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08.03.2011

PERBEN veut créer l’expulsion accélérée pour “escroquerie par défaut de paiement du loyer”

 

Droit au Logement

Fédération Droit Au logement – 24 rue de la Banque - 75002 Paris
tél : 01 40 27 92 98 • fax 01 42 97 40 18  • <http://www.droitaulogement.org/>

COMMUNIQUE
Paris le  7 mars 2011


A l’approche de la fin de la trêve hivernale des expulsions et des manifestations du 12 mars,  
PERBEN veut créer l’expulsion accélérée pour “escroquerie par défaut de paiement du loyer”.
Apparu prépare une communication au Conseil des ministre du 9 mars ...

Mr PERBEN, député du Rhône et ancien garde des Sceaux, a présenté le 2 mars une proposition de loi visant l’expulsion sans délai, sans recours , pendant la trêve hivernale, des locataires en situation d’impayé de loyer http://www.assemblee-nationale.fr/13/propositions/pion305....

Qualifiés “d’escrocs”, les locataires en situation d’impayés de loyer perdraient la trêve hivernale, conquête de l’Abbé Pierre, ainsi que les délais mis en place pour le  relogement.  Perben propose même “en cas de récidive”, relevée  par un fichier des impayés géré par l’ANIL et créé pour l’occasion, de procéder à une expulsion expéditive, sans passer par le juge, sur simple décision du Préfet .
Pour donner un semblant de change, Perben  propose la création d’un fichier des marchands de sommeil (sur signalement du locataire, donc inéquitable), lesquels pourraient être “jugés dans un délai d’un mois” ... une poignée de propriétaires sont chaque année condamnés ...

Justifiant cette proposition brutale par l’augmentation du contentieux locatif et du nombre d’expulsions effective, par “un renforcement  des garanties en faveur des locataires”, et par la prétendue mauvaise foi des locataires, Mr PERBEN oublie de préciser que ce désastre est causé par la flambée des loyers, et des prix de l’immobilier :

Effectivement, entre 2000 et 2010, les loyers à la relocation ont augmenté de 90% et ceux de l’immobilier de 107% . Les charges , l’énergie  et le coût des besoins primaire ont aussi flambé,  tandis que  la pauvreté, le chômage, la précarisation des statuts du travail ont entrainé une baisse  de revenus des ménages modestes.
Ces faits objectifs sont la véritable cause de l’augmentation du contentieux locatif.

La hausse des expulsions locatives suit, depuis près de 30 ans, la hausse des loyers et  la précarisation des statuts locatifs. Elle a presque doublé ces dix dernières années, avec la flambée inédite en France des loyers et de l’immobilier.

Cette initiative vient soutenir les attaques menées depuis quelques années  par les bailleurs et leurs défenseurs, pour confisquer aux locataires, du parc locatif privé et du parc  HLM, les dernières protections dont ils disposent, en matière de stabilité du logement, et contre la mise à la rue  sans relogement ou en hiver.

Cette proposition rejoint celles des rapports Attali, “d’assouplir les procédures d’expulsion”, afin de développer “la mobilité” (traduire par “la précarité”) des locataires, et complète les différentes mesures de dégradation de la protection des locataires prises depuis 2002,   par Borloo, Boutin, et Apparu .

Il s’agit de distiller la petite musique d’une prétendue “culpabilité” des locataires en difficulté de paiement. Qualifiant le locataire “d’escroc”,  ou ou faisant de l’impayé de loyer une “escroquerie”,  sanctionnant  “la récidive”, Perben fait délibérément entrer les rapports locatifs dans la champ du pénal.
La France a abolit la contrainte par corps pour dette de loyer en 1850, serions nous en train d’y revenir ?
Faudra t’il menacer les locataires de prison pour qu’ils payent des loyers exorbitants, ou se mettent tout seuls à la rue comme à l’époque des “déménagement à la cloche de bois” ? .

A quelques jours de la fin de la trêve hivernale des expulsions, cette proposition de loi sonne comme une véritable provocation, dont la finalité est de soutenir la cherté des loyers et de l’immobilier, et de satisfaire la cupidité insatiable des acteurs du marché locatif et immobilier.

Contre la hausse des expulsions, il n’y a désormais qu’une solution :   baisser les loyers, et les prix du foncier et de l’immobilier. Il s’agit  de remettre le prix du logement à un niveau accessible à tous :
Logement moins cher = moins d’expulsions, de misère, et plus de justice

Pour l’arrêt des expulsions sans relogement
Pour la baisse des loyers, des charges et des prix de l’immobilier
Pour l’application de la loi de réquisition et le respect de la loi DALO
Pour l’arrêt des démolitions, de la vente et de la marchandisation des HLM
Pour la réalisation massive de logements sociaux
Pour l’obligation d’héberger jusqu’au relogement de toute personnes à la rue

MANIFESTATIONS Samedi 12 mars
Dans toute la France
À Paris, 14h30 Place de la République



Agenda de la semaine contre les expulsions et la crise du logement :


  • Plus de 25 manifestations sont prévues dans toute la France samedi 12 mars, à l’initiative d’une trentaine d’organisations pour exiger l’arrêt des expulsions, la réalisation massive de logements sociaux, et des mesures de lutte contre le logement cher. Droit Au Logement qui depuis 20 ans manifeste contre le retour des expulsions sans relogement y a œuvré activement . A Paris, la manifestation se déroulera à 14h30 place de la République.
Petit déjeuner de presse par les organisateurs, jeudi 10 mars, à 9h, au Ministère de la CRISE du logement, 24 rue de la Banque, Paris 2e.
(+ d’infos sur le site de RéSEL
http:/www.stopauxexpulsions.org/)

  • Mercredi 9 mars à 11h, une initiative surprise avec des personnes menacées d’expulsion est mise en place, RV à la sortie du métro Pyramides.

  • La décision du Conseil Constitutionnel sur l’article 90 (ex 32 terA), de la Loi Hortefeux-LOPPSI 2 est attendue pour vendredi 11 mars au matin. Elle prévoit l’expulsion arbitraire et expéditive, sans jugement et en 48h, des occupants d’habitat non conforme aux règles de l’urbanismes, et leur destruction, y compris sur leur propre terrain. Plus de 100 000 personnes sont menacées, sans compter toutes celles expulsées sans relogement, ou mises à la rue à la fin de leur hébergement  ... Point presse à 14h, sortie du métro Palais Royal.

  • mercredi 9 et jeudi 10 mars, procès de l’incendie du Bd Vincent Auriol Paris 13e, qui en Août 2005, avait fait 17 morts, après celui de l’hôtel Opéra,en Avril, et quelques jours avant celui de la rue du Roi Dorée (paris 3e). Sur les lieux de l’incendie, sans pitié pour les victimes et leur famille, Sarkozy avait mis en cause  les familles africaines :  “pourquoi ont elles autant d’enfants” ou “pourquoi veulent elles vivre absolument à paris”, avant de décider d’expulser les habitants d’immeubles insalubres, allumant ainsi la révolte des jeunes dans les cités de banlieues...

 


Droit au logement : http://www.droitaulogement.org/



DAL fédération est membre des réseaux :
Contre la LOPPSI 2/logement :  
NOVOX : Réseau international des mouvements  de lutte des “sans” http://www.novox.org/
RéSEL : Réseau stop aux expulsions de logement” http:/www.stopauxexpulsions.org/
ATTTAC : Association altermondialiste contre la spéculation financière

25.02.2010

Aix : squatteuse par nécessité avec trois enfants

Source Nicolas Rey - LA PROVENCE - La jeune femme qui occupe depuis un an une HLM de façon illégale, est menacée d'expulsion

Emilie et ses enfants ont investi et occupent de façon illégale un logement HLM.

Emilie et ses enfants ont investi et occupent de façon illégale un logement HLM. Photos Sophie Spitéri

Début janvier 2009. Alors qu'Aix se réveille sous la neige dans une douce pagaille, certains cherchent leur luge, d'autres un toit. C'est le cas d'Émilie Rossi, une jeune femme de 28 ans que les hasards souvent douloureux de la vie ont poussée jusque dans la rue, avec ses trois enfants, d'un à cinq ans.

Pas très loin du minuscule appartement de sa mère, un logement HLM est vacant, dans un des bâtiments de la Pinette, au Nord de la ville. Émilie force la porte et s'y installe. En connaissance de cause. "Ce que j'ai fait est illégal, je le sais bien, admet-elle. Mais je n'avais pas le choix. Je ne me suis pas cachée, je suis allée tout de suite m'identifier au commissariat". Les policiers aixois ont eu du mal à en croire leur main courante: un "squatteur" qui vient se signaler et qui demande même à payer un loyer !

"Je leur ai expliqué ma situation pour qu'ils comprennent que cette occupation illicite était vraiment mon dernier recours". L'histoire d'Émilie le prouve: avec 600euros mensuels -le RSA pour unique ressource-, les agences immobilières qui réclament des revenus à hauteur de trois fois le loyer et qui ne peuvent pas proposer un studio à un foyer qui compte trois enfants, ne peuvent rien pour elle. Sur liste d'attente chez le bailleur social "13 Habitat" depuis 2007, rien ne semblait donc offrir la moindre perspective à la jeune femme.

Les mandats envoyés pour couvrir une partie des "indemnités d'occupation" qui lui sont réclamées n'y changeront rien: l'office HLM engage une procédure d'expulsion qui sera validée par le tribunal en première instance puis en appel. "Nous avons essayé de faire reconnaître l'existence d'un bail tacite, explique Me Gaël Fombelle qui a défendu les intérêts d'Émilie. Mais le tribunal n'a retenu que le caractère sans droit ni titre de l'occupation du logement, tout en reconnaissant que l'appartement a toujours été bien entretenu."

Régularisation impossible Pour 13 Habitat, impossible de transiger: "C'est un principe auquel nous ne dérogeons pas, explique-t-on à Marseille dans l'encadrement de l'office HLM. Il est hors de question de régulariser des occupations illégales de logement par des personnes qui court-circuitent l'ordre d'attribution, lui-même défini sur critères d'urgence. Certaines familles attendent depuis deux ou trois ans, dans des situations au moins aussi dramatiques… Personne ne peut faire prévaloir son urgence sur celle des autres. Ce logement était sans doute destiné à une famille qui avait dû respecter la procédure et qui en a été privé. Nous ne pouvons avaliser de telles pratiques qui risqueraient alors de se généraliser."

Émilie dément : "L'appartement, sur le contingent de la préfecture, était vacant depuis longtemps, et je n'en ai privé personne. Je n'exige rien, je voudrais seulement un toit décent pour mes enfants. Celui-ci ou un autre." Le salut ne viendra semble-t-il pas non plus de la mairie où ses demandes d'entretien sont restées lettres mortes, ni du côté des services sociaux. "La seule solution que me propose l'assistante sociale, c'est le foyer, poursuit Émilie. Et on me laisse entendre qu'en cas de refus, on me retirera la garde de mes enfants. C'est insupportable."

Une situation d'autant plus intenable que se rapproche l'échéance de l'expulsion. "Ce n'est pas de gaieté de coeur que nous engageons ce type de procédure, note-t-on encore chez 13 Habitat. Nous ne sommes évidemment pas insensibles à la dimension humaine de ce problème. Mais si cette famille refuse de quitter les lieux d'elle-même, il n'y a pas d'autre issue que l'expulsion, qui est toujours un échec". Émilie le sait et n'en dort plus, tout en essayant de donner le change devant ses enfants, pour qu'ils pâtissent le moins possible de la situation. "J'ai fait tout ce que je pouvais faire mais je suis aujourd'hui dans une impasse. Je voudrais juste qu'on m'aide. Un peu."

 

01.11.2009

CE N'EST PAS LA TRÊVE HIVERNALE POUR TOUT LE MONDE

PAS DE TRÊVE POUR LA MORT DANS VOS RUES !
280 MORTS DE LA RUE RECENSÉS DEPUIS LE DÉBUT DE L'ANNÉE : morts de froid, morts de faim, morts de maladie, ...

Combien doivent mourir pour qu'enfin les personnes privées d'un hébergement ou d'un logement soient prises en compte ?

PAS DE TRÊVE POUR CEUX QUI S'INSTALLENT DANS DES MAISONS, DES BÂTIMENTS POURTANT ABANDONNÉS ;

PAS DE TRÊVE POUR CEUX QUI VIVENT EN CARAVANE ;

ET POUR CEUX QUI RENCONTRENT UNE DIFFICULTÉ (perte d'emploi, maladie, décès, divorce...) LA TRÊVE EST DE COURTE DURÉE.

Le nombre de sans-abri en France est difficile à évaluer, en partie en raison de l'absence d'outils statistiques appropriés.

La crise du logement est l'une des causes principales expliquant l'absence d'accès à un toit.

Qui somme nous ?
* 22 % des personnes privées de logement, sont des femmes ;
* 1 femme sans-abri sur 3 est accompagnée d'enfants ;
* 25 % des personnes sans-abri travaillent, en CDD, en intérim ou autre petit boulot, les emplois précaires dominent, et font augmenter le nombre de personnes jeunes sans-abri ;

Ce sont le coût du logement et l'insuffisance des logements sociaux à prix très modérés qui les maintiennent à la rue, et l'absence totale de solutions alternatives.

Pourtant, en 2008 il y a eu 11.294 expulsions effectives avec le concours de la force publique. Un chiffre en augmentation de plus de 150% en dix ans.

En 2009 en France : 3,5 millions de mal logés, 1,8 million de ménages ont des difficultés à s'acquitter de leur loyer et, parmi eux, 500.000 sont aujourd'hui en situation d'impayés.

Le pire est à venir : la crise financière mondiale et ses conséquences sur tous les secteurs, notamment l’immobilier, aggravent encore la situation.

La loi DALO : En juin, plus de 7.000 ménages pourtant désignés comme prioritaires pour un logement n’avaient pas reçu d’offre dans le délai légal.

Que font nos municipalités, nos départements, nos régions pour pallier au désengagement réel de l'État ?
Des solutions existent ...

"notre seul tort, est d'être pauvre"

15.03.2009

Mulhouse : quand le Dal 68 manifeste, les "slogans" sont justes et l'info est bonne ...

« Pas d'expulsion sans relogement », « Non à la spéculation immobilière », « Des loyers bon marché et du pognon pour les payer », « Un toit c'est un droit », ...

Des associations, des syndicats, des partis étaient réunis hier à Mulhouse pour une manifestation qui malgré la situation se voulait joyeuse, et inventive ...

C'est donc à « une promenade des loyers chers » dans le centre-ville de Mulhouse que le DAL 68 nous entraînait. Le départ de la manifestation place de la Réunion a été l'occasion d'informer sur un "état des lieux" dans le Haut-Rhin, juste et précis.
La promenade conduisait la foule vers le siège du groupe Domial ; l'occasion pour les manifestants de dénoncer la politique menée par cet opérateur HLM, en soulignant surtout la flambée des loyers ...

Nous sommes le 15 mars, qui marque la fin de la trêve hivernale et le retour des expulsions, qui cette année risque d'être dramatique pour un nombre croissant de familles et de personnes, affirme le DAL 68.
Rien que l'an passé, 1040 familles et ménages ont été concernés par une expulsion dans le Haut-Rhin. À Mulhouse, ce sont 611 ménages qui ont été assignés contre 303 en 2000. On constate l'explosion des demandes d'expulsion, peut-on apprendre.

Le Dal 68, ne se trompe pas de "cible" et dénonce ...
L'annonce faite par la ministre du Logement Christine Boutin déclarant qu'il n'y aura pas d'expulsion sans solution a été dénoncé par toutes les associations unanimes.
Le manque de places en hébergement, le déficit de logements sociaux n'épargne aucune région. Cette nouvelle annonce, veut cacher que Christine Boutin à réduit à 1 an le délai de recour pour les familles menacées d'expulsions, le Dal 68 est là pour nous ouvrir les yeux.

14.03.2009

Les associations sceptiques face à la suspension des expulsions locatives

Christine Boutin a annoncé le 12 mars, à l'occasion d'un déplacement à Châlons-en-Champagne et à trois jours de la fin de la trêve hivernale, que "cette année, il n'y aura plus personne à la rue en conséquence d'une expulsion", tout en précisant que cette décision ne devra pas porter préjudice aux petits propriétaires "confrontés notamment à des situations d'impayés de loyers". De fait, les mesures annoncées n'empêchent pas les expulsions, mais en atténuent les effets en renforçant la prévention et en obligeant à la recherche d'une solution de relogement. Une lettre aux préfets, datée également du 12 mars, précise les modalités à mettre en oeuvre. Celles-ci concernent également très directement les départements. Ainsi, dès la promulgation de la loi de mobilisation pour le logement et la lutte contre l'exclusion (en cours d'examen par le Conseil constitutionnel), les préfets sont invités à mettre en place "sans délai", avec les présidents de conseils généraux et les caisses d'allocations familiales, les commissions de prévention des expulsions, désormais rendues obligatoires par la loi. Ils sont également conviés à examiner "avec les départements" les conditions d'attribution des aides accordées par le fonds de solidarité pour le logement (FSL) aux personnes en situation d'impayés ou menacées d'expulsion. Enfin, pour prévenir les expulsions, les préfets sont invités à rechercher, en priorité et sur place, une solution d'intermédiation locative par le biais d'une association ou d'un bailleur social.
Par ailleurs, si le concours de la force publique est néanmoins requis par le juge, le préfet devra, dès réception de la demande, rappeler aux occupants concernés la possibilité de saisir la commission de médiation Dalo (droit au logement opposable). Si le concours de la force publique est finalement accordé pour exécuter la décision judiciaire d'expulsion, le préfet devra veiller "dans tous les cas à ce qu'une proposition au moins d'hébergement provisoire soit faite aux personnes" (dans l'attente d'une solution plus durable par le biais de la commission de médiation). Le délégué général à la coordination de l'hébergement et de l'accès au logement des personnes sans abri ou mal logées sera chargé de faire remonter et de diffuser les bonnes pratiques en la matière.
Ces annonces n'ont pas vraiment convaincu les associations, qui souhaitaient un moratoire sur les expulsions compte tenu de la crise économique. La Fondation Abbé Pierre évoque ainsi des "propos généreux, mais peu concrets". La Confédération nationale du logement et le DAL (Droit au logement) jugent pour leur part la proposition insuffisante. Ils craignent notamment que les préfets multiplient les propositions d'hébergement temporaire, plutôt que de proposer des offres de relogement durables. Le collectif des 32 associations intervenant en faveur du logement des plus démunis a donc maintenu sa manifestation du 16 mars place de la République à Paris, qui devrait voir notamment l'érection d'une montagne de matelas

Jean-Noël Escudié / PCA - LOCALTIS INFO

 

10.03.2009

Menacés d’expulsion et endettés jusqu’au cou

Huit jeunes qui squattent un immeuble vacant à Paris faute de trouver un logement encourent une amende de 53.000 euros.

C’est une histoire rocambolesque qui se trame au 69, rue de Sèvres, dans le chic VIe arrondissement de Paris. En avril dernier, quatre étudiants et quatre actifs précaires investissent un immeuble vacant de 250 m2, qui appartient à une riche dame de 74 ans, Clothilde Quéru. Selon le voisinage, l’immeuble serait à l’abandon depuis une dizaine d’années. « Lorsque Jeudi noir (NDLR : association spécialisée dans la réquisition de logements vacants pour les précaires) en a entendu parler, il nous a aidés à y habiter », explique Jean-Marc, 22 ans. Comme ses compagnons d’infortune (lire témoignages ci-dessous), il n’a pas choisi volontairement ce mode de vie. « Je suis étudiant, boursier à taux zéro, mes parents habitent à Angers et m’aident du mieux qu’ils peuvent, et il n’y a pas de place en cité universitaire », résume-t-il.

Droit à la propriété privée

Loin de vouloir vivre dans un lieu insalubre, les huit squatteurs rénovent dès le début l’immeuble, refont la plomberie, l’électricité, la peinture, et le meublent avec des objets de récupération. Etagères, plantes vertes, le lieu est tout sauf dégradé. Le 12 août dernier, la propriétaire les assigne à comparaître au tribunal d’instance. « Nous l’avons appris une semaine avant. En plein milieu de l’été, nous n’avons pas réussi à trouver d’avocat », regrette Jean-Marc. Ils seront condamnés à partir sous huit jours et à payer 18.000€ d’indemnités d’occupation, plus 6.000€ par mois supplémentaire. Actuellement, l’amende s’élève à plus de 53.000€. « C’est très dur moralement de vivre avec cette dette que nous réclame la justice », craque Jean-Marc. Depuis la semaine dernière, leurs comptes personnels sont bloqués.

Pour le maire de l’arrondissement, Jean-Pierre Lecoq (UMP), la résolution du problème ne dépend que des squatteurs. « Ces jeunes, très sympathiques au demeurant, sont dans une situation où ils sont hors la loi. S’ils acceptent de partir, je m’engage à les aider pour obtenir la remise de cette amende. J’ai déjà essayé de proposer à cette dame le rachat de l’immeuble pour en faire un logement social, mais elle a refusé et c’est son droit. » Une affirmation que confirme le ministère du Logement, joint hier par téléphone. « Nous ne pouvons pas nous exprimer sur une décision de justice en cours. Même si cette affaire peut paraître scandaleuse, le droit de propriété en France est protégé. »

Fin de trêve hivernale

Aujourd’hui Clothilde Quéru va plus loin. Elle les poursuit devant le tribunal de grande instance pour réclamer 150.000 euros pour « immobilisation de son bien ». Selon son avocat, Me Lacan, « une situation à l’amiable pourra être trouvée si les jeunes partent et laissent l’immeuble à ma cliente, qui souhaite le revendre à une entreprise ». Dans le quartier, les gens restent perplexes face à cette affaire. Beaucoup se réjouissent que l’immeuble ait repris vie et soit entretenu depuis que les squatteurs y vivent. La fin de la trêve hivernale, le 15 mars prochain, les en chassera peut-être.

Alexandra Gonzalez, Nassima Delci, pour France Soir

07:08 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : squatteurs, trêve hivernale, logements sociaux | | |  Facebook

09.03.2009

MULHOUSE : 14 MARS À 14 H 30 MANIFESTATION CONTRE LES EXPULSIONS LOCATIVES

MANIFESTATION CONTRE LES EXPULSIONS LOCATIVES
Samedi 14 mars à 14h30
Place de la Réunion à Mulhouse

Le 15 mars, qui marque la fin de la trêve hivernale et le retour des expulsions risque cette année d’être dramatique pour un nombre croissant de familles et de personnes. Rien qu'en 2008, 1040 familles et ménages ont été concernées par un expulsion dans le Haut-Rhin, combien le seront en 2009 si nous ne faisons rien?

La situation se dégrade car les loyers n’ont jamais été aussi élevés et les charges locatives ne cessent d’augmenter. Les locataires modestes ne peuvent plus suivre, d’autant que la précarité, la pauvreté salariale et le chômage progressent. Demain l’huissier peut frapper à n’importe quelle porte. Plus de la moitié des Français craignent de perdre un jour leur logement, ce n’est pas un hasard.

La flambée des loyers et de l’immobilier, conjuguée à la baisse des revenus ont rendu difficile, voir impossible, l'accès à un logement durable pour les demandeurs de logement, les jeunes, les migrants, les salariés modestes. L'offre de logements à loyer compatible est très nettement insuffisante.
Les formes d’habitat précaire se développent, les marchands de sommeil font fortune et la crise du logement s’étend.

 

De plus, la récente Loi Boutin sur le logement accélère les expulsions et attaque le droit à un logement stable des locataires dans les HLM comme dans le parc locatif privé. Elle accélère la privatisation des HLM et ponctionne des fonds destinés au logement pour compenser les coupes sombres dans le budget logement de l’Etat. Elle vient au secours des milieux de l’immobilier et ampute de nombreux droits des mal-logés et des sans logis. Elle doit être abrogée.

Ainsi nous invitons au rassemblement pour exiger :
  • L’arrêt immédiat des expulsions locatives,
  • Le droit à un logement stable, à la place de la précarisation des locataires,
  • La baisse des loyers, des charges  et la taxation de la spéculation immobilière, pour rendre le logement accessible à tous
  • La réalisation massive de vrais logements sociaux, et en attendant, l’application de la loi de réquisition
Si vous êtes menacé d'expulsion, ne restez pas seul, isolé. Avant, pendant et après l’expulsion, il est toujours possible de lutter pour obtenir de rester dans les lieux, ou d’être relogé décemment.


Avec le soutien de : ATD Quart Monde, ATTAC, ALDA, Les Verts, LDH, Parti Communiste, Parti Socialiste, NPA68, SOS Solidarité Chômeur…

Droit Au Logement 68 - 03 89 33 93 20

05:58 Publié dans Communiqué | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : dal 68, expulsions locatives, trÊve hivernale, mulhouse | | |  Facebook

06.03.2009

Reprise des explusions : André Gerin s'adresse à François Fillon

André GERIN - Maire de Vénissieux

Député du Rhône

Monsieur François FILLON

 

Le 5 mars 2009

Monsieur le Premier Ministre,

Le 15 mars prochain prendra fin la trêve hivernale des expulsions.

La situation est déjà invivable pour des familles qui ne peuvent plus faire face à la vie ordinaire. Payer leur loyer et leurs charges devient mission impossible. Dans quelques jours, par conséquent, elles pourront à nouveau être jetées à la rue comme des paquets jetables.

Plus de 10 000 de ces opérations d’un autre âge se sont déroulées l’an dernier et 100 000 baux ont été résiliés pour cause d’impayés.

La crise, l’augmentation brutale du chômage, l’accroissement de la précarité vont malheureusement, à n’en pas douter, augmenter le nombre des foyers en détresse et la pauvreté. Les procédures sont appelées à se multiplier.

Trente-deux associations, qui agissent au quotidien contre le fléau du mal-logement, viennent de demander au gouvernement un moratoire des expulsions locatives accompagné d’un dédommagement pour les propriétaires.

L’exigence d’un moratoire devient vitale. Les conséquences de la crise font que le gouvernement devrait prendre des décisions plus sensibles, plus humaines. Sa responsabilité est engagée.

Il est impératif d’aider ceux qui sont aujourd’hui le plus cruellement frappés par la dégradation de la situation économique et sociale. Personne ne pourrait comprendre que l’État soit en mesure de mobiliser des milliards d’euros, sommes d’argent colossales, en faveur des banques et du monde économique.

Pourquoi, par ailleurs, le gouvernement pourrait-il autoriser la reprise des expulsions locatives quand, dans le même temps, la loi Dalo, qui fait obligation à l’État de reloger les personnes à la rue, peine à être mise en œuvre et que, de surcroît, la loi Boutin votée le 19 février vient aggraver encore la difficulté d’appliquer le droit au logement opposable en réduisant le délai maximum d’expulsion de trois à un an ?

Un moratoire des dettes des expulsions constitue une mesure d’urgence et de justice sociale. Il faut annuler la procédure des expulsions. Le gouvernement devrait examiner avec soin cette réalité qui touche des familles populaires.

J’ai décidé de prendre un arrêté pour interdire les expulsions qui seront exécutées à partir du 15 mars 2009. Il sera rendu public vendredi 6 mars 2009.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de ma haute considération

André GERIN

 

HOTEL DE VILLE - 5 avenue Marcel-Hoüel - BP 24 - 69200 Vénissieux cedex

Tél 04 72 21 44 68 - Fax 04 72 21 44 77 - Site internet : http://www.andregerin.com

 

03.03.2009

TREVE HIVERNALE : elle se termine le 16 mars à 06 h : c’est bientôt !

et le 1er avril le plan hivernal cesse. À Strasbourg, ce sont 334 places dont certaines accueillent des familles, d'autres des mères avec enfants, qui sont ouvertes pour l'hiver ... Toutes ces personnes, les enfants, seront REMIS À LA RUE ...

Bien sur, à Strasbourg, une petite prolongation pour cause d'OTAN; pas question de laisser voir "ça" par les chefs d'États ... MAIS LA REMISE À LA RUE FINIE TOUJOURS PAR TOMBER ...

13:01 Publié dans Communiqué | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : trêve hivernale, 16 mars | | |  Facebook

11.03.2008

Logement: manifestation contre la reprise des expulsions le 15 mars à Paris

PARIS - Les associations de défense des mal-logés et plusieurs syndicats appellent à manifester le 15 mars à Paris contre la reprise des expulsions locatives au sortir de l'hiver, a annoncé Droit au logement (DAL) dans un communiqué diffusé vendredi.

"Les expulsions sont en hausse constante, et une nouvelle fois, les associations de lutte des sans logis et mal-logés, de défense des locataires, les réseaux et associations de défense du droit à un logement décent, de quartier, et les syndicats impliqués dans ce combat appellent à cette manifestation particulièrement sensible cette année", à la veille du second tour des élections municipales, écrit le DAL dans son communiqué.

Comme chaque année à la même époque, l'association exige l'arrêt des expulsions sans relogement. Tous les ans, les expulsions locatives sont suspendues en France à compter du 1er novembre, une "trêve hivernale" qui prend fin le 15 mars à l'approche du printemps. AP

06:22 Publié dans Action | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Trêve hivernale, expulsions locatives | | |  Facebook

08.03.2008

ACTION DU COLLECTIF DOUAISIEN DES ASSOCIATIONS ET CITOYENNES & CITOYENS SOLIDAIRES sur le logement le 15 mars :

sur le site du DAL Nord/Pas-de-Calais : www.dalnpdc.fr

A l'occasion de la fin de la trêve hivernale, le collectif douaisien des associations et des citoyennes & citoyens solidaires a décidé de distribuer un tract sur le marché de Douai et de faire signer une pétition demandant principalement :
- la suspension des expulsions,
- l'application de la loi de réquisition,
- le gel des loyers et charges,
- une politique immédiate et conséquente dans le domaine de la construction...


*La distribution aura lieu samedi 15 mars à partir de 9 h 30 ; rendez-vous devant la CAF.
*La pétition sera ensuite donnée à Monsieur MASSINON, sous-préfet du Douaisis.

Les associations signataires du collectif douaisien des associations sont : Amnesty International, ATD-Quart Monde, CGL-Action Solidarité Logement, CGT, Culture et Liberté, DAL, FSU, Saint Vincent-de-Paul, Secours Catholique, Secours Populaire.

Les associations et personnes intéressées par cette action dans le Douaisis sont priées de venir sur le marché de Douai ou de contacter le collectif :
128 rue des vierges DOUAI ; ou 03 21 50 14 10 ; ou 06 37 08 78 07


Par ailleurs, nous avons eu connaissance de projet d'expulsion à Orchies, Douai, Lallaing et Cuincy.
Nous demanderons une rencontre avec Monsieur MASSINON dans un bref délai afin de demander la suspension des expulsions.
Nous contacterons également les mairie concernées pour envisager les actions utiles pour résoudre ce grave problème.

07:26 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : DAL LILLE, TRÊVE HIVERNALE | | |  Facebook

06.03.2008

Communiqué du DAL 67

A l'occasion de la fin de la trève hivernale des explusions, le DAL 67 appelle les associations, les syndicats et les partis politiques à
organiser la riposte contre les politiques qui précarisent les mal logées, nous voulons exprimer notre colère contre la violation bas-rhinoise de la loi SRU, nous voulons dénoncer le sort qui est fait aux gens du voyages rejetés dans le quart monde et la spéculation immobilière qui chasse les citoyens modestes des centre ville.

Pour celà nous organisons le samedi 8 mars à l'ARES 10 rue d'ANKARA à Strasbourg une réunion à partir de 9 heures 30 pour organiser des actions pour le 15 mars.

Dès à présent des acteurs du théatre du potimarron ont prévu d'intervenir le samedi 15 au matin pour mettre en scène des situations de mal-logement. Venez nombreux !!! Contact : 0629019653

• Le Collectif est solidaire mais nous insistons sur le sort réservé aux sans-abris : LA FIN DE LA TRÊVE HIVERNALE SONNE LA FIN DU PLAN GRAND FROID ! A STRASBOURG CE SONT 300 PERSONNES REMISES À LA RUE PAR LE PRÉFET
ET, SUR LE BUREAU DU PRÉFET 62 DOSSIERS ! 62 FAMILLES SOUS LA MENACE DE SE RETROUVER À LA RUE

11:33 Publié dans Action | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Trêve hivernale, expulsions locatives | | |  Facebook

 
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