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07.09.2008

Eric Besson : la validation des acquis de l'expérience est « une déception »

« Faible notoriété ».

Eric Besson, secrétaire d'Etat chargé de l'Evaluation des politiques publiques, a remis, hier, à Xavier Bertrand, ministre du Travail, un rapport sans concession sur la validation des acquis de l'expérience (VAE). Le gouvernement souhaite faire de ce dispositif, qui permet de valoriser par l'obtention d'un diplôme toute expérience professionnelle d'au moins trois ans, un outil majeur d'aide à la mobilité et à la reconversion. Mais, six ans après son lancement, la VAE reste « une déception » et un « semi-échec », souligne Eric Besson. Alors que le dispositif est ouvert à 6 millions de salariés, on ne recense que 75.000 candidats par an. Et à peine un sur trois va avec succès au bout de la démarche (26.000 diplômés en 2006). Un résultat très éloigné de l'objectif de 60.000 diplômés par an.

Le dispositif, analyse le rapport, souffre de sa « faible notoriété » auprès des publics cibles (chômeurs et peu qualifiés), et de la « longueur et de la complexité des procédures ». Celles-ci provoquent une forte déperdition de candidats, « pas assez accompagnés » dans leur démarche. Selon Xavier Bertrand, « l'enjeu n'est pas financier : chaque année, les crédits ne sont pas tous dépensés ». Pour relancer le dispositif, il mise, comme le recommande le rapport, sur une meilleure information, une simplification des procédures et un accompagnement accru des candidats. Des groupes de travail dédiés à ces questions seront lancés cet automne dans le cadre de la négociation sur la formation professionnelle.

http://www.lesechos.fr/info/france/4768453.htm?xtor=RSS-2...

06.05.2008

Rémunération des stages : Xavier Bertrand met la pression sur les départements

A la veille de nouvelles manifestations d'étudiants des filières sociales et médico-sociales, le ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille et de la Solidarité a adressé, le 30 avril, une lettre au président de l'Assemblée des départements de France (ADF), lui demandant de "sensibiliser les présidents de conseils généraux" à la rémunération des stages des étudiants en travail social. Dans ce courrier, Xavier Bertrand admet que le décret du 31 janvier 2008 instaurant une obligation générale de rémunération pour tous les stages effectués dans une structure de droit privé (entreprises, mais aussi structures associatives, nombreuses dans le secteur social) met "une dépense nouvelle à la charge des établissements et services d'accueil". Or, ceux-ci, dont les ressources sont fixées par les préfets (pour la partie financée par l'assurance maladie) et par les présidents de conseils généraux, ne disposent pas nécessairement des moyens budgétaires nécessaires pour assumer la rémunération des stagiaires. Le ministre reconnaît par conséquent qu'en l'état, le déroulement des stages, indispensables à la validation des cursus de formation, n'est "pas garanti sur l'ensemble du territoire", même si "certains conseils généraux" ont pris les dispositions nécessaires.
Si l'Etat met ainsi la pression sur les départements, pour la part de financement qui leur incombe, il revoit aussi sa propre position sur la question. Dans un premier temps, la direction générale de l'action sociale (DGAS) avait diffusé, le 27 février dernier, une circulaire qui se contentait de paraphraser le décret du 31 janvier 2008 en rappelant que la rémunération des stagiaires "constitue une dépense qui s'impose aux employeurs qui les accueillent". Cette même circulaire soumettait toute hausse éventuelle des budgets à une négociation avec l'autorité de tarification (Etat et/ou département). Devant la poursuite de la mobilisation des étudiants et des fédérations d'établissements, la DGAS a revu sa copie et diffusé une nouvelle circulaire datée du 21 avril. Celle-ci fait savoir aux préfets "qu'il est indispensable [qu'ils prennent] en charge ces dépenses dans le cadre des financements octroyés aux établissements et services médico-sociaux, afin de permettre aux étudiants concernés d'effectuer leur formation pratique (stages) dans d'aussi bonnes conditions que les années antérieures". Plus question désormais d'une négociation préalable sur cette prise en charge. L'impact financier de la rémunération des stages pourra ainsi être pris en compte dès cette année si les budgets 2008 n'ont pas encore été arrêtés. Dans le cas contraire, la dépense correspondante pourra être reportée sur l'exercice suivant. La nouvelle circulaire suggère quelques pistes possibles pour financer ce surcoût : mobilisation des crédits non reconductibles au sein des enveloppes régionales (pour les structures financées par l'assurance maladie), fongibilité entre les lignes budgétaires pour les établissements relevant de l'Etat comme les établissements et services d'aide par le travail ou les CHRS, possibilité d'imputer les dépenses relatives aux gratifications (ce qui est le cas de la rémunération d'un stagiaire) dans les budgets pour les établissements tarifés par les présidents de conseils généraux. Plus original : la circulaire rappelle aussi la possibilité de créer des groupements de coopération sociale et médico-sociale pour assurer la mise en oeuvre du nouveau dispositif des stages.

Jean-Noël Escudié / PCA

 
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