12.08.2008
Effet domino
La Tribune - éditorial par Olivier Provost
Qui a dit que la crise financière touchait à sa fin ? Chaque semaine, on en découvre de nouveaux aspects inquiétants via le naufrage d'innovations bancaires coulées les unes après les autres par la crise des subprimes. Depuis quelques jours, ce sont les obligations ARS (" auction-rate securities ", obligations à taux variable fixé par enchères) qui font parler d'elles. Les clients qui les ont achetées croyaient qu'elles offraient une liquidité élevée. Celle-ci a disparu avec la crise. Du coup, voilà les UBS, Citigroup et Merrill Lynch obligés de rembourser des dizaines de milliards de dollars (!) pour éviter le scandale.
Cette crise finit par ressembler à un voyage au pays des produits financiers complexes, autrefois paradis des apprentis sorciers bancaires, des petits génies des mathématiques convertis au monde de l'argent, et aujourd'hui rattrapé par l'aléa des marchés. Tout ça parce que de pauvres Américains n'ont pu rembourser les intérêts des prêts à risque de biens immobiliers, les fameux subprimes, trop chers pour leur bourse, contrairement à ce que des banquiers peu scrupuleux leur avaient fait croire.
La chute de l'immobilier et le ralentissement économique ont constitué la toile de fond de ce sombre tableau. Et pas seulement aux États-Unis. Le Royaume-Uni, avec la quasi-faillite de la Northern Rock hier, les pertes historiques de Royal Bank of Scotland aujourd'hui (voir ci-contre), a lui aussi été touché.
La chute de ce premier domino en a rapidement entraîné d'autres. Car ces prêts subprimes avaient été regroupés et placés dans des véhicules financiers vendus sur toute la planète. Les agences de notation leur ayant accordé avec une légèreté coupable leur meilleure note, le prestigieux triple A, les plus grands établissements financiers du monde, toujours à la recherche de placements lucratifs, en ont acheté massivement. Le serpent, qui avait voulu vendre ses prêts à risque, s'est mordu la queue.
Ces dominos, baptisés CDO (" collateralized debt obligations ") et autres ABS (" asset backed securities "), sont donc tombés à leur tour. Puis est venu celui des SIV (" structured investment vehicles ") et des " conduits ", inventés par les banques pour placer une partie de leurs créances en hors bilan. Une fois que la crise a éclaté, il leur a fallu les refinancer dans l'urgence.
Le jeu de massacre des dominos du subprime a ainsi continué. Aujourd'hui, il frappe les obligations ARS. Dès lors, la question se pose : quel sera le prochain ?
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| Tags : crise financière, crise des subprimes, ubs, chute de l'immobilier, citigroup et merrill lynch |
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