) ainsi que les syndicats devraient se charger de rédiger ces recours.

Les SDF et leurs amis devant la préfecture du Rhône

Écrit par Gérald Bouchon POUR LYON PREMIERE INFO

Les professionnels de l'urgence sociale étaient en grève ce jeudi: 150 d'entre eux ont manifesté à Lyon, pour protester contre le manque de places d'hébergement d'urgence, qui les oblige à laisser des SDF à la rue, contrairement aux exigences de la loi Dalo.

Cette première journée de grève, unique en France, pourrait être suivie d'autres mouvements si...

les revendications ne sont pas entendues. Les professionnels de l'urgence sociale à lyon vont prendre contact avec des confrères dans d'autres villes pour lancer un mouvement national.

Environ 150 personnes ont manifesté jeudi devant la préfecture du Rhône, sous la neige, drapés dans des couvertures de survie.

Parmi eux, des salariés de plusieurs lieux d'accueil d'urgence et du 115, des personnes sans domiciles fixes et de simples citoyens, signataires d'une pétition lancée en décembre pour réclamer l'ouverture de deux nouveaux centres d'hébergement d'urgence dans le Rhône.

Cette pétition a recueilli plus de 3.500 signatures. Les professionnels de l'urgence sociale veulent pouvoir assurer la continuité de l'hébergement, c'est à dire garder dans les centres d'urgence les personnes qui le souhaitent jusqu'à ce qu'on puisse leur proposer autre chose, comme l'exige la loi DALO. "Actuellement nous les renvoyons à la rue, par manque de place, ce qui les oblige à se battre chaque jour à nouveau pour obtenir une place"ont déploré les manifestants.

Les grévistes, soutenus par plusieurs syndicats et les Enfants de Don Quichotte, ont dénoncé un manque cruel de places cet hiver, et le recours à des nuits d'hôtel, "réponse à court terme et très coûteuses". Selon eux, 30 à 120 personnes composent le 115 chaque nuit sans obtenir de solution.

05.01.2010

Suite de la pétition "Pour un réel engagement en faveur des personnes SDF"

Vous avez signé au mois de novembre, comme près de 3500 personnes, la pétition intitulée "Pour un réel engagement en faveur des personnes SDF"  (http://reelengagementsdf.free.fr) initiée par des professionnels de l'urgence sociale de l'agglomération lyonnaise.

Depuis, rien n'a changé!

- Aucune réponse satisfaisante après l'envoi de cette pétition aux autorités!

- Aucune réponse satisfaisante après une réunion avec le Préfet!

C'est pourquoi nous lançons un mouvement de mobilisation inédit qui donnera lieu à une grève le 21/01/2010 avec une manifestation devant la préfecture.

Nous comptons sur le plus grand nombre et vous donnerons des précisions ultérieurement sur l'heure et le lieu du rassemblement.

Vous trouverez  plus d'informations en ouvrant la pièce jointe qui est le compte rendu de ce qui s'est passé depuis l'envoi de la pétition.

Nous vous souhaitons une excellente année 2010 et vous remercions pour votre implication.

Le réseau des professionnels engagés auprès de personnes SDF.

lettre signataires.doc lettre signataires.doc

14:01 Publié dans Action | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sdf, sans abri, sans domicile fixe, travailleurs sociaux | | |  Facebook

09.07.2009

CHRS EN DANGER. Des travailleurs sociaux se mettent à nu

Aujourd'hui, l'État annonce des baisses des budgets de fonctionnement des Centres d'Hébergement et de Réinsertion Sociale (C.H.R.S.). Ces décisions sont lourdes de conséquences pour des structures ...

Des travailleurs sociaux se mettent à nu, en vidéo

http://www.youtube.com/watch?v=cjhHX1Xp_QE

12.06.2009

Maintenir la pression pour obtenir des résultats

Après le 29 janvier, le 19 mars, le 1er mai, 8 syndicats appellent à continuer la mobilisation

Grande manifestation nationale

"Maintenir la pression pour obtenir des résultats :

Le gouvernement doit mettre le social au centre de sa politique économique"

le Samedi 13 juin 2009

départ à 14h30 place de la Bourse (arrivée place Kléber)

cf. tract ci-joint.

09.05.2009

Maubeuge : Les salariés du social dans la rue, hier matin

Hier vers 10 heures, des travailleurs du social, regroupés en instersyndicale, sont descendus dans la rue pour dénoncer la modification par les syndicats employeurs de leur convention collective 66. Une hérésie selon eux

C'est en lisant à haute voix une lettre adressée à la députée de la 23e, Christine Marin, que le comité de lutte convention collective s'est mis en route des locaux de l'Institut de formation aux carrières éducatives et sociales, rue du Gazomètre à Maubeuge. À grands coups de slogans, ils ont sensibilisé le grand public au « recul sans précédent » que va subir leur profession. Un recul pour lequel la Sambre-Avesnois s'est déjà largement mobilisée. Et pour lequel le mouvement ne faiblit pas. La suppression de congés qui aboutirait à une augmentation de la durée du travail sans augmentation de salaires, la notation des agents, et la non-reprise de l'ancienneté sont au coeur des revendications. S'élevant contre un « secteur social au rabais », une délégation a pu s'entretenir avec la députée, à laquelle il était demandé d'interpeller sur le sujet Brice Hortefeux, le ministre du Travail. Documents en main, la députée a promis de les revoir... En attendant, fin juin, le collectif rencontre l'Union locale de Fourmies.

tW. pour LA VOIX DU NORD

08.03.2009

CC 66 : 4 organisations syndicales du secteur réaffirment leur mobilisation

Alors que les négociations sur la rénovation de la convention collective nationale du 15 mars 1966 (CCN 66) doivent finalement se limiter aux salaires et aux classifications, quatre fédérations syndicales du secteur social et médico-social ont lancé un appel, vendredi 6 mars, pour la défense et l'amélioration de la CC 66, l'augmentation des salaires et du pouvoir d'achat et, plus généralement, "la défense et le développement du secteur social et médico-social".

La CFE-CGC, la CFTC, la CGT action sociale (UFAS-CGT) et la fédération nationale action sociale FO (FNAS-FO) ont ainsi réaffirmé leur détermination à s'opposer aux tentatives des employeurs de "démanteler les garanties collectives" et autres avantages négociés dont bénéficient les salariés couverts par la convention (congés annuels supplémentaires, primes...), et à renouveler, le 19 mars prochain, la "mobilisation historique", pour le secteur, du 29 janvier dernier.

Participation-record aux manifestations et fermetures d'établissements et services avaient alors témoigné de la "colère" de nombre de salariés de la branche, après la publication, début décembre par les trois organisations d'employeurs (Fegapei, Snasea et SOP), d'un projet de rénovation de la CC 66 jugé "inacceptable et régressif", et qui a finalement été retiré.
"Il signifiait clairement la fin de la convention collective", a en effet assuré Pascal Corbex, de la FNAS-FO, au cours d'une conférence de presse, en rappelant que ce texte répondait au souci des travailleurs sociaux, dans les années 60, d'améliorer la formation et la qualification professionnelle dans le secteur social et médico-social.

Et alors que ce dernier a connu "un élargissement considérable" de son champ d'action depuis 30 ans, selon Jean-François Marsac, de l'UFAS-CGT, le projet des employeurs de la branche allait dans le sens des diverses attaques qui visent actuellement le secteur, frappé par des baisses de financements, un manque de reconnaissance de la spécificité du travail effectué, une dégradation des conditions de travail des personnels, des rémunérations à la traîne..., autant d'éléments qui font craindre "une baisse de la qualité du service rendu aux usagers".

Dans ce contexte, "le texte des employeurs a été le meilleur tract de mobilisation", a ironisé, vendredi 6 mars, Serge Lavagna, pour la CFE-CGC, en se félicitant que la réaction des salariés ait fait reculer les employeurs. "Mais ils continuent de communiquer dans ce sens", s'est cependant inquiété Pascal Corbex, qui y voit le risque de voir resurgir les intentions patronales au détour d'une séance de négociations.

D'où l'appel à ne pas lâcher du lest avant les prochains rendez-vous paritaires, a conclu en substance Jean-Marie Faure, de la CFTC.

Sources : ASH

07:19 Publié dans Communiqué | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : travailleurs sociaux, travail social, cc 66 | | |  Facebook

25.02.2009

Cahors. Menacés, les centres d'accueil haussent le ton

Des travailleurs sociaux ont manifesté contre la diminution des moyens contre l'exclusion.

De Toulouse, du Gers, de Montauban, quelque 200 travailleurs sociaux sont venus hier à Cahors soutenir deux associations lotoises de lutte contre l'exclusion. Fin janvier, la DDASS du Lot a signifié une baisse de budget de 20 % des moyens attribués par l'État à l'Accueil hébergement insertion sociale (AHIS) et au Comité d'études et d'information pour l'insertion sociale (CEIIS), respectivement basés à Cahors et à Cajarc. En pleine crise sociale et dans un contexte de flambée du chômage « le quart des effectifs sur les deux structures seraient à termes menacés », précise Isabelle Rautureau, chef de service de l'association cadurcienne.

L'accueil de jour et de nuit pour les sans domicile fixe, les soins spécialisés pour toxicomanes et la veille sociale, également assurés par ces associations, seraient de fait menacés. « S'ils n'étaient pas là, je ne sais pas ce qu'on deviendrait », rappelle Thierry Pregorier, frappé par la spirale infernale de l'exclusion. Outre un logement pour une durée de six mois renouvelables, il dispose d'un suivi, chaque semaine, auprès d'une assistante sociale et d'une éducatrice.

Philippe Javerliat, délégué du personnel de l'AHIS, dénonce « une logique comptable qui ne prendrait pas en compte les spécificités du travail dans les zones rurales ».

Les zones rurales les plus touchées

Au niveau de la Région, les subventions ne baisseraient que de 2,5 %. Les zones urbaines, dont le prix moyen à la place serait moindre en raison du nombre important de bénéficiaires, seraient privilégiées. Une logique contestée par Bruno Garcia, délégué régional de la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (FNARS) venu soutenir les Lotois : « Soit on met juste les exclus sous un toit, à l'abri du regard du public et ça ne coûte pas cher. Soit on fait un véritable travail de réinsertion avec un accompagnement social complet par des professionnels ».

Hier soir, la directrice adjointe de la DDASS du Lot a rappelé la priorité de l'État d'investir dans le logement à long terme plutôt que dans l'hébergement d'urgence. « Nous souhaitons continuer de travailler avec les associations pour les aider à rationaliser leur travail », a-t-elle ajouté, tout en rappelant que « rien n'avait été décidé pour l'instant ». Un point sur lequel s'accordent les travailleurs sociaux de la région, qui sont toujours dans l'attente.

Source la dépeche

19.02.2009

Strasbourg : environ un millier de travailleurs sociaux manifestent pour leur convention collective

Ils étaient près d'un millier de travailleurs du secteur sanitaire et social, de stagiaires et d'étudiants a manifester hier après-midi à Strasbourg pour le maintien de la convention collective du 15 mars 1966 régissant leur profession.
A l'appel du collectif départemental, ils ont défilé de la place Kléber à la place de la Bourse.

06:38 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : travailleurs sociaux, travail social, cnt | | |  Facebook

18.02.2009

Marseille : Le ras-le-bol des travailleurs sociaux

Saints-Anges. Les éducateurs de la maison d’enfants sont en grève depuis hier matin. Ils défendent leurs conditions de travail et la qualité de prise en charge des jeunes.

Hier matin, l’agitation et le désordre se sont mêlés au bourdonnement des pots d’échappement de l’avenue de Mazargues, devant les portes de la Maison pour enfants à caractère social (Mecs) des Saints-Anges dans le 8e arrondissement de Marseille, où une trentaine d’éducateurs se sont mobilisés pour la reconnaissance de leur travail.
Soutenu par les syndicats CGT de l’Afae* et la CFTC, le collectif des éducateurs des Saints-Anges restera mobilisé à 90% de grévistes « tant que la direction refuse de les recevoir », apprend-t-on auprès de Virginie Cassignol, déléguée CGT.
La Mecs des Saints-Anges, qui accueille des enfants et adolescents de 2 à 21 ans placés par le juge pour enfants, est restée dans la confusion, en l’absence « d’un service minimum assuré auprès des enfants ».
« Nous pensons que les changements d’horaires imposés par la direction remettent en cause une réelle qualité de prise en charge des jeunes et ne permettent plus l’équilibre entre notre vie professionnelle et familiale », exhorte Toni Gumondo, éducateur, qui veut dénoncer des « amplitudes horaires illégales » et « la difficulté rencontrée pour encadrer seul 10 enfants, qui ont des problèmes sociaux et familiaux ».
Face à la volonté d’imposer aux salariés de travailler « deux week-ends et mercredis sur trois », les travailleurs sociaux condamnent, entre autres, l’attaque frontale de l’employeur contre la convention collective du travail social et médico-social. Et c’est sans compter le travail du dimanche « assuré par du personnel non qualifié », selon une déléguée CFTC ou pire encore, par « les jeunes majeurs qui sont placés dans l’établissement pour assurer le travail des nuits » ou « les ados, recrutés pour la surveillance des plus petits ».
« Nous revendiquons la reconnaissance de notre travail et de nos diplômes », soutient Virginie Cassignol consciente que « des enfants en souffrance ne peuvent être encadrés par n’importe qui ». « Nous défendons également une mission de service public », continuent les délégués, qui voient dans la refonte des horaires du personnel des Saints-Anges une dérive vers « la marchandisation des enfants ».

La direction, qui gère les fonds publics octroyés à la maison pour enfants, établissement loi de 1901, « se comporte comme une entreprise privée et perd l’essence même du travail social », accusent encore les grévistes, déterminés à reconduire le mouvement aujourd’hui, en attendant « de vraies négociations pour le changement » auprès d’une direction**, qui refuse pour l’instant toute discussion.

EMMANUELLE BARRET - LA MARSEILLAISE

*Afae : Association française des administrateurs de l’éducation nationale.
** La direction contactée par nos soins n’a pas souhaité s’exprimer sur le conflit.

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02.01.2009

Travailleurs et travailleuses du social : Ni esclavagistes ! Ni flics !

Notre rôle à nous travailleurs sociaux, est de donner à tous des opportunités sans discrimination. Aujourd’hui, nous faisons le constat que notre rôle est en danger.

LIRE LE COMMUNIQUE DU CNT

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01.12.2008

LE CODELICO 67 S'INTÉRESSE AUX ATTENTES DES TRAVAILLEURS SOCIAUX DU BAS-RHIN

Vos attentes nous intéressent…

Afin de mieux cerner les besoins collectifs des travailleurs sociaux du Bas-Rhin, merci d’accorder quelques minutes pour répondre à notre questionnaire

Il a pour objectif majeur de relever vos attentes en matière de journées d’information (quelques unes sont déjà programmées : le Revenu de Solidarité Active (RSA), les personnes vulnérables majeures)

D’autre part, il permet de faire le point sur les visites de structures que nous organisons et sur nos différents recueils de données (l’Annuaire des services et des travailleurs sociaux du 67, le Guide précarité, le Répertoire des Aides Financières Facultatives, etc.

Merci d’avance pour le temps accordé à cette enquête. La collecte des réponses consolidera vos propositions et affinera notre programme d’actions 2009

Cordialement

L’équipe du Codélic

http://codelico3.67.free.fr/sondage2/sond2_inser1.htm

Date limite : lundi 15 décembre 2008

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30.10.2008

Les travailleurs sociaux manquent de reconnaissance

"Les travailleurs sociaux sont-ils usés ?" Oui et non, en tout cas ils souffrent d'un manque de reconnaissance professionnelle, alors que les conditions d'exercice du travail social sont de plus en difficiles, constatent cinq chercheurs dans une étude publiée dans la Lettre de l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale (ONPES).
Menée pendant un an sur cinq terrains différents (un service municipal de la petite enfance, deux territoires d'action sociale de conseils généraux, un centre d'accueil de jour et une structure spécialisée dans la supervision des pratiques en travail social), leur enquête débouche en effet "sur une critique des modalités institutionnelles et gestionnaires actuelles qui visent à mesurer individuellement les compétences professionnelles sans les rapporter aux nombreuses tensions caractéristiques de l'exercice contemporain du travail social".
Car "ces nouveaux modes de gouvernance s'interdisent de reconnaître les efforts particuliers déployés par les intervenants pour continuer, malgré tout, à 'bien faire leur travail'", poursuivent-ils dans la publication de l'ONPES, disponible en ligne (Lettre n°6, octobre 2008).
L'usure professionnelle a d'abord été associée aux "phénomènes d'épuisement liés à la prise en charge répétée d'usagers réputés difficiles, voire 'inguérissables'", qui conduisent au fameux burn out, qui touche aussi d'autres catégories de professionnels. Mais limité à l'individu, ce syndrome est impuissant à refléter les "vives inquiétudes consignées dans tous les secteurs et à tous les niveaux de l'intervention sociale", estiment les auteurs de l'étude, qui font état d'un malaise généralisé des travailleurs sociaux face aux bouleversements subis par leur métier en deux décennies : vulnérabilité accrue des usagers, multiplication des dispositifs et des procédures parfois sans "mode d'emploi", décentralisation, renforcement de la logique de gestion en même temps que des droits des usagers, etc.
"Confrontés à des cadres multiples et contradictoires", ils doivent composer avec de nouveaux référents, jusqu'à ne plus pouvoir s'appuyer parfois "sur leurs qualifications initiales et leurs compétences habituellement reconnues". Ils ont alors le sentiment d'avoir perdu le sens du métier, "le ressentiment s'installe".
Découragés par le manque de soutien et de reconnaissance de leur hiérarchie, alors qu'ils font preuve d'inventivité pour "combler le décalage entre le travail prescrit et le travail réel", les travailleurs sociaux expriment une demande de plus en plus pressante de mutualisation et d'analyse partagée des pratiques, soulignent encore les enquêteurs, qui y voient le signe d'une "reconfiguration" de leur autonomie traditionnelle, face à la standardisation des tâches et à un risque d'isolement.

Pour mémoire, un article a été consacré à cette enquête, qui venait d'être remise à l'ONPES, dans le n° 2562 des ASH, daté du 13 juin 2008.

SOURCE ASH

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28.09.2008

MOUVEMENT POUR UNE PAROLE POLITIQUE DES PROFESSIONNELS DU CHAMP SOCIAL

MOUVEMENT POUR UNE PAROLE POLITIQUE DES PROFESSIONNELS DU CHAMP SOCIAL
Bourse du Travail de Paris, 4-5 octobre 2008

par François CHOBEAUX

En juillet dernier nous diffusions un texte d’appel intitulé « L’action sociale anesthésiée ? Reprenons collectivement l’initiative ».

Des personnes, des collectifs locaux, des associations nationales, des syndicats aussi, ont rapidement manifesté leur intérêt pour cette démarche et leur intention de participer à la rencontre que nous proposions.

Il est temps maintenant de préciser et de mettre en place ce rassemblement à la Bourse du travail.

Qui sommes-nous ?

Des professionnels du travail social, des responsables d’associations de professionnels et de mouvements d’éducation populaire, des hauts fonctionnaires, des formateurs, des chercheurs, déjà investis pour la plupart, entre 2002 et 2005, dans l’action collective : « 7-8-9. Vers les états généraux du social ».

Ensemble, nous sommes porteurs d’une volonté d’expression et de participation élargie de tous les professionnels du champ social, d’un secteur à l’autre. Déjà les trois structures signataires de l’appel de juillet : le MIHL (Mouvement interprofessionnel pour un humanisme laïc), la CPO (Conférence permanente des organisations professionnelles du social) et 7-8-9 Radio sociale oeuvrent dans ce sens. Vu la régression sociale que nous connaissons et l’asphyxie de bon nombre d’organisations isolées ou trop locales, il faut maintenant aller plus loin et amplifier le mouvement, sans corporatisme et en luttant contre notre propre dispersion.

Quel projet global proposons-nous ?

Quand nous disons « Mouvement pour une parole politique des professionnels » nous avons en réalité une double idée. C’est, d’une part, la volonté d’aider à ce qu’une parole, une pensée, une intelligence collective des professionnels du social trouve rapidement les conditions de son émergence, de sa structuration et de sa reconnaissance. Ceci, et c’est notre seconde idée, parce que nous pensons qu’il est indispensable que « le social » ne soit pas laissé aux seuls entrepreneurs administratifs ou moraux, aux seuls gestionnaires publics ou privés, à des décisions politiques conjoncturelles sans projet global ou à différentes stratégies de colmatage de l’« insécurité sociale ». Entre les décideurs et les usagers, et aux côtés des opérateurs associatifs, les professionnels ont toute légitimité à intervenir sur la conception des politiques sociales et sur les conditions de leur mise en oeuvre, au service des usagers.

Faire converger nos mobilisations

Nous réunir pour résister devient aujourd’hui une nécessité.

Pour l’heure, notre proposition est encore limitée mais elle est ambitieuse à terme. Rien n’est fixé à l’avance, tout est à construire ensemble. C’est pourquoi ce week-end d’octobre prochain a deux finalités : faire se rencontrer les professionnels du champ social pour partager les analyses et les actions en cours, mais aussi déterminer ensemble notre mode d’action collective à partir d’octobre 2008.

Encore une précision : nous souhaitons évidemment que cet avenir commun prenne en compte les acquis des mobilisations les plus récentes, professionnelles et militantes, et qu’il prenne également en compte l’existence des groupements pérennes et légitimes que sont les associations de professionnels, les mouvements professionnels militants et les syndicats. Nous ne sommes pas seuls. L’histoire s’écrit avec tous les « résistants ».

Une organisation pour la rencontre

Un lieu est mis à notre disposition :

la Bourse du Travail de Paris, (Salle Eugène Hénaff)
29, bd du Temple, 3ème arrondissement (Métro République).

Nous y préparons quatre séquences de travail :

- Samedi 4 octobre, accueil à partir de 9 h 30.
- de 10h à 12h30 : des échanges pour mettre à jour un « état des lieux » prenant en compte l’actualité et les travaux passés des états généraux du social et d’autres mobilisations...
- de 14h à 17h30 : des ateliers pour confronter les interrogations : Les professionnels ont-ils une expérience du social à opposer et à qui ? Quels liens entretenir avec le Politique, sous ses différentes formes ? Dans quels cas peut-on, doit-on, transgresser en tant que professionnel ? Quels liens entretenir avec les employeurs/opérateurs ? Quels liens entretenir avec les usagers ? Des mobilisations pérennes de professionnels sont-elles souhaitables et possibles ? À quelles conditions, avec quels leviers ? etc. Ces entrées sont des projets, des possibilités, qui pourront être modifiées en prenant en compte les avis et les suggestions qui nous seront adressés.

- Dimanche 5 octobre, de 9h30 à 12h30 : nous pensons demander à un intervenant périphérique au champ social de nous aider de son point de vue sur les grands changements en cours qui nous concernent tous : poids de l’économique, mise en oeuvre de la LOLF, de la RGPP, intégration du médico-social dans les ARS, effets emploi du RSA, mise en place du fichier Edwige, avenir de la qualité professionnelle et des professions...
- de 14h à 16h : nos projets d’organisation et d’action.

Notre engagement pour ces rencontres :

Nous assumons l’invitation et ses charges : l’organisation des échanges, les retransmissions, l’animation des séances et la mémoire des travaux (notamment au travers d’un nouveau site Internet).

Mais nous rappelons que nous ne prenons aucun engagement en ce qui concerne l’hébergement et la restauration.

Nous ferons probablement mais ultérieurement une ou des propositions pour la soirée du samedi en profitant de l’actualité culturelle et sociale à Paris (voir déjà une proposition de Théatre Forum à Montreuil par la Compagnie NAJE : www.naje.asso.fr ; fabienne.brugel@orange.fr).

Pour la CPO : François Chobeaux. www.cemea.asso.fr ;
Pour le MIHL : Joël Dutertre. joel.dutertre@free.fr ;
Pour 7-8-9 Radio sociale : Martine Pottier. www.789radiosociale.org.

Merci de nous confirmer votre présence avant le 29 septembre, en précisant vos éventuelles propositions (suggestions d’ateliers, textes ou mieux posters), vos désirs autres que matériels à la nouvelle adresse suivante : mp4champsocial@gmail.com.

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19.07.2008

Lille : Alain Régnier, préfet, en visite au nouveau centre d'hébergement de stabilisation

• avant que vous ne lisiez cet article, nous vous rappelons que la situation à Lille ressemble à celle de Strasbourg. Il manque toujours 400 places environ.
Derrière le PARSA, les lois SRU, DALO et maintenant le PALO qu'on nous présente toujours sous leur "meilleur" jour se cache la casse sociale : sans-abri, chômeurs, RMIstes sont devenus coupables, les travailleurs sociaux sont des empêcheurs de tourner en rond que l'on doit museler et qui comme nous subissent le mépris. Ce ronronnement de satisfaction ne doit pas nous faire oublier que la loi SRU vient d'être vidée de sa substance, le Livret A ne pourra plus financer le logement social, la loi DALO est innapplicable, le PARSA a provoqué énormément de dysfonctionnements...
Le plan grand froid protège sur un temps très court les gens des intempéries, tous, malgré ces lois sont remis à la rue !
L'été est bien plus meurtrier, la canicule est bien plus dangereuse pour ceux qui sont abandonnés dans nos rues; nous manquons d'accueils de jour, de travailleurs sociaux, de maraudes...
La volonté politique n'est toujours pas là.
Pourquoi expulser les squats ? Pourquoi faciliter les expulsions locatives ? Pourquoi ne pas geler des démolitions d'immeubles ? Pourquoi ne pas saisir 20 % des logements vacants ? Pourquoi ne pas proposer aux personnes placées en "urgence" l'hiver si ils souhaitent rester dans ces lieux en y mettant les moyens nécessaires (un pot qui travaille l'a suggéré) et pourquoi criminaliser les militants ?, ... Et ce ne sont pas les spots de pub du gouvernement qui nous ferons changer d'avis.•

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L'ABEJ a ouvert en mars un centre d'hébergement de stabilisation rue des Postes. Alain Régnier, préfet, délégué général pour la coordination de l'hébergement et de l'accès au logement des personnes sans abri ou mal logées, s'y est rendu hier pour prendre le pouls de cette nouvelle structure d'accueil des sans domicile fixe.

Il n'en est pas à sa première visite. « C'est la dixième depuis début avril, avance Alain Régnier. J'en fais en moyenne une par semaine. C'est le meilleur moyen de voir ce qui va et ce qui ne va pas. » Hier, il s'est rendu au 217, rue des Postes.

C'est là que l'ABEJ (Association baptiste pour l'entraide et la jeunesse) a ouvert en mars un centre d'hébergement de stabilisation pour personnes seules. Cinquante chambres, dont quinze attribuées aux 18-25 ans, toutes occupées depuis l'ouverture, par douze femmes et trente-huit hommes. « On connaît la plupart de ces personnes, explique le directeur du centre, Patrick Le Stunff. Elles étaient déjà au centre d'hébergement hivernal avec nous. » Sauf que là, les règles ne sont pas les mêmes. Elles sont plus souples. « On leur permet d'amener de l'alcool dans leur chambre. Ça ne fait pas de vague, affirme Patrick Pailleux, directeur général de l'ABEJ. Ça leur permet de ne pas culpabiliser et de s'ouvrir plus facilement, d'exprimer leur mal-être. » Et les résultats sont probants. Certains ont d'eux-mêmes revu à la baisse leur consommation.

Patrick Le Stunff ne cache tout de même pas devant Alain Régnier « la difficulté d'accueillir un public très hétéroclite. Des jeunes, des personnes âgées, qui ont besoin de plus de calme. La cohabitation n'est pas toujours simple. Et puis, beaucoup sont en grande souffrance psychologique, et le travailleur social se retrouve à gérer un public pour lequel il n'est pas formé». Faut-il créer des établissements spécialisés, adaptés à chaque problématique, à chaque public ? Le préfet s'interroge et avoue pour l'instant ne pas avoir de « solution miracle ».

Un hébergement durable
Une chose est certaine, Alain Régnier entend « en finir avec les plans hivernaux. Transformer les places d'hébergement d'urgence en places de stabilisation, en hébergement durable ». Un tremplin essentiel vers l'autonomie, un sas entre la rue et le logement « normal ». Surtout, son souhait le plus cher est l'amélioration de la qualité de l'hébergement « pour le respect de la dignité de chacun ».

Vaste programme. Mais le préfet est déterminé. « Si je suis là, c'est que ça me passionne. » Et il entend prendre les choses en main. D'ici à la fin de l'année, il compte faire le bilan avec bon nombre de structures qu'il aura visitées pour connaître l'état d'avancement de la situation dans chacune d'elles. Voir ce qui a marché, ce qui a échoué et pourquoi.

Dernier aspect enfin, plus difficile à mettre en oeuvre : le suivi du parcours des personnes accueillies dans les différents centres. • HEDWIGE HORNOY pour LA VOIX DU NORD

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L’ action sociale anesthésiée ? Reprenons collectivement l’initiative

Université de rentrée les 4 et 5 octobre à Paris

Vendredi 18 juillet 2008, par fred // Alterministère du développement social

L’action sociale anesthésiée ?

Reprenons collectivement l’initiative

Source de l’article : Psychasoc

Qui sommes-nous ?

Nous sommes tous actifs dans les métiers de l’action sociale, au sens large.

Salariés sur fonds publics et exigeant légitimement d’en vivre décemment, nous n’avons pas choisi cette voie pour faire du « business », mais par souci d’humanité et de justice.

Beaucoup d’entre nous sont quotidiennement au contact direct des gens qui souffrent et qui ont des besoins ou des demandes spécifiques. Chaque jour, ils posent des actes professionnels. Ce ne sont pas des métiers d’ « exécution », mais d’initiative et de responsabilité.

Aujourd’hui, cinq ans après les états généraux de 2004, où en sommes-nous ?

De manière générale, la situation des classes exclues, pauvres ou marginalisées, de même que celle des jeunes s’aggrave.

Les salaires stagnent par rapport aux revenus du capital.

Alors le social trinque et il trinquera demain plus encore. Pourtant protégé par la Constitution, il est devenu une variable d’ajustement. Alors que notre pays est riche ! C’est donc une affaire de choix politiques et tout spécialement de choix de politique sociale.

La relance par le haut prônée par l’actuel gouvernement est sans effet économique tangible. On assiste au contraire à un renforcement des inégalités et à un recul global des systèmes de redistribution et de partage de la richesse.

Voyons cela plus en détail.

- Les gouvernants ne se cachent même plus pour prétendre que les pauvres coutent trop cher et pour dénoncer les soi-disant fraudeurs. Ils ne se cachent pas non plus pour mépriser les travailleurs sociaux, du secteur public comme du secteur associatif. La privatisation des parcours vers l’emploi n’est pas loin. Elle est même déjà là !

- Les juges pour enfants, les psychiatres et autres spécialistes voient leurs pratiques professionnelles devenir des espaces d’« obtempérance ».

- La police s’est accaparée le dossier de la délinquance au détriment de la Justice. Les jeunes récidivistes sont désespérants pour la sécurité publique et l’éducatif est vilipendé pour ne pas être assez « performant ». Apparaissent des fichiers dangereux pour les libertés comme Edvige. La Justice contracte désormais avec Bouygues qui promet des résultats et accède ainsi au marché public des prisons.

- La Protection judiciaire de la jeunesse est renvoyée au pénal et la protection civile des enfants aux départements, plus soumise que jamais aux variations et aux limites des politiques locales, sans garanties pour les libertés publiques.

- Dans les établissements spécialisés du secteur médico-social, de plus en plus soumis à la frénésie gestionnaire (efficacité, efficience, qualité, évaluation, concentration, CPOM), les listes d’attente s’allongent et la solution du maintien voire du retour au domicile, par exemple dans le cadre des services à la personne, a les préférences de plus d’un décideur. Ainsi chacun isolé est en charge de sa difficulté.

- Certes, de nouveaux droits sont généreusement inventés, mais c’est souvent de l’ordre de la rhétorique plus que de l’effectivité immédiate, sauf à faire procès pour ceux qui en ont les moyens (droit au logement, droit à la scolarité pour les enfants handicapés).

- Manque évidemment une sérieuse et courageuse politique d’offres, de la petite enfance aux personnes âgées, sans oublier les jeunes. Nous n’avons plus ni politique de l’enfance ni politique de la jeunesse.

- L’offensive contre les services publics est engagée. Dans les territoires de la décentralisation, le développement social et les actions de solidarités sont affaire de programmes et les intervenants ne sont plus dès lors que « ressources humaines », entrainés par un régime général de mise en concurrence des opérateurs, de comparaison systématique des couts et des résultats, et de contrôle administratif, parfois externalisé (qualité, évaluation). Comme si le social était devenu un quasi-marché.

- La régionalisation du système de formation a accéléré son délitement et favorisé son adaptation aux besoins stratégiques du nouveau patronat social (public, associatif et lucratif), loin de ce que font nos voisins européens, souvent dans le cadre universitaire. Nous allons au contraire vers une sorte de privatisation à la française.

- Entièrement au service du développement économique, l’État est aux abonnés absents en matière sociale. Au lieu d’en être garant, il détricote les droits sociaux. Pas rentables, peu productifs, mal gérés. Bientôt la DGAS, qui assurait tant bien que mal, l’unité politique de l’action sociale et du travail social, sera rayée de la carte. Merci la LOLF, la RGPP, l’Agence régionale de santé…

- L’Éducation nationale est visée, mais résiste encore. Le retour aux fondamentaux s’accompagne d’un discours vichyssois contre les sciences de l’éducation et les IUFM, pendant que la réduction autoritaire des postes fait le reste. Des entreprises lucratives (ex : Acadomia ou Après la classe, …) en font un marché de services à la personne. Les familles paieront. Dans le même temps, d’autres politiques promeuvent le droit à la scolarisation pour tous les enfants handicapés, même une heure par jour ou deux jours par mois, dénigrant au passage le secteur associatif spécialisé. Comme si c’était aussi simple.

- Sur le front des sans-papiers, heureusement le Conseil supérieur du travail social a récemment réagi avec courage à une mise en œuvre de la politique migratoire de plus en plus attentatoire aux libertés (gestion pénalisante des familles, centres de rétention et autres pratiques). Mais n’oublions pas qu’il est présidé par la ministre !

Voilà pourquoi, il est temps de (re)prendre une fois encore la parole, tous ensemble, pour dire plus haut et plus fort : « ça suffit ».

Voilà aussi pourquoi, il importe de ne pas le faire tout seuls, mais avec tous ceux qui veulent préserver une certaine idée du social, y compris quand l’intendance ne veut pas suivre.

On pense évidemment aux cadres, aux fonctionnaires, aux administrateurs, aux bénévoles, aux élus, aux universitaires et chercheurs, et, bien évidemment, aux usagers. Certains nous ont déjà rejoints dans nos mobilisations.

Des mobilisations, il en existe beaucoup dans toute la France, mais plus souvent locales que nationales, et cette dispersion est sans doute ce qui fait notre commune faiblesse.

Voilà pourquoi, un collectif composé pour l’heure de trois organisations, dont l’une est déjà un groupement, à savoir : la CPO (conférence permanente des organisations professionnelles du social), le MILH (Mouvement Interdisciplinaire pour un Humanisme Laïc) et 789 radio sociale, vous propose, dans un premier temps, de rejoindre une université de rentrée, les 4 et 5 octobre 2008, à Paris.

Ce sera l’occasion de faire le point, de rapprocher les expériences, de confronter les analyses et surtout de décider des suites à donner.

Au plan pratique, pour des raisons faciles à comprendre, nous n’assurerons ni prise en charge ni logement ni restauration. À chacun de prendre ses responsabilités.

Nous retiendrons seulement un lieu permettant tout à la fois de travailler en petits et en grands groupes. Nous avons également imaginé une soirée plus conviviale, mais sans repas. Des précisions sur le lieu seront fournies début septembre.

Sans parler d’inscription, il serait néanmoins important de savoir quelles sont vos intentions.

Pour cela une seule adresse mail durant l’été : jacques1[at]cegetel.net

Merci à tous et à très bientôt.

Pour la CPO : François Chobeaux : www.cemea.asso.fr/spip.php?r…

Pour le MILH : Joël Dutertre : joel.dutertre[at]free.fr

Pour 789 radio sociale : Martine Pottier ; www.789radiosociale.org

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12.07.2008

Accalmie estivale sur le front des revendications des travailleurs sociaux

Après plusieurs mois d'une mobilisation marquée par diverses actions, grèves et manifestations, les assistants socio-éducatifs (ASE) de la Ville de Paris ont suspendu leur mouvement social, le lundi 7 juillet, après avoir obtenu de la municipalité des avancées, certes jugées "encore insuffisantes" au regard de leur plate-forme revendicative.
Le préavis de grève déposé par l'intersyndicale CGT, FO, UNSA pour le 7 juillet a donc été finalement levé et remplacé par une assemblée générale, au cours de laquelle ont été communiquées aux personnels les dernières propositions soumises à leurs représentants, le 3 juillet, par la direction de l'action sociale, de l'enfance et de la santé (DASES), la direction du centre d'action sociale de la Ville de Paris (CASVP) et la direction parisienne des ressources humaines.
Pour mémoire, le conflit porte sur la revalorisation du régime indemnitaire d'environ un millier de travailleurs sociaux, ASE et conseillers socio-éducatifs (cadres) confondus, soit environ 880 agents à la DASES, 200 au CASVP et quelque 45 autres à la direction de la famille et de la petite enfance (DFPE).
"Des efforts conséquents avaient déjà été réalisés lors de la dernière mandature, avec plusieurs plans de revalorisation des rémunérations des travailleurs sociaux, notamment en 2006 et 2007", a rappelé l'exécutif parisien, à l'occasion du Conseil de Paris du 7 juillet, en rendant hommage au "travail remarquable réalisé quotidiennement par les travailleurs sociaux au contact de la population la plus en difficulté".
"En gage de leur respect", les deux adjointes chargées respectivement des ressources humaines, Maïté Errecart, et de la solidarité, Olga Trostiansky, "ont obtenu une nouvelle augmentation des primes assorties de mesures statutaires", poursuit la municipalité, dans un communiqué daté du 9 juillet. "Ainsi, au terme de 2009, c'est en moyenne une revalorisation de 900 euros qu'auront perçu les travailleurs sociaux".
Un calcul relativisé par les syndicats, qui comptent bien reprendre contact avec la Ville dès la fin de la trêve estivale, le principe d'un rendez-vous au mois de septembre ayant été accepté par les parties.
Ces avancées restent en effet très en deçà des revendications des assistants et conseillers socio-éducatifs, qui réclamaient "un vrai point en plus, pour tout le monde", dans le coefficient (allant de 1 à 5) servant au calcul de leur indemnité forfaitaire représentative de sujétions spéciales et de travaux supplémentaires (IFRSTS), venue s'ajouter en 2002 à leur indemnité d'exercice des missions des préfectures (IEMP).
Actuellement à 2,57 en moyenne pour les ASE, il devait être porté à 2,77 fin 2008, après les revalorisations décidées sous la précédente mandature.
Or les dernières propositions de la Ville prévoient des majorations progressives, différenciées pour la DASES et le CASVP, et qui vont jusqu'à un coefficient de 3,5 en 2009 pour les ASE, 4 pour les ASE principaux (ASEP) et 4,5 pour les CSP (inchangé), a résumé au site des ASH Corinne Compère pour la CGT. (source ash http://www.ash.tm.fr/front/infos.php?id=16570)

02.07.2008

Pénurie de stages pour les étudiants de l'IRTS Poitiers

Les étudiants prolongent leur occupation de l’IRTS. Une délégation doit être reçue cet après-midi à 14 h 15 par un représentant de la préfecture et de la DRASS. Un cortège partira en même temps de l’IRTS.

Les étudiants de l'IRTS de Poitiers sont mobilisés depuis quatre mois. Leur formation en alternance est remise en cause par la gratification de leur stage que certaines structures d'accueil ne peuvent honorer.
 
Pour la rentrée prochaine, 50 % des étudiants des filières ASS, ES et EJE (*) de l'Institut régional du travail social de Poitiers n'ont toujours pas de stage. « Pour les futurs 3e année ES, il en manque même 70 % », souligne Anne-Sophie Souchaud, étudiante ES et très impliquée dans le mouvement.
Ces manques sont la conséquence directe de la circulaire du 28 février dernier. Cette dernière a rendu obligatoire la gratification des stages de plus de trois mois en structures privées, pour les formations universitaires de niveau 3. 398,13 € mensuels qui devaient ravir les étudiants. Mais pour les étudiants en travail social, la joie fut de courte durée. Le secteur du travail social ne produit pas d'argent et aucune enveloppe budgétaire n'a été anticipée. C'est dans cette brèche que se nichent toutes les inquiétudes de l'IRTS et de ses étudiants.
 
Des enjeux politiques
« Les structures n'apprécient pas de se retrouver devant le fait accompli. Et si elles sont dans l'obligation de répondre à la loi, rien ne les oblige par contre à prendre des stagiaires », précise Virginie Gresser, directrice générale adjointe de l'IRTS de Poitiers. Si le conflit est avant tout économique (lire ci-dessous), d'autres points de la circulaire participent à la complexité du dossier. Les étudiants en cours d'emploi ou qui perçoivent des Assedic ne sont pas soumis à la gratification. La crainte est notamment affichée de voir des structures choisir ces stagiaires au détriment des autres étudiants.
La direction, comme les étudiants, regrette que les négociations soient si difficiles. « L'État nous renvoie aux interlocuteurs locaux qui, eux, en ont marre d'être sollicités pour des financements supplémentaires. Et puis, il y a des enjeux politiques. Le renouvellement des mandats et des équipes ne jouent pas en notre faveur », note Virginie Gresser. Cette dernière reste malgré tout confiante et assure que la situation devrait se débloquer à la dernière minute. « S'il manque 10 stages, on y arrivera ; s'il y manque 50, ce sera alors un problème plus large et national. » Une solution qui ne ravit pas les étudiant qui craignent que l'urgence de la situation fasse couler toutes leurs revendications et accentuent les discriminations qu'ils dénoncent depuis quatre mois. « Combien de personnes ont affaire à un travailleur social dans leur vie ? Beaucoup, pourtant, tout le monde reste indifférent. Notre combat, c'est aussi la défense des usagers », lance Anne-Sophie.

(*)AS : Assistants de service social ; ES : éducateurs spécialisés ; EJE : éducateurs de jeunes enfants.

Elodie MORISSET pour lanouvellerepublique.fr

29.06.2008

Secteur sanitaire et social: 14% des salariés en retraite dans les dix ans

PARIS (AFP) - Près de 14% des salariés du secteur sanitaire et social privé non lucratif ont plus de 55 ans, contre 10,7% en moyenne nationale, selon une enquête de la branche professionnelle rendue publique vendredi.

C'est un bon point pour l'activité des seniors. Mais ce taux élevé risque de poser des problèmes à l'avenir car les besoins en emplois nouveaux seront importants en raison du vieillissement de la population et ces métiers n'attirent pas assez les jeunes.

Réunis à Paris, les représentants de la branche regroupant éducateurs spécialisés, aides-soignants, infirmiers, agents de services logistiques, se sont inquiétés des difficultés de recrutement, mais aussi de l'adaptation nécessaire à de nouveaux métiers, comme l'accueil des handicapés âgés ou l'insertion professionnelle des exclus ou handicapés.

"Le gouvernement annonce 50.000 places supplémentaires pour l'accueil des personnes handicapées, mais ce n'est pas le secteur marchand qui va se précipiter", a déclaré Henri Grechez (Fegapei/handicap), qui a souligné la nécessité de rendre les métiers plus attractifs et de développer la formation.

L'enquête, réalisée pour la première fois pour 2007 par l'Observatoire de la branche, montre que le taux des seniors est particulièrement élevé dans le secteur avec près de 14% des salariés âgés de 55 ans et plus, qui partiront à la retraite dans les dix ans à venir.

Les seniors sont nombreux surtout dans les établissements pour personnes handicapées (15%), dans les établissements sanitaires et de la protection de l'enfance (14%).

La situation varie selon les régions, le taux de seniors étant plus élevé dans le Sud (jusqu'à 16%).

Selon l'enquête, deux établissements sur cinq estiment avoir de "sérieuses difficultés de recrutement", les plus touchés étant les établissements de grande taille. Les difficultés sont plus fortes en Ile-de-France et en région PACA notamment.

Les 700.000 salariés de la branche sont très majoritairement féminins (74%) et en CDI (contrat à durée indéterminé), selon l'enquête. Le temps partiel concerne un peu plus d'un CDI sur quatre (contre un sur trois en 2000) et les contrats aidés sont en recul.
LIBERATION

28.06.2008

Des rencontres autour de l'engagement en travail social

Le collectif inter-écoles de travailleurs sociaux en formation d'Ile-de-France "Nous restons vigilants" (NRV), issu des collectifs anti-délation constitués contre le projet de loi de prévention de la déliquance, organise, samedi 28 et dimanche 29 juin à Arcueil, une rencontre sur le thème "Travail social et engagement".
Réunis "autour d'un désir commun de réflexion sur nos pratiques, et d'un sentiment commun d'inquiétude", dans le contexte social et politique actuel, les membres du collectif ont déjà organisé, récemment, un débat sur les dernières lois relatives à la prévention de la délinquance, à la protection de l'enfance, à la récidive, etc.
Ils s'attaquent aujourd'hui à la question de l'engagement, avec "pour objectif de mettre en commun des pratiques, des réflexions, des utopies délirantes, des vécus, des témoignages et des initiatives engagés afin de réinvestir des questions idéologiques, l'Histoire et les histoires du travail social".
Constituées de projections de films, théâtre-forum, expositions et autres repas associatifs, ces deux journées seront ponctuées par trois tables-rondes sur les thèmes "Ethique et identité professionnelle" samedi après-midi, "Soutien à la parentalité : entre production de normes et prise en compte des singularités" dimanche matin et, enfin, "Projets alternatifs et résistances" dimanche après-midi.

Les débats auront lieu au chantier-école
Anis Gras (Le lieu de l'autre)
53, avenue Laplace
94110 Arcueil

Renseignements et programme complet sur le blog du collectif : http://collectif-nrv.over-blog.fr/

27.06.2008

GRATIFICATION : MOBILISATION NATIONALE DU 26 JUIN

Suite à la Manifestation Nationale autour de la Gratification des Stages qui s'est déroulée ce jeudi 26 juin à 13h00, Place de la République à Paris.
Une lettre de la Coordination Nationale des Travailleurs Sociaux en Formation (TSF) qui avait réuni 5 000 professionnels sur le bitume de Paris en mai dernier nous est parvenu grâce à 789... (voir ci-dessous).

Très bonnes vacances à Tous, et RDV sur 7.8.9 Radio Sociale

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Voilà quatre mois maintenant que les TSF se mobilisent pour sauvegarder leurs formations.

Après s'être rejoints en coordination nationale à 5 reprises, le mouvement s'est peu à peu organisé et les TSF ont pu participé à plusieurs instances importantes: commission du STAPRO, réunion multipartite (CG, CR, Préfet,...) en région... Néanmoins, lorsqu'il a été question de rencontrer les ministres Mme Bachelot et Mr Bertrand, les TSF ont été reçus par leurs conseillers ou chef de cabinet, qui, en plus de ne pas connaître le dossier, n'ont aucun pouvoir décisionnel. Mme Iborra, vice-présidente du Conseil Régional Midi-Pyrénées, avait obtenu un nouveau rendez-vous avec Mr Bertrand le 24 ou 25 juin. Celui-ci a été annulé la veille par le ministre, prétextant l'inutilité de cette nouvelle rencontre.

Au bout de quatre mois de réflexion et de mobilisation, les craintes des TSF ne cessent d'augmenter. A terme les TSF craignent que leur formation ne se retrouve incluse dans le cursus universitaire et perdre de sa qualité. La spécificité de nos formations repose sur le principe d'alternance et l'articulation théorie/pratique. Nous craignons que la gratification participe à la liquidation progressive des principes fondateurs de l'action sociale: réfléchir notre fonction avant de l'habiter.

Rappelons que le terme juridique de gratification signifie: libéralité en principe bénévole remise par un employeur à son employé. Autrement dit, c'est un don, une récompense qu'un patron remet à son salarié. Le secteur social, secteur non-marchand et à but non lucratif, ne semble pas épargné par une politique de résultats et de production. La gratification viendrait alors appuyer l'apport productif du stagiaire dans ces sites qualifiants et pourrait créer ainsi un sous salariat et mettre en concurrence celui-ci et les professionnels.

D'une manière plus générale, les TSF souhaitent réfléchir à un statut spécifique et à l'éthique et aux valeurs du social sur lesquelles nous pourrions appuyer nos métiers. Au delà de la gratification, des réflexions émergent également sur le cadre législatif de nos métiers et la tournure qu'il prend (création d'établissement pour mineurs, délation, réforme de la CC66...) Ainsi, les TSF cherchent le moyen d'être davantage représenté lors des réflexions sur le secteur social et ses formations.

De nouveaux rendez-vous ont été ou sont également à venir:

- Le 25/06 à Paris: Rendez-vous avec l'AFORTS (association qui regroupent les centres de formations du secteur social) qui soutient l'idée de faire une association représentative des TSF. En effet, l'AFORTS est très en demande d'avoir des interlocuteurs étudiants repérés administrativement.

Leur position reste la demande de déblocage de fonds. Après avoir interpellé l'Etat, ils ont également effectué des démarches auprès de l'ADF (Association des Départements de France). Ils demandent aux départements de formaliser leur engagement à financer la gratification.

L'AFORTS assure jouer son rôle pédagogique en engageant les centres de formations à assurer de bonnes conditions de mise en stage et d'apports qualifiants à leurs étudiants.

- Le 26/06 à Paris: Conférence du bureau de l'UNIFAF (organisme qui gère les fonds pour les formations professionnelles du social et médico-social)
Les syndicats proposeront le matin que nous y participions, nous aurons donc la réponse le jour même.

- Le 27/06 à Paris : Rencontre nationale de la branche sanitaire et sociale, avec des représentants salariés, employeurs, politiques des CG et CR.
La CFDT nous propose 6 invitations nominatives.

En ce qui concerne le contenu de ces rendez-vous, c'est la position votée en coordination nationale qui sera portée :
- demande la modification des conditions d'application du décret relatif à la gratification dans le secteur social
- demande d'une concertation multipartite pour trouver une solution financière pérenne et égalitaire pour tous, versée par un organisme tiers et respectant le principe de formation par alternance

la Coordination Nationale TSF

26.06.2008

Communiqué : Collectif de travailleurs sociaux : "Alerte sociale 91"

ALERTE ET RESISTANCE http://social.societal.free.fr/?p=456
Nous sommes quelques travailleurs sociaux qui intervenons dans des institutions diverses : service social départemental, service social de la sécurité sociale, association.

Depuis le début de notre « jeune » carrière professionnelle, nous assistons à une transformation brutale du métier que nous avons choisi. Cette transformation est très étroitement liée à la transformation du mode de société que nos gouvernants successifs impulsent : passage d’une logique de solidarité collective à une valorisation de la réussite personnelle / stigmatisation des « pauvres » considérés comme seuls responsables de leur situation. Arsenal d’outils destinés à faciliter l’accroissement de la richesse des classes dominantes / arsenal d’outils de contrôle et de répression des classes pauvres.

Nous n’avons plus envie de considérer ces dérives comme une fatalité et souhaitons trouver des moyens de réagir. Il nous est paru primordial de nous regrouper d’où l’idée de création d’un collectif, destiné à fédérer la volonté de résister des travailleurs sociaux.

Résister à quoi ?

* Résister aux dérives conséquentes de la logique marchande de la sécurité sociale.
* Résister aux dérives sécuritaires de l’action sociale.
* Résister à la transformation des travailleurs sociaux en simples agents de contrôle.
* Résister à une forme de travail social qui se pose de plus en plus comme réponse aux préoccupations budgétaires des décideurs.

De quelle façon ?

* Recueillir et analyser toutes les dérives que nous connaissons dans notre pratique professionnelle
* Informer le plus largement possible des constats que nous aurons faits.
* Sensibiliser et mobiliser les étudiants en travail social, les travailleurs sociaux, les usagers, l’opinion publique.
* Interpeller les pouvoirs publics.

Par quels moyens ?

Bouche-à-oreille, tracts, pétitions, manifestations, rassemblements, organisation de rencontres, presse.

Rejoignez-nous, nous attendons vos idées et votre énergie.

Alerte sociale 91

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Les CAF en danger, la protection sociale menacée !

Créé en mars 2007, à l'initiative de militants CGT qui ressentaient le besoin d'une information spécifique pour les CAF, ce blog a acquis au fil des mois une audience beaucoup plus large et s'est ouvert aux contributions d'autres syndicats. Depuis d'autres blogs -qui figurent dans nos liens- se sont constitués et diffusent à propos des CAF une information locale et nationale.

Ce blog a vocation à être un lieu d'information et d'expression unitaire, respectueux de l'identité et des appartenances de chacun, ouvert à tous ceux, syndiqués ou non, qui refusent le démantèlement des CAF et leur disparition en tant qu'organisme social, et veulent se battre pour conserver nos acquis et continuer à offrir un service de qualité à nos allocataires.

Nous nous adressons entre autres aux travailleurs sociaux, dont l'identité professionnelle et les missions sont particulièrement menacées. Le pire n'est pas certain, si nous savons nous mobiliser.

L'administration de ce blog est désormais pluraliste (CGT-UNSA).
http://travailleurs-sociaux-caf-cgt.over-blog.com/

Vous pouvez envoyer vos témoignages et contributions sur le mèl, en indiquant, le cas échéant, votre syndicat :
caf-en-danger@hotmail.fr

06:53 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : caf, action sociale, travailleurs sociaux | | |  Facebook

21.06.2008

TS... comme "travailleur social": zoom sur un secteur en détresse

http://www.rue89.com/2008/05/25/ts-comme-travailleur-social-zoom-sur-un-secteur-en-detresse

 

Mathieu Rigard est en deuxième année d'études à l’IREIS de Bourg-en-Bresse. Il est aussi président d'Objectif O.N.E.S dans le département de l'Ain, l'organisation nationale des éducateurs spécialisés. Internaute de Rue89 basé dans le Jura, il nous a envoyé cette tribune le 21 mai, alors que la mobilisation va crescendo dans cette branche.

Trois mois de grèves, de manifestations, de marches, d'occupations d'écoles ou des Directions Régionales des Affaires Sanitaires et Sociales (DRASS). Un mouvement national regroupant des coordinations régionales structurées au long de dizaines d'AG. Un système de formation entièrement bloqué, des stages gelés par un décret sur la gratification des stagiaires issue de la loi sur l'égalité des chances. Pas une ligne dans la presse nationale, pas un mot dans les médias.

Nous qui sommes montés à Paris depuis Bourg en Bresse en "Social-Express" (en stop) pour la manifestation nationale du mardi 13, aujourd'hui, nous nous demandons si nous n'avons pas rêvé tout ça…

Un cercueil pour le social?

Un coup de gueule dans le "Contre-Journal" de Libération, posté par un étudiant le surlendemain (cinq lignes), je me suis dit: "Ca y est, il va y avoir un article sur ce qui se passe"… mais non. A Paris, notre cortège portait un cercueil, maintenant je me demande si le Social n'est pas vraiment mort, en France.

Pourtant, les aberrations ayant donné lieu au blocage total des filières du social sont édifiantes! Un cas d'école, un raté gigantesque doublé d'une "grogne" sociale conséquente (près de neuf étudiants de première année sur dix!).

Petit historique des évènements:

- Une loi (n° 2006-396) du 31 mars 2006 sur l'égalité des chances.

- Un décret du 12 février 2008 relatif à la gratification et au suivi des stages en entreprise doublé d'une circulaire du 27 février 2008 élargissant sa portée aux stages d'étudiants en travail social.

- Une seconde circulaire, de sauvetage envoyée aux préfets le 21 avril 2008 qui tente bien de donner des pistes pour le financement de ces décisions malheureusement inapplicables… mais ne sera (à ce jour) pas suivie d'effet sur le terrain.

Aujourd'hui, une gratification (d'environ 398,13 euros mensuels) doit être accordée à tout stagiaire à compter du premier jour d'un stage d'une durée supérieure à trois mois. Aujourd'hui, il n'y a plus de stages. ES, ASS, EJE en formation, directement touchés risquent aujourd’hui de perdre une année et l’on parle d’année blanche dans les couloirs des écoles depuis le début du mois de mars. Aujourd’hui, certains centres de formation ont décidé d’annuler tous les stages si un tiers des étudiants se retrouvent sans rien.

Le malaise est réel et la mobilisation étudiante ne s’est heureusement pas fait attendre.

Montpellier, Lille, Rouen, Poitiers, Lyon, Valence, Perpignan, Paris, Limoge, Rennes, Bourg en Bresse, Toulon… sont mobilisés depuis trois mois. Vous pourrez lire le détail des actions sur les sites des collectifs régionaux ou sur le site d'Objectif O.N.E.S.

Ni rigolote ni marginale, notre histoire…

Cette histoire serait rigolote si elle n'était pas dramatique pour nombre d'étudiants en grande difficulté financière, incapables de tenir trois ans d'études, ou pour les lieux de stages, coupé de leur base arrière de fraîcheur, de remise en question et de "bras" supplémentaires.

Cette histoire serait marginale si elle n'était pas la partie émergée d'un iceberg immense et glacé. Le système de prise de décision néglige le terrain.

Depuis deux ans, nombres de décisions fondamentales touchant au secteur social en France s'élaborent d'en haut, de très loin du terrain. Comme si le secteur était incapable de se penser ou pire incapable de comprendre la réalité sociale actuelle. Réforme des diplômes d'Assistant de service social (AS) et d'Educateur spécialisé (ES), lois sur la prévention de la délinquance, sur la protection de l'enfance, projet de loi sur le dépistage du "trouble des conduites" chez l’enfant dès le plus jeune âge et la semaine dernière Assises du Social, parangon de ce système vertical.

Dans ce contexte d'un législateur omniscient, le décret relatif à la gratification des stages dans le domaine du travail social (TS) aurait pu passer totalement inaperçu… s'il ne bloquait pas totalement les filières concernées. Pourtant, les consignes ont été passées par les préfets avec toute la bonne foi de l'évangéliste portant La vérité. Seulement toute vérité repose sur des postulats et des hypothèses.

Aujourd'hui les postulats et les hypothèses qui sous-tendent les prises de décisions sont élaborés dans une approche comptable, objective. Froidement mathématiques, ils peuvent faire l'économie de la confrontation avec la réalité du terrain. Ce dernier, nous le savons, est complexe et réchauffé continuellement par les frictions d'un contact humain, quotidien.

Ne faisons pas d'angélisme. Le temps d'un gaullisme d'après-guerre qui, pressé sur sa gauche par un Parti Communiste puissant, sur sa droite par une idéologie chrétienne humaniste et qui disait en substance, en ce qui concerne le champs du handicap: "familles et professionnels de terrain, vous savez mieux que nous ce qui est bon pour nos enfants: construisez vos projet, l'Etat vous donnera les moyens de les réaliser" est révolu.

Aujourd'hui les professionnels et les étudiants en travail social se regroupent. Aujourd'hui les professionnels et les étudiants en travail social (TS), de plus en plus souvent mis en porte-à-faux par des articles de lois ou des dispositifs maladroits ou inapplicables, s'organisent et se regroupent afin d'élaborer des solutions cohérentes et éthiquement viables.

L'A.N.A.S. représentant les Assistant de Service Social, la F.N.E.J.E., les éducateurs de jeunes enfants, l'O.N.E.S., les éducateurs spécialisés, sont en passe de se rassembler en une force de proposition alternative. Des métiers comme Moniteur-éducateur ou Aide médico-psychologique non encore organisés, pourraient rapidement rejoindre ce mouvement de représentation du travail social.

Voici la réalité d'un secteur méconnu, non rentable et qui est pourtant garant d'une partie de la cohésion sociale.

Les médias font la sourde oreille

Une réalité qui n'intéresse pas les citoyens? Pourtant les journalistes de la presse locale et régionale couvrent depuis plusieurs mois les actions de grèves, d'occupations de DRASS, de "manif' de droite", de "social express". Après la manifestation du 13 mai 2008 à Paris, ayant regroupé plus de 8 000 étudiants en travail social dont les formations sont en panne, pas une ligne dans la presse nationale. Pas un mot dans les journaux télévisés.

Une émission télé, de Marc Olivier Fogiel, puisqu'elle "réveille l'actu tous les mardis à 22h55", qui devait recevoir une délégation nationale du mouvement le jour de la manifestation a annulé au dernier moment. Seule "La matinale" de Canal plus a accepté de passer cinq minutes entières à informer du mouvement… Huit étudiants avaient campé devant les studios toute la nuit pour pouvoir se faire entendre.

A l'heure où il est mal vu de revendiquer un service public de qualité, où faire grève est assimilé à un acte terroriste (une prise d'otage d'usagers), quelle issue pourrait-il y avoir à la crise profonde qui bouleverse le système social français?

Nous avons coutume de dire aux jeunes qu'au lieu de se perdre dans des réponses violentes, à fleur de peau, il vaut la peine de prendre le risque de s'expliquer et de remplacer les poings par la parole. Nombre d'entre-eux le comprennent. Mais que leur dirons-nous si nous-même nous nous sentons bâillonnés?

16.06.2008

Vers une revalorisation des stages dans la fonction publique...

C'est le dernier épisode en date dans l'imbroglio engendré par le décret du 31 janvier 2008 sur le suivi et la gratification des stages en entreprises : à l'issue d'une réunion du comité de suivi des stages consacrée, mardi 27 mai, aux stages étudiants dans la fonction publique, le gouvernement a en effet annoncé plusieurs mesures qui vont dans le sens de leur revalorisation mais peuvent aussi prêter à polémique.
La ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse, le ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique, Eric Woerth, et son secrétaire d'Etat, André Santini, ont ainsi introduit une distinction entre stages d'observation et stages à responsabilités.
Dans les premiers, l'étudiant occupé "pour l'essentiel à observer le fonctionnement d'un service, réaliser des comptes-rendus de réunion ou des travaux ponctuels, dans une optique de découverte des diverses facettes du service d'accueil", bénéficiera d'un simple défraiement et de facilités telles que l'accès aux restaurants administratifs.
Alors que dans les seconds, qui consistent en "la réalisation d'une tâche clairement identifiée, ou au cours desquels l'intéressé est investi de véritables responsabilités, avec un portefeuille d'attributions qui lui est propre, l'étudiant sera pris en charge comme s'il était agent public".
Il sera alors régi par les mêmes obligations et garanties, précise le communiqué commun des ministres, y compris pour ce qui de la rémunération, "c'est-à-dire au moins sur la base du SMIC".
La mise en oeuvre de ces orientations doit faire l'objet d'une concertation avec les syndicats de la fonction publique.
Elle soulèvent  en tout cas nombre de questions, sur le distinguo entre stages d'observation et de réalisation, sur le maintien de systèmes différents entre le secteur public et les terrains de stages associatifs ou encore sur les menaces qui planent sur le statut des stagiaires et le caractère pédagogique de la formation en alternance.

   ... mais pas de certitudes sur les stages en travail social

Ces mesures ne devraient d'ailleurs pas s'appliquer dès cet été, mais plus vraisemblablement à partir de 2009, a précisé Eric Woerth, tandis que Valérie Pécresse jugeait "crucial que les stagiaires en travail social soient gratifiés au même niveau qu'un agent public en travail social".
Les ministres n'ont certes pas reçu de représentants de la coordination nationale des travailleurs sociaux en formation, par ailleurs réunie à Lyon les jeudi 29 et vendredi 30 mai pour faire le point de leurs revendications sur le sujet, mais un responsable de Génération précaire qui a relayé leurs revendications.
Car la situation n'en demeure pas moins confuse en ce qui les concerne, avec de fortes disparités régionales en fonction de l'environnement local, selon le degré d'implication des directions régionales des affaires sanitaires et sociales (DRASS) et des conseils généraux ainsi que la de coopération habituelle entre les acteurs des formations en travail social (écoles, collectivités, associations...).
Si certains stages ont été débloqués en urgence en mai et juin, comme en Ille-et-Vilaine, certains centres de formation pourraient être tentés, craignent par exemple des étudiants du Nord, de fractionner les stages pour ramener leur durée à moins de trois mois.
Le taux de réponses aux demandes de stages est enfin bien plus faible que d'habitude, ont constaté étudiants et formateurs auvergnats de l'ITSRA, dont le directeur de la formation et du développement, François Roche, a confié aux ASH qu'il comptait porter auprès du conseil supérieur du travail social (CSTS), une demande d'abrogation du décret sur les stages, à l'occasion de sa prochaine assemblée plénière, le 3 juin. Source ASH

 
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